‹ Voyage sentimental dans les pays slavesChapitre 20 sur 58 · LA JEUNE FILLE DE KOSSOVO · texte numérisé non relu

LA JEUNE FILLE DE KOSSOVO

Voilà ce que peut produire Pimagination poétique de tout un peuple dans le malheur, mise en mouvement par l'amour! J'arrêterais ici le cours déjà bien prolongé de ces citations, si je ne tenais à mettre en lumière une pièce (ce sera la dernière) qui montre précisément l'intervention directe du peuple dans les péripéties du drame religieux et national de la Serbie.

Le chant de la Jeune fille de Kossovo n'est pas seule-

ment pathétique; il est remarquable en ce qu'il montre, sur le terrain social, quelque chose de naturel et d'harmonique. On sent que les personnes de conditions très-différentes qui y figurent vivent fraternellement dans une sphère très-pure et très-haute. Tel est, du moins, l'idéal du poète ; mais Yidêal n'estil pas plus vrai que la réalité brutale et contingente ? Comment un peuple pourrait-il rendre sensible, avec les traits lumineux de l'art, un .idéal sublime, s'il ne le portait pas dans son. âme?

JLa jeune fille de Kossovo.

A Kossovo, de bonne heure une fille S'était levée de bonne heure un dimanche, Sîétait levée avant le clair soleil.

La jeun£ fille a retroussé sa manche, L'a retroussée jusqu'à son coude blanc.

Sur son épaule elle porte du paia, Et de ses mains elle porte deux vases :

Dans le premier il y a de l'eau fraîche :

Dans le second elle a du vin vermeil.

Elle s'en va aux champs de Kossovo.

La fille errait au milieu du désastre, Le grand désastre du glorieux Lazare, Quand elle trouve un des héros en vie, La jeune fille le lave avec de l'eau fraîche, Avec le vin elle le désaltère, Avec le pain elle le réconforte.

Elle arriva auprès du héros Paul,

Paul Orlovitch, porte-étendard du prince.

Elle trouva le jeuhe Paul en vie ;

Mais au héros la main droite est coupée,

La jambe gauche aussi jusqu'au genou.

Le héros Paul a les côtes brisées;

Dans sa poitrine on voit le poumon blanc.

La jeune fille le lave avec l'eau fraîche

Do tout le sang qu'il avait sur le corps.

Avec le vin elle le désaltère,

Avec le pain elle lé réconforte.

Lorsque le cœur a battu au héros,

Paul Orlovitch dit à la jeune GUe :

« chère sœur, fille de Kossovo,

« chère sœur, dis-moi ce qui t'oblige

« A retourner les héros dans le sang.

« Qui cherches-tu sur le champ de bataille?

« Est-ce ton frère, ou le fils de ton frère,

« Ou bien ton père que tu cherches ici? »

La jeune fille de Kossovo répond :

« Frère chéri, chevalier inconnu,

« De ma famille je ne cherche personne :

« Ce n'est mon frère, ni le fils de mon frère,

« Ni mon vrai père que je cherche partout.

« Rappelle-toi, chevalier inconnu !

ce Lazare a fait communier l'armée,

« A Samodrège, dans une belle église,

« Par trente moines et pendant trois dimanches

« Toute l'armée serbe a communié,

. 114 LES PATS SLAVES.

« Trois voïvodes belliqueux les derniers.

« L'un des héros, c'est Milosch Obilitch.

« Et le second c'est Ivan Kosantchitch, *

« Et le troisième est Milan Toplitza,

(c Trois beaux héros, s'il en est dans le monde l

« Sur le pavé les sabres" leur traînaient ;

« Bonnet de soie, une aigrette enchâssée ;

« Sur leurs épaules un manteau rond pendait ;

« Autour du cou un beau mouchoir en soie.

