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ici? À moins qu'on ne m'’ait trompé sur la nature du sol, la ferme rapportera toujours assez pour nous payer de nos peines : c’est tout ce que je demande pour la première année,
Un cultivateur belge, arrivé ici avec moi, occupe une ferme que j'ai achetée pour un capitaliste de notre pays. J'ai pris cette ferme à bail et j'ai payé tous les frais d'installation du fermier. C'est un essai que je veux faire. Et maintenant, à la grâce de Dieu!
Vous me parlez d'autres personnes qui voudraient s'expatrier en même temps que vous...
Souvent les Européens se font une idée bien fausse du Canada et des autres pays ouverts à l'émigration. Ils s’imaginent que les habitants de ces pays ne sauraient vivre sans le secours des étrangers et n'oseraient rien entreprend. : sans recourir à leurs lumières. Ceux qui arrivent ici peuvent bientôt se convaincre que les Canadiens ont pris leur large part des conquêtes modernes, bien entendu sur le terrain pacifique de la science, du commerce, de l'industrie et de l’agriculture. Les Européens qui comptent, pour réussir, sur leur seule qualité d'étrangers, et non sur leur énergie e‘ leur persévérance,
peuvent s'attendre à d’amères déceptions.
En général, je ne conseille le voyage ni aux artisans, ni aux marchands, ni aux artistes, ni aux buralistes, ni aux littérateurs.
A quelques exceptions près, dont je parlerai dans une prochaine lettre, les cultivateurs, ou, pour mieux dire, certains cultivateurs, peuvent seuls réussir.
Quels sont ces cultivateurs ?
Ceux qui possèderont, arrivés ici, au moins trois mille francs. A certains colons il faut une somme beaucoup plus grande : l'argent n’est pas la question principale. Il y a des cultivateurs-défricheurs canadiens qui se tire-
raient parfaitement d'affaire avec une cinquantaine de piastres, soit avec environ deux cent cinquante francs.
On gagne ici plus d'argent que chez nous, mais on travaille davantage.
L'hiver du Canada ne saurait être comparé à l'hiver de nos climats; il est beaucoup plus rigoureux et dure plus longtemps. Les gens frileux ne sauraient s’y habituer. Pendant la saison des neiges, le cultivateur canadien ne chôme pas : à l’aide de traineaux il transporte le bois de chauffage et double ainsi ses revenus.
La belle saison est très courte ici : il n’y a donc jamais de temps à perdre dès qu'on a pu commencer les travaux des champs.
ela vous paraît assez dur, n'est-ce pas? Mais travaille-t-on beaucoup moins en Belgique et peut-on y compter sur le même salaire ?
Certains Européens trouveront qu'on ne s'amuse pas beaucoup ici. En effet, sauf les fêtes nationales, on voit au Canada peu de ces réjouissances publiques dont on a l'habitude d'user et d’abuser en Europe et surtout en Belgique, et qui épuisent si bien la caisse de l'Etat, des communes et des particuliers.
Nous passons le dimanche sans dépenser de l'argent et sans nuire à notre santé. Nous faisons de longues promenades en voiture ou en traineau selon la saison ou à cheval. Ou bien, nous parcourons la forêt, le fusil sur l'épaule, abattant quelquefois du gibier et le plus souvent revenant bredouille, car le gibier commence à se faire rare dans les contrées trop peuplées. Nous pêchons ou nous jouons aux cartes près d'un grand feu de branches de sapins que nous aïllumons pour chasser les
. moucherons.
Dites surtout aux ouvriers qui vous ont prié de m'écrire, que je ne leur conseille pas le voyage, à moins
qu'ils n'y soient invités par quelqu'un d'ici qui leur assure de la besogne. Ils ne gagneront jamais, dès le commencement, le plein salaire, car ils devront, si adroits et si énergiques qu'ils puissent être, faire un apprentissage de quelques mois. En tout cas, mème lorsqu'ils ont quelqu'un ici qui s'intéresse à eux, qu'ils ne se mettent pas en route s'ils ne possèdent au moins cinq ou six cents francs. Ceux qui viendraient ici à la grâce de Dieu, sans besogne assurée et sans ressources pécunières, S'exposeraient aux plus cruelles déceptions. Qu'ils se le tiennent pour dit.
