‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 161 sur 179 · PE · texte numérisé non relu

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RICHARD ET JOHN LANDER. 17 mo EE

Aussi pensai-Je un moment que nous étions perdus, car ces monstrueux animaux...

dans là Guarie et le Bornou, et que nous étions contraints de retourner vers l’eau salée en chercher d’autres; que toutefois nous ne voulions pas regagner Badagry pour deux raisons : la première, que la distance en était beaucoup trop considérable ; la seconde, que le chef de cette ville qui commande à toute la partie de la côte où nous avions débarqué nous avait traités si mal lorsque nous avions eu affaire à lui, que probablement si nous retombions en son pouvoir, il nous retiendrait prisonniers jusqu’au jour de notre mort; que

nous préférions, en conséquence, accomplir notre

voyage par la voie de Funta; mais que comme nous avions oui dire que si nous allions par terre, nous trou-

verions le pays qui nous en séparait infesté de Felatahs,

lesquels vivent de pillage et de violence, nous lui serions infiniment obligés qu'il nous prêtât ou vendiîl un canot pour redescendre le Niger, ce dont nous le récompenserions avec toute la générosité qui nous serait possible. »

Le 45, nouvel accident : les Felatahs, au dire du sultan , avaient pillé et brûlé la ville d'Engarskie ; ils avaient pris celle de Koulfu, de sorte que la route de Boussa nous fut ainsi refusée. Néanmoins le 17, l'Arabe, qui paraissait être le factotum du souverain d'Yaourie, vint nous voir dans la matinée, et, le visage tout rayonnant de joie, nous apprit que son maître s'était enquis d’un canot dans lequel nous pussions re-

li,

tourner à Boussa. Enchantés d'une telle communication, nous demandâmes avidement à quelle époque le sultan comptait nous permettre de partir. « Quoi! s’écria le vieillard, la nouvelle que je vous apporte ne vous suffit-elle pas pour un jour ?»

Dans l’après-midi du 20, l'homme que nous avions député à Boussa fut de retour, et à notre joie inexprimable, il nous apprit que le roi s'était epgagé à nous procurer un canot pour gagner Funda, mais dans le cas seulement où la route par terre ne serait pas praticable. De plus, avouañt avec candeur qu'il n’était pas assez puissant pour mettre nos personnes à l'abri de l'insulte et du danger au-delà de son territoire, il nous prévenail que nous aurions à solliciter la bienveillance du prince de Wowow et des autres chefs des rives du Niger, puisque nos propres gens devraient seuls conduire le canot, parce que personne à Boussa ne voudrait, pour différentes raisons, nous accompagner dans notre voyage. Nous étions donc en beau chemin d'accomplir l'objet de notre expédition en Afrique, c’est-àdire de pouvoir déterminer l'embouchure d'un des principaux fleuves de celte partie du monde; et quoique d'innombrables obstacles, pensions-nous, dussent nous être suscités par les nations riveraines, telle était notre ardeur, que nous espérions en triompher à force de prudence et de courage. Mais quand nous allâmes demander au sultan qu'il nous laïissât partir le lende-

main, il nous en refusa la permission sous divers prétextes.

Cependant, grâce à l'intervention du souverain de Boussa, la permission de quitter Yaourie pour relourner à Boussa nous fut accordée.