« Lorsque passait le chevalier Milosch,

« Il se retourne, il regarde vers moi ;

ce II se dévêt de son beau manteau rond :

« Tiens, jeune fille, voici un manteau rond,

« Par ce manteau de moi quil te souvienne,

a Qu'il te souvienne de moi et de mon nom!

<x Voici, chère âme, que je m'en oais mourir

a Avec l'armée du prince glorieux,

«•Pne, ô chère âme, prie Dieu le Très-Haut

« Que sain et sauf je retourne du camp,

« Il te viendra lors une bonne chance :

« Je te prendrai, pour femme de Milan, '

« Milan, mon frère adoptif devant Dieu,

« Que f adoptai devant Dieu et saint Jean,

« Je serai, moi, le parrain de tes noces, »

« Après Milosch marche Ivan Kosantchitch.

« Il se retourne, il regarde vers moi « Et de son doigt il ôte l'anneau d'or :

« Tiens, jeune fille, voici un anneau d'or, « Par cet anneau de moi qu'il te souvienne, « Qu'il te souvienne de moi et de mon nom !

« Voici, chère âme, que je m'en vais mourir a Avec l'armée du prince glorieux.

« Prie, 6 chère âme, prie Dieu le Très -Haut « Que sain et sauf je retourne du camp.

« // te viendra lors une bonne chance :

« Je te prendrai pour femme de Milan, « Milan., mon frère adoptif devant Dieu, « Que f adoptai pour frère devant Dieu, « Que f adoptai devant Dieu et saint Jean.

a Je serai, moi, le garçon de tes noces. »

« Cil qui le suit, c'est Milan Toplitza.

« Il se retourne, il regarde vers moi,

a Et de son bras ôte le bracelet :

ce Tiens, jeune fille, tiens ce bracelet d'or,

a Et que par lui de moi il te souvienne,

a Qu'il te souvienne de moi et de mon nom!

a Voici, chère âme, que je m'en vais mourir

« Avec l'armée du prince glorieux.

« Prie, ô chère âme, prie Dieu le Très-Haut

« Que sain et sauf je retourne du camp.

a II te viendra lors une bonne chance :

« Je te prendrai pour ma femme fidèle. »

Paul Orlovitch dit à la jeune fille : .

« O chère sœur, fille de Kossovo,

« Vois-tu, mon âme, ces lances de combat,

« Où c'est le plus haut et le plus épais,:

« Là a coulé le sang de nos héros,

« Jusqu'au poitrail et jusqu'aux étriers,

« A la hauteur du poitrail d'un cheval, '

a Et jusqu'à la ceinture des héros.

« C'est là qu'ils ont succombé tous les trois.

« Mais, toi, retourne vers la blanche maison ; « Ne rougis plus tes manches et ta robe. »

La jeune fille entendit ces paroles :

Les larmes coulent le long de ses joues blanches.

Elle retourne vers sa blanche maison,

Et de sa gorge blanche elle criait :

« Quel sort te suit, hélas ! 6 malheureuse !

« Si malheureuse, hélas! que si je touche

« Un pin tout vert, le pin vert se dessèche. »

MARKO. — LES HEIDOUQUES.

Si je ne m'étais laissé entraîner par le charme de la poésie à parler si longuement de Kossovo, j'exposerais avec quelque détail deux autres cycles, qui, sans atteindre la même hauteur, font connaître sous des faces différentes, et peut-être d'une manière plus intime, la nation serbe. Ce sont le cycle de Marco Kralievitch et celui des Heidouques.

Marko est un prince de famille régnante, comme l'indique son nom de Kralievitch, c'est-à-dire fils de roi. Son père, le roi Voukachine, combattait et mourait à Kossovo.

Voukachine est couvert de blessures ; il tombe.

Les chevaux turcs piétinent son corps.

Toute la belle troupe périt avec ses braves chefs.

Marko était alors adulte; mais il ne figure pas luimême dans la lutte suprême. Peut-être avait-il déjà tourné bride, car il s'engagea pendant quelque temps au service des Turcs. Il représente le Serbe dérouté par la conquête, le Serbe qui se fait condottier, comme on en a vu depuis lors jusqu'à nos jours.

