‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 11 sur 179 · FIN DU VOYAGE DE LA PÉROUSE · texte numérisé non relu

FIN DU VOYAGE DE LA PÉROUSE

Si La Pérouse venait de naufrager sur les récifs inhospitaliers de l’île de Vanikoro,dans le Grand-Océan, Marion avait été, dix ans auparavant , dévoré par les cannibales de la Nouvelle-Zélande. Nous donnerons seulement quelques traits de la relation de ce navigateur, qui avait eu pour mission de reconduire à Taïti le jeune Indien que Bougainville avait amené en France, et que la petite vérole fit mourir à l'île Bourbon.

Le capitaine Marion, ayant deux vaisseaux sous ses ordres, avec la mission de chercher de nouvelles terres dans la mer du Sud, fit voile pour le cap de Bonne- Espérance, d'où il se dirigea vers le sud, et ne découvrit rien jusqu'au 7 janvier 1772, où la latitude observée lui indiqua qu'il était dans le parallèle des îles de Marse-Veen et Dina de Van-Kelen. Le lendemain il vit un grand nombre de goëlettes. La vue de ces oiseaux fit présumer qu'on n'était pas fort éloigné de ces Îles, et que c’'étaient peut-être les terres découvertes par Gonneville en 1503 ; mais on n'’aperçut rien. La latitude observée était de 45 degrés 43 minutes, et la longitude de 28 degrés 46 minutes à l’est du méridien de Paris.

Quoique le mois de janvier, dans l'hémisphère austral, réponde au mois de juillet de l'hémisphère boréal, l'équipage ressentit un froid violent, et il tomba beaucoup de neige.

On vogua toujours vers le sud, et le 24 janvier on vit de nouvelles terres qui parurent d'abord former deux îles, et qu'un brouillard déroba ensuite. Leur latitude était par 46 degrés 5 minutes sud, et leur longitude par 42 degrés est. Marion les nomma les iles Froides , parce qu’alors il faisait très froid.

On découvrit une autre île au sud-est, qui parut beaucoup plus élevée et plus montueuse que la première, mais plus petite : Marion la nomma {le Aride. Elle est à neuf lieues environ de la première , äont le capitaine fit prendre possession en Jui imposant le nom de Prise de possession. La latitude était par 46 degrés 30 minutes , et la longitude par 43 degrés est.

En partant de l'île de la Prise de possession, la route futconstamment par le parallèle de 46 à 47 degrés de latitude sud. Le 2 février on se trouva par 47 degrés20 minutes latitude sud, et par 62 longitude est, c’est-à-dire 1 degré 48 minutes au nord des terres australes découvertes plus tard par deux autres navires français. Le 10, on observa 45 degrés 30 minutes de latitude sud, el 80 degrés 30 minutes longitude est. On changea de roule et l'on alleignit la terre-de Van-Diémen. On mouilla dans une baie nommée par Abel Tasman baie de Frédéric-Henri, laquelle, selon ce navigateur, est par 43 degrés 10 minutes latitude sud.

On demeura six jours dans la baie de Henri, sans avoir pu trouver d'eau douce ni le bois nécessaire à la réparation d'un bâtiment : on fit donc voile pour la Nouvelle-Zélande, où l'on atterra le 24 février, près d'une côte surmontée d'un pic , que Marion appela le pic Mascarin, du nom du vaisseau qu’il montait. Ce pie est situé par 39 degrés 6 minutes latitude sud, et 164 degrés longitude est. On mouilla dans un port (1)

(1) Ce port à été nommé par Cook le port des Iles. A. M.

assez commode, dans la partie septentrionale, nommé par Jes naturels Eakenomaouci.

Peu de jours après, dans ce port, le capitaine Marion fit diverses courses le long des côtes, et même dans l'intérieur du pays, pour chercher des arbres propres à faire des mâts pour le vaisseau le Castries ; des sauvages l’accompagnaient partout. Le 23 mai M. Marion trouva une forêt de cèdres magnifiques, deux lieues dans l'intérieur des terres, et à portée d'une baie éloignée d'environ une lieue et demie de nos vaisseaux. Laissons maintenant parler l'auteur de la relation.

