‹ Voyage sentimental dans les pays slavesChapitre 21 sur 58 · FUIT HOMO MISSUS A DEO CUI NOMEN ERAT JOANNES · texte numérisé non relu

FUIT HOMO MISSUS A DEO CUI NOMEN ERAT JOANNES

LA FÊTE DU ftOSAIRE.

Sultan Soliman le Magnifique prit Rhodes aux chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem et la forteresse de Belgrade aux Hongrois. Son long règne marque le point culminant de la conquête ottomane.

Les progrès de l'invasion avaient été favorisés par l'effroyable désordre que le protestantisme apporta en Europe dans toutes les situations, et encore plus dans les esprits. Il fallait pourtant finir par opposer une barrière à ce torrent dévastateur,, qui menaçait d'engloutir toute l'Europe.

L'impulsion ne vint ni de l'Allemagne, troublée par les guerres de religion, ni de la France, qui oubliait ses traditions pour se livrer aux calculs d'une politique tout humaine. On vit... mais il nous serait trop pénible de rappeler ce qu'on vit alors. L'élan vint de ïlome.

A la nouvelle de la prise de Tunis et de l'île de Chypre, saint Pie V prêcha une croisade contre les infidèles. Il réussit à former une de ces ligues saintes dans lesquelles la république de Venise était toujours prête à entrer.

Le 7 octobre 1571, le pape s'entretenait au Vatican avec plusieurs prélats, lorsque soudain il se lève,

ouvre lui-même une fenêtre et reste quelque temps plongé dans une profonde contemplation... Enfin, tout rayonnant de joie, il s'écrie qu'il faut rendre grâces à Dieu de la victoire des croisés. Le même jour, à la même heure, la flotte chrétienne détruisait à Lépante la puissance maritime des Turcs. C'en était fait de la domination du croissant sur la Méditerranée.

En souvenir de cette mémorable victoire, remportée par l'intercession de la sainte Vierge, Pie V voulut que l'Eglise rendît de perpétuelles actions de grâces à Notre-Dame de la Victoirer. A cet effet, le pape Grégoire XIII institua et fixa au premier dimanche d'octobre une fête spéciale de la sainte Vierge, laquelle devait être célébrée dans toutes les églises où il y avait un autel du Rosaire.

La lutte contre les Turcs continuait sur terre. Les Polonais, les Vénitiens, les Hongrois, les Croates étaient, on peut le dire, en état de croisade perpétuelle. Afin d'unir leurs forces contre les infidèles sous une bannière puissante et respectée, les Hongrois et les Croates s'étaient rangés volontairement sous le sceptre de la maison d'Autriçhe-Bapsbourg.

Le 4 août 1716, le prince Eugène de Savoie, au service d'Autriche, remporta à Peterwardein, en amont du confluent du Danube avec la Save, une éclatante victoire. C'était le jour où Ton célèbre la fête de la JDédicace de Notre-Dame des Neiges, et au moment même où, à Rome, les confrères du Rosaire, au milieu d'un concours immense de peuple, adressaient de fer-

ventes prières à Dieu et imploraient humblement l'intervention de la sainte Vierge en faveur des chrétiens. Pour perpétuer le souvenir de la victoire de Peterwardein et de la levée du siège de Gorfou, le pape ordonna que la fête du Rosaire fut dorénavant célébrée, non plus dans quelques églises seulement, mais dans tout l'univers, chaque premier dimanche d'octobre.

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