M. B K DOT
Quant aux traverses endothécales (fig. 38), elles sont formées à peu près de la même façon que chez les autres Euphyllies, mais leur disposition est très irrégulière et elles ne s’élèvent pas jusqu’au bord supérieur de la muraille. E. pideti se distingue facilement d’Æ. fimbriata : en effet, sa cavité calicinale est plus élargie, évasée et profonde, ses côtes sont souvent plus proéminentes, le bord libre de la muraille est beaucoup plus irrégulier et enfin, la colonie est formée d’une lamelle repliée mais non ramifiée.
Euphyllia pideti n. sp. var, flexuosa n. var.
(PI. 6, fig. 39 et 40).
Nous avons récolté une Euphyllie que nous ne pouvons déterminer avec une certitude absolue, car il s’agit d’une colonie morte et dont le bord supérieur des septes était cassé. Sa forme est très caractéristique, mais elle présente cependant une grande ressemblance avec l’espèce qui vient d’être décrite. Nous la considérerons donc provisoirement comme une variété de cette espèce et la nommerons E. pideti var. flexuosa.
Cette Euphyllie mesure 9cm de hauteur et 13cm de largeur.
doncule s’élève une lame en éventai], d’abord droite, puis plissée régulièrement de telle sorte que son bord supérieur (fig. 39) forme une ligne en zig-zag, sans ramifications (voir schéma B).
La largeur de la vallée calicinale est, au minimum de 22mm et
Schéma B.
Sa base (fig. 40) forme une sorte de pédoncule large de 12 X 19mm et haut de 16mm, qui est séparé du reste de la colonie par un sillon bien visible. Sur ce pé-
MADRKPGRAIRES
au maximum de 31mn'. On compte 7 à 9 septes sur une longueur de lem; leur épaisseur peut atteindre
La disposition des septes, de la pseudo-columelle et des lames endothécales est la même que chez E. picteti. La paroi externe de la muraille portait des côtes qui ont disparu en grande partie par suite de frottement et d’usure.
Le caractère le plus important de cette variété est l’épaisseur de ses septes et surtout la forme générale de la colonie qui rappelle un peu celle des grandes espèces de Flabellum décrites par Gardinek (1905, p. 954, pi. 93, fig. 28 et 29). Mais il ne s’agit que d’une ressemblance de forme générale, car la structure des Euphyllies, et, surtout le développement de leurs lames endothécales, les distingue nettement des espèces du genre Flabellum.
Gen. Galaxea.
Galaxea fascicularis (L.).
(PL 7, fig. 41 à 49).
Notre collection ne renferme que de petits spécimens de cette espèce qui forme souvent de très grosses colonies.
Le plus grand échantillon (fig. 41 et 42) mesure 9,5 X 7cm de largeur et 3cm d’épaisseur maximale. C’est une colonie aplatie ou légèrement convexe. La disposition des calices est assez régulière; ils sont placés à peu près parallèlement, et séparés par des intervalles de lmm,5 à 4mm. Au bord de la colonie se trouvent de jeunes et très petits calices, tandis qu’au milieu, ils sont de plus grande taille.
Les calices, dégagés du cœnenchyme qui les entoure, ont une forme t.urbinée et souvent légèrement aplatie. Mais, lorsqu’on ne regarde que la partie qui fait saillie au-dessus du cœnenchyme, elle paraît à peu près cylindrique ou en forme de cylindre aplati (fig. 45 à 47).
M. BEDOT
La longueur totale du calice atteint 22mra. Sur d’autres spécimens, elle arrive à 28mm.
La partie libre, au-dessus du cœnenchyme, ne dépasse guère 9nmi. Mais, dans une région de la colonie, le cœnenchyme s’étant beaucoup accru, les calices ne s’élèvent plus que de 3mm audessus de sa surface.
L’ouverture calicinale est subcirculaire ou elliptique. Son plus grand diamètre atteint 6mm.
La paroi externe de la muraille est garnie de côtes dont le développement est très variable (comp. fig. 45 à 47) et relativement faible. Elles ne sont bien apparentes que dans la région supérieure du calice où elles atteignent quelquefois 0min,4 de hauteur. Mais cette hauteur décroît très vite et, en général, à 5mm de distance du bord du calice (souvent même beaucoup plus près du bord), elles ne sont plus apparentes. Quelquefois, les sillons qui séparaient les côtes se continuent plus bas, sous forme de petites lignes très faiblement marquées (fig. 46 et 47). Souvent aussi, ces lignes ne sont même plus visibles et la muraille paraît complètement lisse. Les côtes s’élèvent, avec les septes correspondants, bien au-dessus du bord des calices. Examinée au microscope, la paroi externe de la muraille paraît quelquefois un peu granuleuse. Mais cet aspect est très variable suivant les régions de la colonie que l’on observe. Les calices présentent souvent (mais pas toujours), sur leur muraille, de petites protubérances coniques placées sans ordre apparent et peu nombreuses (fig. 46 et 47).
La muraille est très mince. Dans la région voisine de l’ouverture calicinale, son épaisseur est à peine de 0mm,l àOmm,2; plus bas, dans la région moyenne, elle peut atteindre 0mm,6. En général, dans la région distale des calices, les parties de la muraille comprises entre deux septes voisins sont planes ou ont une courbure dont la concavité est tournée vers l’extérieur.
Les calices ont 4 cycles de septes; le dernier cycle est incom-
MADKËPOKAULES
plètement développé. Les septes vont en s’amincissant de la muraille — où ceux du premier cycle peuvent atteindre 0mm,5 d’épaisseur — vers le centre.
Les septes des deux premiers cycles sont de même longueur, mais ceux du premier cycle sont un peu plus épais et en général plus élevés que ceux du second (fig. 43). Les septes du troisième cycle sont beaucoup plus minces ; leur longueur dépasse rarement la moitié du rayon de la cavité calicinale.
Les septes du 4e cycle sont rudimentaires.
