NOTICE BIOGRAPHIQUE
Avant de faire connaître les trois voyages autour du monde accomplis par DumonT D'URVILLE, nous donnerons quelques détails sur sa vie, son caractère et ses travaux. Admis dans le commerce de son intelligence, et honoré d’une amitié qu'il ne prodiguait point, nous avons pu recueillir sur sa personne et ses penchants un grand nombre de faits, devenus de plus en plus intéressants par la renommée que ses belles découvertes et sa fin tragique ont attachée à son nom immortel.
Dumonr D UrviLe (Jules-Sébastien-César) naquit le 23 mai 1790, à Condé-sur-Noreau, département du Calvados. Le nom d’Urville provenait d’un fief noble qu'avait acquis un deses ancêtres. Son père, allié par le mariage à l’ancienne famille de Croisilles, eut de cette union neuf enfants, dont cinq moururent en bas âge. Jules-Sébastien-César était un des derniers et d’une constitution fort grêle, qui se fortifia par degré , de manière à pouvoir un jour lutter avec succès contre les éléments. À deux ans il tomba dans un foyer ardent, et en garda au bras une trace qui ne devait s’effacer que dans la catastrophe du 8 mai 1849, où il devait, par une fatalité bizarre, périr à 52 ans dans la fournaise d'un chemin de fer!
M. de Croisilles, vicaire-général de Cambrai, qui allait être nommé évêque lorsque le culte fut supprimé, se retira près de sa sœur, en 1798, et se chargea exclusivement de l'instruction de son neveu, En moins de deux ans celui-ci traduisait déjà couramment Quinte- Lurce et Virgile, en même temps qu'il savait l’arithmé-
F Paris. — Jimp, Lacour et C£, rue Soufflot, 46,
tique et la géographie. Les vies des hommes illustres de Plutarque et le théâtre de Racine étaient ses livres favoris ; doué d’une grande mémoire, il récitait des tragédies entières. À douze ans il connaissait sa réthorique, et en trois mois il avait appris l'algèbre du premier degré. Il s’adonna de bonneheure à la natation, qu'il aimait avec passion, et où il avait acquis une extrême habileté,
Son oncle étant appelé, par le rétablissement du culte, au vicariat général de Bayeux, emmena avec lui son neveu qu'il plaça dans l'école secondaire de cectte ville. Le jeune élève y fit de rapides progrès dans le grec et les mathématiques. Alors il put connaître les voyages d’Anson , de Bougainville et de Cook. Cette lecture lui inspira le goût de la navigation, et comme un de ses condisciples (mort capitaine d'artillerie) rèvait d’être sénateur à cinquante ans, d'Urville paria avec lui qu’à cet âge il serait contre-amiral, prophétie qui s’est en effet accomplie. 4 !
Au mois de mai 4807, un jeune homme âgé de dixsept ans, maigre, effilé, partait de Caen pour Brest, avec une lettre du préfet du Calvados pour son frère, M. le comte Caffarelli, préfet maritime. Après un an d'étude, il passe son examen et est reçu aspirant : € était Dumont-d'Urville. Fier de ce premier grade, il revoit ses mathématiques, et apprend, tout seul, à l’aide d'une grammaire et d’un dictionnaire, l'anglais et l’allemand : en trois mois il parvient à traduire Young et Robertson; en six mois, Gessner.
Un nouvel examen fit avancer d’une classe Dumont d'Urville, qui fut envoyé à Toulon, où, le 28 mai 1812, il fut nommé enseigne de vaisseau. Deux ans après, il commençait sa carrière maritime à bord de la Ville-de-
Marseille, qui, en 1814, ramena de Sicile en France la famille d'Orléans.
L'année suivante, il épousa une jeune et belle Provencçale, fille d'un horloger de Toulon, ange de grâre et de vertu, que la Providence allait radement éprouver, et qui, dans les mêmes flammes du désastre de Meudon, devait mêler si lamentablement sa cendre à celle de son dernier enfant et de son loyal époux.
