‹ Voyages aériens au long coursChapitre 51 sur 82 · POINTS DE DÉPART DANS LE SIKKIM · texte numérisé non relu

POINTS DE DÉPART DANS LE SIKKIM

D'après la carte publiée en 1864 et remise à jour en 1892 par u The office of the Surveyor général of India », on voit, en ce qui concerne le Sikkim, que la voie ferrée construite en vue de pénétration dans le massif himalayen, et pour relier celui-ci au sud de

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rinde, atteint Djarjeeling, ainsi que nous l'avons mentionné précédemment.

En conséquence, cette voie ferrée pourra être empruntée pour, de Calcutta, où arriveront par mer les aéronautes et le matériel, transporter par fer jusqu'à cette ville l'expédition dont ce sera la première étape dans l'Inde.

De Djarjeeling, un choix devra être fait en vue d'une tentative pour atteindre le sommet du Kintchindjinga (28,156 pieds) ou des Snowy-Peaks (27,815 pieds) qui continuent la crête du Kintchindjinga au sud.

Il est à supposer que, si les observateurs peuvent atteindre une situation aussi élevée, les résultats des expériences et les phénomènes constatés à cette altitude seront des plus intéressants au point de vue scientifique.

Examinons donc ici la voie à suivre, au départ de. Djarjeeling, pour se rapprocher du point définitif où le gonflement de l'aérostat pourrait avoir lieu et l'ascension être tentée par un vent favorable en direction et constance.

En nous reportant à la carie du Sikkim, citée plus haut et jointe h cet ouvrage, on voit qu'au départ de Djarjeeling le matériel chargé, soit h dos de chevaux, de buffles, de chameaux, d'éléphants ou d'hommes, pourra descendre en allant vers le nord jusqu'au village de Rungeet, à 8 milles environ de Djarjeeling, sur le Great Rungeet River qui, h cet endroit, court de l'ouest à Testsud-est, pour rejoindre bientôt la Tista River. Au sortir de Rungeet, le convoi tournant à droite emprunterait la route qui suit la rivière précitée sur sa rive droite et franchirait cette rivière peu après au Rungeet Rridje; de là, tournant à gauche et empruntant la rive gauche, le convoi s'avancerait vers l'ouest, en remontant jusqu'au confluent du Rumman River dont les eaux descendent franchement du nord par une longue vallée aboutissant, après un parcours de 50 milles, au cul-de-sac formé par le mont Kubra à l'ouest, le Kintchindjinga au nord, et le mont Pundim à l'est.

Cette rivière de Rumman, outre qu'elle ofirirait sur chacune de ses rives des chemins généralement suivis par les indigènes, permettrait, à certains endroits, de rencontrer des villages situés sur ses bords et où l'expédition pourrait trouver des vivres frais, des moutons, des poulets, du riz, etc.

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Au-dessus du village de Richnigpoong, situé k Touest, rive droite du Rumman River, Texpédition utilisera avec succès la route qui, partant de ce lieu, passe entre les villages de Yaksun et Doubti. Côtoyant alors le Rumman sur la rive gauche et remontant toujours vers le septentrion, elle atteindra le village de Mon-Lichelia, situé au-dessus du Garaothang River, dont les eaux viennent précisément au-dessous de Mon-Lichelia, se réunir aux eaux du Rumman.

Lorsque le convoi aura atteint le village de Mon-Lichelia, la distance parcourue depuis Djarjeeling sera d'environ 40 milles.

Moins de 20 milles à vol d'oiseau séparent Mon-Lichelia du sommet du Kintchindjinga.

(En 1891, MM. White et Hoffmann accomplirent un voyage dans la partie inexplorée de la chaîne de l'Himalaya, voisine du Kintchindjinga, et franchirent un col situé à 4,800 mètres d'altitude. D'après M. Hoff'mann, le Kintchindjinga serait accessible; la déclivité générale des pentes ne serait pas plus forte que celle du mont Blanc, près Chamounix*. Il est donc à présumer que le transport du matériel jusqu'à Mon-Lichelia ne présenterait pas de difficultés insurmontables.)