Au-dessus du bord du calice s’élèvent les costo-septes qui ont une forme lancéolée et peuvent atteindre une hauteur de 4mra. Leur bord externe est généralement droit et vertical, souvent un peu sinueux et incliné extérieurement, rarement incliné intérieurement. Le sommet est plus ou moins arrondi. Lorsqu’on regarde un costo-septe de profil, on voit que son arête interne forme une ligne non pas verticale, mais inclinée et souvent un peu sinueuse. Un plan passant par les arêtes internes des costoseptes aurait donc la forme d’un entonnoir.
Au-dessous du niveau du bord supérieur de la muraille, l’arête interne des septes des deux premiers cycles devient irrégulière, un peu déchiquetée et forme de petits prolongements de formes diverses qui se contournent dans tous les sens et se réunissent entre eux de manière à former une pseudo-columelle d’un aspect très variable (fig. 44 et 48). Souvent, surtout dans les jeunes calices, ces prolongements se recourbent avec une certaine régularité à droite et à gauche de chaque septe1 et, s’unissant à ceux des septes voisins, forment une couronne irrégulière (fig. 44). Mais il apparaît généralement d’autres prolongements au milieu de la couronne. Parfois même, de petites lamelles contournées s’élèvent au centre et, dans ce cas, le calice semble être pourvu d’une vraie columelle.
1 Cette disposition se voit très bien sur la fig. 49 représentant une coupe longitudinale qui ne passe pas exactement dans l’axe du calice.
M. BEDOT
Le niveau supérieur de la pseudo-columelle se trouve à peu près à lmm au-dessous de celui du bord supérieur de la muraille.
Les faces latérales des septes sont garnies de petites granulations épineuses qui sont bien visibles, mais ne paraissent pas être disposées régulièrement.
Les dissépiments sont irrégulièrement développés. Ce sont des lames plus ou moins espacées et inclinées, souvent même horizontales comme des planchers (fig. 49).
Le cœnenchjune (périthèque de M. Edwards) a une épaisseur très variable. Au bord d’une colonie, il peut former sur une certaine étendue une couche libre mince, de 1 à 2Iûni, portant de jeunes calices. Sa face inférieure est lisse ou légèrement striée. Sa face supérieure est (sur toute la colonie) recouverte de très petits mamelons irréguliers et serrés les uns contre les autres (fig. 43). Sur une coupe verticale d’une colonie (fig. 48 et 49). on voit que le cœnenchyme, parfois disposé en couches superposées, a une structure vésiculeuse. Ces vésicules ont des formes et des dimensions très variables, suivant la région de la colonie que l’on examine. Elles dépassent quelquefois lmm de longueur.
Galaxea aspera Quelch.
(PI. 8, fig. oO à oo).
La seule colonie de cette espèce que nous ayons récoltée mesure 56mm de hauteur et 30mm X 55mtn de largeur. Sa forme est irrégulière (fig. 50). Elle semble avoir commencé par se développer en hauteur, comme une colonie arborescente, puis s’être ensuite étalée en buisson.
Les calices ne sont pas disposés régulièrement. Iis sont généralement un peu recourbés et ont une forme turbinée parfois aplatie. L’intervalle qui les sépare a des dimensions variables. Quelquefois les calices sont contigus; dans d’autres cas ils sont à une distance de 3 ou 4mm.
M ADRÉPOR AIRES
La partie des calices qui fait saillie au-dessus du cœnenchyme peut atteindre 1 5mm ; elle est toujours turbinée. Son sommet paraît évasé ce qui tient surtout au grand développement des côtes. La longueur totale des calices dépasse parfois 20mra.
L’ouverture calicinale est subcirculaire ou elliptique. Son diamètre maximal mesure 6mm (dans un seul cas exceptionnel, il arrive à 7“m,6).
Les côtes sont en général bien développées dans toute la région libre des calices (fig. 54). Dans un ou deux cas, cependant (fig. 53 et 54), elles n’apparaissent qu’aux deux tiers supérieurs de la région libre, le tiers inférieur ayant une muraille lisse. Elles sont généralement minces. Leur hauteur (soit la distance entre leur bord libre et la muraille) va en augmentant de la région basale à l’ouverture du calice où elle atteint son maximum qui est souvent de 2ram. Leur bord libre est un peu sinueux et irrégulier. Les côtes voisines sont le plus souvent séparées par un espace libre plus ou moins large dans lequel apparaît la paroi externe de la muraille.
Les costo-septes sont bien développés et s’élèvent souvent à S111311 au-dessus du bord du calice1. Ils ont une forme lancéolée avec une extrémité arrondie. Leur arête interne a une inclinaison variable; elle arrive, quelquefois à être presque verticale.
La muraille a à peu près la même épaisseur et la même disposition que chez G. fascicularis , mais elle ne présente pas ces protubérances coniques que nous avons signalées chez çette dernière espèce.
Les calices ont 4 cycles de septes (fig. 52) ; le quatrième cycle n’est jamais complètement développé. Les septes sont très minces ; ils deviennent quelquefois un peu plus gros près de la muraille, où ils atteignent rarement 0inm,5 d’épaisseur.
1 II est possible que cette hauteur soit encore plus grande. La plupart des costo-septes des calices de notre colonie sont cassés.
AI. BEDOT
Les bords internes des septes des deux premiers cycles donnent naissance à des prolongements qui s’unissent entre eux pour former une pseudo-columelle de la même façon que chez G. fascicularis.
Quant aux septes du 3e cycle, leur longueur est très variable. Dans quelques calices ils s’étendent jusqu’à la pseudo-columelle et prennent part à sa formation. Mais, en général, ils n’atteignent pas une longueur égale à la moitié du rayon du calice. Souvent même leur longueur est inférieure au quart de ce rayon. Dans ce cas, le septe est beaucoup plus petit que la côte correspondante.
On ne constate pas un rapport constant entre la longueur des septes et la longueur (hauteur) des côtes. Les côtes correspondant aux septes du 3e cycle sont souvent plus grandes que celles qui correspondent aux septes des deux premiers cycles; mais l’inverse s’observe fréquemment. Du reste, la hauteur des côtes est assez variable. Les septes sont garnis, sur leurs faces latérales, de petites granulations épineuses, disposées irrégulièrement.