Le 4er août, dans la matinée, le sultan nous fit prévenir qu'il nous attendait pour recevoir nos adieux, vu que notre départ était d'une manière irrévocable fixé au jour suivant. Nous vobéimes aussitôl à cel avertissement comme si c'était un ordre, et dès notre arrivée au palais nous fûmes introduits dans une vaste salle, sombre et triste, où néanmuins le monarque accueille d'ordinaire ses visiteurs les plus distingués, Une multilude de jeunes garçons et de jeunes filles, ses domestiques, Lous parfaitement nus, traversaient sans cesse la salle pour se rendre vers d'autres parties de la maison , Porlant de sales calebasses dans leurs mains. Quantité de nids d'hirondelles étaient attachés au plafond, car ces oiseaux ne sont jamais tourmentés nulle part, et leurs turbulents propriétaires, volligeant dans toutes les directions pour porter de la nourriture à leurs petits, ne contribuaient pas peu à la malpropreté de l'appartement, qu'on ne balayail en aucune circonstance. Au milieu et vis-à-vis la porte d'entrée, 12 souverain d Yaourie était accroupi sur une estrade recouverte d'une pièce de damas passé, et furuait dans une. pipe d'énorme laille. De chaque côté de Jui était un gros coussin, et par-derrière, tendu sur la muraille, un grand morceau carré d'une antique éloffe de soie à personnages, très riche et de différentes couleurs avec une longue et belle frange. L'étoffe était cependant un peu lernie, parce qu'il y avait bien des années que le sullan la possédait Cel ornement autrefois splendide et d'un grand prix avait elé, nous assura-t-00, apporté de Mu:ser (1). ville fameuse, dont tout le monde à Yaourie parlait avec enthousiasme el ravissement. Le costume du prince répondait à la saleté du Jieu où il nous recevait. 2

L'Yaourie est un vasle et florissant royaume. Il esl borné à l'est par l'Haussa, à l'ouest par le Borgou, au nord par la Cubbie, et au sud par le Nouffie. La couroune est héréditaire, et le gouverneient un despotisme absolu. Le sultan auquel nous eûñmes affaire avait déja régné trente-neuf ans à l'époque de notre visite, mais son prédécesseur s'elait si mal comporté sur le trône que le peuple l'en avait renversé. Une armée considérable est toujours aux ordres du chef de l'Etat. La capitale est d'une prodigieuse étendue, et aussi peuplée, à ce qu'ôn prétend, qu'aucune autre ville de l'Afrique, ou du moins que la partie de ce conlinent qui est visitee par les marchands arabes. Ses murs sont hauts el très solides, quoique simplement faits de terre, et peuvent avoir vingt ou trente milles de circuit. Elle a huit vastes portes qui sont bien fortifiées à la manière du pays Les habitants fabriquent une espèce de poudre à tirer, très grasse et fort mauvaise, mais qui cependant est la vu eilleure, el, nous pensons, la seule dont la fabrication suit indigène. En outre, ils font de jolies selles; ils manufaeturent habilement | étoffe particulière à ces contrées ; ils cultivent de l'indigo, du tabac, des ognons, du blé, différentes sortes de grains, ét une énorme qaautité de riz d'une qualité supérieure. Enfin ils possèdent chevaux, bœufs, chèvres, etc. ; mais, malgre leur industrie et les avantages dont ils jouissent, ils sont pauvrement vêlus, out peu d'argent, et se plaignent loujours de la misère. Un assez bon marché se tient chaque jour dans la ville sous des hangars commodes, el-[ on y trouve les différents objets ci-dessus mentionnés. La residence du sultan, aussi bien que les maisons de Ja plupart des principaux habitants, est élevée d'un étage, auquel on arrive par un lourd et disgracieux escalier en terre ; mais les appartements de ce premier ont d'ordinaire de hauts plafonds, et leurs portes. de même que celles

(1) Muüsser, ou Mesr, comme les Arabes prononcent 1è mot, est le Caire des Européens. A. M.

