SPONGIAIRES DE LA BAIE D’ AMBOINE
dichocalthropses ; 2° par la rareté excessive des euasters, à centrum large et à actines tronquées, dont les dimensions sont aussi plus faibles que dans FÉponge du Cap St- Vincent.
Distribution. — Au large du Cap St- Vincent (Porcupine) ; Amboine.
Sphinctrella ornata Sollas.
Un beau spécimen, grisâtre, étendu sur une Petrosia et en partie couvert de stolons rampants de Eistoderma verrucosum fucoides.
Les éléments de la spiculation, si caractéristique, sont ceux des spécimens du Challenger (259 p. 90) : des oxes robustes et fusiformes, de longs oxes grêles, cylindriques, des triodes verruqueux à verrucosités disposées en anneaux sur toute la longueur des actines, des métasters très abondantes et des spirasters. Les triodes, en diminuant de taille, deviennent assez fréquemment des microcalthropses verruqueux à quatre actines ; quelquefois ils se transforment en gros microxes ; enfin, rarement, de gros triodes acquièrent une quatrième actine, comme chez Sphinctrella annulata (Carter) et méritent ainsi le nom de calthropses.
En comparant cette spiculation avec celle des Sphinctrella ornata que les dragages des yachts Hirondelle et Princesse-Alice ont recueillies aux Açores, je n’y relève de différences que :
1° Dans la taille des triodes verruqueux, dont les actines atteignent 275 g de longueur dans FÉponge d’ Amboine, au lieu de 120 et 140 g dans celles des Açores; mais Sollas a trouvé une taille intermédiaire (200 g) aux plus forts triodes des échantillons de la collection du Challenger.
2° Dans la rareté sinon dans l’absence chez la Sphinctrella d’ Amboine de raphides linéaires, longs de 130 g, dont j’ai constaté la présence chez celles des Açores ; mais encore, Sollas n’a pas fait mention de ces raphides.
E. TOPSENT.
De sorte que l’identité spécifique de ces Éponges n’est nullement douteuse.
Distribution. — Açores ; îles du Cap Vert ; Amboine.
Carter a décrit sous le nom de Tisiphonia annulata (1880) une Éponge du golfe de Manaar qui, par ses calthropses à verrucosités en anneaux sur les actines et par ses spirasters, se rapproche assez de la précédente pour que Sollas l’ait, à juste titre, fait rentrer dans le genre Sphinctrella. La vaste distribution dont nous voyons jouir S. ornata rend très désirable un nouvel examen de S. annulata ; se souvenant, d’une part, qu’on rencontre quelques grands calthropses verruqueux dans les préparations de la Sphinctrella d’ Amboine, et sachant, d’autre part, que le passage s’opère toujours insensiblement des spirasters aux métasters, on peut se demander si la spiculation de Tisiphonia annulata a été décrite bien au complet, et, par suite, si les deux espèces supposées sont réellement distinctes.
Tetilla Ridleyi Sollas.
PL XXI, fig. 3.
Deux spécimens, malheureusement incomplets.
Le plus beau présente, du côté supérieur, une face plane, plateau hirsute, gris, mesurant 35 et 40 mm. de largeur et percé, à peu près en son milieu, d’un orifice, probablement l’oscuie, non surélevé, large de 3 mm.; par-dessous, il s’est trouvé coupé en un tronçon conique avec lignes squelettiques rayonnantes entièrement à nu.
L’autre spécimen, de 27 mm. de diamètre, est un peu plus bombé, plus irrégulier, du côté supérieur; il est également déchiré par-dessous.
Je rapporte ces Éponges à l’espèce Tetilla Ridleyi Sollas, surtout à cause des sigmaspires. Ces microsclères ne mesurent en effet que 11 p de longueur et affectent presque toujours
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la forme très simple d’un C, quelquefois avec l’un des bouts rejeté obliquement, rarement la forme d’une B ; ils sont relativement épais (1 g) et se montrent finement rugueux sur leur bord externe. Ils rappellent de la sorte un peu, et en plus petit, les sigmaspires de T. japonica. Ce sont les seuls mierosclères présents.
Il existe des oxes, des protriænes et des anatriænes. Les oxes, droits et acérés, ont 2mm,5 de longueur sur 30 g d’épaisseur; les clades des protriænes atteignent 150 g de long; ceux des anatriænes mesurent 70 à 90 g; la corde des 'anatriænes n'est pas inférieure à 90 g. Je donne ces chiffres seulement à titre d’indications, car je ne crois pas que les dimensions des mégasclères des Tetilla, Craniella , etc. puissent servir de caractères spécifiques ; elles dépendent sans doute de variations individuelles capables aussi d’augmenter ou de diminuer la protrusion de ces spiculés, et de modifier la régularité de leur cladome.
Distribution. — Iles Glorieuses ; Amboine.
Tetilla merguiensis Carter.
PJ. XXL fig. 4 et 5, et PI. XXIV. fig. 34.
1883. Tethya merguiensis, Carter (5, p. 366).
1886. » » Carter (7, p. 83).
1888. Tetilla merguiensis , (Carter), Sollas (35, p. 14).
Trois spécimens, incomplets.
Le plus gros, d’un diamètre de 20 mm. environ, est réduit à sa partie inférieure ; celle-ci, gris noirâtre, est hispide et couverte de sable et de débris divers ; plusieurs anfractuosités, dont deux surtout larges et profondes et à bords nets comme si elles avaient abrité des coquilles, lui donnent une vague ressemblance avec un fragment de Thenea muricata ; l’illusion est encore augmentée par la présence à son extrémité d’un bouquet de cinq racines grêles, longues de 2 à 12 mm.