La pseudo-columelle (fig. 51) et les dissépiments sont formés de la même façon que chez G. fascicularis.
Le cœnenchyme dont la disposition est très irrégulière est également composé de vésicules de formes et de dimensions variables.
En résumé, cette espèce de Galaxée diffère de G. fascicularis par la forme irrégulière de la colonie dont les calices ne sont pas parallèles les uns aux autres, par la forme turbinée des calices et surtout par le grand développement de leurs côtes.
Quelch (1886, pp. 72 à 73) décrit 3 espèces de Galaxea récoltées par le Challenger à Amboine. Deux de ces espèces sont nouvelles et nommées G. aspera et G. fragilis ; la troisième est G. tenella Brüggemann1.
* Gr. tenella est indiquée par Qcelch (p. 73) comme provenant dJ Amboine. Mais elle ne figure pas dans sa liste (p. 25) des espèces récoltées à Amboine.
MADRÉPORAiRErf
La colonie que nous venons de décrire présente des caractères qui la rapprochent de ces 3 espèces et nous avons hésité longtemps avant de savoir à laquelle nous devions la rapporter. La description que Brueggemann (1879) donne de sa Galaxea tendla pourrait s’appliquer à notre spécimen sauf en ce qui concerne les dimensions des calices et la columelle. Cet auteur, en parlant des septes, dit qu’ils sont « gegen das Centrum zu geschwungen ; » et il ajoute, plus loin « Columella fehlend. »
La columelle n’est pas chez les Galaxée, comme dans d’autres familles, un organe constant et présentant des caractères fixes. On admet généralement qu’elle peut être rudimentaire ou nulle (M. Edwards). D’après Ogilvie (1896, p. 121) : « The columella is not laid down as a fiat basal structure in Galaxea , but as occasional continuations of the septal edges. » C’est en effet ce que nous avons pu observer chez les Galaxées que nous avons étudiées. Il n’y a pas de columelle, pas de formation indépendante que l’on puisse considérer comme telle. En revanche, dans la région inférieure du calice, les bords libres des septes se replient en divers sens, se soudent, et forment une pseudocol umelle d’aspect très variable. Il est possible que ce soit là ce que voulait dire Brueggemann. Malheureusement sa description n’est pas accompagnée de dessins et nous n’avons pas vu le type de sa G. tenella.
Les deux espèces de Quelch, G. aspera et G. fragilis , provenant toutes deux d’Amboine, diffèrent si peu l’une de l’autre que l’on est en droit de se demander s’iffne s’agit pas d’une seule et même espèce.
D’après cet auteur (p. 72) « Tins species [G. aspera\ like the Galaxea fragilis, possesses broad and prominent costæ, but it differs from that form in being mu ch rougher and less délicate throughout, in its larger calicles, in the size and arrangement of the septa and costæ, and in the nature of the peritheca. »
Les différences que l’on observe dans la délicatesse du sque-
lette et la dimension des calices de ces deux espèces peuvent très bien s’expliquer par une différence d’âge des colonies. Quant à la disposition des cotes et des septes, à en juger d’après la description et surtout d’après les dessins de Quelch, elle semble être, à très peu de choses près, la même chez ces deux Gralaxées. En effet, chez G. aspera on a : « costæ very prominent throughout the length of the free portion of the caîicles, distinctly raised but less prominent in the substance of the peritheca, slightly thickened and sharp, those corresponding to the small septa more prominent than those of the larger, less raised at the basal part of the shortly turbinate caîicles than at the upper portion, » et chez G. fragilis : « Costæ very prominent throughout the free portion of the caîicles, very thin, those corresponding to the last complété cycle of septa wider than the septa to which they correspond, and more prominent than those corresponding to the larger septa. »
Lorsqu’on examine les figures se rapportant à ces descriptions (pl. IV, fig. 5 d et 7 d), on voit que, chez ces deux espèces, on peut trouver des septes plus courts que les côtes qui leur correspondent et des côtes des derniers cycles plus grandes que celles des premiers. Du reste, les dimensions des côtes, dans ces figures, paraissent être assez irrégulières.
Quelch ne parle pas de la columelle. Il remarque que le cœnenchyme (périthèque) de G. aspera est peu développé (scant) et composé de cellules petites et serrées, tandis que celui de G. fragilis est inégalement développé, abondant, avec des cellules grandes, lâches et délicates. Mais, comme il n’indique pas les dimensions de ces cellules, il est impossible de se servir de ce caractère pour la détermination. Ses figures (pl. IV, fig. 5 ô, c et 7 c, d) représentant les cellules du cœnenchyme de ces deux espèces ne montrent que des différences insignifiantes et telles qu’on en observe fréquemment dans les diverses régions d’une seule et même colonie. Et le grossissement de ces figures n’est
MAÜKÉPORAIKES
pas même indiqué. En résumé, il faudrait faire une étude plus complète des échantillons- types d’après lesquels Quelch a établi ces deux espèces pour savoir si réellement elles sont bien distinctes l’une de l’autre, ce qui ne semble guère probable lorsqu’on n’a sous les yeux que leurs descriptions sommaires et les figures qui les accompagnent.
La Galaxée que nous avons décrite sous le nom de G. aspera, présente autant de caractères communs avec l’une qu’avec l’autre des deux espèces de Quelch.
Gen. Trachyphyllia.
Trackyphyllia amarantus (Millier).
(PL 9, fig. 56 à 58 et PL 10, fig. 59 à 62).
Cette espèce n’est pas rare à Amboine. Rumphius (1750, p. 244, pl. 87, fig. 1) en a donné une description accompagnée d’une bonne figure. Notre plus grand spécimen (fig. 56 à 58) mesure 100x 93mm de largeur et 64mm de hauteur maximale. La base, de forme irrégulière, par laquelle il était fixé sur une pierre, mesure 40 X 24nlm de largeur maximale.
