‹ Voyage sentimentalChapitre 49 sur 53 · LES ADIEUX · texte numérisé non relu

LES ADIEUX

Nous arrivâmes à Amboise : les places et les rues étaient pleines de monde ; on y attendait, pour la première fois, Mme la duchesse de... Sa bienfaisance y avait devancé depuis longtemps son arrivée, et la joie était peinte sur tous les visages ; le plaisir respirait dans tous les cœurs... O vertu ! voilà quels sont tes charmes ; tu inspires l'allégresse partout où tu te montres.

244 VOTAGE SENTIMENTAL

Nous nous trouvâmes au milieu de la foule empressée. Juliette en était connue, et )e vis qu'elle intéressait tout le monde à son sort : je m'arrêtai pour lui faire mon dernier adieu.

Juliette n'était pas grande, mais elle était bien faite. L'affliction avait fait impression sur sa physionomie.

Elle avait un air délicat, et tout ce que le cœur peut désirer en une femme...

Ah ! si elle pouvait recouvrer son bon sens, et si les traits de ma Lisette pouvaient s'effacer de mon esprit! Juliette!...

Oui, elle mangerait de mon pain, elle boirait de ma coupe.

Je ferais plus, elle serait reçue dans mon sein.

Elle serait ma fille et tout ce qu'on peut être de plus cher.

Adieu, fille infortunée. Imbibe l'huile et le vin que la compassion d'un étranger verse en passant sur ta blessure...

L'être qui t'a créée peut seul la guérir.

VOYAGE SENTIM1|KTAL 24$

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