Trois ans après son mariage, Dumont d Urville accompagnait le capitaine Gautier, chargé du relèvement des côtes de la Méditerranée et de la mer Noire. Débarquant à Milo, une des fes de l'archipel grec, il fut conduit, par un heureux hasard, vers l'endroit où un pauvre berger venait de découvrir une belle stalue : c'était la Venus-Vitriæ, nn des chefs d'œuvre de l'art, dont la description habilement colorée par la plume de d'Urville, décida l'ambassadeur de France à Constantinople, M. le marquis de Rivière, à en faire l'acquisition pour le musée du Louvre.
La reconnaissance des parages des mers du Levant avait habitué d'Urville à des recherches qu'il devait bientôt appliquer à un plus vaste théâtre : c'est le grand Océan dont il va embrasser le domaine dans ses trois voyages autour du monde.
Mais, pour le suivre sans interruption, il convient d'achever la notice biographique très rapide que nouslui consacrons. Disons seulementquedans le premier voyage, de 1822 à 14825, à bord de la Coquille, il fat chargé, commelieutenant en premier, detous lesdétails du service,pendantque le capitaine Duperrey dirigeait l’ensemble de l'expédition; que, dans 1e second voyage, de 1826 à 4829, il devint le chef de l'entreprise, à bord de l’Astrolabe, comme il le fut dans le troisième, de 1837 à 1840, à bord du mème bâtiment.
Le premier voyage, qui avait duré trente-un mois treize jours, sur un parcours de vingt-qualre mille lieues, valut à la géographie la découverte de plusieurs îles, le relèvement de plusieurs autres et la reconnaissance des côtes de la Nouvelle-Guinée. Un grand
nombre de travaux sur l'histoire naturelle, confiés à :
Dumont-d'Urville, furent accomplis egalement avec une rare habileté.
Le grade de capitaine de frégate venait de lui être accordé, lorsqu'à la fin de 1825, il obtint la nouvelle mission d'explorer l'Océan pacifique, pour aller à la recherche des débris du naufrage de La Pérouse ; trentehuit ans s'étaient écoulés depuis le départ de celui-ci, dont les dernières nouvelles, datées du Port-Jackson ou de Botany-Bay, remontaient à 1788. D'Urville, quittant Toulon le 25 avril 1826, ctait à Hobart-Town, capitale de l’île de Diemen, le 12 octobre 1827. II se porta sur l’île de Tukopia , puis sur Vanikoro, où il mouilla, le 21 février 1829. La transparence des eaux lui permit d'apercevoir sur les hauts-fonds les canons, les boulets, les armes et autres débris, qui ne laissérent plus aucun doute sur le lieu où s'étaient perdus les vaisseaux de La Pérouse.
L'Astrolabe revint, le 25 mars 1829, à Marseille, terme d’un voyage d'environ vingt-cinq mille lieues, et qui avait duré trente-cinq mois, rapportant pour les sciences une cargaison énorme. Aussi dès le 8 août suivant, Dumont d'Urville recevait-il le titre de capitaine de vaisseau, avec mission de diriger toute Ja publication des diverses parties de l'expédition.
A la révolution de juillet 4830, il fut chargé de conduire outre-mer Charles X et sa famille, mission délicate qu'il sut dignement remplir. Il reprit aussitôt sa tâche de publicateur qu'il termina en 1835, annnée où il donnait aussi en deux volumes un voyage idéal ou pilloresque autour du monde, contenant le résume général des voyages de découvertes, entreprise qui obtint - un rapide écoulement,
Les vingt-quaire volumes, du voyage de l'Astrolabe avec l'Atlas, étant mis au jour, d'Urville, qui ne pouvait demeurer longtemps dans l'inaction, quitta Paris pour reprendre bientôt la mer. L'Astrolobe et la Zélée furent confiées à cet habile marin, lequel, en septem-
bre 1837, laissait une dernière fois les côtes de France et allait toucher, le 42 janvier suivant, celles du détroit de Magellan. Avant ce dernier départ, d'Urville avait eu à soutenir une triste polémique, dans les journaux, contre un savant, M. Arago, dont il repoussa, avec une légitime vivacité les injustes attaques.