Les calices forment une longue série sinueuse et ramifiée ; mais les replis de la muraille restent toujours ouverts et ne se soudent pas.
La vallée calicinale a une largeur qui varie de 11 à 28mm. Sa profondeur maximale atteint 26mm. On distingue assez facilement les centres calicinaux d’après la direction des septes et la disposition de la columelle. La paroi externe de la muraille porte quelques lambeaux d’épithèque dans sa région basale. Elle présente, sur toute sa longueur, des côtes bien marquées. Ces côtes (fig, 60) atteignent lmm de hauteur au maximum. Au bord libre des calices, elles s’unissent aux septes pour former des costo-septes qui s’élèvent d’environ 2mnl au-dessus du bord libre
de la muraille. L’arête des côtes porte de petites dents serrées et pointues, formées de la même manière que celles des septes, et leurs faces latérales présentent en général de petites granulations qui montrent parfois une tendance à se disposer en rangées perpendiculaires au bord. Les côtes sont placées à environ fmm distance les unes des autres et laissent voir, entre elles, la muraille lisse. La muraille et les côtes sont quelquefois légèrement ondulées ; on voit alors (fig. 58, à gauche) des sillons très faiblement marqués et perpendiculaires à la direction des côtes.
Les septes sont disposés en 5 ou 6 cycles. Leur sommet est arrondi. Us atteignent rarement une longueur de 5mm dans la région qui s’étend du bord à la moitié de la profondeur du calice. A partir de là, ils s’allongent brusquement pour former un lobe paliforme (fig. 62).
Ces lobes paliformes ont une forme et des dimensions très irrégulières. Us sont, en général, d’autant plus développés que les septes auxquels ils appartiennent sont plus âgés. Mais cette règle n’est pas absolue, car on observe souvent des septes des premiers cycles dont le lobe paliforme est à peine visible ou représenté seulement par une augmentation graduelle de la longueur du septe. En outre, les lobes paliformes sont mieux formés et plus grands dans certaines parties de la colonie que dans d’autres.
Les faces latérales des septes sont garnies de granulations pointues disposées quelquefois en séries plus ou moins régulières. Le bord libre des septes porte de petites dents. Lorsqu’on les examine au microscope, on voit qu’elles ne sont pas simples, mais que chaque dent est formée par la réunion de plusieurs granulations pointues semblables à celles qui se trouvent sur les faces des septes.
On compte 9 à 12 septes sur une longueur de lcm. En général ceux des 3 premiers cycles s’étendent seuls jusqu’à la columelle;
madreporajr.es
les autres ne l’atteignent pas. Le 6e cycle est très incomplet. Le bord interne des grands septes est souvent recourbé dans la direction des centres calicinaux.
La columelle (fig. 59 et 61) a un aspect vermicellé. Elle est composée de petits trabécules allongés, ramifiés et contournés dans tous les sens, qui sont formés par le bord libre des lobes paliformes. Dans les centres calicinaux, elle est bien développée. Mais elle n’est pas nettement circonscrite, car on trouve généralement, entre les centres calicinaux, des trabécules columellaires plus ou moins nombreux. Ils ne forment cependant pas une masse aussi considérable que celle qui représente la columelle.
Il n’y a donc pas de vraie columelle chez cette espèce, mais bien une pseudo-columelle composée uniquement de prolongements trabéculaires des lobes paliformes.
Les dissépiments paraissent avoir une disposition assez irrégulière. Dans la région basale de la colonie, les espaces qui les séparent sont presque entièrement remplis par le dépôt calcaire.
Gen. Callogyra Verrill.
Verrill (1.901) a créé ce genre pour une espèce dont la provenance était incertaine et qu’il nomme C. formosa. Ainsi que le fait remarquer cet auteur, « this genus is like a Trachyphyllia with coalesced walls, and might, indeed, be considered a section of that genus if intermediate conditions were known. »
Nous avons récolté, à Amboine, plusieurs colonies de Trachyphyllia et de Callogyra et, ainsi qu’on le verra plus loin, un stade intermédiaire entre ces deux formes, qui paraît être une jeune Callogyra.
Ces deux genres sont donc très voisins et pourront peut-être même être réunis plus tard en un seul. Pour le moment, nous conservons le nom générique de Callogyra pour les espèces qui
Voyage. Vol. 2. q
M. BtiDOT
présentent les caractères généraux des Trachyphylïia, mais chez lesquelles les replis de la paroi sont soudés.
Cdlogyra formosa Verrill.
(PI. Il, fig. 63 à 69).
Il est inutile de donner une description détaillée de cette espèce, car ses dimensions, sa forme générale, la disposition et la structure des côtes, des septes, des lobes paliformes et de la pseudo-columelle sont absolument les mêmes que chez Trachyphyllia amarantus. La seule différence entre ces espèces est dûe au fait que, chez Cdlogyra formosa . les replis internes de la muraille au lieu de rester ouverts, comme chez Trachyphylïia , se ferment par soudure des deux faces opposées de la muraille (fig. 63 à 66).
Les collines qui apparaissent par suite de cette fusion des replis, présentent le long de leur sommet un long sillon formé par L’intervalle qui sépare les deux rangées de costo-septes (fig. 66). Ce sillon a une largeur variable, suivant que les replis sont plus ou moins intimément soudés.
Les caractères que présentent nos spécimens concordent parfaitement avec ceux de la C. formosa décrite par Verpjll.
Nous avons également trouvé à Amboine une petite colonie (fig. 67 à 69) qui nous paraît être une jeune C. formosa. Sa forme est à peu près hémisphérique et un peu allongée. Elle mesure 52 X 45iniu de largeur, 31mm de hauteur, et présente un petit pédoncule à la face inférieure. Les septes sont disposés en 5 cycles incomplets. Les côtes, les septes et la colu melle montrent les mêmes caractères que l’on observe chez Trachyphylïia amarantus et Callogyra formosa , mais la disposition des replis de la muraille présente un état intermédiaire entre ceux qui caractérisent ces deux espèces. Ici, on voit des sillons qui sont complètement ouverts et d’autres qui sont plus ou moins fermés.
