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SECONDE PARTIE DU VOYAGE DU PETIT BALLON

La seconde partie du voyage du petit ballon, de l'observatoire un point d'atterrissage final dans l'une des vallées du Thibet au nord de l'Himalaya, s'effectuera donc avec un guiderope de 200 mètres,

pesant 100 kilogr.,et avec un poids de lest minimum de 417 kilogr. Les parcours effectués par le petit ballon dans celte seconde partie de sa traversée différeront suivant qu'il partira de l'observatoire n<^ 1 ou de Tobservatoirc n® 2, mais tous deux s'effectueront porté par le contre-alizé (ou mousson du sud-ouest)*, plus ou moins dévié de sa route sur son parcours par la configuration des monts, si le polit ballon navigue au guide-rope.

Le trajet s'effectuera par beau temps et presque tout entier dans la journée, car Taérostat étant arrivé à l'observatoire entre onze heures et midi, et rembarquement des observateurs ayant pris au grand maximum deux heures, il repartira de l'observatoire avant trois heures après-midi et, comme on va le voir, la durée de son voyage n'excédera pas une dizaine d'heures.

Que le trajet s'e;técute entièrement au guide-rope, ou en partie au guide-rope et en partie en ascension libre, il s'effectuera dans les mêmes conditions que celui de Taérostat long-courrier de notre précédent ouvrage, naviguant en pays de montagne avec son petit guide-rope ou libre, et avec une dépense de lest de 15 kilogr. par heure, en moyenne, pendant la marche au guide-rope, et de 42 kilogr. par heure, en moyenne, pendant la marche en ascension libre*.

Durant le parcours de ces itinéraires, le temps, au beau fixe au départ à dix heures du matin, se maintiendra, tout le fait croire, au beau fixe; s'il n'en était pas ainsi le voyage du petit ballon serait compromis, il n'y a pas à en douter, et les aéronautes pourraient être forcés à un atterrissage prématuré dans les vallées du^rans- Himalaya avant d'avoir pu atteindre les vallées du Tsangbo ou de l'un de ses affluents, but de la seconde partie de ces voyages.

Itinéraire n» 1. (Voir notre carte des itinéraires dans l'Himalaya.) — Le petit ballon, parlant du massif du Kintchindjinga, descendrait ses pentes septentrionales poussé par le vent du sud-ouest qui, à la hauteur de 7,000 h 7,300 mètres, ne sera plus arrêté par la chaîne de Kangianama, laquelle a ù peu près cette altitude. Dans sa

' On a vu aux chapitres l" et II que ce vent souffle presque contiouellemcnt durant le semestre avril -octobre au nord de l'Himalaya-

' Voir notre précédent ouvrage : Lei aéiotlat» cl ^exploration du continent africain déjà cité.

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roule vers le nord-est il longerait le massif qui borde le Sikkim au nord-ouest et ne traverserait ce massif que dans sa partie nord, h 40 kilomètres environ de son point de départ.

Avant de rencontrer cette chaîne il passera au-dessus des Vallées qui séparent les contreforts du Kintchindjhaou, et, ces vallées faisant partie du Sikkim et même du bassin de la Tista, il est à prévoir qu'elles présenteront des facilités suffisantes pour le retour à Bjarjeeling, et les aéronautes y atterriraient h 15 ou 30 kilomètres de leur point de départ (robservatoire); soit après moins d'une: heure de navigation.

Si cependant la direction du vent est telle que Taérostat soit trop voisin des cimes dans ce parcours et ne passe pas franchement audessus des vallées, il devra aller chercher un lieu d'atterrissage propice au delh de ces monts.

Le versant septentrional des monts du Sikkim s'étend assez loin vers le Trans-Himalaya sur une largeur d'une vingtaine de kilomètres; l'aérostat n'arrivera donc au-dessus des hautes vallées qui séparent THimalaya du Xrans-Himalaya qu'à 60 kilomètres de son point de départ.

Vu la nature des montagnes traversées jusque-là, coupées de vallées dans lesquelles l'action du vent du sud-ouest doit être éteinte, il est probable que Taérostat sera obligé, malgré la dépense de lest plus grande qui en résultera, de faire près des deux tiers de ces 60 kilomètres en ascension libre pour se maintenir dans le courant du contre-alizé.

Il effectuerait donc celte traversée en 1 h, 3/4 environ et en dépensant un peu moins de 60 kilogr. de lest.

Dans la vallée haute qui sépare l'Himalaya du Trans-Himalaya, Taéroslat pourra sans doute reprendre la navigation au guide-rope assez rapidement, car il passera, sous l'action du vent du S.-W., par la large brèche de cette vallée, dans laquelle circule la rivière de Gyanzé, vallée orientée du S.-W. au N.-E.

A la hauteur de Gyanzé il aura parcouru de 75 à 80 nouveaux kilomètres, et, en admettant qu'il ait pu faire la presque totalité de celle route au guide-rope, il aura accompli ces 75 à 80 kilomètres en 3 heures et dépensé pour les faire 50 kilogr. de lest environ *.