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des pièces du rez-de-chaussée, ont une grandeur suffisante pour qu'il ne soit pas nécessaire de se baisser quand on passe dessous. Les maisons en général sont bâties sur un pian circulaire; il y en a cependant quelques unes de carrées. et celles du sultan n'ont aucune forme régulière On peut trouver étonnant que les naturels de l'Afrique occidentale centrale, et même méridionale à ce que nous croyons, hume tent les planchers de leurs huttes et l'intérieur de leurs murs avec une solution de bouse de vache et d'eau, deux ou trois fois par jour, ou aussi souvent du moins qu'ils peuvent se procurer les malériaux nécessaires ; mais cette opération, quoiqu'elle affecte désagréablement l'odorat d'un Européen, maintient dans les huttes la plus délicieuse fraicheur. |

À Yaourie, entre es différents groupes d'habitations, s'étendent des espaces considérables de terre sur lesquels paissent les bestiaux ou qui sont destinés pour le jardinage et l'agriculiure. EH y a aussi dans l'enceinte de la ville une grande variété d'arbres, dont les principaux sont le citronnier, le palmier, le micadania et le dattier : mais ce dernier, quoiqu il paraïsse pousser à merveille, n’a jamais, dit-on, porté de fruits. Le palmier orne les rives du Niger et se multiplie à mesure qu'on remonte le fleuve ; toutefois, nous n'avons aperçu nulle part l'espèce qui donne la noix de coco, ce qu'on doit expliquer sans doute par l'éloignement de la mer. Quant à la population que renferme Yaäourie, on ne saurait l'évaluer avec quelque justesse, mais elle est extrêmement considérable. Ft

Les voyageurs quittent enfin Yaourie, mais pour revenir sur leurs pas Manière dont les natureis gardent leurs blés. Les Cambriens Varri Garnicassa.Fetour à Boussa. Excursion à Wowow. Première entrevue avec le roi de cet Etat.

Le 2, nous fûmes de très bonne heure prêts à nous meltre en route, mais, après que nos bêtes de somme eurent été chargées, et que nos gens eurent placé leurs fardeaux sur leurs têtes, il nous fallut longtemps attendre la lettre que le sullan nous avait promnise pour le-roi d'Angleterre. Entin nous aperçûmes un mallam ou prétre qui l'agilait dans sa main, et accourait vers nous; derrière lui, monté sur un grand cheval osseux et vêtu d'un riche costume à la mode de son pays, venait le vénérable chef arabe qui voulait nous honorer d’un bout de conduite. Dès qu ils nous eurent rejoints nous partimes.

Les habitants de la plupart des villes ceintes de murs et des villages ouverts qui abondent sur les rives du Niger, commeaussi ceux des îles, appartiennent presque tous à une race d’indigènes appelés Cumbriens, race pauvre qu'on méprise el qu'on maltraile, mais qui se distingue par son amour du travail et par son courage à endurer les faligues, Ces hommes ne sont que trop souvent persécutés, opprimés par leurs plus riches et plus puissants voisins, qui assurent que la nature les a uniquement faits pour être esclaves, et qui en conséquence les traitent loujours comme tels. Les Cambrieus habitent aussi plusieurs parties de l'Haussa el d'autres contrées; ils parlent différentes langues; mais tous ont mêmes goûts, mêmes superslilions , mêmes amusementis, mêmes usages enfin qu'ils conservent toujours avec religion, on pourrait dire avec fanatisme , en quelque pays et en quelque situation qu'ils se trouvent. Héritant du caractère pacifique, timide, froid et insouciant de leurs pères, ils ne résistent jamais à ceux dont le bon plaisir est de les lyranniser ; ils baissent la tête sans murmurer sous le joug de la servitude, et regardent comme chose toute simple qu'on les asservisse ; « nfin 1] n'est peut-être pas de peuple au monde qui Soit moins susceptible de sentiments forts et de nobles émotions; ainsi, peu leur importé d'être arrachés à leur patrie , a leurs habitudes, à leur famille, C'est au point que le mépris dont les autres nations les accablent paraît presque justifié,

Tandis que nous descendions le Niger, nous remarquâmes qu'il avait considérablement grossi par suite des pluies Lombées depuis un mois, et que son courant élait beaucoup plus impétueux que quand nous l'a- \ions remonté pour nous rendre à Yaourie: les pierres et les rocs qui nous gênaient alors ne se montraient plus nulle part. De bonne heure, dans la soirée, nous abordâmes à un petit village cambrie; mais lorsque les canols eurent élé tirés sur la rive sablonneuse du fleuve, lorsque nous eûmes dressé notre tente, nous n'attéendîmes pas pour chercher à nous endormir que la nuit vint, car nous avions une faim dévorante , et les habitants ne pouvaient nous offrir aucune nourri- Lure,