MADRÉPORAIRES
Il est probable que si eette jeune colonie avait continué à s’accroître, tous les replis se seraient complètement fermés, comme chez CaMogyra formosa. Cette dernière espèce passerait donc, dans son développement, par une phase semblable à celle que nous représente Trachyphyllia. Mais les spécimens de T. amarantus que nous avons étudiés ne peuvent pas être pris pour de jeunes C, formosa , car leurs dimensions sont trop grandes et ils ne présentent aucune trace de fusion des replis de la muraille.
Gen. Cœloria.
Gœloria dædalea (Ellis et Solander).
(PI. 12, fig. 70 à 72).
Colonie à peu près hémisphérique mesurant 86 X 75mm de largeur et 77mm de hauteur (fig. 70). Les calices, disposés en séries (fig. 71), forment des vallées calicinales dont la largeur varie de 3™* à 6mm,6 et qui sont droites, recourbées, ou sinueuses, mais rarement ramifiées. Leur longueur est très variable; elle atteint au maximum 37mm. On observe quelques calices circonscrits.
La muraille qui sépare les vallées est mince, droite et souvent percée de trous irréguliers. Son épaisseur est de 0mm,2 à 0mm,6, mais elle paraît souvent plus grosse par suite de la formation de vésicules endothécales sur ses faces. Elle s’élève de 4 à 5mm au-dessus du fond de la vallée — soit du sommet de la columelle — et son bord libre est généralement déchiqueté.
Les septes dépassent la muraille d’une longueur très variable, et pouvant atteindre 2ram. Leur sommet est en pointe mousse, et leur longueur, qui atteint rarement 1 111111 près du bord supérieur de la muraille, augmente un peu dans la profondeur du calice.
Le bord libre des septes est garni de dents dont la forme, le
nombre et les dimensions sont très variables. Dans la profondeur du calice, ces dents s’allongent, se contournent de différentes façons et s’unissent à celles des autres septes pour former une pseudo-columelle (fig. 72). On compte 12 à 15 septes sur une longueur de lem. Ils paraissent appartenir à 3 cycles, autant qu’on peut s’en rendre compte d’après l’examen des calices circonscrits. Il y a quelquefois une alternance assez régulière entre les grands septes qui s’unissent à la pseudo-columelle et les petits septes qui ne s’avancent pas aussi loin.
La pseudo-columelle qui s’étend au milieu de la vallée calicinale est formée de lamelles déchiquetées et contournées dans tous les sens.
L’endothèque se présente soit sous la forme de vésicules placées contre la paroi interne de la muraille, soit sous la forme de planchers interseptaux qui peuvent s’avancer jusque dans l’intérieur de la pseudo-columelle (fig. 72). Le bord de la colonie montre, en divers points, une épithèque bien développée.
Le spécimen que nous venons de décrire présente des caractères qui permettent de le rapporter aussi bien à Cœloria sinensis qu’à G. dædalea dont nous avons pu examiner les types deM. Edwards au Muséum de Paris. Ses vallées calicinales sont un peu moins sinueuses et contournées que celles de C , dædalea et atteignent une plus grande longueur que chez C. sinensis. Du reste C. dædalea . C. sinensis et C. stricta paraissent n’être que des variétés d’une même espèce.
Cœloria arabica var. triangularis Klunzinger.
(PI. 12, fl g. 73 à 75).
Cette espèce est représentée dans notre collection par un petit échantillon (fig. 73), de forme convexe, mesurant 78 X 68mm de largeur et 33mm de hauteur. Les vallées calicinales (fig. 74)
sont très irrégulières, sinueuses, recourbées, bifurquées et rarement droites. Elles atteignent, au maximum, une longueur de 34mm. Leur largeur varie entre 3mm et 7mm. Les calices circonscrits sont en très petit nombre et ont trois cycles incomplets de septes.
La muraille a une épaisseur qui va en augmentant un peu du sommet vers la base, de sorte qu’une coupe verticale de sa partie libre est à peu près triangulaire (fig. 75). Sa partie épaisse n’est pas compacte, mais occupée par de grosses vésicules creuses. Son bord libre se trouve à environ 3miû au-dessus du fond delà vallée calicinale; il est parfois irrégulier et un peu boursouflé. Les septes s’élèvent en général de 1 à 2mm au-dessus du sommet de la muraille.
L’ensemble formé par un septe et son voisin de la vallée contiguë a la forme d’un triangle isocèle (fig. 75) dont les côtés, soit les bords libres, sont garnis de dents. On compte de 4 à 6 dents sur le bord d’un septe et on en trouve même tout près du sommet. Ces dernières sont en général plus petites que celles qui. se trouvent dans la région inférieure du calice où elles s’accroissent d’une façon irrégulière et finissent par se souder pour former la pseudo-columelle.
Sur les faces latérales des septes, se trouvent de petites granulations qui sont souvent disposées irrégulièrement, mais peuvent aussi former des rangées venant aboutir à l’extrémité des dents. Du reste, lorsqu’on examine les dents au microscope, on voit qu’elles sont rarement pointues. Leur extrémité est souvent aplatie horizontalement ou garnie de petites granulations. Les septes paraissent appartenir à 3 cycles. On en compte 13 à 15 sur une longueur de lcru. On n’observe pas une alternance de grands et de petits septés aussi fréquente que chez G. dædalea.
La pseudo-columelle est formée de trabécules ramifiés et contournés, qui ne sont pas lamelliformes comme dans l’espèce
précédente, et paraissent souvent être noyés dans un dépôt calcaire (fig. 75). Cet aspect est dû à la formation de dissépiments s’étendant jusqu’à l’intérieur de la pseudo-columelle. La disposition des formations endothécales est à peu près semblable à celle que l’on observe chez G. dædalea.
