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nord au sud ; sa plus grande largeur est de mille six cent cinquante lieues de l’ouest à l’est : le circuit de ses côtes est de sept mille lieues, et sa surface totale de un million sept cent cinquante mille lieues carrées, qu'occupent environ cent cinquante millions d’habitants. Plus d’un tiers de cette superficie est couvert de déserts, dont le principal, connu sous le nom de Sahara, égale presque la moitié de l'Europe.
L'intérieur de Afrique n’est encore que très imparfaitement connu, il a toujours été très difficile d'y pénétrer. L'étendue et l’aridité des déserts qui s'y trouvent, la chaleur excessive du climat et son influence mortelle aux Européens, l'ignorance, le fanatisme et la férocité de la plupart des peuples qui habitent ce coutinent, ont souvent arrêté la curiosité du voyageur et même l’ardeur avide du commerçant. Que de martyrs de la science ont terminé leurs jours au milieu de ces contrées brûlantes, sous cette atmosphère embrasée, dans ces déserts sans eau et sans verdure, et parmi ces peuplades barbares, dont quelques-unes seulement présentent une grossière ébauche de civilisation qu'un despotisme sanguinaire empêche de s'étendre! Depuis le célèbre Mungo-Park, découvreur du Niger, jusqu'à Lander, qui descendit ce grand fleuve du point où Park avait péri, et en décrivit le cours jusqu’à son embouchure dans la mer Atlantique, le nombre des voyageurs devenus victimes de leur savant courage et de leur persévérance exploratrice a de quoi glacer d’effroi leurs nouveaux émules ; et c'est pourtant à ces efforts multipliés que nous devons la connaissance de ces royaumes ou Etats et de ces villes qui couvrent la Sénégambie et les plaines du Soudan ; c’est par des tentatives glorieuses que les pays du Dar-
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four et du Kordofan, du Sennaar et de l'Abyssinie ont
été révélés à l'Européen, et que celui-ci a su enfin ce qu'il fallait penser des richesses de cette mystérieuse Tomboctou que le voyageur français Caillié (1) a découverte en 1827.
Les côtes d'Afrique ont été visitées avee plus de soin, et en premier lieu la côte orientale qui regarde l'Inde et qui est voisine de la mer Rouge, ce golfe dont la situation géographique , en séparant deux vastes continents comme l'Asie et l'Afrique, semble si propre à être le centre d’un grand commerce, ainsi qu'il l'a été dans les temps de la splendeur de TFyr, d’Alexandrie et de Carthage.
Nous avons déjà indiqué les dimensions et les limites du continent africain. I n’a point de mers qui lui appartiennent exclusivement, puisque la Méditerranée le sépare de FEurope et de F Asie, et que la mer Rouge se trouve de même entre l'Asie et l'Afrique; la mer Rouge est une dépéndance de Focéan Indien, comme la Médilerranée est une branche de l'océan Atlantique. Le détroit de Gibraltar, qui ouvre la Méditerranée, #ppartient à l'Europe aussi bien qu’à l'Afrique, et le détroit de Bab-el-Mandeb forme l'entrée de la mer Rouge. Quant au détroit de Mozambique, ce n'est qu’un bras de mer ou canal maritime entre la-partie orientale du continent africain et l'île de Madagascar. Le cap Spartel se trouve à l'entrée du détroit de Gibraltar; le cap Blanc près Bizerte, dans l'Etat de Tunis ; le cap : Nour, le cap Bojador et un autre cap Blanc, près d'Arguin, sur la côte du Sahara ; le cap Vert sur la côte de Sénégambie, dépendent de la mer Atlantique ; le cap de Bonne-Espérance termine au sud la côte occidentale, etle cap des Aiguilles la côte australe, comme le cap Gardafuy la côte nord-est. L'Afrique m'a point de presqu'île proprement dite; elle woffre que de petites péninsules qui se rattachent plutôt aux descriplions géographiques. Parmi ses fleuves on cite le Nil, qui débouche dans la Méditerranée; le Sénégal et la Gambie, qui se jettent dans l'Atlantique, de même que le Niger, fleuve du Soudan, qui, dans la partie inférieure de son cours, porte le nom de Aouara; le Couango ou Zaire et le Couanza, tous deux fleuves du Congo, tandis que le Sénégal et la Gambie appartiennent à la Sénégambie. J1 est un autre fleuve appelé le fleuve Orange, qui parcout l'Hottentotie dans l'Afrique australe. Le Nil coule au Nord, et les autres fleuves que nous venons de nommer coulent à l'ouest. Ceux qui se jettent dans l'océan Indien sont notamment le Zambèze ou Couama et le Zébi, que l'on dit franchir de grands espaces dans l'Afrique orientale, On connait aussiunesorle de mer intérieuie appelée le lac Tchad, dans laquelle se rendent deux autres fleuves, savoir le Yeou, qui vient du Soudan, et le Chari, qui arrose l'empire de Bornou, On cite également une espèce de mer Morte appelée le {ac Koufloua, découverte récemment dans l'iniérieur de l'Afrique équatoriale.
Quant aux îles qui se rattachent au continent africain, on peut citer : dans l'océan Atlantique, le groupe de Madère et l'archipel du cap Vert qui appartiennent aux Portugais; l'archipel des Canaries qui appartient aux Espagnols ; l'île de Gorée qui, près de la Sénégambhie, appartient aux Francais; les îles Fernando-Po, de l'Ascension et de Sainte-Hélène, qui appartiennent aux Anglais. 11 y a dans FOcéan Indien l'ile de Madagascar, qui est une des plus grandes îles du monde ; l'île-de-France ou l'île Maurice , l'ile de la Réunion et quelques autres.
Pour ce qui est des montagnes, on peut nommer d'abord celle de l'Ailas, qui sépare l'empire maroquin et la Barbarie du grand désert ou Sahara; puis les montagnes de Kong, quiforment la ligne de faite et de partage des eaux entre la Sénégambie et le Soudan ; les monts de la Lune, qui couronnent le vaste plateau
.(1) Cest le seul Européen qui, après avoir visité cette ville, ait où en revenir et nous en rapporter la deseription. A. M.
de l’Abyssinie; et les monts qui établissent l'écoulement des eaux vers l'océan Indien à l'est, et vers l'Atlantique à l’ouest.
Nous avons déjà dit que l'Afrique se distingue surtout des autres parties du monde par l'étendue de ses déserts, et nous venons encore de nommer le Sahara. Sans excepter le Gobi ou Chamo en Asie, c’est le plus grand de tous les déserts de la Lerre ; il commence cette immense zône de sables et de roches nues qui, des rivages de l'Atlantique, se prolonge jusqu'à ceux du Nil. Il en est d’autres entre ce fleuve et la mer Rouge, en Nubie, en Egypte, vers Alger et sur la côte Œ'Ajan et celle des Cimbebas. Presque toutes ces arides solitudes sont peuplées par les bêtes féroces ou sauvages, comme le lion, la panthère, le chacal, l’autruche, l'antilope, la haute girafe, l'hippopotame informe , tandis que les fleuves sont remplis de crocodiles.
ALBERT-MONTÉMONT.
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