Vous voyez, mon cher ami, que je suis loin de vous engager à partir. Cela prouve-t-il que je regrette d'être venu ici? Pas le moins du monde; mais comme le succès dépend beaucoup plus du caractère et des aptitudes du Colon que des moyens pécuniers dont il dispose, je combattrai toujours le trop grand enthousiasme de mes correspondants, et je serai mème plus prudent avec mes amis qu'avec les étrangers.
P. S. — Ne pourriez-vous pas, dans votre prochaine lettre, m'envoyer une couple de bons chevaux de labour? Je voudrais voir introduire au Canada quelques échantillons de la race chevaline belge.
Sherbrooke, 20 juin 1883,
A MM. L. et B. à M**
Vous me demandez si vous feriez bien de venir ici, et vous ajoutez que vous êtes célibataires et que vous disposez de quelques milliers de francs.
En principe, je ne conseilie pas aux célibataires de s'expatrier. Je m'abstiens aussi très soigneusement de prendre la moindre responsabilité, mon trop grand empressement à âccueillir ici mes compatriotes m'ayant attiré à différentes reprises de sérieux désagréments.
Vous pourriez certainement réussir ici; vous êtes jeunes et vigoureux, fils de cultivateurs et désireux de vous tirer d'affaire par le travail, si rude qu'il puisse être, surtout au commencement.
Si vous tenez absolument à faire le voyage, voici comment je vous conseille d'agir. Laissez votre argent en Belgique, sauf un bon millier de francs, adressezvous à M. Richard Berns, Avenue du Commerce, 132, à Anvers, et prévenez-moi du jour de votre arrivée. Nous tacherons de vous placer chez un bon fermier canadien, vous ferez votre apprentissage et vous achèterez une terre l'an prochain, c’est-à-dire quand vous serez bien acclimaté. Ou bien, vous n'achèterez rien et vous retournerez en Belgique, dans le cas où le Canada ne vous plairait pas. De cette manière vous aurez fait un essai
qui ne vous aura pas coûté trop cher, el vous aurez vu du pays, ce qui est toujours plus ou moins utile,
En tout cas, n’achetez pas de propriété sans avoir étudié soigneusement la contrée et ses ressources.
Vous me demandez ce que vous pouvez croire des brochures qui vous ont été envoyées soit par moi, soit par des agents de colonisation.
Je n'irai certainement pas vous dire que j'ai menti dans les miennes, j'ai été très sincère dans tout ce que j'ai dit.
Quant aux brochures officielles, je puis vous garantir que le Gouvernement canadien exige de ses agents la plus grande exactitude dans la description des localités, dans l'évaluation des terres à vendre, des produits, des récoltes, etc. Cependant ces brochures étant écrites pour la plupart au point de vue canadien et par des hommes qui ne connaissent pas les Européens, je répéterai à votre intention le conseil que me donnait il y a deux ans un Evêque des Etats-Unis : « Pas de poésie! »
Après chaque promesse des brochures, il faut bien vous dire que le colon doit mériter par son travail, par * son économie et sa bonne conduite les résultats promis.
Il faut ici beaucoup d'énergie et de persévérance.
C'est surtout dans les commencements que les colons belges et français se découragent facilement, principalement ceux qui commettent l’imprudence de s'établir en pleine forêt sans avoir passé au moins une couple d'années dans une contrée où la population plus ou moins compacte a pu leur permettre de se créer quelques bonnes relations et d'apprendre, sans trop de peines, de fatigues et de privations, le rude métier de bûcherondéfricheur.
Bref, si vous tenez à faire le voyage, venez, on ne vous mangera pas, soyez tranquilles. Parcourezle pays,
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Je voudrais voir introduire au Canada qu
Canada quékchantillons de la race chevaline belge,
voyez, jugez par vous-mêmes et établissez-vous définitivement l'année prochaine, pas plus tôt. Méfiez-vous des acquisitions précipitées : elles ont perdu plus de colons que tout le reste. Donc, pas de précipitation; si une occasion vous paraît bonne dès les premiers jours de votre arrivée, plus tard vous en rencontrerez de meilleures.