L’épithèque est bien développée dans la région marginale de la colonie. •
Nous avons comparé notre colonie d’Amboine avec un spécimen de la Mer rouge qui se trouve au Muséum de Genève et provient de la collection Klunzinger. Les caractères sont bien les mêmes, mais l’échantillon de Klunzinger est beaucoup plus gros et présente un plus grand nombre de vallées calicinales droites.
Gen. Mu s sa.
Massa brueggemanni (Quelch).
(FL 13, fig. 76 à 83).
Notre collection renferme plusieurs échantillons de cette espèce. Le plus grand (colonie A, fig. 76, 78 et 79) a une forme hémisphérique, et mesure 14 X 13 cm de largeur et 9cm de hauteur. II paraît avoir été fixé au sommet d’une vieille colonie de Madrépores de telle sorte que ses bords ont pu s’accroître dans toutes les directions et même de haut en bas. Ses calices sont disposés en groupes plus ou moins nombreux formant des vallées calicinales sinueuses.
Les autres spécimens ont une forme moins évasée et leurs bords ne retombent pas. Leurs calices sont également groupés de diverses manières.
La partie de la colonie qui est fixée au substratum a une forme et des dimensions très variables suivant les spécimens.
On voit, sur la muraille qui entoure les calices, des traces d’épithèque et souvent des vésicules plus ou moins grosses oc-
MADRKP0RAIRK3
cupant ]e fond des espaces intercostaux, et représentant l’exothèque (fig. 82).
Les côtes (fig. 82 et 83) ont un développement très variable. Il est rare que leur crête s’élève, en quelques points, à 2mm audessus de la muraille. En général elles sont beaucoup moins développées, parfois même à peine marquées. On peut quelquefois les suivre sur toute la hauteur de la muraille, mais, le plus souvent elles disparaissent presque complètement en certains endroits, pour apparaître plus loin sous forme de petites lamelles très minces. Près du bord supérieur de la muraille, elles sont souvent remplacées par des épines (fig. 83) qui sont disposées irrégulièrement et dont la longueur variable peut atteindre 2mm. Les vallées calicinales ne s’unissent pas à leurs voisines. Leurs murailles restent toujours séparées — dans leur région supérieure — par un espace mesurant de 7 24mm. La largeur des
vallées calicinales varie de 15 à 38mm et leur profondeur de 15 à 20mm. Les centres calicinaux ne sont pas disposés sur une seule rangée : on peut en trouver 2 ou 3 dans la largeur de la vallée.
Les séptes (fig. 81) dépassent toujours la muraille et peuvent, dans les cas extrêmes, s’élever de 6 à 7mm au-dessus de son bord supérieur. On en compte 6 à 12 sur une longueur de 1 cm. Ils sont en général très minces, mais leur épaisseur est un peu plus forte dans la région supérieure, surtout chez les septes des premiers cycles où elle peut atteindre lmm,4. Le bord libre est garni, sur toute sa longueur, de dents qui ne sont pas très régulières; vues de profil, elles ont une forme triangulaire ou allongée avec une pointe plus ou moins arrondie et obtuse. Ces dents sont moins développées dans la région inférieure qu’au sommet des septes où leur pointe est généralement redressée et peut atteindre 2 à 3mni. La longueur des dents ne s’accroît pas d’une façon régulière de la base au sommet des septes et souvent, dans la région inférieure, le bord libre des septes est sinueux plutôt que denticulé. Les dents des petits septes (soit ceux des
M. BEDOT
derniers cycles) sont plus nombreuses, plus serrées et parfois comparativement plus allongées que celles des grands septes. Les rangées de dents s’arrêtent en général au sommet de la muraille. Il est rare qu’elles débordent extérieurement dans la région des côtes; lorsque le cas se présente, ce sont toujours de très petites dents que l’on observe à la partie supérieure des côtes.
Il y a 5 cycles de septes; mais le dernier cycle est souvent très incomplet. En général, les septes des S premiers cycles sont plus grands que les autres et s’étendent seuls jusqu’à la columelle; leurs dimensions sont parfois assez irrégulières et souvent ils dépassent de beaucoup tous les autres septes (fig. 81). Les centres calicinaux, très distincts les uns des autres, sont reliés par des septes intercalieinaux qui se rendent directement d’un centre à l’autre, en suivant la direction de la vallée. Ils s’élèvent donc verticalement au fond de la vallée et se trouvent être à peu près perpendiculaires aux septes normaux. Leur bord libre est droit, sinueux ou garni de dents; les trois cas peuvent s’observer sur une seule colonie. Les faces latérales des septes sont garnies de très Unes granulations qui s’étendent sur les dents et même sur le bord libre.
D’après Quelch (1886, p. 79) la columelle de M. brueggemanni est « generaly well developed and trabeculate. » Dans nos échantillons (fig. 77), elle est bien développée, mais formée de petites lamelles un peu déchiquetées et diversement contournées, plutôt que de trabécules. Cette différence ne nous semble cependant pas assez importante pour nous empêcher de rapporter nos spécimens à l’espèce de Quelch, d’autant plus que le sens du mot trabécule est assez vague. Ces petites lamelles sont formées par le bord libre des septes et portent, comme eux, de très fines granulations. Elles représentent donc une pseudocolumelle.
L’endothèque, bien développée, est formée de nombreuses
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laines obliques et recourbées, qui réduisent beaucoup la longueur et la profondeur des loges interseptales. Elle s’élève jusqu’au sommet de la muraille.
Un de nos spécimens de M. brueggemanni (colonie B, fi g. 80) (mesurant 96 X 76mm de largeur et 46mm de hauteur) se distingue des autres par le fait que les sinuosités formées par sa paroi externe ne sont pas toujours ouvertes. Plusieurs de ses festons se sont fermés par soudure des replis de la muraille, de façon à former des collines comme celles de Symphyllia indica. Cette soudure est plus ou moins intime et complète suivant la région que l’on examine. Ce sont, tout d’abord, les extrémités des côtes et les dépôts exothécaux qui s’unissent; dans ce cas, la colline est très épaisse et le sillon qui parcourt son sommet est large et profond. Mais la soudure des replis peut devenir plus complète; l’épaisseur des collines est alors plus faible et le sillon plus étroit.
