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a la prétention de faire passer pour un journal, Tout ce monde est nu pieds... à moins qu'on ne regarde pour une chaussure une couche épaisse de boue et de poussière.
L'Hôtel Mildenstein est encombré. Une vingtaine de familles danoises, norvégiennes et suédoises viennent de l'envahir. Deux femmes se promènent au milieu de la cour portant, dans d'énormes paniers en forme de berceaux, leurs derniers nés qui crient de la belle façon. Il y a là au moins une vingtaine de femmes qui vont rejoindre leurs maris dans le nouveau pays. Comme elles ont chacune en moyenne une bonne demi douzaine d'enfants, pas n'est besoin de dire que ce petit monde fait un tapage étourdissant,
Nous installons le mieux possible nos effets et nous nous apprêtons à partir pour faire un tour en ville, lorsque les deux braves Allemands, nos compagnons de voyage à bord du Wakefield, se jettent dans nos bras. Ils avaient appris, Dieu sait comment, que nous étions à l'hôtel Mildenstein, et ils ne voulaient pas nous laisser partir sans nous souhaiter un bon voyage. Quant à eux, ils devaient partir le vendredi, à bord du City of Rome, de l’'Inman Line.
Les Allemands semblent créés pour l’émigration. Pendant que nous courions après nos bagages dans la gare de Liverpool, et que nous perdions la tète parce qu’un tas de choses manquaïient à l'appel, les hommes du Nord débouclaient paisiblement leurs valises, en tiraient des provisions énormes de pain, de saucisson et de cornichons, distribuaient tout cela aux femmes et aux enfants, sans se presser le moins du monde; puis, tout en mangeant eux-mêmes une croûte sur le pouce, ils retrouvaient leur bien, le classaient et le préparaient pour le grand voyage.
Nos deux compagnons semblaient connaitre la ville
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