Enfin, après une navigation périlleuse au sein des glaces, et après de nouvellesexplorations dans la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Guinée, d'Urville, qui, durant trente-huit mois, venait de parcourir plus de vingt-cinq mille lieues où la moitié des mers dont le globe est couvert, de traverser sept fois l'équateur et de pénétrer à deux reprises sous le cercle polaire austral, jetait l'ancre à l'entrée de la rade de Toulon, dans la nuit du 6 au 7 septembre 1840.
Le célèbre marin retrouvait sa famille réduite alors à sa femme et à son dernier-né. Il revint avec eux à Paris, et la Société de géographie, dont il était une des lumières, lui décerna sa grande médaille d’or, comme au navigateur dont les travaux géographiques Jui avaient paru les plus importants et les plus dignes de celle récompense, [avait reçu, peu de mois auparavant, le brevet de contre-amiral, dignité longtemps désirée et objet du singulier pari dont nous avons parlé.
Etabli dans le voisinage du Luxembourg , et bornant sa société à celle de sa femme, de son fils et de quelques amis, d'Urville mettait en ordre les manuserits de sa dernière expédition. Déjà les premiers volumes du Voyage au pôle Sud avaïent paru, et sept mois s’étaient à peine écoulés depuis de retour de notre illustre ami, lorsque le 8 mai 1842, une horrible catastrophe vint le ravir à la science, à la patrie et à nos cœurs brisés par la douleur.
Que devait-il rester de l'amas d'ossements que nous rerâmes des wagons dévorés par la flamme, sur le chemin de fer de la rive gauche de Paris à Versailles, près de Meudon ? Un tronc noirci, sans tête ni jambes, qui était peut-être l'enfant; un corps de femme, aussi tout noir, mais un peu conservé par la flaneile, corps qui était réellement celui de madame d’Urville ; el enfin un troisième corps, un peu plus reconnaissable, où nous avons encore pu retrouver quelques traits de l'amiral. — Les funérailles furent élébrées avec pompe, au milieu d'une foule immense, dans le cimetière du Mont-Parnasse, où la Société de géographie allait, deux ans plus tard, élever, par souscriplion , un monument à la mémoire du Cook français. J'avais dit de ce martyr du savoir, dans une ode distribuée aux assistants, le jour de la première cérémonie funèbre :
Toi qui, sur les gouffres de l'onde, Si longtemps avais su courir,
Trois fois tu fis le tour du monde; Et sur un rail tu viens périr!
Hélas! combien le sort nous trompe!
Mortel, tu Vas mourir sans pompe , Ne laissant de toi qu’un lambeau !.… Mais le souvenir de ta gloire
Nous reste, comme ta mémoire ; No$ cœurs te servent de tombeau,
A la seconde cérémonie, où la Socité de péosmplie de avait autorisé à prendre la parole, je pus redire égaement ;
Toi, noble ami, toi, sans attendre Le plus terrible coup du sort,
À nos chants tu pouvais prétendre, Et ne rien craindre de la mort.
Du hant des cieux, ombre plaintive, Tu vois une foule attentive
Salner ton buste vivarit ;
Permets qu'en ce jour mémorable, Une amitié vive et durable
T'offre du cœur le soin fervent !
