‹ Voyage scientifique dans l'Archipel Malais (volume 2)Chapitre 156 sur 218 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Leucandra pumüa Bowerbank.

Deux spécimens.

Distribution, — Cosmopolite.

Chondrosia reniformis Nardo.

1862. Gummina gliricauda, Schmidt (21, p. 38),

1862. Gummina ecaudata , Schmidt (21, p. 38).

Trois échantillons, d’assez petite taille.

Abstraction faite des rides déterminées par la contraction dans l’alcool, leur surface est tout à fait lisse. Ils présentent par places une coloration noir bleuâtre qui rappelle assez bien, il est vrai, celle de Chondrosia Bamsayi Lendenfeld (14, p. 147), mais que j’ai notée aussi sur de vraies C. reniformis du golfe de Gabès. Il me semble, d’ailleurs, bien difficile de séparer spécifiquement C. Bamsayi de C. reniformis.

Distribution. — Méditerranée; Kattégat; Océan Pacifique (îles Galapagos) ; Manche d’Aden (golfe de Tadjoura) ; Amboine.

Placortis simplex F.-E. Schulze.

PI. xxi, fig. i .

Un spécimen massif, dense, allongé, détaché de son support et déchiré en dessous, long de 4 centimètres, épais de 15 à 18 millimètres, lisse, blanc dans la profondeur, coloré de noir bleuâtre en teinte fondue sur sa surface.

C’est la seconde Microsclerophora dont on constate l’existence dans l’Archipel de la Malaisie. La première, Cortieium candelabrum Schm., a été signalée par F.-E. Schulze aux îles Philippines (Cébu et Ponapé). Je vais maintenant en décrire une troisième, sous le nom de Placinolopha Bedoti.

SPONGIAIRES DE LA BAIE d’aMBOINE.

Genre Placinolopha n. g.

Placinidæ possédant des calthropses et leurs dérivés (triodes et diactines) de plusieurs grandeurs, les uns semblables aux microcal thropses, microtriodes et microxes des Placina , les autres ( lophocalthropses ), plus gros, distribués dans toute l’épaisseur du corps et non localisés à la surface, à actines, variant de deux à cinq, toutes compliquées à leur extrémité.

Placinolopha Bedoti n. sp.

PI. XXIV, fig. 31.

Un spécimen formant une plaque de 30 mm. de longueur, 23 mm. de largeur et 1 à 3 mm. d’épaisseur, sillonnée dans son épaisseur par des branches fistuleuses de Histoderma verrucosum fucoides dont deux dépassent longuement sa surface. — Un fragment accolé à une Petrosia.

Couleur blanche dans l’alcool. Consistance ferme, friable. Surface lisse, un peu rude. Pas d’orifices distincts. Spiculation dense. Chair rare, non chondrenchymateuse. Histologie?

Spiculation. — Calthropses et leurs dérivés, pouvant, d’après leur taille, se répartir en trois catégories :

1° Microcalthropses, microtriodes et microxes {a, b, c). Ils ressemblent, avec des dimensions un peu plus fortes, toutefois, à ceux des Placina, leur correspondent, et forment, comme eux, la masse principale du squelette ; les microtriodes sont peu nombreux et les microcalthropses encore plus rares, les microxes prédominant de beaucoup.

Les microxes, fiexueux, acérés, centrotylotes, assez inégaux, mesurent environ 100 à 160 p de longueur sur 3 à 7 p. d’épaisseur au centre. Les actines des microtriodes ont 60 à 70 p sur 5 à la base. Comme d’ordinaire, les microcalthropses sont les

E. TOPSENT.

plus petits, leurs actines atteignant 50 ^ de long. Ces mesures n’ont d’ailleurs rien d’absolu.

2° Calthropses , triodes et diactines à pointes lisses (d, e, h). Ce sont les moins nombreux; par ordre de fréquence, les diactines viennent d’abord, puis les calthropses. Les diactines sont lisses, centrotylotes, et mesurent environ 350 à 550 p de longueur sur 11 à 25 ^ d’épaisseur au centre. Les actines des plus beaux calthropses atteignent 110 à 190^ de long sur 20^ d’épaisseur à la base.

3° Lophocalthropses, lophotriodes et lophodiactines (m, ny o). Ce sont les spiculés caractéristiques de l’Éponge; ils sont nombreux, de grande taille et distribués dans toutes les régions du corps ; à la surface,- les lophocalthropses prédominent, tandis <jue les lophodiactines abondent surtout dans la profondeur.

