SPONGIAIRES
DE LA
BAIE D’AMBOINE
PAR
E TOPSENT
Chargé de Cours à l'Ecole de Médecine de Rennes.
Avec les Planches XXI, XXII, XXIII et XXIV
Malgré les beaux travaux de Carter, Lendenfeld et Dendy, malgré les importantes publications sur les campagnes scientifiques de YAlert et du Challenger où Ridley et Dendy, Sollas, F.-E. Schulze ont consigné une foule d’indications précieuses, l’histoire des Spongiaires des mers d’Océanie est évidemment bien incomplète. Trop peu de localités, comme Port-Phillip et Port-Jackson, ont été visitées avec soin ; le vaste Archipel Malais a été superficiellement exploré. J’ai saisi avec empressement l’occasion que M. Maurice Bedot voulait bien nr offrir de contribuer à augmenter, si peu que ce fût, nos connaissances sur cette faune par l’étude des Éponges recueillies par lui et par C. Pictet durant leur voyage aux îles Moluques.
Toute la collection provient d’Amboine ; elle a été faite dans la zone des Madrépores, par une faible profondeur (dix mètres au maximum) ou encore à marée basse. Elle a été conservée
E. TOPSENT.
dans l'alcool fort, à l’exception de quelques spécimens en double, simplement soumis à la dessiccation.
Elle se compose de plus de 80 Éponges, dont 27 sont considérées comme espèces ou variétés nouvelles.
Le caractère littoral de cette série se traduit à la fois par l’absence d’Hexactinellides et par l’abondance de Monaxonides, surtout de celles de la famille des Haplosclérides. On pourrait s’attendre à y voir figurer beaucoup de Calcaires ; par extraordinaire, ce groupe est à peine représenté ; la petitesse de la plupart de ses espèces en est peut-être la cause. Les Tétractinellides et les Monoeératines s’y trouvent en proportion notable. Et l’ordre des Carnosa y compte trois représentants intéressants, l’un, Placinolopha Bedoti, nouveau pour la science, un autre, Placortis simplex , inconnu jusqu’à présent ailleurs que dans la Méditerranée, le troisième, Chondrosia reniformis , non encore signalé dans l’Extrême-Orient.
Des espèces déjà décrites, il va sans dire que la majorité avait été recueillie antérieurement, soit sur les côtes d’Australie, soit dans ce même Archipel Malais, et je n’ai eu qu’à les déterminer, d’après les ouvrages précités. Plusieurs d’entre elles, cependant, méritaient que je leur consacrasse quelques lignes, notamment Tetïlla merguiensis, dont les caractères extérieurs m’ont été révélés et dont les variations individuelles m’ont paru vraiment curieuses.
Pour d’autres, en bon nombre, nous voyons s’étendre considérablement à notre connaissance leur distribution géographique. C’est ainsi que, en outre de Placortis simplex et de Chondrosia reniformis , auxquelles je faisais allusion plus haut, nous avons à noter l’existence à Amboine de Petrosia dura , Reniera fistulosa , Desmacetta Peachi , Hymeraphia clavata , Acarnus tortilis , Suberiies tenuiculus , Bubaris vermiculata , Sphinctrélla ornata, jusqu’à présent draguées seulement dans la Méditerranée et dans l’Atlantique Nord ; puis, de Reniera
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cribriformis et B. camerata , des îles Séchelles et Amirantes, Tetilla Bidleyi , des îles Glorieuses, Amorplnnopsis fœtida, du golfe de Manaar, etc.; enfin, de Cliona mucronata, dont on n’avait pas encore pu indiquer une provenance certaine.
Mais l’intérêt principal de l’étude à laquelle je me suis livré réside peut-être dans la découverte d’un genre nouveau de Placinides, le genre Pladnolopha , remarquable par ses lophocalthropses de grande taille et distribués dans toute l’épaisseur du corps. En attachant au type de ce genre le nom de M. Bedot {Pladnolopha Bedoti ), j’ai voulu donner au distingué directeur du Musée d’histoire naturelle de Genève un témoignage de ma gratitude, pour l’amabilité avec laquelle il m’a confié sa collection et pour le soin qu’il a apporté à la publication de ce mémoire.
Voici la liste méthodique des Éponges que j’ai reconnues ou dont je me propose de tracer la description dans les pages qui vont suivre :