‹ Voyage scientifique dans l'Archipel MalaisChapitre 4 sur 97 · M. BE1J0T · texte numérisé non relu

M. BE1J0T

10cmde hauteur et 10cm,5 X 12cmde largeur. Sur la plus grande partie du pourtour de la face inférieure, on voit la muraille (fig. 101), parfois recouverte d’épithèque. Elle porte des côtes très faiblement marquées (souvent même à peine visibles) et de petites granulations spiniformes irrégulièrement disposées. A la face supérieure de la colonie, les calices sont disposés en séries ou vallées calicinales. Leurs murailles, soudées à celles des vallées contiguës, forment des collines ramifiées et sinueuses (fig. 100). Quelquefois, cependant, les collines s’étendent en ligne droite sur une longueur assez grande et qui peut atteindre au maximum 7cm (fig. 99).

Il est rare qu’un calice soit isolé et complètement entouré par une colline; le cas peut cependant se présenter. En général, un seul calice occupe toute la largeur de la vallée. La partie des septes qui s’élève au-dessus de la muraille est disposée de manière à former, sur le faîte de la colline, un sillon très étroit mais bien visible.

Les collines sont épaisses et mesurent de 3 à 8aim de largeur. Lorsqu’on examine une coupe verticale, on voit (fig. 104) que l’axe de la colline est occupé par une lame médiane verticale très mince (2 à 5 dixièmes de millimètre) et un peu sinueuse, représentant probablement les murailles soudées des calices con tigus. Les lamelles endothécales (fig. 102 et 104) sont très nombreuses. Elles s’élèvent aussi haut que possible contre la lame médiane où elles sont fixées à environ lmm de distance les unes des autres. Aussitôt que celle-ci s’est accrue d’environ llum, il se forme une nouvelle lamelle endothécale, de sorte que lorsqu’on examine le sommet des collines on y voit quelquefois (fig. 103) le sommet libre de la lame médiane; mais il arrive aussi qti’i ne soit plus visible, étant déjà recouvert d’endothèque (fig. 105)- Les lamelles endothécales ne sont pas droites, mais généralement recourbées vers le fond des calices. Aune distance de lmm 5 ou 2mm de leur point d’attache sur la lame médiane (dans les col-

MADREPORAIRES

lines de largeur moyenne), elles s’infléchissent plus brusquement et chaque lame vient se souder à celle qui est placée au-dessous d elle. C’est ainsi que se forme la colline proprement dite, qui se compose donc d’une lame médiane verticale sur les faces de laquelle se trouve un revêtement formé par les chambres endothécales (fig. 104). Ces chambres ne sont pas toujours vastes et entourées de minces parois. Parfois elles sont, au contraire, presque entièrement remplies par des dépôts de substance endothécale, au point que sur une coupe verticale la colline forme une lame épaisse et solide, dans laquelle on ne distingue plus que quelques petites cavités montrant l’emplacement des chambres primitives (Colonie B, fig. 110). Des flancs de la colline partent encore de nombreuses lamelles endothécales, un peu moins recourbées et inclinées que les précédentes et qui, souvent même, ont une position presque horizontale. Elles forment alors les planchers qui divisent la cavité calicinale.

La largeur des vallées, mesurée entre les faîtes des collines, varie de 9 à 23mm, et leur profondeur, de 7 à 8ram.

Les septes sont disposés en 3 ou 4 cycles. Le dernier est souvent incomplet et n’arrive pas jusqu’à la columelle. On compte 8 à 12 septes sur une longueur de lcm. Dans certaines parties de la colonie, on observe une alternance assez régulière des grands et petits septes. Leur bord libre est garni de dents qui sont en général assez irrégulièrement développées. Les grands septes des premiers cycles peuvent s’élever de 2 à 4““ au-dessus de la colline. Ils ont de 4 à 8 dents dont la forme varie, mais qui, vues de profil, ont toujours une base assez large. Elles sont le plus souvent dirigées un peu obliquement vers le haut, surtout celles qui se trouvent dans la région supérieure.