Le 4, vers midi, nous abordâmes à Warrée ou Warri, ville qui ne cousiste qu'en plusieurs groupes de huttes entourés d’une petite muraille en terre, mais où se tient -le marché le plus considérable de toute la province d'Engurski. À ce marché viennent des milliers de gens, non-seulement de Boussa, de Wowow et d Yaourie, mais encore des differentes parties de la contrée, cepeudant il ne s'y vend rien de particulier à l'Engarski, et sans doute le bas prix auquel on peut y acheter toutes les productions indigènes est le principal- motif de l’affluence des chalands. Pendant le peu de temps que nous restâmes à Warrée, nous vimes un nombre immense de canots remplis de monde et de marchandises passer d'une rive à l'autre du Niger, et toutes les physionomies des acheteurs et des vendeurs avaient un air affairé vraiment comique. Quad notre curiosité fut entièrement satisfaite , nous traversämes aussi le fleuve, et nous débarquâmes pour la nuit à une pelite ville ceinte de murs, appelée Garnicassa, habitée. par les Cambriens, et situte à environ cinq milles au nord de Boussa. Non loin de cette place, toutes les branches du Niger se réunissent, et forment une magnifique étendue d’eau, large au moins de sept’ ou huit milles. Mais on se demande avec surprise ce que devient-ensuile cetie énorme quantité d’eau, car à Boussa le fleuve n'a plus qu'une largeur d'un jet de pierre, et sa diminution de profondeur est égale à son rétrécissement. Néanmoius, à une heure de marche au-dessous de la capitale, il redevient un noble fleuve, et se conserve tel dit-on, jusqu'à Funda. Ce fait bizarre autorise à croire qu'une vaste partie des caux du Niger est conduite par des pa-sages souterraius de Garnicassa à quelques milles au-dessous de Boussa. à

On nous prévint le 10 que nous partirions le jour suivant pour Wowow. Il n'est pas besoin de dire que nous fûmnes le lendemain, dès le lever du soleil, prêts à nous mettre en marche; mais comme on nous avait dit que la route était horriblement mauvaise, il nous fallut attendre au moins deux heures à cheval en face de la maison du roi, avant que celui-ci pütnous trouver une personne capable de nous servir de guide. Peu après être sortis de la ville, nous reconnûmes qu’on ne nous avait nullement exagéré le déplorable état du Chemin ; il était rempli de trous et de fondrières, et de plus recouvert d’une herbe si haute qu'elle nous dépassait la tête d’un à deux pieds et nous mouillail tout le corps comme sil avait plu. Des buissons épineux, déchirant nos habits, nous ensanglantaient bras et jambes; des troncs d'arbres morts qui étaient tombés en travers nous arrètaient à chaque pas; enfin, de pelites rivières qui coulaient avec l'impétuosité d'un torrent, et dont les bords élaient presque perpendiculaires, contribuaient à rendre notre voyage non-seulement dangereux , mais encore terrible... A quelques milles de Buussa nous franchimes en canct une branche du Niger qui coule à peu près vers l'ouest, environne, dit-on, tout le territoire de Wowow, el rentre au-dessous de cet Etat dans le fleuve d'où elle est sortie. C'est la branche dout il fut parlé au capitaine Clapperton, comme entourant la ville et une partie da royaume de Boussa, tandis qu'elle prend une direction tout-à-fait opposée, et que précisémeut elle se détache

du Niger à l'endroit où ce voyageur a supposé qu’elle y revenait. On nous a aussi assuré que dans celte même branche se jette l'Oly , et si cette information est exacte, les principautés de Kiama et de Wowow doivent former une île. Vers deux heures de l'aprèsmidi, lorsque nous eûmes accompli la partie Ja plus difficile du trajet, nous fimes halle à une ferme qui appartenait au roi de Boussa, car nous élions tous excessivement fatigués. Au bout d'une heure, quand nos forces eurent été rétablies par un peu de repos et de nourriture, nous remontâmes à cheval, et nous parviomes avant le coucher du soleil à un charmant pelit village situé, près du mont Georges IV, au mi-. lieu.des plus belles plantations de blé et d'yams, où nous passâmes la nuit.

