‹ Voyage sentimentalChapitre 27 sur 53 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

L'agréable ville, quand on a un bel équipage, une douzaine de laquais et une couple de cuisiniers ! Avec quelle liberté, quelle aisance on y vit !

Mais un pauvre prince, sans cavalerie, et qui n'a pour tout bien qu'un fantassin, fait bien mieux d'abandonner le champ de bataille et de se confiner dans le cabinet, s'il peut s'y amuser.

J'avoue que mes premières sensations, dès que je fus seul dans ma chambre,

furent bien éloignées d'être aussi flatteuses que je me l'étais figuré... Je m'approchai de la fenêtre, et je vis à travers les vitres une foule de gens de toutes les couleurs qui couraient après le plaisir : les vieillards avec des lances rompues et des casques qui n'avaient plus leurs masques ; les jeunes chargés d'une armure brillante d'or, ornés de tous les riches plumages de l'Orient, et joutant tous en faveur du plaisir, comme les preux chevaliers faisaient autrefois dans les tournois pour acquérir de la gloire et de l'estime.

« Hélas ! mon pauvre Yorick, — m'écriai-je, — que fais-tu ici ? A peine es-tu arrivé que ce fracas brillant te jette dans le rang des atomes. Ah ! cherche quelque rue détournée, quelque profond cul-de-sac où l'on n'ait jamais vu de flambeau darder ses rayons, ni entendu de carrosse rouler. . . C'est là où tu peux passer ton temps. Peut-être y trouveras-tu quelque grisette qui te le fera paraître moins long. Voilà les espèces de coteries que tTi pourras fréquenter. Je périrai plutôt, — m'écriai-je en tirant de mon portefeuille la lettre que madame de L... m'avait

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chargé de remettre. — J'irai voir madame de R... et c'est la première chose que je ferai... La Fleur?

— Monsieur.

— Faites venir un perruquier... Vous donnerez ensuite un coup de vergette à mon habit. >»

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