A propos de vêtements, achetez quelques bons calecons, des gilets de flanelle et une douzaine de paires de bons bas. J'ajoute à ma lettre la carte d'adresse d’un ami de Bruxelles qui vous procurera tout ce qu'il vous faut de ce genre : il sait ce qui convient le mieux pour ce climat. Un ou deux costumes de bon velours gris vous seront aussi très utiles. Pour le reste, vous ne payerez pas plus cher ici qu'en Belgique.
Mais, encore une fois, je ne vous conseille le voyage que dans le cas où vous vous sentiez assez d'énergie pour endurer bravement les privations, les fatigues et les contrariétés qui attendent au début tous les émigrants. Puis, de même que je ne vous demande rien pour les conseils que je vous donne et pour les petits services que je pourrai peut-être vous rendre, je ne m'engage absolument à rien, je ne prends aucune responsabilité. Je le dis dans la petite brochure que je vous ai envoyée, et je m'y tiendrai.
Sherbrooke, 28 juillet 1883,
A M. ‘** Professeur à T...
Votre lettre est charmante, cependant je lui trouve un grand défaut : elle me parle à peine de vous-même. Vous êtes toujours le même brave cœur : c'est pour les autres que vous m'écrivez et que vous recourez à mes... lumières. Je ferai de mon mieux pour vous éclairer.
On voit bien que vous avez l'habitude d'enseigner méthodiquement. Vous me posez huit questions numérotées, auxquelles je vais répondre le plus brièvement et le plus clairement possible.
Avant tout, je vous dirai qu'en principe je ne conseille pas — absolument pas — l'émigration au Canada à ceux qui ne sont pas cultivateurs et qui ne possèdent pas la somme nécessaire pour acheter une ferme et ce qu'il faut pour l'exploiter. Ensuite, je vous réponds comme si votre protégé était déjà en route, c'est-à-dire que jamais il n'aura le droit de dire que je l’ai engagé à faire le voyage. Je veux être l'ami des colons, mais pas leur père-nourricier.
Maintenant, je commence.
1° Un jeune homme courageux, qui n'a pas peur du travail, peut-il partir avec LA CERTITUDE d'acquérir au bout d'un certain temps une position, si pas brillante, au moins convenable?
RÉPONSE, — Une pareille question ferait reculer los plus braves, La certitude!... Mais, mon cher ami, rien ici-bas n'est certain; vous devriez le savoir, vous qui donnez des lecons de philosophie, Vous dites que votre ami n’a pas peur du travail, De quel travail parlez-vous? On doit compter fort peu ici sur les talents, sur l'instruction; on peut #availler dans une usine ou chez les cultivateurs, L'apprentissage est souvent très rude. On se fait rarement une position par le mariage, car les Canadiennes, aussi bien que les demoiselles de notre pays, veulent connaître le pr'ésent avant d'accepter le futur.
20 En débutant au Canada, que peut-il y gagner?
RÉPONSE. — S'il connaît un métier et s’il trouve une place, une vingtaine de piastres par mois et la nourriture. (La piastre vaut fr. 5,25.) S'il travaille dans une usine ou chez un fermier, de quatre à dix piastres par mois et la nourriture. Je vous dirai cependant que jamais un valet de ferme canadien ne se contenterait d'un pareil salaire : celui qui sait labourer demandera au moins vingt piastres par mois. Seulement on a l'habitude de ne les engager que pour un terme très court: le reste du temps ils travaillent dans la forêt où ils gagnent facilement vingt piastres par mois, logement et nourriture. Jamais on ne payera un pareil salaire aux étrangers qui n'ont pas fait d'apprentissage.
3° Quel est le prix du voyage de Bruæelles au Canada?
RÉPONSE. — De 120 à 500 francs. Les places à 120 francs (à l'entrepont) ne sont pas trop confortables; cependant on peut très bien s’en contenter.
