‹ Voyage sentimental dans les pays slavesChapitre 56 sur 58 · CHE LIBERTA ATTENDE · texte numérisé non relu

CHE LIBERTA ATTENDE

L'inscription et les lauriers furent enlevés par ordre des autorités italiennes, lesquelles, du reste, protestent contre toute idée d'extension du côté de la Dalmatie, aussi énergiquement qu'elles protestaient contre ridée d'occuper Rome... quelques semaines avant d'y entrer.

La presse a déjà jeté l'alarme : « Si les écoles, écrivait le journal Slovène Primoretz, deviennent exclu-

sivement italiennes, si toutes les affaires se traitent en italien, quelles seront les conséquences d'un pareil état de choses? L'Italie a déjà bien rapproché de nous ses frontières, et M. de Bismarck a envoyé ses agents jusqu'au littoral de l'Adriatique. Au nom de la justice, do la nationalité, au nom du salut de l'Autriche, nous demandons qu'on ne foule pas aux pieds les Slovènes : si vous continuez à les opprimer, l'Autriche du sudest périra irrévocablement. »

Vous pensez bien que notre saint-père le pape n'est pas oublié dans les épanchements entre les amis de Trieste et de Rome. On l'appelle le gendarme du Vatican, le bourreau de Menlana. Au fond, c'est toujours la religion catholique qui excite la haine, parce qu'elle est l'obstacle. C'est ce que m'expliquait fort bien à Liubliana un jeune légiste que j'avais rencontré à la promenade et qui avait bien voulu m'accompagner à Yhôtel de VEléphant.

• Il regrettait la formation d'un parti jeune-slovène, dont les tendances religieuses ne lui inspirent aucune confiance. « Nous, Slovènes, me disait-il, restons « catholiques , et nous ne deviendrons jamais ni « Teutons ni Welches. » Je lui demandai de m'expliquer ce qu'il entendait au juste par un Welche. Il me répondit que c'est un nom générique que les peuples de race slave ou germanique donnent aux peuples néo-latins. Je crus comprendre que ce n'est pas pris par eux dans un sens favorable; mais, à ce moment, un nouvel interlocuteur vint dire son mot.

SLOVÉNIE. 297

C'était un Alsacien, mécanicien de son état, qui buvait de la bière de Strasbourg à la table voisine. « Oui, Monsieur, me dit-il un peu brusquement; moi, <( je suis Français, mais pas Wetehe! »

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