Les lophotriodes n’existent qu’à titre exceptionnel, comme pour affirmer le passage entre les deux formes précitées. Il est bien plus fréquent de voir les lophocalthropses acquérir une cinquième actine.

Avec quatre actines, les lophocalthropses ressemblent le plus souvent à des microtriænes, trois de ces rayons s’étendant dans un même plan perpendiculaire à celui dans lequel se dirige le quatrième (m) ; ou bien, ils méritent vraiment d’être appelés calthropses, leurs actines prenant une orientation quelconque. Quoi qu’il en soit de leur nombre, ces actines sont remarquables par la façon dont elles se terminent ; elles se dichotomisent plusieurs fois, composant une courte arborescence dont chacun des rameaux libres se présente comme une pointe conique, droite ou recourbée en crochet. Il se produit là quelque chose d’analogue à ce qui s’observe sur les clades des mésotriænes de Triptolemus parasitions Carter.

La tige des lophodiactines (o) n’est pas nettement centrotylote mais plutôt fusiforme, un peu flexueuse, rarement tout à fait droite.

SPONGIAIRES DE LA BAIE d’AMBOINE.

Le passage de ces spiculés à ceux de la seconde catégorie n’est pas douteux ; la taille des plus petits d’entre eux n’est pas supérieure à celle des diactines et des calthropses, et l’on trouve quelques lophodiactines à pointes simplement bifurquées.

Les lophodiactines atteignent 750 p de longueur sur 50 p d’épaisseur ; les actines des lophocalthropses mesurent de 275 à 300 p sur 35 à 50.

Placinolopha Bedoti est le type d’un genre nouveau, le quatrième de la famille des Placinîdce. Comme elle compte certainement parmi les plus curieuses de laj collection, je me fais un plaisir de dédier cette Éponge à M. M. Bedot, l’auteur de sa découverte.

Theonella Smnhod Gray.

Un magnifique spécimen, dressé, subcylindrique, haut de 1 3 centimètres, épais de 7 , muni d’un large orifice cloacal subterminal, d’un diamètre de près de 2 centimètres.

Sollâs (35, p. 284) a fait l’histoire et donné une description magistrale de cette intéressante Lithistide. Je retrouve en très grande abondance dans l’échantillon d’Àmboine les Thallophytes qu’il a découverts dans celui de Manille. Il s’agit donc d’un commensalisme habituel.

Distribution. — Formose ; Manille ; Amboine.

Sydonops Pideti n. sp.

PI. XXI, fig. 2.

Conservé dans l’alcool, un spécimen massif, globuleux, allongé, ferme, gris rosé; surface lisse, rude au toucher. Longueur 35 mm., largeur 18, épaisseur 15. Oscules nombreux, localisés à la partie supérieure dans une aire de 13 mm. de diamètre; ils sont béants, simples, petits (0mm,5 de diamètre au plus), entourés d’un rebord blanc. Pores en cribles sur les côtés et à la

E. TOPSENT.

base de l’Éponge. Ectosome dur, épais, de 0mm,8. Choanosome blanc jaunâtre.

Spiculation. — I. Mégasclères : 1 . Oxes fusiformes, pointus, longs de 500 à 600 p, épais de 30 p au centre. — 2. Orthotriœnes à clades horizontaux presque dès leur origine, puis recourbés en dessous vers leur extrémité ; rhabdome de même longueur que les oxes et de même épaisseur à sa base ; cladome ne mesurant que 185 p de corde, les clades relativement grêles (23 p d’épaisseur à la base) n’atteignant que 90 p de longueur. — 3. AnatriœneSy rhabdome épais de 10 p, cladome ayant 70 p de corde et 53 de sagitta ; les clades sont grêles, pointus et vont s’écartant de plus en plus du rhabdome. — 4. Protricenesy rhabdome épais de 10 p, clades longs de 70 p.

IL Microsclères : 5. Sterrasters ellipsoïdales ou presque rondes, mesurant 97 p sur 85; les actines, à leur extrémité, sont polygonales et armées d’épines. — 6. Spliér asters somales à centrum épais, à actines courtes et tronquées ; diamètre 4- 6 p. — 7. Oxyasters choanosomales sans centrum marqué, à actines coniques, longues, assez grêles, épineuses, ordinairement peu nombreuses (7 à 12) ; dimensions moyennes des actines 17 à 20 p de longueur sur 2 p d’épaisseur à la base diamètre moyen des oxyasters 35 à 40 p.

