‹ Voyage sentimentalChapitre 7 sur 53 · L\ DÉSOBLIGEANTE A CALAIS · texte numérisé non relu

L\ DÉSOBLIGEANTE A CALAIS

J'avais remarqué qu'un homme mécon-

tcnt de lui-même était dans une position d'esprit admirable pour faire un marché.

Il me fallait une voiture pour voyager en France; les piétons sont mal reçus dans les auberges. J'aperçus des chaises dans la cour de l'hôtellerie, et je descendis de ma chambre pour en acheter ou pour en louer une. Une vieille désobligeante, qui était placée dans le coin le plus reculé de la cour, me frappa d'abord les yeux, et je sautai dedans, je la trouvai assez commode, elle me plut et je fis appeler M. Dessein le maître de l'hôtellerie... Mais M. Dessein était allé à vêpres. Cela me fâcha un peu :

j'aurais fait tout de suite mon affaire...

J'allais descendre, lorsque j'aperçus le moine de l'autre côté de la cour, causant avec une dame qui venait d'arriver à l'auberge... Je ne voulais pas qu'ils me vissent, je tirai le rideau de talfetas. Mais que faire dans une désobligeante?...

« Parbleu ! me voilà bien embarrassé !

— dis-je ; — j'ai envie d'écrire mon voyage : qui m'empêche d'en faire ici la préface...»

Je tirai de ma poche ma plume sans fin, et je me mis à écrire.

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