En outre, les dents de la région profonde sont souvent un peu plus petites que les autres, qui peuvent atteindre au maximum 2mm de longueur. Quant aux petits septes des derniers cycles, leurs dents sont très petites, irrégulières et en nombre très variable.

Voyage. Vol. 2.

M. BEDOT

L’épaisseur des septes peut, dans les cas extrêmes, atteindre au maximum lmm et leurs faces sont garnies de très fines granulations qui se rencontrent également sur les dents.

Des septes intercalicinaux et verticaux, placés au fond de la vallée, relient directement les centres calicinaux (fig.109). Ils sont souvent dentelés et portent également de très fines granulations.

La pseude-columelle de ce spécimen, de même que celle de la colonie B (fig, 109) est composée de petites lamelles diversement contournées, formées par les bords libres des septes (fig. 102 et 108) et recouvertes de granulations.

Le second spécimen de Symphyllia sinuosa (Colonie B, fig. 106 à 1 10) diffère de celui que nous venons de décrire par les caractères suivants :

La colonie a une forme beaucoup moins convexe (fig. 106). Sa hauteur totale est de 8cm et sa largeur de 10cm X 15cm,5. Ses collines, très sinueuses, ne sont jamais droites sur un parcours de plus de 2cm,5. Elles ont une largeur de 2 à 4mm et, en général, on ne peut pas distinguer nettement de sillon le long de leur faîte. On voit quelques calices isolés (fig. 107). Les septes dépassent le sommet des collines de 2mm au plus. Les autres caractères sont semblables à ceux de la colonie A. Malgré les différences que présentent ces deux spécimens, dans leur aspect général, nous ne trouvons pas de caractère important permettant d’établir entre eux une distinction spécifique. Nous les considérons donc comme appartenant à la même espèce.

Nous devons encore mentionner une particularité que présente la colonie A. Lorsqu’on examine le sommet de ses collines, on voit (fig. 105), au fond du sillon, de petites ouverture s dont le bord est souvent un peu relevé de manière à former une margelle. La première idée qui vient à l’esprit, c’est que l'on a affaire à des tubes d’Annélides vivant enfouies dans la Symphylüe. C’est, en effet, ce que nous avions cru tout d'abord. Mais en examinant ces ouvertures de plus près

MADRÉ P0RAIRE8

et sur des coupes, nous avons pu nous convaincre qu’il ne s’agissait pas d’un Ver parasite. Ces ouvertures sont, en effet, diposées avec une certaine régularité tout le long du sommet des collines. Leur petite margelle, lorsqu’elle existe, n’est pas formée d’une substance étrangère. La forme des ouvertures n’est pas toujours circulaire, mais souvent allongée (fig. 103) En outre, lorsqu’on examine une coupe verticale, on voit que l’ouverture conduit dans une cavité qui n’est pas toujours tubuleuse, mais souvent en forme de fente disposée dans le flanc médian de la colline. Il est possible qu’à une certaine période de l’existence de la colonie, les murailles des calices contigus, au lieu de se souder complètement, soient restées séparées sur une certaine longueur par un espace très étroit. Plus tard, la colonie continuant à s’accroître, les bords des murailles ont pu se réunir de nouveau, directement, ou par l’intermédiaire de l’endotbèque, au-dessus de cet espace intercalicinal. Les ouvertures représenteraient les endroits où la fermeture de l’espace intercalicinal n’a pas encore eu lieu ; elles sont d’abord allongées (fig. 103), puis diminuent progressivement, deviennent circulaires (fig. 105) et probablement se ferment complètement au bout d’un certain temps.

Il s’agirait donc d’une simple anomalie. Mais nous ne donnons cette explication que sous toutes réserves.

Il faut remarquer que la colonie B ne présente pas ces ouvertures. En revanche, sur une partie de la colonie (fig. 107 en haut), les collines ont un aspect pathologique. Les murailles des calices contigus ne se sont pas soudées et laissent entre elles un espace libre. Cet espace se serait probablement fermé, plus tard, de la façon que nous venons de décrire.