Un autre échantillon, desséché, dressé, rameux, à digitations épaisses enlaçant des fragments de Polypiers. Pores en cribles ; pas d’oscules visibles, sterrasters mesurant 140 p sur 115.

C’est peut-être de Sydonops nitida de Port- Jackson et Sydney que S. Picteti se rapproche le plus. Mais il existe ici des anatriænes et des protriænes; en outre, les sphérasters somales sont plus petites, les sterrasters notablement plus grosses, et les clades des orthotri ænes de moitié plus courts que dans l’espèce décrite par Sollas.

Je me suis fait un devoir d’attacher aune Eponge de la collection d’Amboine le nom de feu C. Pictet, le compagnon d’exploration zoologique de M. Bedot dans l’Archipel Malais.

SPONGIAIRES DE LA BAIE d’ AMBOINE.

Placospongia melobesioides Gray.

Un fragment d'échantillon, facilement déterminable grâce à ses sphérules siliceuses très abondantes.

Distribution. — Golfe de Manaar; Bornéo; Amboine.

Myriastra clavosa Ridley.

1884. Stelletta clavosa, Ridley (19, p. 474).

1888. Myriastra clavosa, Sollas (35, p. 116).

1888. Myriastra toxodonla , Sollas (35, p. 119).

Deux spécimens, libres, l’un sphérique, blanc, mesurant 6 mm. de diamètre et muni au milieu de sa face supérieure d’un oscule béant large de 1 mm.; l’autre, gris jaunâtre, comprimé dans le sens de la hauteur, haut de 45 mm., large de 40, épais de 10 à 20, portant sur son bord supérieur, à peu de distance l’un de l’autre, deux oscules béants, ovales, larges de 3 et de 4 mm. Pas de thallophytes commensaux.

Le rhabdome des dichotriænes a sa plus grande épaisseur immédiatement au dessous du cladome, puis s’effile progressivement ; les chiasters ont toutes leurs actines tylotes ou finement verruqueuses.

Distribution. — Australie du N.E. (mer d’Arafura); détroit de Torrès ; îles Philippines ; Amboine.

Pilochrota brevidens n. sp.

PI. XXIV» fig. 28.

Le spécimen qui sert de type à cette espèce est, basée sur un amas de débris calcaires, une petite masse jaunâtre, globuleuse, de 2 mm. de diamètre à peine, à surface inégale, hispide, sans orifices apparents, mais déjà surmontée de quelques appendices gemmipares, avec bourgeons prêts à se détacher. L’exiguïté de sa taille peut laisser supposer que ses mégasclères n’ont pas les

E. TOPSEMT.

dimensions qu’ils seraient capables d’acquérir chez de plus gros individus; mais la forme de ses divers spiculés se montre si constante dans toutes les parties du corps qu’il n’y a pas lieu d’admettre qu’elle changerait avec la croissance de l’Éponge. Par sa spiculation, cette Pilochrota se place au voisinage de P. Moseleyi , P. Lendenfeldi, P. cingalensis , sans cependant se confondre avec aucune d’elles. Ce qui la caractérise, ce sont ses anatriœnes , qui ne ressemblent qu’à ceux de Anthastra œruginosa. D’autre part, l’existence d’une seule sorte d’asters, à actines toujours tylotes, écarte toute velléité d’identification de ces deux Stellettides.

Spiculation. — I. Mégasclères : 1. Oxes. — 2. Orthotriœnes à clades pointus se recourbant très vite pour s’étendre horizontalement; rhabdome, 500-700 p; clades, 133 jx; corde du cladome, 270 jx. — 3. Anatriœnes à cladome petit, arrondi, formé de trois clades courts, épais, coniques, très vite recourbés pour devenir parallèles au rhabdome; rhabdome, 825 y; corde du cladome, 40 jx; sagitta, 20 ^ seulement.

IL Microsclères : 4. (Masters sans centrum, à actines droites, grêles, linéaires, rugueuses sur leur longueur et renflées en un bouton à leur extrémité (tylotes), peu nombreuses (8 à 12), longues de 8 à 10 p.

Galthropella geodioides Carter, var.

Petite Éponge blanche, massive, irrégulière, à surface lisse, un peu rude au toucher. Accolée à une Tethya IngallL

La spiculation, composée d’oxes, de calthropses et de dichocalthropses (ces derniers ordinairement plus petits que les calthropses) et d’euasters, diffère de celle du type (2, p. 407) : 1° par ce fait que la quatrième actine des calthropses (ou rhabdome de microtriænes), au lieu de s’atrophier, se développe autant que les trois autres, tout en restant simple, même sur les

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