Il faut remarquer que si tous les replis arrivaient à se souder complètement, on n’aurait plus de caractère permettant de distinguer Massa brueggemanni de Symphyllia indica. Nous avons donc, entre ces deux espèces, les mêmes relations qu’entre Trachyphyllia amarantus et Callogyra formosa.
Nous avons pu voir, dans la collection du Muséum d’Histoire naturelle de Paris l’échantillon type de Symphyllia guadulpensis de M. Edwards et Haime. Il ressemble beaucoup au spécimen que nous venons de décrire. Le seul caractère qui l’en distingue est le fait que ses côtes sont très épineuses ; mais on sait que ce caractère est sujet à de grandes variations. D’autre part, Yer- Rill (1901, p. 121) considère S. guadulpensis Edw. et H. comme une jeune colonie d'Isophyllia fragilis (Dana) Yer. des Bermudes et régions voisines. Il y a là une question de synonymie qui demande à être élucidée.
Mussa echinata M. Edwards.
(PL 14, fi g. 84 à 90).
Nous croyons pouvoir rapporter à cette espèce une colonie (fi g. 84 à 86) qui ressemble beaucoup à M . hrueggemanni , mais s’en distingue cependant par d’importants caractères. Le seul spécimen que nous ayons récolté mesure 11 X 12cm,5 de largeur et 6cm,^ de hauteur. Sa face supérieure est légèrement convexe. La colonie est fixée sur un vieux polypier mort par une surface d’attache mesurant environ 4 X 5cm. Sa forme générale est la même que celle de M. hrueggemanni. Les calices forment des groupes plus ou moins nombreux, disposés en séries sinueuses. Deux d’entre eux sont isolés.
La muraille porte des côtes dont le développement est excessivement variable. Parfois, ainsi qu’on le voit sur la figure 89, elles disparaissent complètement dans la région supérieure, par suite d’un grand développement de tissu exothécal, et apparaissent, plus bas, sous forme de petites lamelles minces et très rapprochées les unes des autres. Ailleurs, elles sont plus ou moins bien développées et s’étendent jusqu’au bord supérieur de la muraille (fig. 90). On voit également, sur la muraille, des épines disposées irrégulièrement et sans ordre apparent; elles sont souvent un peu effilées et leur pointe est toujours dirigée vers le haut.
Les festons que forme la muraille des vallées calicinales ne se ferment jamais, et l’intervalle qui sépare les murailles voisines a de 1 à 2crn. La largeur des calices ou des vallées calicinales varie de 15 à 28mm et leur profondeur maximale est de 18mm, On compte rarement plus d’un centre calicinal dans la largeur d’une vallée; ils sont toujours bien distincts.
Les septes (fig. 87) dépassent la muraille de 4mm au maximum; on en compte 6 à 12 sur une longueur de lcm. Leur épaisseur at-
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teint lmm,4 dans la région supérieure. Les dents, qui occupent toute la longueur du bord libre, sont serrées, quelquefois disposées assez régulièrement, et ont une pointe plus ou moins obtuse. Elles sont un peu plus grandes, plus pointues et plus uniformes dans la région supérieure des septes où elles atteignent 2mm de longueur. Les dents des petits septes sont plus nombreuses et plus serrées.
Ce qui caractérise cette espèce et la distingue de la précédente, c’est que la rangée de dents des septes ne s’arrête pas au sommet de la muraille. En général, elle déborde extérieurement de telle sorte que le sommet de la muraille paraît recouvert d’une large crête échinulée (fig. 88). Cette disposition est plus ou moins accentuée. On l’observe surtout dans la région centrale de la colonie, tandis qu’elle est souvent très peu marquée dans la région périphérique.
Les septes sont disposés en 5 cycles; le dernier est souvent incomplet et n’arrive pas jusqu’à la columelle.
On remarque, surtout dans la partie centrale de la colonie, une tendance à la formation de séries dans lesquelles de grands septes alternent régulièrement avec de petits septes. Il y a même une région (fig. 88 à gauche) où, sur une longueur de 2 centimètres, tous les septes sont d’égale grandeur. C’est là encore un caractère qui distingue cette espèce de M. brueggemanni où les séries de septes paraissent toujours irrégulières, par le fait que les septes des premiers cycles sont souvent beaucoup plus grands que les autres.
Au fond des vallées, on voit, entre les centres calicinaux, des septes intercalicinaux verticaux dont le bord libre est droit, sinueux ou denticulé.
La pseu do- columelle est formée, comme chez M. brueggemanni de petites lamelles verticales contournées et l’endothèque est également disposée de la même façon que chez cette espèce.
Le Challenger a récolté à Amboine deux espèces de Mussa. La première a été décrite et figurée par Quelch (1886, p. 79, pl. 2, fîg. 6) sous le nom de M. brueggemanni n, sp. Nous l’avons retrouvée et facilement reconnue. La seconde espèce, M. echinata M. Edw. et H. n’est malheureusement pas figurée et Quelch mentionne seulement les caractères qui la distinguent de M. multilobata Dana. Nous ne pouvons pas avoir la certitude qu’il s’agisse bien de la même espèce que nous venons de décrire. Mais, comme les caractères de notre spécimen concordent parfaitement avec ceux que M. Edwards (1857-60, vol. 2 p. 337), indique dans sa diagnose de M. echinata , nous avons adopté ce nom.
Gen, SymphyUia.
SymphyUia indica M. Edw. et Haime.
(PJ. 15, fig. 91 à 94).