… Terminons par un mot caractéristique cette esquisse incomplète sur notre illustre navigateur : d'Urville avait une constitution assez vigoureuse, la tailleélevée,
DUMONT D'URVIILE. 8 LL amener
un abord froid , un regard pénétrant et la voix saccadée, I] était studieux et franc, tenace dans ses projets , très peu démonstratif, mais avait l'âme brûlante el sensible à l'excès : s’il a prouvé combien, dans ses longues absences, il restait fidèle à ses amitiés , nous lui Prouvons , à notre tour, qu'il n'avait point nourri de son affection un cœur ingrat.
ALBERT-MONTEMONT,
PREMIER VOYAGE
L'expédition à bord de la éorvette la Coguille ayant eu lieu sons le commandement du capitaine Isidore Duperrey, dont d'Urville n'était qué le compagnon, il en sera question ailleurs, étnous nela mentionnonsici qu'en rappelant en passant qu'elle eut pour résultat géographique la découverte des îles Clermont-Tonnerre et Loslange, diverses reconnaissances sur la Nouvelle- Irlande et les îles Schouten de la Nouvelle-Guinée, plus le relèvement des îles Mulgraves, une visite à l'île Valan , la découverte des îles Duperrey et d'Urville, l'exploration du groupe d'Hogoleu et de l'île Tucker, et enfin, à la Nouvelle-Guinée, la reconnaissance de la côte qui s'étend de Dorey jusqu'à Bonne-Espérance.
SECOND VOYAG1H.
FRÉLIMINAIRE.
Ce second voyage de Dumont d'Urville est un des plus importants qui aient été entrepris pendant les trente premières années du xixe siècle. Outre l'honneur d'avoir découvert les restes du naufrage de La Pérouse, d'Urville a su combler, dans ses nombreuses et périlleuses explorations, une foule de vides qui exislaïient enccre sur les cartes du Grand-Océan. Il a exploré le premier toute la côte septentrionale de la Nouvelle-Guinée, duns une étendue de plus de quatre cenis dieues ; il a de même exploré, avec plus de détails que n'en avait donnés le capitaine Cook, environ la moitié du littoral de la Nouvelle-Zélande, dans un développement de trois cent soixante lieues. Il a fait La reconnaissance de la plus grande partie des îles Viti, vulgairement appelée Fidji, renfermant plus de cent îles ou îlots, jusqu'alors imparfaitement connus; il a exploré les îles Loyally, dont l'existence était jusqu’'alors très douteuse ; il à relevé la partie méridionale de la Nouvelle-Bretagne dans une étendue de cent lieues environ; enfin il a exécuté diverses reconnaissances aux îles Carolines, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande et dans les îles Moluques.
Voilà pour la géographie. Quant aux sciences naturelles, les richesses rapportées par Dumont d'Urville et ses dignes compagnons de voyage ont surpassé l'attente de l'Institut de France, et, suivant le rapport du célèbre Cuvier, les diverses collections de la corvette lAstrolabe, montée par ces nouveaux Argonautes de la science, ont été plus considérables qu'il n'en avait Gté formé jusqu’à ce jour. L'administration du Jardia des Plantes s'esl même trouvée dans l'embarras pour les classer : il a fallu descendre au rez-de-chaussée,
el presque dans les souterrains ; et les magasins même Sont aujourd'hui tellement encombrés, ajoute le rapport, qne l'on a été obligé de les diviser par des eloisons pour y multiplier des places. |
Tels sont les fruits les plus notables de la circumnavigation du capitaine Dumont d'Urville: nous les retrouverons avec plus de délail dans l'analyse que nous allons tâcher d'en offrir; mais avant de suivre la narralion du navigateur à travers l'immensité des flots, il ne sera peut-être pas inulile ni sans intérêt d'indiquer rapidement, comme l’a fait Dumont d'Urville luimême dans son discours préliminaire, le titre de chacun de ses devyanciers à la reconnaissance du monde savant.