4° Mon ami aurait l'intention de partir avec un ou deux autres jeunes gens. Peut-il le faire? Entre parenthèses, l'un de ces jeunes gens est Allemand, be
RÉPONSE. — Les conditions sont les mêmes pour tout le monde. Si les jeunes gens sont des fils de cultivateurs et s'ils ont chacun au moins cinq ou six cents francs, ils peuvent risquer le voyage. A eux trois, s'ils se soutiennent mutuellement, ils se tireront probablement d'affaire. Je connais, pas loin de Montreal, cinq jeunes Savoyards, qui sont en train de se faire une bonne bourse: ils ont l'intention d'acheter une ferme dans une couple d'années,
5° Il me demande aussi s'il convient ou ne convient pas qu'il se marie avant le départ?
RÉPONSE. — Je n'ai jamais pratiqué l'art de tirer les cartes ou de lire dans la main. Si je devais absoiument donner un conseil à votre ami, je lui dirais: « Commencez par vous faire une position, et mariez-vous après... si le cœur vous en dit. »
Go — Quel est le prix du terrain dans ce pays?
RÉPONSE. — De rien à 500 francs de l'hectare, et plus. Les terres de la Couronne, que l’on obtient gratuitement, ne conviennent pas aux Européens. Elles sont trop éloignées des grands centres et des voies de communication. On doit acheter une partie de terre d'au moins cinquantes acres (20 hectares) avec un petit lot défriché et des bâtiments. Une pareille propriété coûte de 400 à 1,000 piastres selon qu'elle est plus ou moins éloignée d'un centre. Près d'une grande ville, elle peut valoir de 2 à 4,000 piastres. Mais il est très dangereux
d'acheter une propriété dès les premiers jours; il faut commencer par faire un apprentissage d'au moins une année,
7° Faut-il acheter des habillements en Belgique ou au Canada?
RÉPONSE. — Objets en flanelle, laine et laine tricotée, en Belgique, le reste ici.
8° Est-il nécessaire de transporter des ustensiles de travail et lesquels?
RÉPONSE. — Il est inutile d'en acheter pour les apporter ici, car on peut trouver au Canada lout ce qu'il faut pour tous les métiers, Cependant si vos amis ont des outils, qu'ils les emballent, cela vaut toujours quelque chose,
Voilà, mon cher ami, des réponses sans façon, mais sincères. Pour finir, je vous dirai ce que j'écris à tous mes correspondants : je travaille ro Deo; jamais je ne demanderai rien aux émigrants, mais je ne veux pas nonplus qu'ils viennent m'ennuyer s'ils ne réussissent pas. Pour plus amples informations, vous pouvez vous adresser au ministère de l'agriculture à Québec ou à Ottawa ; la réponse ne se fera pas attendre.
Vous me dites que vous allez bientôt vous marier; je vous souhaite bonheur et prospérité. Pour votre voyage de noces, vous pourriez venir au Canada; inutile de vous dire que, dans ce cas, je vous invite au diner.
Si je vais encore en Belgique l'an prochain, j'irai vous demander une couple de vos belles grosses poules. En retour, je vous offrirai une bonne brique de sucre d'érable,
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Sherbrooke, 15 octobre 1883,
À M. L., cultivateur à v.
Monsieur,
Vous m'écrivez que vous pouvez disposer d'une somme de 35 à 40,000 francs, et vous me demandez :
1° Si je vous conseille de vous établir au Canada :
2° Si vous devez sacrifier votre capital tout entier à l'achat et à l'exploitation d'une ferme ;
3° Si vous pouvez espérer qu’au bout de quelques an-
nées vous aurez amassé une bonne fortune.
Vous ajoutez que vous ne manquerez pas de m'offi un bon jambon si le résultat répond à nos espérances,
Je tâcherai de répondre d'une manière Satisfaisante
aux questions que vous me Posez; ne Croyez pas cependant que votre promesse soit capable de me tourner la tête. Au contraire, je serai plus prudent que jamais afin de ne pas m'exposer à changer le jambon en... reproches amers,
Je ne vous conseille pas plus de venir au Canada que d'aller ailleurs ou de rester en Belgique. Pourquoi iraisje prendre une responsabilité aussi grande, d'autant plus que je n’ai pas l'honneur de vous Connaitre. Si vous venez ici d'après mes conseils et si vous réussissez com-
ir
plètement dans toutes vos entreprises, j'aurai gagné un jambon et des remerciements; mais si vous ne réussissez pas ?..…..
