CU AP. J,. POSITIONS ANCIENNES
jfinij mais c'est fort probablement une faute de copistes.
Les trois pierres militaires trouvées à Fordungianus , les restes d’un ïqueduc , les traces d’une grande route, d’un pont, et d’aotres débris de constructions romaines., indiquent qu'une ville ancienne existait en cet endroit; ’ sur la rive gauche du Thyrse, où ce fleuve commence à prendre un plus grand développement, et où il entre daqs la plaine; le nom actùel de ce village fait reconnaître cette localité pour l’ancien Forum Trajani, de l’itinéraire d’Antonin ; la distance indiquée sur les pierres milljaires, relativement aux points de la grande route qui nous sont connus, concorde trop avec la position réelle de * ces ruines pour que nous ayons le moindre doute à l’égard de leur ancien nom. Ôn y voit aussi des constructions du moyen âge appartenant à une enceinte; et-' ceci cadre parfaitement avec le récit de Procope, qui nous apprend que Justinien fit fortifier ces localités pour garder là plaine contre les incursions des. montagnards. Forum- , Trajani était encore uu évêché en 484 ; car un Martinien, évéque de cette, ville., figure parmi les quatre prélats appelés à Carthage , comme nous J’avons dit cidessus, page 356.
Usellis , Colonia Julia Augusta. Ses ruines subsistent Uuiin. encore en partie près de l’église de Sanla-Reparata, du village d'Useiius , près d 'Aies; elles se réduisent à des décombres insignifiants (1), mais elles ne laissent pas de doute sur l’emplacement do l'ancienne colonie que Ptofé- , mée a indiquée par erreur sur le littoral. Un évqque d'Useiius intervenait, en 1147, aune donation de Barison, juge d’Arborée , faileà Oristano ; or comme lesjuges
(i) N<jus y avons trouvé l'inscription mortuaire n° èr. 1 ci-aprés) ft» plaque «le bronze de la PI. 'XXXllI , /îg. 5, n’a pas été retiré^ de ’ cet endroit , quoiqu'elle appartienne à (Jsellis. »
ér
" .Digitiajd by Cookie
Sr*
d'Arborée ne se transportèrent en cette>ille qù’après avoir abandonné celle de Tharros, comme nous l’avons déjà dit, il en résulte qu 'Usellis a encore survécu plus d'un siècle à cette dernière. ‘
Nous pourrions encore ajouter aux localités indiquées ci-dcssus, d’autres endroits que la tradition ou leur nom actuel font reconnaître pour des points désignés par les anciens géographes ; mais nous nous abstiendrons d’en parler ici , n'ayant voulu traiter pour le moment que des points qui nous ont paru hors de toute contestation , et qu’il nous était indispensable de fixer,. pour placer ensuite convenablement ceux qui sont en quelque sorte liés
avec eux. .
IL i .
du’, il
WT77’
Géographie de Plolémée touchant la Sardaigne.
Comme il s'agit, dans notre travail, de fixer les positions de l'ile indiquées par le géographe d’Alexaqdrie , nous commencerons nos recherches par le littoral , comme étant la partie la plus importante , et en même temps celle qui fut le mieux connue. En effet, la remarque que chez cet ancien auteur les localités des côtes sont déterminées plus exactement que celles de l'intérieur, est confirmée pour ce qui regarde la Sardaigne; mais il s'en faut que ces positions, telles que nous les tenons de Plolémée, puissent concorder avec leur situation réelle : la raison en est que ce géographe ne les a pas fixées astronomiquement , et qu'il leur a assigné une longitude et une latitude scion ses méthodes propres , en se servant des cartes de Marna de Tyr, construites d’après des périples, et formées souvent d’éléments divers pris sur des cartes plates , dressées à des échelles différentes. Selon Posidonius , Marin' de Tyr et Plolémée , la longueur d’un stade quelconque embrassait la cinquantième partie d’un degré d’un grand cercle de la terre, c’est-à-dire un espace de deux septièmes plus grand que ne le pensait Eratoslhènes ; mais ce dernier avait pris ses mesures sur une carte plate , c’est-à-dire dont les méridiens se trouvaient à la même distance les uns des autres.
Or, comme l’a bien démontré un savant moderne (1) , sous le 36e parallèle du globe terrestre, l’intervalle enlro
(i) Gojsbus, Recherches sur ta Géographie systématique cl positive des Anciens, tom. IV, page 33a. Paris, i8i3.
deux méridiens se trouvant être précisément d’un cinquième plus petit que l’intervalle des mêmes méridiens pris sur l’équateur, il s'ensuit que cet intervalle, sous cette latitude, est d’un cinquième trop grand dans les cartes de ce géographe, ou de ceux qui suivirent sa méthode. C’est pourquoi , pour rapporter ces indications à leurs éléments primitifs, c’est-à-dire pour retrouver les mesures d’Kratosthènes dans les degrés adoptés par Marin de Tyr et par Ptolémée , et pour réduire de nouveau en carte plate une carte projetée par eux , il faut faire subir deux réductions aux degirés de longitude , celle de deux septièmes pour la différence des stades, et celle d’un cinquième , pour remonter aux cartes plates et aux périples, sur lesquels les points importants du littoral étaient marqués anciennement , non par longitude et par latitude , mais avec les siiriples indications des distances d'un lieu à un autre.
