‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 115 sur 179 · VOYAGE D'ADANSON EN SÉNÉGAMBIE · texte numérisé non relu

VOYAGE D'ADANSON EN SÉNÉGAMBIE

Michel Adanson est un des voyageurs les plus justement célèbres qui aient exploré la Sénégambie ; il est regrettable seulement qu’il n'ait pas pénétré plus avant dans ce pays; la seienee eût recueilli un demi-siècle plus tôt les notions qu'elle possède aujourd'hui sur les mêmes contrées. Adanson naquit à Aix en Provence, le 7 avril 4727 ; il fit de brillantes études et manifesta de bonne heure des dispositions extraordinaires pour l'histoire naturelle. Il s'était formé à l'école de Bernard de Jussieu et de Réaumur. A vingtet un ans il se rendit au Sénégal, parce que cette contrée insalubre semblait avoir été jusque-là inaccessible aux naturalisies. Après un séjour de cinq ans au Sénégal, de 1749 à 1754, il revint en France avec une riche moisson de produits des trois règnes. C'est alors qu'il forma le projet d'embrasser la description de toute la nature, et il s'en occupa sans relâche depuis ce moment jusqu'à l'âge de près de quatre-vingts ans, c'eslà-dire jusqu'à sa mort, qui arriva le 3 août 1806. Nous allons présenter la substance de son voyage et des résultats qu’il nous a valus.

Parti du port de Lorient, le 3 mars 1749, Adanson arriva le 95 avril suivant en vue du Sénégal , et y débarqua le 40 mai. À peine arrivé, il se rendit au village de Sor, et se mit en relation avec les naturels. A son retour, il profita d'un bateau qui allait chercher des bœufs à l'escale des Maringouins, éloignée de treize lieues nord-quart-est de l'île du Sénégal. Il y prit terre le même jour , et entra en pourparler avec les Maures dont il visita les tentes. II se mit à herboriser et à chasser , et après avoir fait une petite collection, il revint au Sénégal, le 23 juin. Il se remit en route immédiatement pour le comptoir français de Podor, distant de soixante lieues de l'ile Saint-Louis du Sénégal. A cet effet, il remonta le fleuve, et les vents lui furent si favorables, qu'il arriva en trois jours à Podor, ayant trouvé le fleuve partout navigable et d'une profondeur de vingt à trente pieds. L'eau de la mer qui y remonte année commune jusqu'au-dessus du marigot des Maringouins, à quinze lieues environ de son embouchure, avait gagné celle année jusqu'au désert, c'est-à-dire à plus de trente lieues, terme à peu près où s'arrêtent les eaux salées, quoique le flux et le reflux de la mer se fassent sentir jusqu'au-dessus de Podor.

Le fort de Podor est bâti sur la rive méridionale du Sénégal dans un lieu jadis couvert de bois, que l'on a coupé jusqu'à la distance d'une petite demi-lieue. La forêt voisine a des tamariniers de la plus belle taille, des gommiers rouges, des acacias et autres espèces

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