L. JOUBIN
seaux, sur les coupes, sont remplis par une masse jaunâtre coagulée.
Loligo Bleékeri Keferstein.
J’ai examiné un seul échantillon, provenant (TAmboine, de ce Loligo , qui, jusqu’à présent, n’est connu que par l’individu figuré par Keferstein, étudié ensuite par Brock, et par la notice, brève mais très précise, que lui a consacrée Appellôf dans ses Japanska Cejghalopoder. Il n’est actuellement signalé qu’au Japon et, par conséquent, constitue une espèce nouvelle pour l’Indo- Malaisie.
Voici la description de l’individu mâle que j’ai observé :
DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES
Longueur totale 165
» de l’extrémité au bord médian ventral du manteau. 87
» » » » dorsal du manteau 94
Hauteur totale de la nageoire 51
Diamètre maximum de la nageoire 53
» » de la tête 24
Hauteur de la tête 17
* du siphon au-dessus du manteau 12
Diamètre maximum du sac viscéral 21
Longueur du 1er bras 33
, 2me » 39
» 3ma » 41
» tentacule 62
Un caractère des plus curieux de cet échantillon est que les deux tentacules, qui cependant sont de même longueur et de même diamètre, sont tout à fait différents à leur extrémité. Je ne sais s’il faut considérer cette particularité comme une monstruosité; c’est probable, car les auteurs que je viens de citer n’en font pas mention.
Le corps est àllongé et a sensiblement la forme d’un cigare ; son diamètre maximum est situé au-dessus de la nageoire, à 3 centimètres environ du bord palléal.
CÉPHALOPODES d’aMBOINE. 221
La nageoire dorsale n’arrive pas jusqu’à la pointe du corps, elle est plus étroite vers le bas qu’en haut, et, comme le dit Brgck, elle a un bord supérieur plus court que l’inférieur. Il y a environ 15 millimètres entre les deux extrémités supérieures des deux nageoires, à leur insertion. Vers le bas elles se rapprochent l’une de l’autre et sont fusionnées vers la pointe. Il n’y a pas de chromatophores sur sa face ventrale ; ils sont nombreux sur la face dorsale.
Le sac viscéral, sur le bord ventral de son orifice supérieur, a deux pointes contiguës au siphon. Au milieu du bord dorsal on remarque une pointe étroite, très nette, saillante, bien figurée par Appellof.
La tête est globuleuse, courte, et très enfoncée dans le sac viscéral. On y remarque plusieurs détails intéressants. A la face ventrale une forte dépression, comme une sorte de niche, abrite le siphon ; cette cavité est entourée par une crête cutanée, qui forme un bord saillant à son pourtour ; elle se termine en bas, vers le niveau moyen du siphon, par une sorte de dent; elle se continue sous l’œil par une crête analogue commençant aussi par une dent, enfin, passant sur la face dorsale, elle se relève, formant un cadre à la moitié inférieure de l’œil. Elle se termine là brusquement. Mais sur le dos de la tête elle rencontre une barre transversale, qui est encore une crête, interrompue au milieu par l’appareil de résistance palléo-céphalique. En somme, la tête est garnie d’une crête à peu près continue qui fait le tour du siphon, passe sous les yeux et vient former une bande sur le dessus de la tête.
Les yeux sont très gros et s’étendent depuis le bord du manteau jusqu’à la racine des bras. Au milieu du bord supérieur de chacun d’eux, sur la limite entre la paupière et la cornée, exactement sous le deuxième bras, est un tout petit orifice, dont j’ignore les rapports internes exacts.
Le dessus de la tête est pourvu de deux taches foncées dues à une accumulation très grande de chromatophores.
L, JOUBIN.
Les bras n’ont pas de caractères bien remarquables à noter; ils ont des crêtes natatoires, et les ventouses, régulièrement placées sur deux rangs, sont entourées par une mince membrane longitudinale, soutenue de distance en distance par des épaississements ; cela est particulièrement développé dans le troisième bras, où les ventouses sont aussi, vers la pointe du bras, plus nombreuses, ce qui altère leur arrangement, régulier partout ailleurs, en deux files alternantes.
Le quatrième bras est hectocotylisé du côté gauche ; les onze premières paires de ventouses à partir de la base sont disposées comme dans le bras correspondant droit, mais, à partir de là, c’est-à-dire vers le milieu des bras, elles s’atrophient rapidement et, au bout de deux ou trois paires, elles disparaissent. On ne voit plus alors que les tubercules basilaires des ventouses, très allongés, mais terminés en pointe. Ces deux séries de papilles s’étendent jusqu’au bout de ce bras en diminuant très régulièrement et en alternant de même.
Les tentacules sont très dissemblables dans leur portion terminale.
Tentacule droit , En coupe il est à peu près triangulaire ; à partir du niveau où commencent les ventouses, se développe une crête membraneuse dorsale, qui devient de plus en plus grande à mesure que l’on s’approche davantage de la pointe du tentacule. Elle s’épaissit aussi de façon à devenir charnue. La région qui porte les ventouses se compose de deux parties : les deux tiers inférieurs, à ventouses relativement grandes, le tiers terminal, bien plus étroit, à nombreuses ventouses microscopiques. La longueur totale occupée par les ventouses est d’environ 22 millimètres. Les premières, à la base, sont petites, les suivantes sont plus grandes et ont environ 2 millimètres de diamètre. Cette partie de la palette tentaculaire est bordée par une membrane soutenue régulièrement par de petits tubercules. Rien de particulier à noter sur les cercles cornés des ventouses; ces
CÉPHALOPODES d’aMBOINE.
organes, dans toute la longueur de la palette tentaculaire, sont répartis sur quatre rangs, très serrés à la pointe.