Les sauvages élaient toujours parmi nous dans ces différents postes etsur nos deux vaisseaux ; ils nous fournissaient, en échange de elous, du poisson, des cailles, des pigeons ramiers, des canards sauvages ; ils mangeaient avec nos matelots ; ils les aidaient dans leurs travaux , el toutes les fois qu’ils mettaient la main à l'œuvre, on s’en apercevait bien, car ils sont prodigieusement forts, et leur aide soulageait beaucoup nos équipages.

Nos jeunes gens, attirés par les caresses et par la facilité de leurs filles, parçouraient tous les jours les villages, faisaient même des courses dans les terres pour aller à la chasse des canards, emmenant avee eux des sauvages qui les portaient dans les marais et aux passages des rivières, avec la même facilité qu'un homme fort porterait un enfant, I leur est arrivé quelquefois de s’écarter fort loin, de parvenir chez des sauvages d'un autre canton, d'y trouver des villages hbeaucoup plus considérables que ceux qui étaient dans notre port, Ils y ont trouvé des hommes plus blanes qui les ont bien recus, et sont revenus pendant la nuit, au travers des forêts, accompagnés d'une troupe de sauvages, qui les portaient lorsqu'ils étaient fa: tigués.

Malgré ces preuves d'amitié de la part des sauvages, nous étions un peu sur nos gardes, et nos bateaux n’allaient jamais à terre que bien armés; nous ne laissions pas aborder nos vaisseaux par les sauvagés avec leurs armes, Mais enfin la confiance s'établit au point que M. Marion ordonna de désarmer les chaloupes et les canots lorsqu'ils iraient à terre. Je fis tout ce qui dépendit de moi (c'est M. Rochon qui parle) pour faire rétracter cet ordre ; et malgré les caresses des sauvages , je n'oubliais jamais que notre devancier, Abel Tasman, avait nommé baïe des Meurtriers celle où il avait atterré dans la Nouvelle-Zélande. Nousignorions que M. Cook l'eût visitée et reconnue tout entière;

nous ignorions qu'il y avait trouvé des anthropophages,

et qu'il avait failli être tué dans le même port où nous étions mouillés.

M. Marion, parvenu à la plus grande séeurité , faisait son bonheur de vivre au milieu de ces sauvages. Quand il était dans le vaisseau , la chambre du conseil en était toujours pleine ; illes caressait , et à l'aide du vocabulaire de Taïti, il tâchait de se faire entendre d'eux ; illes comblait de présents. Deleur côté, ils connaissaient parfaitementM Marion pour lechef des deux vaisseaux ; ils savaient qu'il aimait le turbot, et tous les jours ils lui en apportaient de fort beaux. Dès qu'il témoignait désirer quelque chose il les trouvait toujours à ses ordres. Lorsqu'il allait à terre, tous l'accompagnaient avee un air de fête et des démonstrations de joie : les femmes, les filles, les enfants même, venaient lui faire des caresses : tous l'appelaient par son nom.

Le nommé Tacoury, chefdu village du pays, lui avait amené sur le vaisseau son fils âgé d'environ quatorze ans, qu'il paraissait aimer beaucoup, et l'avait laissé passer la nuit dansle vaisseau.

Nous étions si familiers avec cessauvages, que presque tous les officiers avaient parmi eux des amis particuliers qui l°s servaient et les aceompagnaient par-

tout. Si nous étions partis dans ce temps-là, nous eussions apporté en Europe l'idée la plus avantageuse de ces insulaires; nous les eussions peints dans nos relations comme le peuple le plus affable, le plus humain, le plus hospitalier qui existât sur la terre; mais nous eussiops élé bien dans l'erreur.