Le premier qui s'élance sur le vaste Océan, dans l'espoir d'ouvrir la carrière aux explorateurs futurs, comme le hardi Colomb venait de le faire par la découverte du Nouveau-Monde, est Magellan, Portugais de naissance, au servicedel'Espagne, et envoyé par l'empereur Charles-Quintavecla mission de chercher un passage par lesud vers l'océan Pacifique.Ce marin ledécouvre vers l'extrémité de l'Amérique australe, par 55 degrés de latitude sud. Il y pénètre, le franchit, et lui laisse son nom. Il en sort pour entrer dans la mer Pacifique, faisant route à l’ouest-nord-ouestjusq'u’à l'équateur, qu'il coupe vers le 170€ degré de longitude orientale du méridien de Paris. Dans celle longue traversée, il ne découvre que de petites îles, nommées par lui {les Malheureuses , et qui l'ont été en effet, puisqu'on ne les a° pas retrouvées, à moins que ce ne soient l'île Sauvage de Cook, placée par 19 degrés 1 minute de lalitude sud, et 172 degrés 30 minutes de longitude occidentale, et l'Enfant-Perdu, placé par 14 degrés 6 minutes de latitude sud, et 179 degrés 2 minutes de longitude orientale. Magellan arrive ensuite devant d'autres îles, dont les habitants, adonnés au vol, déterminent le navigateur à imposer à leur archipel le nom d'ies des Larrons, qui a été changé depuis en celui d'îles Mariannes, el puis encore en celui de Phülippines, archipel où le navigateur portugais fut tué par les naturels, en défendant un de leurs rois contre un autre compétiteur. Cet événement tragique arriva le 7 avril 1521, et Cano, lieutenant de Magellan, rameua le vaisseau dans le port de l'Espagne.
Trois ans après, une seconde flotte espagnolé, guidée par Carjaval et Ladrilleros, traverse le détroit de Magellan, et aborde à Lima, au Pérou, sans avoir fait aucune découverte. Il en est de même de Garcie de Loaise, parti de la Corogne en 1525 pour gagner le même détroit, et dont la flotte fut dispersée par une tempête. Il avait seulement reconnu, en passant, l'île Saint-Mathieu. Son succeseur, Alphonse de Salazar, plus heureux, découvre la petite île de Saint-Barthélemi, l'une des Carolines, et quelques îles de l'archipel des Larrons.
En 4528, Alvar de Saavedra est envoyé à la recherche des îles de l'Epicène, et découvre un amas d'îles qu'il nomme les i/es des Rois; comme ensuite en revenant au Mexique, d'où il était parti, il aperçoit, à cent lieues l'île de Gilolo, les côtes d'une grande terre qu'il appelle Nouvelle-Guinée, parce qu'il l'a croit à l'opposite de la Guinée d'Afrique.
En 1533 Hurtado etGrijalva découvrent, à 20 degrés 30 minutes de latitude sud, une île que l'on nomme Saint-Thomas, parce qu’elle est vue le jour même de la fète de ce saint,
Onzeans plus tard, Juan Gaëlan aperçoit une foule d'îles dans la partie nord du Grand-Océan, mais sans leur assigner des dénominations précises.
Mendoça et Mendana, qui apparaissent à leur tour sur la scène du monde maritime, découvrent, dans la mer Pacifique, un archipel dont les richesses le funt appeler archipel des iles Salomon. Mendana découvre aussi l'île Jésus, par 6 degrés 15 minules de latitude sud; l'île Isabelle, par 9 degrés ; l'île Malaïta, par 8 degrés de latitude sud; la Florida, par 9 degrés 30 minutes de latitude, et plusieursautres qui paraissent être
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les terres des Arsacides, vues par Surville en 1769. Le même navigateur Mendana allait découvrir, en 1595, les Marquises de Mendoca, ou de Noukahiva, entre 9 à 10 degrésde latitude sud,îles que devaient revoir le capitaine Cook en 1774, les capitaines Marchand et Vancouver en 4791, Krusenstern en 1804, el David Porter en 1813.