Marko a conservé le sentiment du bien et du droit; il court les aventures à la manière des chevaliers errants; il s'est institué redresseur de torts,. mais à son idée, à son heure et pour son propre compte, sans que cette action bienfaisante se rattache directement à la religion chrétienne et à la patrie chancelante ou tombée: Ses procédés d'ailleurs ne sont pas toujours chevaleresques; on voit qu'il n'appartient pas aux mêmes races que Roland et le Gid. La figure de Marko est extrêmement -vivante et réelle : elle jouit d'une popularité sans bornes, parce qu'elle représente trèsnettement un état d'esprit où la nation serbe s'est arrêtée pendant longtemps et où son imagination n'a pas cessé de se complaire.

Les heidouques sont les klephtes de la Serbie. Ce que les klephtes ont été en Grèce, les heidouques l'ont été dans l'ancien empire de Douchan, mais avec plus de bonhomie et de gaieté; ils sont moins poseurs. Le siège principal de leurs exploits est la forêt (planinà) Romania, située auprès de Serajevo en Bosnie. Lechrétien victime d'une injustice, ou menacé par les Turcs, celui dont la fiancée a ét'é enlevée et qui a tué le ravisseur, celui qui a eu la chance de mettre la

main sur la bourse bien garnie d'un pacha ou de lui prendre sa cadine (femme), se réfugie dans la forêt boisée et impénétrable. Il y restera en état de guerre contre la société, où il n'a pu vivre avec honneur, sécurité ou profit; il est devenu outlaw, mais il fait une guerre courtoise et chevaleresque.

Impitoyable contre l'ennemi musulman, avide de ses richesses, l'heidouque est courtois avec les dames; il est généreux et charitable ; il intervient encore plus souvent pour protéger le faible que pour dépouiller le riche. C'est notre brigand d'opéra-comique, ennobli par le mobile religieux et patriotique. .Toute la population chrétienne, dont il est à la fois la poésie vivante et la protestation ininterrompue, l'aime, le respecte, l'admire, et conspire avec lui pour faire des • tours sanglants ou comiques aux oppresseurs musulmans. L'heidouque chante et joue; il danse, il bataille, il *boit; il se marie avec une honnête fille. C'est un personnage qui s'amuse beaucoup et qui amuse encore plus les autres. S'il n'y avait pas eu les heidouques dans la montagne pour protéger et pour distraire, toute cette population périssait sous Toppression ou serait morte d'ennui. Avec les heidouques il y avait encore Fespérance et le rire : il n'en faut pas davantage. .

Comme le klephte grec, l'heidouque serbe a traversé librement et gaiement toute la longue, la longue période qui s'est écoulée depuis la conquête jusqu'au jour où, s'élançant de sa planina, il a apporté au mou-

vement libérateur de ce siècle son élément le plus énergique. Qu'était-ce pour l'heidouque que faire la guerre contre le Turc? Rien que continuer la brillante guérilla qui avait commence avec la conquête, cette lutte où. il avait dépensé tous les jours tant d'audace et tant d'esprit, cette lutte dont les magiques récits, pendant la veillée dans les chaumières, faisaient depuis tant de générations étinceler l'œil des garçons et palpiter le cœur des jeunes filles.

Mais les histoires et les aventures serbes ne constituent pas à elles seules tout l'intérêt poétique et historique du pays. I/Europe occidentale y a fait des apparitions éblouissantes. Belgrade, cette citadelle avancée entre deux mondes, n'évoque-t-elle pas le souvenir de saint Jean Capistran et celui d'Eugène de Savoie?

SAINT JEAN CAPISTRAN.

