L UTILITE DES AVOCATS
Il n'eut pas sitôt fernné la porte, que mon cœur me fit un reproche de dureté.
Je voulus, à trois fois différentes, prendre un air de sans souci ; mais ma tranquillité
ne revenait pas. Tout ce que je lui avais dit de désagréable se présenta de nouveau à mon imagination. Je fis réflexion que je n'avais d'autre droit sur ce pauvre moine que de le refuser, et que c'était une peine assez grande pour lui, sans y ajouter des paroles dures. Je me rappelais ses cheveux gris. Sa figure, son air honnête se retraçaient à mes yeux, et il me semblait l'entendre dire :
« Quel mal vous ai-je fait?... Pourquoi me traiter ainsi?... »
En vérité, j'aurais, dans ce moment, donné vingt francs pour avoir un avocat...
Il m'aurait trouvé des raisons pour concilier tout cela... Cependant je me consolai un peu...
« Mais ne vais-je pas courir le monde ?
Je ne fais que commencer mes voyages...
J'apprendrai par la suite à me mieux conduire. »