' Les poids de lest dépense et les vitesses de Taérostat sont calculées en tenant compta

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II est possible qu^il passe assez près du bourg de Gyanzé pour pouvoir y atterrir. S'il n'en est pas ainsi, il continuera sa route dans la même vallée jusqu*à la chaîne secondaire du Trans-Himalaya parallèle à la rivière Tsangbo. Il fera ce parcours entièrement au guide-rope et atteindra la cime de cette chaîne, située à 60 kilomètres de Gyanzé, après 2 h. 1/2 de route, ayant dépensé 40 kilogr. de lest.

Au delà de cette chaîne, qui barre la route aux vents de S.-W.« il devra reprendre pendant quelques kilomètres la navigation libre et atteindra les bords de la grande rivière Tsangbo au guide-rope, 40 kilomètres plus loin, ayant effectué ce trajet en 1 h. 1/4 (dont la moitié du parcours en ascension libre) et dépensé pour le faire 32 kilogr. de lest environ.

La vallée du Tsangbo étant très peuplée, les aéronaulcs y atterriront, et de \^ se rapatrieront par voie de terre.

En admettant qu'ils aient été obligés de pousser leur voyage jusqu'à cette vallée, ils auraient parcouru 230 kilomètres, navigué en ascension libre pendant 2 heures et au guide-rope pendant 6 h. 1/2 (soit pendant 8 h. 1/2 au total) et dépensé 180 kilogr. de lest (soit les 43/100 environ de leur lest disponible).

Au point de vue aérostatique, l'itinéraire n» 1 est donc possible dans d'excellentes conditions de navigation.

Si la totalité des 230 kilomètres avait dû être parcourue en ascension libre pour se maintenir dans le courant du contre-alizé, la navigation eût duré de 6 h. 1/2 à 6 h. 3/4 seulement, et le lest dépensé eût été de 270 kilogr. environ. La navigation dans ces conditions eût donc encore été très avantageuse, puisque le lest dépensé n'eût pas atteint les 2/3 du lest disponible (de 417 kilogr.).

Partis à 3 heures de l'observatoire, les aéronautes atterriraient au plus tard entre 9 h. 1/2 et 11 h. 1/2 du soir.

Itinéraire n^ 2. (Voir notre carte des itinéraires dans THimalaya.) — Le petit ballon, partant de l'observatoire n^ 2, descendrait les pentes orientales de l'Himalaya qui, à cet endroit, rejoignent rapi-

du nombre de quarts d'heure pendant lesquels il navigue en ascension libre ou au guiderope, et d'après les chiiïrcs donnes plus haut pour ces vitesses et dépenses de lest pour chacun de ces genres de navigation, chtflTres déduits des analyses faites dans notre précédent ouvrage.

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dément la haute vallée située entre rilimalaya et le Trans-Himalaya. La présence de la haute chaîne qu'il laissera derrière lui et qui barre la route du contre- alizé le forcera vraisemblablement à naviguer en ascension libre pendant une cinquantaine de kilomètres, parcours qu'il effectuerait dès lors en 1 h. 1/4 ou 1 h. 1/2, avec une dépense de lest d*une soixantaine de kilogrammes au maximum.

Parvenu en ce point, l'aérostat descendrait des pentes douces jusqu'à la rivière Tsangbo en traversant le lac Palli, et toute cette dernière partie de son parcours, d'une longueur de 190 kilomètres, effectuée presque totalement au guide-rope, vu la nature du plateau qui, dans cette direction du N.-E., ne présente aucun relief sérieux, serait exécutée en 8 heures environ, avec une dépense de lest qui ne dépasserait pas 120 kilogr.

Dans la vallée du Tsangbo, les aéi*onautes atterriraient près de la ville de Samaye, d'où il leur serait facile de se rapatrier par terre. .

Ils auraient parcouru, au cours de ce 2« itinéraire, une distance de 240 kilomètres environ, navigué en ascension libre pendant 1 h. 1/2 et au guide-rope pendant 8 heures (soit au total pendant 9 h. 1/2) et dépensé moins de 180 kilogr. de lest (soit moins des 43/100 de leur lest disponible).

Au point de vue aérostatique, l'itinéraire n^ 2 est donc possible dans d'excellentes conditions de navigation.

Si, ce qui est peu admissible vu la nature des plateaux traversés, la totalité des 240 kilomètres avait dû être parcourue en ascension libre pour se maintenir dans le courant du contre-alizé, la navigation eût duré de 6 h. 3/4 h 7 heures, et le lest dépensé eût été de 280 kilogr. environ.

La navigation dans ces conditions eût donc encore été très avantageuse, puisque le lest dépensé eût à peine atteint les 2/3 du lest disponible.

Partis à 3 heures de l'observatoire, les aéronautes eussent atterri au plus tard entre 10 heures du soir et minuit 1/2.

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