Une ville doit généralement sa célébrité ou à une situation exceptionnelle, ou à quelque grand événement qui s'y est accompli, ou à un monument hors ligne : Grenade à VAlhambral a dit Victor Hugo, Belgrade a sa forteresse, admirablement située sur une élévation qui commande le confluent du Danube et de la Save, là où finissent les steppes immenses de la

Hongrie, à peu de distance des Rapides et des Portes de fer, qui rendent la- navigation du Danube quelquefois imposs'ble et toujours très-difficile. Les faits mémorables et émouvants de l'histoire de Belgrade devaient naturellement être des sièges.

Après la destruction de l'empire serbe, Belgrade était restée aux mains des Hongrois. Amurat II essaya de s'en emparer en 1439, mais il fut repoussé par Huniade. Le 28 mai 1453, Constantinople tombait au pouvoir des Turcs. Trois années après, le 13 juin 1456, Mahomet le Conquérant paraissait devant Belgrade à la tête d'une armée de cent cinquante mille hommes, qui traînait après elle trois cents pièces de canon et sept mortiers pour lancer des boulets de pierre. Cette artillerie formidable canonna la place de jour et de nuit, pendant qu'une flotte de^ deux cents vaisseaux Croisait sur le Danube pour empêcher qu'aucun secours pût être amené de la Hongrie. '

Cependant le pape Calixte III, presque octogénaire, avait fait prêcher la croisade contre les Turcs. Soixante mille volontaires environ accourent se ranger sous les ordres du régent de Hongrie, le grand capitaine Huniade. Beaucoup de seigneurs avaient reçu la croix, mais peu avaient pris les armes ; il n'y avait que trois magnats dans cette armée. C'était un ramassis de bourgeois, de paysans, de moines, d/étudiant3 mal équipés, armés de frondes, de pieux, de sabres; mais un souffle supérieur anima cette masse confuse, qui, aux yeux du monde, paraissait con-

damnée d'avance à l'impuissance et à la destruction : un saint s'était rencontré.

Jean Capistran était né en 1385, de parents français; il vécut jusqu'à Page de soixante et onze ans. Il a été contemporain de l'hérésie de Jean Huss, de la mission de Jeanne d'Arc, du concile de Florence, de la prisede Constantinople. Au milieu de tant d'événements extraordinaires, il est resté Tune des plus grandes figures du xv e siècle. Nous ne sommes plus, d'ailleurs, à l'époque des légendes : les faits merveilleux du xv e siècle présentent ce caractère particulier que Fincrédulité ne réussit pas aies rendre suspects, tant sont irrécusables les monuments historiques où ils sont consignés. La vie de saint Jean Capistran, en particulier, a été écrite par trois religieux franciscains, qui avaient été ses compagnons de voyage, et par le célèbre JSneas Sylvius, qui fut pape sous le- nom de Pie IL Sa vocation et ses actes montrent clairement qu'il a été un instrument choisi par Dieu pour réveiller la chrétienté et arrêter l'invasion des Turcs.

Une vision qu'il eut de saint François d'Assise détermina son entrée dans l'Ordre Séraphiqufc. Il s'attacha à la Stricte-Observance, qui avait été instituée de son temps par saint Bernardin de Sienne. Les Papes remployèrent à des missions, car il refusa d'être évêque et même patriarche d'Aquilée. Il avait le don de prophétie; il guérissait les malades; il ressuscita des morts. Il parcourut l'Europe en prêchant; il s'exprimait en latin, et un prêtre traduisait ses pa-

rôles dans la langue du pays. Comme les églises ne pouvaient contenir la foule qui se pressait pour l'entendre, il parlait le plus souvent sur la place publique ou même dans les champs. Le peuple contemplait surtout sa personne, inspirée, et la vue du saint causait encore plus d'émotion que ses discours.

Partout où il prêchait, cette émotion était si grande que des femmes apportaient leurs parures, leurs vêtements les plus précieux, et les jetaient dans des feux allumés sur la place publique. Les cartes, les dés, les échecs, les mauvais livres étaient brûlés sans rémission.