Gen. Tridacophyllia.

Tridacophyllia lactuca (Pal] as).

(PL 19, fig. 111 à 114. PL. 20, fi g. 115 à 118.)

Les trois spécimens que nous avons récoltés présentent de légères différences dues à leur mode d’accroissement. Le plus grand (fig. 11 1 et 112) est hémisphérique. Il mesure 73mm de hauteur et 155mm de diamètre. Sa base, formée par la muraille, a l’apparence d’un disque dont les contours, un peu irréguliers, sont, en certains points, légèrement abaissés (fig. 1 1 1) et au centre duquel se trouve un pédoncule ayant au maximum 15mm de hauteur et environ 32mm de diamètre; ses contours sont irréguliers. Ce disque basal n’est pas absolument plane; il présente des sillons concentriques, dont la profondeur, très variable, peut atteindre 3 à 5mm et qui correspondent aux lames verticales (collines) de la face supérieure de la colonie. En outre, la muraille est garnie de côtes très minces (fig. 1 1 6), droites ou un peu sinueuses, hautes de quelques dixièmes de millimètres, quelquefois interrompues et remplacées par des épines de même hauteur. Les côtes voisines se trouvent placées, en moyenne, à lmm les unes des autres. L’espace qui les sépare, examiné au microscope, paraît garni de très fines granulations.

L’épaisseur de la muraille dépasse rarement 0mm,6.

A la face supérieure de la colonie, les centres calicinaux sont disposés en séries au fond de vallées sinueuses et ramifiées séparées les unes des autres par des collines très hautes et excessivement minces. Ces collines, représentant les murailles soudées des vallées calicinales contiguës, forment des crêtes (fig. 11 5) dont la hauteur va en augmentant de la périphérie vers le centre de la colonie où leur faîte peut se trouver à 46mm au-dessus du fond de la vallée. Elles sont un peu plissées, fragiles, transparentes.

MA DREPOR AIRES

minces comme une feuille de papier et s’avancent plus ou moins de la périphérie vers le centre, sans présenter d’interruption.

Il y a presque toujours un seul calice (très rarement deux) dans la largeur de la vallée, qui, mesurée au sommet des collines, varie de 7 à 28°™.

Les septes sont disposés en 4 cycles (rarement 5), dont le dernier est presque toujours incomplet et reste très éloigné de la pseudo-columelle. On compte 6 à 10 septes sur une longueur de lem. Ils sont très minces, ont rarement plus de 2nun de longueur et s’élèvent souvent de lmm à lmm,5 au-dessus du bord supérieur des crêtes. Leur bord libre, un peu sinueux, est pourvu de très petites dents irrégulièrement disposées, plus ou moins pointues, et mesurant au maximum 0ram,3 à 0mm,4. La paroi des septes est garnie de petites granulations disposées souvent en lignes droites parallèles. Dans ces rangées, les granulatiens peuvent même se souder les unes aux autres de façon à former de petites crêtes transversales (fig. 117).

On voit généralement, au fond des vallées, des septes verticaux intercalicinaux s’étendant directement entre les centres calicinaux voisins.

La pseudo-columelle (fig. 118) est très réduite et composée seulement de quelques petites lamelles diversement contournées, formées dans la profondeur du calice par le bord libre des septes des premiers cycles.

L’endothèque est représentée par des lames interseptales qui commencent à se former à une assez grande distance du sommet de la muraille (fig. 117); elles s’éloignent très peu de la muraille et s’infléchissent très vite pour venir se souder à celles qui sont placées au-dessous d’elles. C’est la raison pour laquelle les collines sont très minces. En effet, dans leur région supérieure, les collines ne sont composées que d’une mince lamelle représentant les deux murailles contiguës fusionnées et, plus bas, leur épaisseur augmente relativement peu par le fait que les chambres endothé-

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