M. Marion avait fait des courses très éloignées dans son canot, et avait visité différentes baies habitées par d'autres sauvages, qui tous l'avaient bien aceueilli, Eafin, le 42 juin, à deux heures après midi, il descendit à terre dans son canot, armé de douze hommes, emmenant avec lui deux jeunes officiers volontaires et le Capitaine d'armes du vaisseau, en lout dix-sept pêrsonnes, Le chef Tacoury, un autre chef de cinq ou six sauvages, qui étaient sur le vaisseau, accompagnèrent M. Marion , dont le projet était d'aller manger des huîtres, et donner un coup de filet au pied du village de Tacoury.

Le soir M. Marion ne revint point, à son ordinaire, coucher à bord du vaisseau: on ne vitreverir personne du canot. On n’en fut pas inquiet: Ja confiance dans l'hospitalité des sauvages était si bien établie parmi nous, qu'on ne se défiait point d'eux.

Lelendemain, 13 juin , le vaisseau le Castries envoya sa chaloupe faire de l’eau et du bois. On aperçut à la mer un homme qui nageail : on lui envoya aussitôt du secours, Cet homme était un des chaloupiers quis'était sauvé seul du massacre de tous ses camarades assommés par les sauvages ; il avait deux coups de lance dans le côté, et était fort maltraité,

I raconta que, lorsque la chaloupe alait aborder la terre le matin, les sauvages s'étaient présentés au rivage, sans armes, avec leurs démonstrations ordinaires d'amitié ; qu'ils avaient même, suivant leur coutume, porté sur les épaules, de la chaloupe au rivage, les matelots qui avaient craintdese mouiller; qu'ils s'étaient montrés à l'ordinaire bons camarades ; mais que les matelots s étaient tous séparés les uns des autres pour ramasser chacun leur paquet de bois ; qu'alors les sauvages, armés de casse-tête, de massues et de lances, s'étaient jetés avec fureur, par troupes de huit ou dix, sur chaque matelot, et les avaient massacrés ; que lui, n'ayant affaire qu'à deux ou trois sauvages, s'était d'abord défendu , et avait recu deux coups de lance; mais que, voyant venir à lui d'autres sauvages, et se trouvant plus près du bord de la mer, il s'était enfui et caché dans les broussailles ; que là il avait vu tuer ses camarades; que les sauvages”, après les avoir lués , les avaient dépouillés, leur avaient ouvert le ventre, et commencçaient à les hächer en morceaux lorsqu'il avait pris le parti de tenter de gagner un des vaisseaux à la nage.

Après un rapport aussi affreux, on ne douta plus que M. Marion et ses seize hommes du canot, dont on n'avait aucune nouvelle, n'eussent éprouvé la même fin que les onze de la chaloupe.

Les officiers qui restaient à bord des deux vaisseaux

S'assemblèrent pour aviser aux moyens de sauver les

trois postes que nous avions à terre.

On expédia aussilôt la chaloupe du Mascarin , bien armée, avec un officier et un détachement de soldats commandés par un sergent, On découvrit en chemin la chaloupe du Castries et le canot de M. Marion échouant ensemble sous le village de Tacoury, et entourés de sauvages armés de haches, sabres et fusils, qu'ils avaient pris dans les deux bateaux après avoir égorgé nos gens.

L'ofticier, pour ne rien compromettre, ne s’arrèla pas à cetendroit, où il aurait pu facilement dissiper les sauvages et reprendre les bateaux; il craignait de ne pas arriver à temps au poste de la mâture destinée à réparer le vaisseau le Castries. I se conforma à l'ordre qu'il avait reçu d'y porter promplement du secours,

avec l'avis des événements tragiques de la veille et du matin.

Je fis aussitôt cesser les travaux, rassembler les armes, je fis charger les fusils el partager entre les matelots tout ce qu'ils pouvaient emporter; je fis faire un trou dansgine de nos baraques pour enterrer le reste; je fis ensuite abattre la baraque , et donner ordre d'y mettre le feu pour cacher sous les cendres le peu d'outils et d'ustensiles que j'avais fait enterrer, faute de pouvoir les emporter.

Nos gens ne savaient rien des malheurs arrivés à M. Marion et à leurs camarades: j'avais besoin , pour nous tirer d'embarràs, qu'ils conservassent leur tête : j'étais entouré de sauvages armés, et je ne m'en étais aperçu qu'au moment où le détachement m'avait joint

et m'eut fait son rapport. Les sauvages, rassemblés

par troupes , occupaient toutes les hauteurs.

