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La nuit était claire et ravissante.
prairies excellentes, sur lesquelles paissent confondus les bœufs, les moutons et les chèvres. Au premier coup d'œil l'aspect de la ville ressemble à celui de Kano, à la différence qu’on n'y voit pas les larges marais qui divisent en deux la seconde de ces villes. Bohou a été la capitale de l’Yarriba; mais, il y a environ un demisiècle, le prince alors sur le trône ayant préféré la plaine de Katunga, le siége du gouvernement y fut transféré. Depuis cette époque Bohou a sensiblement décliné en richesses, en population et en influence, bien qu'elle soit toujours considérée comme une ville de grande importance et comme la seconde cité du royaume. Elle est bornée de tous les côtés par des collines en pente douce, agréablement boisées, qui dominent une immense étendue de terrain. La campagne dans les environs présente un aspect des plus agréables, qui ne le cède en rien aux plus beaux districts de l'Angleterre pendant la saison la plus favorable de l'année. Ces avantages paraissent avoir été appréciés par les Felatahs, qui sont venus s'y établir en si grande affluence avec leurs troupeaux, que le premier ministre avoua ingénument quil lui était impossible d'en préciser le nombre. Ces étrangers vendent au marché leur lait, leur beurre, leurs fromages, à des prix raisonnables.
De Bohou nous arrivâmes à Jagula, ville considérable et populeuse entourée d'une muraille moins grossière
ment et plus solidement bâtie qu'aucune de celles que ous avions encore vues.
Jaguta est située à l’est-sud-ouest de Bohou, dont elle est éloignée de douze à trente milles d’après un calcul approximatif. Dans le cours de notre voyage nous rencontrâmes une troupe de marchands de Noustie, venant de Coulfo, avec des ânes chargés de trona pour le marché de Gonja. Avec eux étaient deux femmes proprement habillées de leur costume national : elles portaient par-dessus leurs autres vêtements des tuniques blanches exactement semblables aux chemises d'une dame d'Europe. Ces ânes étaient les premières bêtes de somme qüe nous eussions vues employées à porter des fardeaux. Nous avons toujours remarqué que les naturels de l'un et l'autre sexe et de tout âge, mais principalement les femmes et les pelites filles, s'acquittaient de ces pénibles fonctions. -
Le 8 mai, nous ne fimes, à notre grand déplaisir, pas plus de quatre milles : la ville où nous nous arrétâmes est appelée Shea, et esi enceinte d’une muraille; elle renferme une nombreuse population, à en juger par la multitude d'individus qui se pressèrent autour de nous aussitôt que nous en eûmes franchi la porte: mais un étranger ne peut se faire une idée exacte de la population d'aucun lieu habité dans cette partie de l'Afrique, car il n'en peut juger que d’après le nombre des enclos que contient une ville ou un village; et un
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