En 1877 le célèbre amiral anglais Drake renouvelle laudacieuse expédition de Magellan, tient la mer environ trois ans, espace de temps pendant lequel il note un grand nombre d'îles, mais sans leur assigner une position exacte. Il désigne seulement à l'extrémité de l'Amérique du sud, à la sortie du détroit de Magellan, plusieurs îles, auxquelles il donne le nom d'Elisabéthides, en l'honneur de la reine Élisabeth d'Angleterre.
En 1586, Thomas Candish ou Cavendish part de Plymouth, franchit l'Atlantique et le détroit de Magellan, arrive en Californie, traverse le Grand-Océan, Vient mouiller anx îles des Larrons, sans faire aucune découverte notable, et retourne en Europe par les Molusques et le cap de Bonne-Espérance.
A cette époque les Hollandais commencent à déployer leur génie maritime : deux marins de cette nation, Simon de Cordes et Sébald de Wert, sont envoyés d'Amsterdam dans la mer du Sud, et ils pénètrent dans le détroit de Magellan. De Wert le franchit, et s'avance vers les côtes du Chili, d'où il fait voile pour le Japon, et aborde à Nangazaki, sans avoir fait de découvertes, non plus qu'Olivier de Noort, expédié en 1598 pour les mêmes parages, et qui, après avoir mouillé aux Philippines, avait repris la route d'Europe, et devait rentrer dans le port d'Amsterdam au commen cement de 1601.
Le XVle. siècle venait de marquer les premiers pas dans les découvertes maritimes; il était réservé au XVIIe. de les étendre et de les fixer. A la tête des navigateurs qui ouvrent cette glorieuse période, se présente Fernand de Quiros, pilote de Mendana. II découvre, sousle nomde Sagittaire, l'île qui porteaujour-
hui le nom de Taïti. Il aperçoit l'Incarnation, par 25 degrés de latitude sud, à une demi-lieue du Pérou; la Dizaine, dans laquelle on a reconnu l'île d'Osnabruck, de Wallis; le Boudoir de Bougainville, l'île Maitéa de Cook, dans le sud-est de Taïti; l'île Saint-Jean- Baptiste, dans laquelle Cook pense avoir reconnu l'île de Pitcairn, découverte par Carteret; la terre australe du Saint-Esprit, qui fut le terme du voyage de Quiros, et qui a été reconnue depuis, d'abord par Bougainville, qui l'a nommée archipel des Grandes-Cyclades, et
ostérieurement parle capitaine Cook, de qui elle a reçu
e nom de Nouvelles Hébrides, en conservant dans la partie du nord le nom de ferre du Saint-Esprit.
En quittant cette terre, Quiros était retourné au Mexique ; mais Torrès, son compagnon de voyage, fit route à l’ouest, et passa entre la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle Guinée, pour donner son nom au détroit qui existe entre ces deux grandes terres.
Huit ans après Quiros, un autre navigateur, le Hollandais Georges Spilberg, envoyé aux Moluques , passe le détroit de Magellan, fait voile pour le Pérou, monte jusque vers les côtes du Mexique, et de là traverse le Grand-Océan pour toucher aux îles des Larrons, au commencement de 1616.
Presque vers le même temps, deux autres marins hollandais, Le Maire et Schouten, découvrent plus au sud du détroit de Magellan un autre passage: qui reçoit le nom de détroit de Le Maire ; ils doublent les
remiers le cap Horn, font route à l'ouest-nord-ouest jusqu’à neuf cent vingt-cinq lieues des côtes du Pérou, sans avoir vu aucune lerre.
ls découvrent ensuite : 10 l'île Hood, ou île des Chiens, par 15 degrès 12 minutes de latitude sud; 20 l'ile des Cocos, par 16 degrés 40 minutes de latitude sud, à vingt-trois journées de l'île des Mouches ; 30 l'île des Traîtres, par 16 degrés 5 minutes de latitude sud, à deux lieues au sud de l'ile des Cocos; ces dernières,