Le 12, dès qu'il fil jour, nous continuâmes notre marche, et après avoir parcouru sur une roule excellente un espace d'environ douze milles, nous entrâmes dans la cité de Wowow par la porte occidentale, qui ouvrait sur un lieu consacré à des courses de chevaux. Suivant l'invitation qui nous en fut faile, nous tirâmes quelques coups de pistolet en signal de notre entrée, et nous avançâmes au grand galop vers la résidence du roi. Il vint immédiatement à notre rencontre; mais comme, d'après l'usage, il ne doit lier aucune espèce de conversalion avec un élranger, quelle que soit sa condition, si ce n’est devant le re présentant officiel du chef qui l'envoie vers lui, et que l'ambassadeur de Boussa était alors absent, il se retira bientôt sous le porche de sa maison, pendant que nous reslâmes nous-mêmes à une distance respeclueuse, et attendit patiemment plus d'une demi heure que l'ambassadeur revint, Un grand nombre de mallams vêtus avec richesse avaient précédé le roi lorsqu'il‘était sorli; derrière eux venait un homme portant sur son épaule uné lourde épée, puis une longue suite de ses femmes et de ses enfants qui, quand il eul rebroussé chemin, s'accroupireut à terre et remplirent le portail du palais. Dans la muraille de ce portail il y avait deux vastes niches, l'une à droite et l'autre. à gauche : le roi se p aça dans Ja première et s'y tint debout, l'œil fixe, le corps immobile, les mains croisées sous sa lunique et appuyées sur son sein ; dans la seconde, un jeune garçon nu entortilla ses jambes autour d'un bâton droit qu'on y avait planté, j'ignore dans quel but, et demeura sans bouger, sans presque oser reprendre haleine, pour être spectateur de l'entrevue qui allait avoir lieu. Jamais deux êtres humains ne ressemblèrent à des statues d'une manière plus frappante ; l'illusion était complète Quant à nous, après avoir remis nos montures à nos domestiques pour qu'ils les menassent paitre, nous nous élions assis à une douzaine de pas de la demeure royale sous un grand arbre; les mallams s'étaient étendus sur Ja poussière entre le roi et nous,et de chaque côté, mais maintenus par le juste sentiment des convyenances, élaient des groupes d'habitants que la curiosité avait réunis.

Lorsque le personnage dont la présence était indispensable arri.a enfin, le charme qui avait reteuu tout le monde dans une immobilité absolue se rompit en un instaut. Nous. fü nes alors conduits vers le roi et présentés avec beaucoup de cérémonie; mais le grave et original vieillard à qui nous avions affaire serra nos mains dans les siennes sans les sortir de sa tunique dont il les avait enveloppées , ni même sans daigner nous regarder en face, Car il avait Fhabitude de ne jamais lever la tête au-dessus d'une certaine hauteur dans la crainte de voir les yeux de l'individu avéc lequel il pouvait s'éntretenir fixés en plein sur sa propre figure, ce dont il a une très érange, mais invineible antipathie Notre conférence ue dura au reste qu'un-moment ; nous fûmes ensuile menés à lhabiation qu'avait oceupée Ciapperton , et dans J'aprèsmidi le roi nous envoya, eomne don, quantité d'œufs, du lait, des vams et une brebis grasee,

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Courses de chevaux à Wowow. Politique du roi de cet Etat. Détails sur l’ancienne religion des naturels, sur leurs funérailles et sur leurs mariages. Liste des différents Etats du Borgou.

