BALLONNET
L'existence d'un ballonnet à air, placé à l'intérieur du ballon contenant l'hydrogène, est utile à deux points de vue principaux, ainsi qu'il a été dit dans notre précédent ouvrage :
1® Le ballonnet à air empêche le ballon de se déformer;
2» Il rend très faible l'altitude maxima d'équilibre de l'aérostat.
Comme l'aérostat atteindra des régions montagneuses sises à plus de 7,000 mètres d'altitude, et qu'il pourrait se faire que, pour des causes accidentelles, le ballon soit entraîné dans l'atmosphère à des hauteurs dépassant 8,000 mètres, où la vie deviendrait difficile, sinon impossible, la présence d'un ballonnet h air est des plus importantes, et son rôle de modérateur est tout indiqué. En effet, si,
102 FLEUVES AÉRTBN8.
pour une cause quelconque, le câble de déroulement formant guiderope, venait à être séparé de Taérostat, on sait que l'aérostat dépasserait dans son ascension l'altitude h laquelle le gaz, en se dilatant, aura rempli toute la capacité du ballon; à partir de ce momenti le gaz sortirait par la manche d'appendice, jusqu'à ce que la force ascensionnelle du volume de gaz sorti soit égale à la force ascensionnelle en excédent-
Pour l'aérostat de 14 mètres qui nous occupe, cette altitude maxima pourrait être très supérieure à 8,000 mètres, et môme, dans les conditions les plus défavorables, atteindre 10,400 mètres. Régler une descente d'une pareille altitude nécessiterait la dépense d'une quantité de lest considérable, bien supérieure au poids de l'enveloppe du ballonnet. D'autre part, les aéronautes seraient exposés, à cette hauteur, à des malaises provenant de la dépression qui pourraient même entraîner leur mort.
Le ballonnet à air ayant pour effet de maintenir le ballon constamment plein, si une cause quelconque augmente la force ascensionnelle et que la manche du ballonnet soit fermée, le gaz sortira du ballon aussitôt que celui-ci commencera à monter, et l'altitude atteinte sera de très peu supérieure à la précédente.
Le ballonnet doit pouvoir contenir un volume d'air au moins égal au volume vide du ballon à 7,500 mètres (altitude-limite à laquelle nous avons vu que la vie est possible) une fois tout le lest et tout le câble jetés, ce qui est la condition la plus défavorable dont nous parlons plus haut.
Or, à 7,500 mètres d'altitude, la force ascensionnelle absolue de l'aérostat est de 4,970 kilogr. * environ, et le poids enlevé par le ballon au départ, diminué des poids du lest et du câble entier supposés jetés, ressort à 3,700 kilogrammes en chiffre rond. Par suite, l'excès de force ascensionnelle de l'aérostat, à cette altitude de 7,500 mètres, dans ces conditions les plus défavorables, serait de :
4,970 — 3,700 = 1270 kilogr.
A 7,600 mètres, le mètre cube de gaz a une force ascensionnelle égale aux 39 centièmes de sa force ascensionnelle au niveau de la
' Ce chiffre et ceux qui précèdent et suivent sont ceux du tableau ci-aprës du ebapitre V ou s'en déduisent ilirectement.
xuer. Par conséquent, le volume de gaz dont devrait se débarrasser le ballon pour ne pas dépasser l'altitude maximum de 7,500 mètres en cas d'accident serait de :
Le volume du ballonnet devrait donc être de 5,320 mètres cubes pour que, par le fait de son remplissage par de Tair, le volume de gaz restant dans le ballon à 7,500 mètres n'ait aucune force ascen Bionnelle excédente capable de l'entraîner plus haut.
Pig. 3.
Par un calcul semblable à celui qui a été fait dans notre précédent ouvrage (ballonnet), on en conclut qu'un ballonnet de 18 mètres de hauteur répond à la question {fig. 3).
Le poids du diaphragme en baudruche triple de ce ballonnet s'en déciuit facilement. Ce poids est 64 kilogr.
En admettant que le ballonnet ne soit pas constitué pour se remplir tout seul, et c'est le cas, et que la tranche d'équipression, c'està-dire le plan horizontal suivant lequel la pression du gaz du ballon est la môme que la pression de l'air extérieur, soit au niveau de la partie inférieure de la manche d'appendice, lorsque le ballonnet sera plein la partie supérieure du diaphragme sera à2x9 + i = 19 mètres de la tranche d'équi pression ; par suite, la pompe à air devra refouler l'air (et lorsqu'on sera à 2,000 mètres d'altitude) avec une
16i FLEUVES AÉRIENS.
prossion maxima de 158 grammes par décimètre carré, soit 0,0016 atmosphère environ.
La pompe à air pourra avoir un grand débit, puisque le travail absorbé par la compression de Tair dans le ballonnet est aussi faible. Elle pèsera 50 kilogr.