Nous avons récolté un fragment de colonie de cette espèce, mesurant 112 X 95mm de largeur et 63mm de hauteur. Sa face supérieure (fig. 91) montre des vallées calicinales droites, dont l’extrémité distale est étalée et quelquefois presque horizontale. Les sinuosités de la paroi externe de la colonie, au lieu de rester ouvertes, comme chez Mussa, se sont fermées par accotement des murailles sur toute leur hauteur, de sorte que l’on a une série de collines s’avançant du bord de la colonie dans la direction du centre Ces collines ont une épaisseur de 6 à 7mm et une hauteur maximale de 20mnV Sur toute la longueur de leur sommet se voit un sillon formé par l’entrecroisement de la partie débordante des septes. Un caractère particulier à cette espèce est le fait que les collines sont généralement très élevées et que leur épaisseur non seulement ne va pas en augmentant de haut en bas, mais souvent même est plus grande au sommet qu’àla base (fig. 93). Les septes ont la même disposition
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et la même forme que ceux de Mussa brueggemanni , mais leurs dents peuvent devenir un peu plus grandes et atteindre une longueur de
Sur le pourtour de la colonie, la face extérieure de la muraille est garnie de côtes très minces (fig. 92). Elles s’élèvent à peine de 2 ou 3 dixièmes de millimètres au-dessus de la muraille, mais sont souvent disposées assez régulièrement et n’ont ni dents, ni épines.
A part la fusion complète des murailles dans les replis des vallées calicinales, et les dimensions extrêmes des dents des septes, tous les autres caractères que l’on observe chez cette colonie, sont absolument semblables à ceux que présente Mussa brueggemanni. L’endotlièque est très développée jusqu’au sommet de la muraille et transforme la région inférieure de la colonie (fig. 94) en une grosse masse vésiculeuse.
Lorsqu’on examine une coupe verticale d’une colline (fig. 93), on voit qu’elle est formée par deux rangées verticales de vésicules endothécales, séparées par une lame médiane verticale irrégulièrement développée. Les lamelles endothécales sont souvent très épaisses sur le côté libre des vésicules, surtout dans la région inférieure des collines.
Symphyllia acuta Quelch.
(PI. 16, fig. 95 à 98).
Nous avons récolté un seul spécimen de cette espèce (fig. 95 et 96). Il a, vu de dessus, une forme elliptique et mesure 92mm de longueur, 55mm de largeur et 45mm de hauteur. Les bords de la colonie qui correspondent à son petit diamètre se sont beaucoup plus accrus en hauteur que ceux qui correspondent au-grand diamètre ; ils se trouvent donc plus élevés que le centre de la colonie.
La face inférieure était presque complètement fixée sur le substratum; il reste donc peu d’endroits où l’on puisse voir l’épi-
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thèque qui paraît bien développée, et une partie de la face externe de la muraille. Les côtes semblent être assez régulières et minces, mais peu proéminentes. Elles présentent quelquefois de petites épines pointues disposées irrégulièrement.
Les calices forment des vallées parfois un peu sinueuses mais, le plus souvent, à peu près droites et se dirigeant du centre vers la périphérie. Leur plus grande largeur atteint 12mm et leur profondeur 7mm.
Les centres calicinaux sont toujours bien distincts. Il y en a généralement un seul, quelquefois deux, dans la largeur de la vallée.
Les murailles des vallées contiguës forment des collines ayant une épaisseur un peu plus forte à la base qu’au sommet, lequel est très étroit et ne présente pas de sillon longitudinal. Sur une coupe, on voit (fig. 97) que les murailles soudées forment une lame verticale de lmm à lmm,6 d’épaisseur et dont la partie supérieure est libre, car les lames interseptales de l’endothèque ne commencent à apparaître qu’à une certaine distance de son sommet. Ces lames paraissent être généralement planes et plus ou moins inclinées, tandis que chez les autres Symphyllies elles sont presque toujours recourbées.
Le sommet des collines se trouve, au maximum, à 7mm au-dessus du fond de la vallée.
On compte 11 à 16 septes sur une longueur de lcm. Ils sont disposés en 4 cycles. Le dernier cycle est incomplet ; ses septes étant plus petits que les autres et n’atteignant pas la columelle, il semble parfois, ainsi que Quelch le fait remarquer, qu’il y ait une alternance régulière des grandes et petits septes. Le bord libre des septes est garni de dents bien développées dont le sommet est généralement arrondi et la base plus ou moins large. La largeur de ces dents peut quelquefois dépasser lmm ; elles sont souvent plus développées au sommet des septes que dans leur région inférieure.
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On voit également, au fond de la vallée, des septes intercalicinaux verticaux s’étendant directement entre les centres calicinaux voisins. Leur bord libre est droit ou légèrement sinueux.
Les faces des septes sont garnies de granulations pointues qui s’accumulent souvent en très grand nombre sur leur bord libre et dans la région voisine. On les trouve également sur les dents, sur la pseudo-eolumelle et sur les septes verticaux.
La pseudo-eolumelle (fig. 98) est formée d’un petit nombre de lamelles plates et contournées, mais le plus souvent verticales et formées par les bords libres des septes.
Le spécimen que nous venons de décrire présente certains caractères qui ne sont pas absolument semblables à ceux que Quelch indique dans sa description de S. acuta. Notre échantillon a une surface supérieure concave tandis que celui du Challenger est « more or less liattened ». Les vallées calicinales ont aussi des dimensions un peu différentes.
Spécimen du Challenger. Spécimen de notre collection.
Largeur des vallées 15 à 20mm Maximum 12
Profondeur » 10 à 15mm » 7
Néanmoins ces différences, qui peuvent être en relation avec l’âge des colonies, ne nous semblent pas suffisantes pour empêcher d’admettre une identité spécifique.
Le spécimen du Challenger a été récolté non loin d’Ainboine, à Bauda.
SympJiyUia sinuosa (Quoy et Gaimard).
(PL 17, flg. 99 à 105, PI. 18, fig. 106 à 110).
Notre collection renferme deux colonies qui paraissent appartenir à cette espèce. Mais, comme elles diffèrent un peu Tune de l’autre, nous les décrirons séparément.
La colonie A (fig. 99 à 105) a une forme subhémisphérique et rappelle un peu celle d’un casque (fig. 99 et 100). Elle mesure