Le jour suivant, dès le matin, nous allâmes offrir au roi le cadeau qu'il nous était indispensable de lui faire. Ce cadeau consistait en deux paires de bracelets d'argent, une pièce de grosse mousseline qui pouvait suffire à plusieurs turbans, une pipe, deux rasoirs, un bouton doré neuf, deux mauvais petits miroirs, un couteau à charnière, une paire de ciseaux, et deux peignes. Malgré le peu de valeur de notre présent, le monarque parut fort satisfait et déclara même qu: notre munificence à son égard avait dépassé toutes ses prévisions. Pourtant, nous ne l'eûmes pas plus tôt quitté, qu'il nous envoya demander par un exprès si nous n'avions pas aussi apporté avec nous des grains de corail d'Angleterre.

Dans la soirée nous assistâmes aux courses de chevaux qui ont lieu toutes les semaines. Nous vimes d’abord concourir huit à dix bidets, aussi beaux qu'ils étaient agiles, et la lutte entre eux fut vivement disputée. Ce ne fut qu'après cette première épreuve que le roi parut en selle à l'extrémité de la carrière. Il s'avança au pelit pas, précédé d’une troupe de femmes qui hurlaient et gambadaient à l'envi vers la borne qui indiquait le point du départ, et quand il l’eut atteinte, on Je salua par une bruyante décharge de mousqueterie. Il était plus élégamment costumé, ou du moins portail ses habils avec plus d’aisance et de grâce qu'aucun autre des nombreux princes que nous avons vus en Afrique. Sa monture était harnachée avec soin, sinon avec luxe ; c'était une noble bête, et tous deux, cheval et cavalier, se distinguaient par leur bonne mine.

Le lendemain 44, Sa Majesté envoya de bonne heure un de ses gens à Inguazhilligée , ville qui a un bac sur les bords du Niger, et où sont garés les canots du gouvernement, savoir si on pourrait disposer d'un de ces canots en notre faveur, sans nuire au service public. L'exprès nous rapporta dans la soirée une réponse tout-à-fail satisfaisante. Le roi de Wowow, à ce que nous apprîimes ce jour-là, s’occupail sans cesse à ouvrir de nouvelles routes conduisant à sa ville, et à séparer, à élargir les anciennes. C’est le seul exemple que nous ayons rencontré pendant le cours de notre voyage en Afrique, d'un chef qui daignât prendre le moindre soin de la voie publique.

On cultive dans le voisinage de Wowow une plus grande quantité d'yams que dans toules les autres principautés réunies du Borgou, Lorsque les indigènes rencontrent un étranger sur la route, ils ne manquent jamais de lui demander : « Ah! est-ce que vous allez manger des yams? » Et le roi de Boussa, quand nous étions partis pour Wowow, nous avait dit en plaisantant, qu'il avait peur qu'après avoir goûté des yams de son beau-frère nous ne nous 'décidassions, tant ils uous sembleraient exquis, à séjourner dans ses Elats plus longtemps que nous n’en avions le dessein. Ces fameux yams ne nous parurent cependantavoir aucune saveur particulière. La culture du blé, du riz et des fèves est aussi fort considérable aux environs de Wowow, de sorte que dans celte ville les vivres sont toujours abondants et peu chers. Lors du séjour que nous y fimes, la récolte était commencée , et la saison humide approchait de sa fin. Le pays, comme la plupart des contrées environnantes, produit également beaucoup d'indigo et de coton.

A Wowow les fidèles sectateurs de l’ancien culte croient qu’il existe un Dieu et un ciel où il réside, que cet être glorieux est puissant, règle la destinée des hommes dans cette vie, et que dans l'autre il les récompense ou les punit selon leurs œuvres. Cependant ils n'ont aucune idée d'un enfer, d'un lieu où l’on doive subir d'éternels châtiments. Les âmes des bons,

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