Je partageai mon détachement, que je renforçai de matelots armés de fusils, partie à la tête, précédée du sergent, et partie à la queue. Les matelots chargés d'ouüils et d'effets étaient au centre : je faisais l'arrièregarde. Nous partimes au nombre d'environ soixante hommes. Nous passâmes au travers de plusieurs troupes de sauvages, dont les différents chefs me répétaient souvent ces tristes paroles : Tacoury maté Marion, c'est-à-dire, Tacoury a tué Marion.

Nous fimes près de deux lieues jusqu'au bord de la mer, sans être inquiétés par les sauvages. Le lieutenant Crozet, devenu chef depuis la mort du capitaine Marion, donna l’ordre aux matelots qui portaient les effets de s'embarquer les premiers; puis s'adressant à un chef, il lui fit signe, d'un air menaçant, de s'asseoir ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Quoique les sauvages fussent au nombre de mille, cet ordre fut exécuté avec docilité. Cette précaution n'était pas inutile, car, dès que le lieutenant Crozet se mit dans l'eau pour entrer le dernier dans la chaloupe, les insulaires se levèrent ensemble, jetèrent le cri de guerre, lancèrent sur la chaloupe des pierres et des javelots. Pour repousser les agresseurs, on fit feu sur cet attroupement. Les sauvages voyaient tomber leurs chefs et leurs camarades avec une stupidité incroyable; ils ne comprenaient pas sans doute comment des armes qui ne les touchaient point, comme leurs Casse-tête et leurs massues, pouvaient les atteindre à de si grandes distances. À chaque coup de fusil ils redoublaient leurs cris et leurs menaces. Après en avoir tué beaucoup, on rama vers le vaisseau, et les sauvages ne cessèrent pas leurs cris. Dès qu'en fut arrivé à bord du Mascarin, on expédia la chaloupe, afin d’aller relever le poste des malades sur l'île de Moutouaro.

Les malades furent heureusement ramenés sur les vaisseaux ; les sauvages rôdèrent toute la nuit aux environs du posie; mais, voyant qu'on faisait bonne garde, ils n’osèrent rien entreprendre. Nous n'avions pas encore notre provision de bois et d'eau : J'envoyai, dit Crozet, à l'île de Moutouaro en chercher. Il y avait sur cette île un village d'environ trois cents insulaires : je donnai ordre à l'officier d'attaquer les habitants s'ils

araissaient disposés à commettre des hostilités, de ôter le village et de chasser les sauvages de l'ile, afin d'assurer l’aiguade. Mes ordres furent ponctuellement exécutés. Le chef Malou, maître du village, qui élait un de ceux avec lesquels nous avions vécu le plus familièrement, était présent avec cinq chefs des villages voisins; ils’agitait et ilexcitait de Ja voix les jeunes guerriers qui l’entouraient à fondre sur le détachement que j'avais envoyé; mais nos soldats, en ordre de combat, s'arrêtèrent à la portée du pistolet de la porte d'entrée du village. Là ils commencèrent à faire feu : aussitôt les guerriers prirent la fuite pour gagner leurs pirogues ; le détachement les poursuivit la baïonnette dans les reins, tua cinquante sauvages et mit le feu au village ; et par ce moyen les Français restèrent les maitres de l’île. J'avais recommandé à nos officiers de

faire leurs efforts pour nous amener quelques Indiens en vie, et de tâcher de prendre, de préférences des jeunes gens des deux sexes ou des enfants. J'avais mème promis aux soldats-et aux matelols cinquante piastres pour chaque insulaire qu'ils pourraient m'amener vivant; mais ces insulaires avaient eu soin de mettre en sürelé, avant le combat, leurs femmes et leurs enfants. Nos soldats tentèrent d'arrêter et de lier des blessés quinepouvaientfuir; mais ces cannibales étaient enragés : ils mordaient comme des bêtes féroces; d’autres rompaient, comme des fils, les cordes avec lesquelles on les liait: il n’y eut pas moyen d'en avoirun seul. Cependant le vaisseau le Castries n'avait encore ni mât de beaupré, ni mât de misaine; il n'était plus possible d'aller chercher dans la forêt la belle mâture de bois de cèdre que l’on avait préparée pour ce vaisseau : il fallut faire cette mâture de bois d'assemblage que l’on avait dans les vaisseaux.

