‹ Voyages à travers le mondeChapitre 7 sur 21 · SIEGFRIED · texte numérisé non relu

SIEGFRIED

On sait que Vanneau et le casque des Nibelungeii sont toujours au pouvoir de Parfax, le géant qui s'est transformé en dragon. Sieglinde, sur le conseil de la Walkure, s'est réfugiée dans cette forêt; elle y rencontre le nain Mime, frère du. prince des Nibelungen, qui, avec Tintelligence de sa race, guette le moment favorable pour arracher au géant Tanneau et le casque. Dans la demeure du nain, Sieglinde met au monde un enfant du sexe masculin, lui donne le nom de Siegfried et meurt. Le nain se chargée de l'éducation de Tenfant dont il a deviné l'origine et en voyant plus tard ladolescent faire preuve d'un courage et d'une force surhumaine, le nain compte se servir de Siegfried pour tuer le dragon et pour loi reconquérir l'or du Rhin. Le nain ne cesse de forger des épées pour son fils adoptif, mais si solide que soit l'arme, Siegfried la brise comme du verre dans i$es mains puissantes.

C'est le début de la troisième soirée.

Malgré la tendresse affectée du nain, Siegfried éprouve une grande répulsion contre ce peti

monstre ;il sait biea qu'il ne peut pas être le fils dé ce

Nibelunge, lui si fort, si beau, si vaillant. Un soir, il

menace d'étrangler Mime, s'il ne lui fait pas connaître

la vérité tout entière; le nain raconte à Siegfried

l'histoire de sa naissance, la mort de son père, comme

quoi Sieglinde, sauvée par la Walkure, a été trouvée

par lui, le nain, dans la forêt. Brunhielde, avant

sa'fuite, a ramassé les tronçons de l'épée brisée dans

les mains de Siegmund expirant, et les a remis à la

mère de Siegfried comme un dernier souvenir de son

amant d'une heure. Le jeune héros ordonne au nain

de lui forger une épée avec ces morceaux d'acier, tout

ce qui lui reste de son père. Siegfried part, et, en son

absence, le nain se met à l'œuvre. Efforts inutiles;

il ne parvient pas à forger l'arme. Voici le dieu Wotan

qui arrive (on pourrait l'appieler le dieu Benoiton, vu

qu'il est toujours sorti). Depuis qu'il a dû se ségpirer

<lesa fille aimée entre toutes, de Brunhielde, il est en

proie à un énorme désespoir; il parcourt le inonde

sans but et sans volonté ; il sait que le nain élève un

adolescent grand, beau et fort, pour tuer le dragon,

pour lui prendre l'or du Rhin et pour combattre

les dieux dont Wptan sent la fin prochaine. Le voici

<lans la cabane de Mime et il assiste à son travail

inuUle.

— Assez d'efforts I dit le dieu au nain. Seul celui qui n'aura jamais eu peur pourra forger une lame avec ces tronçons d'épée.

Wotaa parti, Siegfried revient et trouve la besogae

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inachevée. Le jeune héros s'emporte, et comme il n'a jamais eu peur ni de rien, ni de personnel il chauffe Tacier à blanc, et de son bras nerveux, en trois coups de marteaux, il forge Tépée.

Au deuxième acte, nous sommes devant la caverne du dragon. Le prince des Nibelungen, Alberich, sachant le danger qui lui viendra de son frère Mime, si celui-ci, par le vaillant Siegfred, s'empare de l'or, avertit le dragon qu'un grand péril le menace et qu'il est prêt à tout dire pourvu que le géant transformé en monstre lui livre l'anneau des Nibelungen. Le géant, confiant en sa force, repousse cette transaction et Alberich se retire désespéré dans la forêt.

Mais voici le jeune Siegfried et le nain Mime qui s'approchent de la caverne. Le rêve du nain est de voir le dragon et Siegfried s'égorger entre eux. Pendant Je combat il s'emparera du talisman.

Le dragon sort de sa caverne. Ici se place un duo entre le monstre et Siegfried, un vrai duo dont j'attends avec volupté l'effet au théâtre. Siegfried plonge son épée dans le cœur du dragon; le sang jaillit sur sa main et aussitôt le héros comprend le chant des oiseaux que tantôt il a en vain essayé de surprendre. Un petit oiseau lui dit de s'emparer de l'janneau et du casque magiques. Le nain Mime a, sur ces entrefaites, fabriqué un breuvage qui doit donner la mort à Siegfried ; mais le petit oiseau avertit le jeune homme qui plonge son épée dans le cœur de Mime. Son frère, le prince Alberich, caché

dans les arbres, assiste à cette exécution avec la satisfaction d'un nain qui est débarrassé d'un frère dangereux Siegfried se repose sous l'ombre d'un chêne, il voit les petits oiseaux vivre en famille ; il entend leur langage doux et passionné. Et il est seul au inonde sans avoir jamais connu ses parents. Alors le petit oiseau lui apprend que là-haut, sur la montagne de feu, repose une jeune fille qui donntra son cœur à celui qui la réveillera, malgré les flammes qui l'environnent, du sommeil oii elle est plongée, Siegfried i'épée haute, se précipite en avant. Il fait nuit : les flammes lui indiquent son chemin, mais en route il rencontre Wotan qui essaie de lui barrer le chemin. Le dieu sent que la puissance ne pourra jamais se fonder sur la richesse et la ruse ; sa soif de l'or a déjà fait assex de malheurs dans sa famille. Périsse la divinité plutôt que le principe d'amour et d'honneur qui en est la base ! deux générations se sont égorgées déjà pour assurer aux dieux la puissance qu'ils ne doivent tenir que de leur vertu. Que ces dieux meurent donc ! Wotan retourne a son palais de Walhalla ; il rassemble autour de lui les Walkures, les héros des bataillons sacrés, fait entasser des monceau^j. de bois autour du palais, monte sur, son trône et tenant dans sa main affaiblie l'épée brisée dans le combat contre son petit-fils : il jure qu'il consent à disparaître à jamais avec tous les siens, pourvu que la royauté des bommes triomphe et que le trésor volé aux sirènes du Rhin rentre en leur possession.

Pendant ce temps, Siegfried, le chevalier sans peur, a traversé les flammes ; il y trouve Brunhielde, la Valkure : elle sort d'un sommeil qui n*a pas duré moins de vingt ans et tombe sur le cœur de Siegfried, qui lui tend les bras.

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