E. TOPSENT.
Des deux autres spécimens, c’est la partie supérieure du corps qui a seule été recueillie. Elle est également gris noirâtre, hirsute et souillée d’impuretés; sensiblement hémisphérique, elle porte, éparses, trois ou quatre éminences cylindriques fistuleuses, hautes de 1 à 3 mm., correspondant vraisemblablement à autant d’oscules.
D’après ces échantillons, il est facile de reconstituer les caractères extérieurs de TetiUa merguiensis. Toutefois, on peut douter que tous les individus possèdent des racines : l’un de ceux de la collection semble avoir été fixé inféro-latéralement et par une grande surface à quelque support solide.
Ces trois TetiUa sont encore intéressantes en ce qu’elles nous fournissent des exemples de variations individuelles plus importantes que celles auxquelles je faisais allusion à propos de T. Bidleyi.
Dans le plus gros spécimen, les orthotriænes sont excessivement abondants, formant une couche continue à la surface générale du corps et jusque sur les racines. Avec un rhabdome conique très court, ils ont trois clades égaux entre eux et étendus dans un même plan, longs de 350 à 400 p. Ils ressemblent donc à ceux du spécimen type de Carter, provenant de l’Archipel Mergui, et de l’échantillon du Cap York (détroit de Torrès) recueilli par le Challenger et étudié par Sollas.
Dans un second individu, ils sont moins nombreux, épars, et conservent bien mieux la forme d’orthotriænes ; leurs clades mesurent encore 275 à 300 g, mais leur rhabdome atteint souvent plus de 1 mm. de longueur.
Dans le troisième, ils sont assez rares, à clades longs de 220 a, à rhabdome approchant de lmm,5. Seulement, il existe, implanté dans l’Éponge, un fragment de coquille aplati, et j’ai remarqué que ces orthotriænes subissent à son contact une curieuse modification ; ils se transforment en amphitriænes à rhabdome droit, long de 430 ,u, à deux cladomes pareils,
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dont les clades, recourbés, mesurent environ 150 p. Cela rappelle singulièrement les mégasclères que Carter a décrits d’après sa Tetilla stipitata de Port Phillip Heads (Australie méridionale).
IL existe dans les trois cas des protriænes vrais et des anatriænes ; beaucoup de protriænes sont monstrueux dans les deux derniers cas ; partout, les anatriænes sont bien conformés et ont un cladome très ouvert.
Les mieroxes sont excessivement abondants dans le troisième échantillon ; ils s’y montrent sous forme de raphides linéaires, lisses, flexueux, longs de 170 (u, disposés en trichodragmates épais de 10 p, sans rapport, en un mot, avec la seconde sorte de microsclères que possède Tetilla stipitata. Dans les autres spécimens, surtout dans le second, je les trouve bien moins nombreux, solitaires, longs de 230 p.
Partout de même sorte, les sigmaspires mesurent 15 à 17 p.
En résumé, le premier échantillon est le plus conforme au type ; le second donne raison à Sollas d’avoir considéré les triænes à rhabdome court de l’ectosome comme des orthotriænes modifiés et non comme des calthropses; le troisième nous apprend que les amphitriænes de Tetilla stipitata pourraient bien avoir la même origine.
Distribution. — Archipel Mergui (Carter); détroit de Torrès (Sollas) ; Amboine.
Tethya Ingalli Bowerbank.
Quatre spécimens.
Sollas (35, p. 431) a établi la synonymie de Tethea Ingalli Bow., T. Cliftoni Bow. et T. robusta Bow. Agitant la question de l’identité possible de T. seychellensis et de T. Ingalli, il a penché pour la négative en se basant sur des différences de structure de l’écorce qu'il est bien difficile cependant de considérer comme spécifiques.
E. TOPSENT.
Cliona mucronata Sollas.
Commune dans les polypiers.
Sollas avait découvert Cliona mucronata en même temps que C. ensifera dans la base calcaire d’une Isis indéterminée et de provenance inconnue (34). J’ai, par la suite, retrouvé ces deux Cliones de compagnie sur un polypier du musée du Havre, sans indication de provenance. Voici enfin une première donnée sur la distribution géographique de cette Éponge perforante, qui, cette fois, se rencontre solitaire.
J’ai montré, il y a quelques années (36, p. 37), qu’il ne faut voir dans les singuliers diaphragmes de Cliona mucronata autre chose qu’une complication des diaphragmes interlobaires des autres Cliones et des voiles contractiles qui, chez toutes les Éponges en général se tendent de place en place dans les vastes canaux aquifères, perpendiculairement à leur longueur, pour régler l’intensité du courant d’eau. Les gros tylostyles courts et mucronés qui soutiennent ces diaphragmes sont de même type que ceux du squelette, mais ils subissent une adaptation : confinés dans un espace très restreint, ils se raccourcissent pour conserver l’orientation convenable et gagnent en épaisseur ce qu’ils ont dû perdre en longueur.
Spirastrella solida Ridley et Dendy.
Plusieurs fragments.
Distribution . — Iles Philippines ; Amboine.
Spirastrella decumbens Ridley.
Quatre échantillons ou fragments.
Distribution. — Détroit deTorrès; îles Philippines ; Amboine.