‹ Voyages à la recherche de Sir John Franklin [microforme]Chapitre 20 sur 37 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

v:l FAR

” La neige et/le. frost : bite.

SOS CR | ve

Le |

% Après les glaces qui rendent si dangereuse la navigation dans les mers polaires , l'ennemi le plus Knpies l'hôte le plus importun, cen "est pas le froid, c'est la’ neige et l'humidité. Le jour, la neige fatiguees. yeux, qui se trouvent | atteints du snotw-blindness (1 (1 }. La nuit , elle est | plus : incommode ehcore, toutes les fois sürtout .qu il faut parcourir à pied de grandes | distances sur des plaines de glaces. « Alors, dit | Bellot, tous les objets se perdent dans une

teinte uniforme; lès ‘plans se confondent, les | ‘ ' . (1) Avenglement causé par la neige. : ue

) AT 8 'effacént, on CN un brouil- : lard à à peine transparent : En à œil, fatigué par une | attention continuellé, nedistingue plus rien ; le ‘pied se lève pour franchir une ondulation de terrain et retombe dans le vide ; le sol semble 8 ‘étendre horizontalement devapt vous, èt tout: “ à coup vous roulez le long d’une colline es-

pée. »

æe

es

Pourtant, de cet ennémi si terrible le navi- | gateur sait tirer parti, quand il s'agit de pas-

usp la LU cr les nuits sur les fields (1). Cette neige, quand emi le ‘elledevient compacte, peut être taillée couime |: n'est Es la pierre tendre de nos contrées , et servir à R é. Le constrüction dec ces grossjères petites maisons uvent de neige, snow pou qui peuvent loger plu- ; lle est | sieurs voyageurs. C'est ce que firent souvent : 8 sûre Bellot et ses compagnons. Il est vraunent "andes curieux de les voir, architectes expéditifs, rs, dit “élever leurs “murailles en moins de deux s une ; heures, monter da voûte en moins de temps, t, les” DR

; PAS En ; ft) Plaines ou plateaux.

cimenter les joints avec de la neige et ne lais-

ser au plus que deux ouverturés, l’une pour entrer, l'autre, toute petite à pour TODire et pour voir... Nos

“Quand plusieurs personnes sont réunies dans

| ces pavillons qui ont l'air d'avoir été blanchis

| à la chaux au dedans comme au dehors, absolument comme les maisons mauresqués, on arrive à y avoir aussi chaud que dans l'appartement le plus confortable de Londres où de.

Paris. Bellot nous trace un petit tableau, une petite scène de la vie au milieu des neiges de la

‘ région arctique; elle est charmante, et nous la

Ére

traascrivons avec plaisir, ? 7 « La neige transparente de notre maison : projetait- au dehors des lueurs verdâtres qui

“lui donnaient l'air d’une fantastique illumina- tion : à quelques pas, notre tente de toile, ES À ‘où retentissait toujours quelque rire. sonore et communicatif ; plus loin : ‘une muraille de ‘neige abritait notre modeste cuisine , qui con-

sistait en une chäudière pour fondre la neige;

> Jaispour rer et

s dans nchis abso- { on arpparoù de.

, une dela ous la

aison 8 qui nina- oile, pnore le de con eige ;

voyageant, en effet, comme des gens pour qui

rien n'est trop bon, nous nous donnions le lux d'une tasse de thé, dont nous arrosions nôtre pemtican (1). Autour de ce foyer, quelques frileux cherchaient à se réchauffer, apportant des débris de bois soigneusement@is

de côté, un autre soufllant sur des -charbons à |

LA

moitié éteints, pour allumer une pipe rebelle; hi

une vraie scène de la campagne dé Russie (2); ;

(1) On a vu plus haut (page 29) ce qu’on gui entendre

. - par pemmican.

(2) Dans la campagne de husie, ou retraite de Moscou,

- dès le 44 novembre, le thermomètre Réaumur était des-

cendu à 21°, qui font 26° 95 centigrades., Le journal de

Bellot accuse des chiffres ‘bien plus élevés : 8 avril 1852, à.

huit heures du soir, 37° centigrades au-dessous de zéro.

.. «93 janvier. — Le thermomètre est descendu ce matin à

440 Farenheït; ce qui fait 42° centigrades au-dessous de zéro, un degré seulement plus haut que la température

éprouvée par les Américains l’année dernière. Soit que notre

mercure ne soit pas très-pur, ou que notre thermomètre

soit inexactement gradué, une certaine. quantité de ce métal :

mise dans un vase de faïence, mais placée sur les bastingages, et recevant peut-être par les’ bois du navire une partie de chaleur, ne s’est congelée qu'à 42°, et la douleur eausée par le contact était très-vive. » en ge

ne à

106 voyaGxs À LA RECHERCHE FA des gens affamés, aux vêtements couverts: de neige, piétinant pour se réchauffer, maculant de toutes parts cette belle nappe blanche : tel était le tableau. Cette agitation, ce mouvement causé par un si petit nombre de personnes, faisaient bientôt place à la tranquillité primitive, et, grâce aux fatigues du jour, nous . ne tardions pas à nous endormir d'un sommeil aussi profond que si le plus moelleux édredon nous eût.reus dans ses plis. »

Mais, à la longue, le spectacle uniforme de la neige fatigue comme tout ce qui est monotone. . On a le droit d’être dégoûté ds la neige après avoir lu ce qui suit: “= «La neige tombe par gros flocons et donne -un peu de la clarté dont nous jouissions encore aux environs du méridien. Le reste du temps, une teinte ardoisée attriste et nous fait ressem- ‘tir davantage le froid ; les objets, à peu de distance de nous, se confondent tous dans un gris de plomb d’un aspect fanèbre. Partout :

Sur n08 têtes, sous nos pieds, autour de nous, la

rts: de culant e : tel OU VE- > peruillité

Page 1