En arrivant à Bude, l'homme de Dieu avait senti le danger qui menaçait la chrétienté ;il s'était mis à parcourir les bourgs et les campagnes, armant les travailleurs et les paysans. C'est grâce à son zèle qu'on avait pu réunir soixante mille hommes, mais mal armés et mal organisés, les seuls cependant dont Huniade pouvait disposer pour arrêter une armée turque deux fois plus nombreuse, bien aguerrie, bien disciplinée, pourvue de tout, et encore enivrée par la prise de Constantinople.

Huniade attaqua d'abord la flotte de Mahomet II, et la défit complètement le 14 juillet 1456. Pendant tout le temps de la lutte, le saint se tenait sur le bord du fleuve, et, agitant sa bannière, criait à haute voix : Jésus! Jésus! Victoire /Les croisés entrèrent dans la place.

Le 21 juillet au matin, les janissaires donnent à

la ville un assaut furieux; ils enlèvent la première enceinte. Huniade déclare à Capistran qu'il n'y a plus aucun espoir, « Ne craignez rien, répondit le saint, ils (( ne prendront ni la ville ni la forteresse : s Dieu mon- « trera son bras tout-puissant. En attendant, je vais <c donner des armes à me# troupes. » Ces armes étaient la Pénitence et l'Eucharistie. Gomme il y avait beaucoup de prêtres parmi les croisés, toute l'armée se confessa et communia. « Notre armure principale, <c disait-il sans cesse, c'est le nom de Jésus, »

Cependant les Turcs, après avoir franchi la première enceinte, s'étaient répandu^ dans la ville et se ruaient avec confiance contre la seconde enceinte, où Huniade avait pu faire pénétrer quelques renforts. Déjà ils cherchaient à gravir les murs ; mais ils f urent^reçus par une pluie de fagots imprégnés'de soufre et inflammés. Bientôt, assaillis de tous côtés par des troupes fraîches et animées, ils sont repoussés jusqu'aux fossés et regagnent leur camp en désordre.

Bel grade avait échappé à ce formidable assaut; mais elle n'était pas dégagée. Capistran voulait que toute la masse chrétienne traversât la Save pour enlever l'artillerie de siège. Le sage capitaine Huniade s'opposait de toutes ses forces à cette entreprise téméraire ; mais les croisés, ayant appris que telle était la pensée de Capistran, commencèrent à passer la rivière. Le saint marchait à leur tête avec deux autres Franciscains ; ils assaillirent les batteries turques en criant : Jésus ï Jésusl Ils étaient à peine quelques milliers d'hommes,

car le gros n'avait pas eu le temps de traverser la Save. Les^Turfcs, frappés de terreur à leur aspect, abandonnent leurs pièces et se réfugient dans leur camp, que les chrétiens envahissent. Une lutte acharnée s'engage. Mahomet II combattait de sa personne : d'un coup de sabre il fend* la tête d'un chrétien ; il fut blessé lui-même à la cuisse. L'arrivée d'un renfort turc força les chrétiens à laisser le camp ennemi ; mais la ville fut sauvée par tant d'héroïsme. Mahomet se retira en désordre, abandonnant aux croisés ses deux cents pièces d'artillerie. Vingt-quatre mille Turcs avaient trouvé la mort sous les remparts de Belgrade.

En mémoire de cette délivrance, le pape Calixte III fixa la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur au 6 août, jour où JearfCapistran avait combattu si héroïquement à l'âge de soixante et onze ans. Le grand Huniade mourut de ses blessures vingt jours après la levée du siège. Saint Jean Gapistran ne survécut que deux mois; il succomba à ses fatigues après une douloureuse maladie. Au moment de sa mort, il était couché sur la terre et avait la tête appuyée sur la poitrine de l'un des deux Franciscains qui avaient marché avec lui contre les Turcs de l'autre côté de la Save.

Page 1