Ici se présente une autre question, celle de savoir comment ces anciens géographes entendaient les moyens d’indiquer leurs distances, et comment ils les prenaient. Certainement ceux qui ont fait les périples de la Sardaigne, auxquels nous lâchons de remonter, n’ont pas mesuré géométriquement toutes les sinuosités du littoral, comme nous l’avons pratiqué tout récemment-, c’est pourquoi , si nous pensions transporter une longueur de la côte, donnée par Ptolémée entre deux points connus, sur notre nouvelle carte , en tenant un compte scrupuleux des sinuosités les plus détaillées du rivage, nous ne saurions jamais obtenir un résultat satisfaisant. Pour comparer nos mesures avec celles des anciens , il faut d’abord mesurer comme eux-, or, comme les mesures de leurs périples furent prises en longeant les côtes , en faisant . «'Omme on dit, le petit cabotage , si nous voulons comparer leurs données avec les nôtres, il faut que nous
* CHAP. IL — GÉOGRAPHIE I/E PTOI.KMÉB. 3tt
agissions à peu près de même; l'unique moyen d'y parvenir est 1°. de faire d’abord un bon choix de la carte moderne qu’on veut employer , en tâchant que son échelle soit la plus grande possible ; 2°. d’opérer sur cette carte comme si on naviguait le long de la côte. On prendrait d’abord avec le compas une ouverture d'une minute, ou d’une demi-minute d’un degré d'un grand cercle (par exemple), et on ferait marcher ce compas, comme si c’était un vaisseau naviguant à la manière des anciens, «’està-dire en suivant le rivage do petit cap en petit cap , et en négligeant les sinuosités insignifiantes de la côte. Opérer différemment, serait ne pas vouloir atteindre le but, les résultats des deux mesures ne pouvant , dans cecas , s’accorder ensemble.
Quoique la carte de la Sardaigne ‘que nous offrons dans l’atlas de cette seconde partie de notre Voyage soit, comme celle de l’allas de la première partie, à l’échelle d’un millionième, nous nous sommes servi, pour l’opération dont nous allons rendre compte , de notre carte au 250,000 mill% qui se trouve actuellement entre les mains des graveurs; l’échelle de cette carte, étant quadruple de l’autre , nous a paru d’une grandeur suffisante pour én venir à nos fins. C’est sur les bases que nous venons d’indiquer, et en suivant en partie la méthode proposée jadis par M. Gosselin , que nous avons entrepris notre tâche sur l’ancien littoral de la Sardaigne; mais avant d’en rendre compte, il nous reste à parler d’une autre difficulté.
Toutes les éditions que nous possédons de la géographie ancienne de Ptoléméc sont loin de donner les mêmes chiffres : tel et tel point varie en longitude , tel autre en latitude; ces différentes versions, qui proviennent naturellement de l’inadvertance des copistes ou de l’état de, vétusté des anciehs manuscrits , nous jetant dans un dédale
d'incertitudes , le parti qui nous a paru le plus convenable a été celui de réunir le plus grand nombre de textes qu’il nous a été possible , et d’en extraire toutes les variautes. Les manuscrits, et toutes les éditions que possède la bibliothèque Royale de Paris , ayant été consultés par nous avec la plus grande attention, nous nous sommes occupé d’abord de ce travail, et nous nous faisons maintenant un devoir consciencieux d’en offrir ci-après le résultat, afin que le lecteur soit à meme de connaître le choix que nous avons fait dans les textes, et qu’il puisse à son gré choisir d’autres versions, si celles que nous avons adoptées ne lui paraissent pas les meilleures.
Manuscrits consultés.
Grecs.
n"" 1401 de la Bibliothèque Royale de Paris.
id.
Ifiidcm.
Id.
Ibidem.
' Id.
n° 337 (Coislin)
Ibidem.
Létins.
Ibidem.
Id.
Ibidem.
" Id.
Ibidem. . .
Id.
Ibidem. ■
Id.
Ibidem.
. Id. .
Ibidem .
Id.
Ibidem.
Id.
Ibidem,. »
Éditions imprimées.
De Bologne, dite de 1462. (1)
De Vfcence 1475.'
De Lyon 1478.
D’Ulm(9ur parchemin) y 1482.
D’Dlra-...., 1486.(2)
(i) Elle ne parait pat devoir être rapportée à cette année.
(a) Ces deux éditions d’Ulm sont le* mêmes pour ce qui regarde la Sardaigne. *
CHAI’. U. — GÉOGRAPHIE MB PTOLÉMBE. 373
. De Rome 1 490.
De Rome ,.».'... .’•■ .*. . 1508.-
De Venise s 1511.
De Strasbourg 1513.
De Strasbourg > 1520;' .
De Strasbourg 1522.
De Nuremberg.*. , 1524. v;
De- Bâle (édit. grecque) 1533. •
De Lyon . . . 1535. .
De Bâle . . . ., 1540.
De Cologne (petit format) .'.... 1540. ‘
De Lyon 1541.-
De Bâle.. 1542..
De Bâle...; 1545. .
De Paris (édit, grecque) 1546.
De Venise (édit, ital.).- 1548.
De Bâle..; * 152?.
De Venise (édit, ital.) 15Ç1 .
De Venise (idem) . . 1562.
De Venise (idem). . . 1574»
De Cologne ....'. » 1584.-
De Venise ( Afagini ) 1 596. (1)
. De Cologne • • 1597.
De Venise (édit. ital.)..... 1598.
D’Amsterdam. . . » 1605. (2)
De Cologne ....... • 1608.-
- D'Amsterdam (texte latin) .-1..- 1618. (3)
La même (texte grec) •
Éditions imprimées; 33.
> Manuscrits 12.
„ . Total.;, 45.
(/ ) Nous en devons la communication à M. d’Averac , savant géographe de Paris ; c’est la seule édition que nous n’ayons pas rencontrée à la Bibliothèque Royale.
(a) Édit, de Mercaldr. • .. r
(3) Édit, de Bertiu». > * . . . ■ .
SARDINIÆ INSULÆ SITtlS.