L'expédition chercherait alors au nord de Mon-Lichelia un endroit propice au gonflement, et son inslallation dans cet endroit constituerait la fin de la deuxième étape.

D'après ce qui a été dit plus haut des vents locaux en pays de montagne, et après consultation de la carte ci-jointe du Sikkim, on déduit que le vent de S.-W. embouque cette vallée du Rumman, et, se transformant forcément dans ce long couloir en vent du S., poussera l'aérostat vers les cimes voisines du Kintchindjinga.

Bien entendu, avant de faire partir l'aérostat portant les voyageurs, on aura eu le soin de s'assurer de la direction constante du vent du S.-S.-W. ou du S. en lâchant un certain nombre de petits ballons pilotes.

Tel serait le premier itinéraire qui pourrait être adopté en vue d'atteindre les sommets de l'Himalaya.

Examinons maintenant un second itinéraire destiné à atteindre, en partant de Djarjeeling, et par terre, les environs de la ville de Tumlong, sise au nord-est de Djarjeeling, et à environ 40 milles.

« Extrait des Proceedingt (oclolire 4892).

Ainsi qu'il a été indiqué précédemment, le convoi quitterait Djarjeeling, descendrait jusqu'au Great Rungeel River, qui serait franchi au Great Rungeet Bridge ; on emprunterait la rive gauche de cette rivière jusqu'à son confluent avec la Tista River, et on remonterait cette dernière vers le nord, sur sa rive droite; on franchirait enfin ce cours d'eau à un endroit propice vis-à-vis du lieu appelé Sinadom, sis en face de la ville de Tumlong ; de là on remontera la Tista sur sa rive gauche jusqu* un peu au delà du coude que forme cette rivière en face du mont Gnariam. En ce point pourrait être choisi le lieu du départ, car dans cette vallée de la Tista les vents du S.-W. ne sont contrariés en rien dans leur direction normale, les contreforts ayant tous des directions sensiblement parallèles à celle du S.-W.-N.-E., et l'aérostat sera porté par eux sur la chaîne qui va du Donkiah au Tchamalari et dont la hauteur est comprise entre 7,000 et 7,500 mètres.

De ce qui précède, on conclut que deux itinéraires s'offrent avec d'égales chances de réussite aux tentatives d'atteinte des hauts sommets de la partie de la chaîne himalayenne qui forme une sorte de ceinture de l'ouest à l'est, en passant par le nord, sur les frontières septentrionales du Sikkim.

La méthode à employer pour gravir, au moyen d'un aérostat, les pentes himalayennes, que cet aérostat s'élève de l'un ou l'autre des points de départ indiqués ci-dessus, sera la même dans ses lignes générales ; quant au matériel aérostatique à employer il sera identique dans l'un et l'autre cas. Nous étudierons, au chapitre 5, les itinéraires suivis en partant de chacun de ces points de départ, et en même temps nous ferons ressortir les légères différences, toutes de détail, qu'entraînent leurs parcours.

Lequel de ces points de départ doit être préféré ? A priori il est bien difficile de le savoir ; aussi, préconisons-nous une étude préalable de leurs avantages et de leurs inconvénients faite sur place Cette étude pourrait être exécutée au dernier moment et de la façon suivante :

Un peu avant que le convoi aérostatique n'arrive à Djarjeeling et pendant que les préparatifs dont nous parlons plus loin se feraient dans cette ville, des observateurs gagneraient les points de départ choisis et y étudieraient la direction des vents régnants et aussi la

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façon dont devra se comporter l'aérostat sous leur action. A cet efiet, toutes les fois qu'un courant réputé favorable régnerait, ils Lâcheraient des petits ballons pilotes convenablement disposés pour se délester automatiquement et suivre, par suite, une progression ascensionnelle peu différente de celle que suivra plus tard l'aérostat. L'observation de la route suivie par ces ballons pilotes leur donnera des renseignements certains sur Tissue des voyages futurs, et la comparaison des résultats obtenus pour chacun des points de départ choisis permettra de conclure lequel doit être définitivement préféré.

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