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AU NORD ET AU SUD

Les Slovènes ont à se défendre au nord contre les Allemands et au sud contre les Italiens.

A Vienne, en 1348, les Slovènes ont demandé que la partie septentrionale de la Garinthie et de la Styrie fût abandonnée aux Allemands qui y dominent, mais que le, reste du pays slovène fût organisé en une seule province. Ils ne l'ont pas obtenu; mais ils ont toujours maintenu leurs protestations contre la centralisation germanisante sous ses diverses formes. Au mois de mai 1869, les gymnastes allemands avaient organisé une de leurs manifestations auprès de Liubliana (qu'ils appellent Laybach). Déjà le . cortège se déployait en bel ordre et bannières en tôte.

Cet étalage ne fut pas du goût de la population : les paysans s'étaient assemblés, armés de bâtons. Des t injures on en vint assez vite aux coups ; les mani-

festants furent obligés de chercher leur salut dans la fuite, non sans emporter quelques bons horions; mais ils durent abandonner leurs belles bannières, qu'on n'a jamais pu retrouver. Il fallut même une charge des hussards hongrois pour empêcher de faire aux intrus un plus mauvais parti.

En 1868, une réunion slovène, qui comptait près de 8,000 hommes, eut lieu auprès de Goritza, et une autre en 1869. Tout se passa dans le plus grand calme, et les vœux suivants y furent formulés : 1° création d'un tribunal supérieur; 2° réunion de toutes les populations Slovènes en un seul Etat ou royaume sous le sceptre de la maison d'Autriche-Hapsbourg, avec une diète unique; 3° introduction delà langue Slovène dans toutes les branches de l'administration; 4° fondation à Liubliana d'une académie slovène et emploi de la langue slovène dans toutes les écoles du pays.

Jl n'y a rien dans tout cela qui sente la révolution cosmopolite.

Au sud, la lutte a lieu contre l'élément italien sur le terrain de l'enseignement. Les Slovènes ayant organisé à Trieste des réunions littéraires, il éclata dans cette ville, au mois de juillet 1868, une émeute suscitée par les Italiens et les italianophiles, lesquels voudraient accaparer pour l'Italie Trieste, Tlstrie et même la Dalmatie,tous pays slaves. Il existe à Trieste des comités qui saisissent toutes les occasions de manifester leurs espérances anti-autrichiennes. Voici,

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par exemple, quelques phrases d'une Adresse au roi Victor-Emmanuel, qui est du 23 mars 1874 :

<( Nous, citoyens de Triesie, habitants de ce malheureux et extrême lambeau du territoire italien... nous nous dîmes : Trieste prendra rang un jour parmi les cent villes libres de l'Italie, et à bon droit... Oh! il ne tardera pas 'longtemps, le jour où le roi patriote saluera dans Trieste une fille de plus, et où le roi guerrier déposera son épée, sachant bien aujourd'hui que son œuvre n'est pas achevée et que l'Italie se défend par les Alpes Juliennes et par les bassins pleins de ports de l'Istrie... De grâce, faites, ô Sire, que notre Trieste puisse yous saluer, elle aussi, comme roi et libérateur! »

Le 25 septembre de la même année, on a trouvé sur la brèche de la Porta-Pia, à Rome, l'inscription suivante entourée de lauriers :

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