Tentacule gauche. Tout en étant de la même grosseur et à peu près de la même longueur que le tentacule droit, il en diffère cependant en ce que la région qui porte les ventouses n’a que 10 à 11 millimètres; en outre, tandis que dans le tentacule droit cette région est bien plus large que le tentacule, dans celui-ci elle ne le déborde pas, et il se continue en forme de pointe régulièrement amincie comme un poinçon depuis sa base jusqu’à son sommet. Les ventouses sont plus petites, moins nombreuses, et ne se divisent pas en deux régions ; elles diminuent insensiblement du milieu de la palette jusqu’à la pointe extrême. Une très courte membrane périphérique entoure cette palette, qui n’a qu’un rudiment de crête dorsale tout à fait à sa pointe.
On voit par cette description combien diffèrent ses deux tentacules ; peut-être y a-t-il là une modification spéciale en rapport avec la génération.
La membrane buccale est bien identique à ce qu’a décrit Brock. Elle est garnie de sept côtes formant des dents saillantes sur son bord libre. La plus petite est dorsale, les deux plus grandes appartiennent à l’avant-dernière paire. De nombreux plisse voient à l’intérieur de cette membrane, qui porte de toutes petites ventouses rudimentaires derrière les pointes saillantes.
Sept minces replis cutanés correspondant aux côtes servent à attacher cette sorte de lèvre saillante à la racine des sept bras. Cela ressemble assez bien, comme disposition générale, à ce que j’ai décrit et figuré plus haut pour Chiroteuthis Picteti , à part la coloration, qui ici est blanche, tandis que dans cette espèce précédente elle est violette.
L’entonnoir, dont la partie visible à l’extérieur du manteau est large et courte, est relié à la tête par deux forts ligaments. En outre, sur ses bords il y a deux longs cartilages adhésifs qui
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s’insèrent sur deux très longs boutons saillants dans la cavité palléale. Un troisième organe d’adhésion se voit sur la ligne médiane dorsale du dos et sous la pointe du manteau. Les poches latérales de l’entonnoir sont excessivement développées, elles contournent la masse viscérale et arrivent jusqu’au contact de l’organe adhésif dorsal. L’ensemble de l’entonnoir fait donc presque complètement le tour du corps.
Je ne puis rien dire sur la plume, n’avant pas voulu détériorer mon unique échantillon pour l’observer.
Loligo Picteti n. sp.
(Pi. x et XI.)
Diagnose. Corpus breve, cylindricum , ad partem posteriorem rotmdatum; alis duabus separatis , rotundatis, eis Sepiolarum simïlïbus, non extremitatem posteriorem attingentibus , munitum. Caput corpore latins ; oculi superficiem capitis non superantes , usque ad basim bracMorum attingentes. Brachia subcequalia ; duo venir alla, in çÿ , cupula unica ad basim munita ; brachium 4 rectum partem copulatoriam plurisulcatam ferens ; brachium 4 sinistrum , lamina terminait instructum. Infundibulum breve, latum. Gupulœ brachiorum eminentia centrait cornea et angulata munitœ.
J’ai reçu deux exemplaires de ce singulier petit Céphalopode, qui diffère par plusieurs points intéressants des autres espèces du genre Loligo
Comme on peut le voir par l’examen de la Planche I, ce qui frappe immédiatement dans l’extérieur de l’animal c’est la brièveté de son corps par rapport à sa tête, qui est globuleuse, avec des yeux petits, situés très en avant, presque au ras des bras, et ne faisant aucunement saillie à la surface de la tête, tandis que celle-ci dépasse de toutes parts l’abdomen.
En arrière la nageoire est double, plus étroite à son insertion
CÉPHALOPODES d’aMBOINE.
qu’à son bord, en forme de palette, et ressemble tout à fait à celle des Sépioles (PI. X, fig. 1).
Ces caractères, joints à la présence d’un hectocotyle tout différent de celui que l’on voit d’habitude chez les Loligo, permettent d’établir une espèce nouvelle très sûre. Il y a même des faits, tels que la présence d’un bras absolument dépourvu de ventouses, qui justifieraient presque l'établissement d’un genre spécial ; mais n’ayant pas observé la femelle, je n’ai pas voulu aller jusqu’à cette innovation.
Voici les mesures relevées sur les deux échantillons, qui sont absolument de même taille :
DIMENSIONS EN MILLIMÈTRES
Longueur totale 27
» de l’extrémité postérieure au bord médian dorsal du manteau. 14.5
* » » au milieu de l’œil 17
Largeur du corps 5,5
» de la tête > 6.12
Distance de l’œil à la naissance des bras • 2.75
Longueur de la nageoire 4.25
Largeur totale de la nageoire 7.12
» de chaque lobe de la nageoire 2.75
Longueur de l’hectoeotyle 3
Diamètre des plus grandes ventouses des bras 0.4
» » » du tentacule 0.17
Longueur du 1er bras 4.12
» 2me ? ..... 5,25
» 3me » 4.75
» tentacule 7
La forme générale du corps est celle d’un ovoïde allongé, tronqué en avant au niveau de la tête, pointu en arrière. Sa plus grande largeur s’observe un peu au-dessus du milieu du sac viscéral.
Deux petites nageoires, à bord onduleux, s’insèrent sur le bas du dos, mais sans aller jusqu’à la pointe; elles sont indépendantes l’une de l’autre, et rappellent un peu celles des Sepiola.