Depuis le jour où Marion avait disparu, on voyait, des vaisseaux, les mouvements perpéluels des sauvages qui s'étaient retirés sur les montagnes. Ils avaient toujours les yeux dirigés sur nous, et nous entendions la voix de leurs sentinelles, qui se répondaient les unes aux autres avec des eris d'une force surprenante. La nuil ils faisaient des signaux par le moyen du feu.

Je donnai l'ordre à des officiers de confiance d'aller au village de Tacoury, et d'y prendre des renseignements sur le massacre de Marion et de ses compagnons d'infortune, afin de pouvoir eonstater la mort de cet officier par un procès-verbal, et de terminer leur expédition par mettre le feu au village, et d'enlever les grandes pirogues de guerre qui étaient échouées au pied du village, de les amener à la remorque ou deles détruire. Ces ordres furent ponctuellement exécutés. Tacoury s'était enfui ; on le vit de loin et hors de la portée du fusil s'éloigner, portant sur les épaules le manteau de Marion, qui était de deux couleurs, écarlate et bleu. Le village était abandouné ; il n’y restait que quelques vieillards assis sur le seuil de leur maison. On voulut les prendre captifs : un d'eux, sans paraître beaucoup s’émouvoir, frappa un soldat avec un javelot qu'il avait à côté de lui. On letua, et on ne fit aucun mal aux autres qu'on laissa dans le village. On fouiila soigneusement toutes les maisons. On trouva dans la cuisine de Tacoury le crâne d’un homme qui avait été cuit depuis peu de jours, où il restait encore quelques parties charnues , dans lesquelles on voyait les empreintes des dents des authropophages. On y trouva un morceau de cuisse humaine qui tenait à une broche de bois, et qui était aux trois quarts mangée.

Dansune autre maison, on trouva le corps d'une chemise, qu’on reconnut avoir été celle de Marion. Le col en élait toutensanglanté,et on y voyait trois ou quatre trous également tachés de sang sur Le côté. Dans d'autres maisons, on retrouva des vêlements el des pislolets appartenant aux compagnons de cet infortuné capitaine ; enfin on aperçut des armes du canot et un tas de lambeaux des hardes des matelots égorgés.

Après avoir ainsi rassemblé toutes les preuves de l'assassinat de Marion et de ses camarades, on mit le feu aux maisons des sauvages, dont on réduisit successivement plusieurs villages en cendres. |

De retour aux vaisseaux, on s'apprèla bien vile à quilter ces bords inhospitaliers. 11 fut décidé qu'on s'avancerait dans la mer du Sud, en se bornant à reconnaître les îles de Rotterdam et d Amsterdam, pour ensuite relâcher aux Mariannes , regagner les Philippines et retourner à l'Ile-de-France : c'est ce qui fut

"exécuté.

ge re ET

En terminant cette relation et ces remarques , nous ne devons point cacher au lecteur que les savantes explorations de M. le commandant Dumont d'Urville pourront bien les faire oublier, mais il nous importait de constater la marche de la science, et sous ce rapport on nous saura gré d'en noter les progrès, Dans

le voyage de l'Astrolabe, une des observations de M. d'Urville, au sujet de l'infortuné Marion, porte que les Nouveaux-Zélandais, toujours pleins d'un respect religieux pourela mémoire de ce dernier, reconnaissent lui devoir le cochon, les ognons, les raves, les choux et les navets, qu'ils possèdent aujourd'hui.

Après avoir ainsi rassemblé toutes les preuves de l'assassinat de Marion, et de ses camarades,

on mit le feu aux maisons des sauvages.

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