Car, sachez-le bien, Monsieur, ce ne sont pas vos milliers de francs qui vous feront réussir ici; vous pourriez obtenir le meilleur résultat avec une somme beaucoup plus petite, comme vous pourriez manger en peu de temps toute votre fortune. Cela dépend de vous-même, de votre famille et de vos aptitudes; ne vous connaissant pas, il me serait impossible de prédire ce qui vous attend ici.
Je dirai seulement que vous possédez assez d'argent pour assurer l'avenir d'au moins dix familles de-cultivateurs-bûcherons canadiens.
Vous dites aussi que vous avez six enfants. S'ils sont petits, ils sont incapables de vous rendre le moindre service; s'ils sont grands, vous devriez au inoins me faire savoir s'ils sont bons travailleurs et si vous pouvez compter sur eux. C'est là une question très importante. Vos fils s'occupent-ils volontiers des travaux de la campagne ? Vos filles sont-elles bonnes ménagères ?
Si vous devez recourir aux bras étrangers pour les labours, les semailles, l'entretien du bétail, la moisson, vous avez perdu avant de jouer. Un ménage nombreux dont tous les membres se rendent utiles, ne saurait manque’ de prospérer ici.
Maintenant, causons en bons amis : le style familier de votre lettre m'autorise à vous faire cette proposition.
Supposons que vous soyez-là, devant moi, dans mon petit cabinet de travail, Vous me tenez à peu près ce langage : « Monsieur, je viens d'arriver au Canada et m2 première visite est pous vous... J'ai sur moi de 35 à 40,000 francs. Ma famille est venue avec moi, elle attend à l'hôtel; que me conseillez-vous de faire? »
Je vous répondrais comme suit :
— Monsieur, vous avez eu tort de vous mettre er route avec votre famille, sans savoir où vous établir. Si vous étiez seul, je vous donnerais le conseil de porter votre argent à la banque et ,de passer au moins six semaines à visiter le pays pour chercher le meilleur emplacement ; aujourd'hui cela est impossible, car vous mangeriez à l'hôtel la moitié de votre fortune. Vous voilà donc forcé d'acheter au plus vite, ce qui n'est jamais avantageux, surtout dans ce pays. Si vous ne travaillez que pour vous-même, achetez une propriété peu éloignée de la ville; vous la payerez cher, mais elle vous donnera des revenus immédiats. Vous aurez, pour cette acquisition, besoin de toute votre fortune. Si, au contraire, vous songez à l'avenir de vos enfants, établissez-vous à une bonne lieue d'un grand centre ; achetez une propriété d'au moins cent acres (ou 40 hectares) en partie défrichée, avec une maison d'habitation, une grange, une écurie et une étable. Quand votre fils ainé sera capable de se tirer d'affaire sans votre concours, vous lui achèterez une propriété pareille; vous en ferez autant pour le second, et ainsi de suite. Si le bon Dieu vous prête une longue vie et beaucoup de petits-enfants, vous pourrez devenir le chef d'un grand village. Vous ne seriez pas le premier. J'ai vu les petits-enfants d'un colon français qui a placé ses douze fils, leur laissant à chacun deux cents acres de bonnes terres. Il est vrai qu'il était arrivé au bon temps : aujourd'hui cela est encore possible, mais ce n’est plus si facile.
Vous vous arrêtez à ma seconde proposition, vous choisissez l'établissement à une bonne lieue de la ville. Vous achetez une propriété passablement bien bâtie, trois hectares de terre labourable à la charrue, six hectares de prairies à foin, deux hectares de pacage et
‘une trentaine d'hectares en bois debout. En tout cent acres. Cette propriété vous coûtera environ huit mille
francs, plutôt moins que plus, ci . . . fr. 8,000,00 Vous achetez encore :
2 chevaux. ,. . . . . . . . . » 1,000,00 4 VAONEB . .. , . . OO . , !, » 700,00 MIDOROME = à T6 9 80,00 Des poules, . , + . , , . , , » 50,00 Mobilier . : . . . . . . . ,. » 750,00 Voitures, harnais, instruments de la-