FIN DU
de l'Afrique; située à quelques heures de navigation de la côte, tout près de ces rivières qui, commencant en même temps que les Cameroons à l’est, coulent tout le long de la côte d'Or, où cet abominable trafic s'exerce avec le plus d'activité, Fernando-Po -réunissait assez d'avantages pour engager à y fonder un élablissement, et le capitaine W. Owen partit à cet effet d'Angleterre, à bord du vaisseau de Sa Majesté /’Oden, avec le titre de gouverneur, et ayant sous ses ordres le commandant Harrison,
Nous eûmes le bonheur d'arriver dans lite pendant la belle saison. Cependant nous n'y avons guère joui de la brise de mer, qui ne souffla que parfois du nordouest vers le midi: On dit que le harmattan se fait sentir à Fernando-Po, quoiqu'il ne s’étende pas sur les autres îles du golfe. Ce vent, qui passe sur tous les sables d'Afrique, serait intolérable sans les brises de mer. Tant que règne le harmattan, la sécheresse de l'air fait éprouver-une sensation désagréable, mais qui n'est point pernicieuse pour Ja santé, à ce qu'on assure. L'atmosphère est remplie d’un sable fin et-brillant qui empêche de voir distinctement les objets, le soleil perd son éclat , et tout paraît se dessécher et se flétrir, faute d'humidité. L'effet du harmattan, immédiatement après la saison des pluies, est très bienfaisant, en ce qu'il pompe les vapeurs dont l'atmosphère élait chargée ; on a remarqué qu'au retour de ce vent, à l'époque où les pluies finissent, les malades entrent en convalescence. Le harmattan a aussi pour effet de sécher la peau des naturels d'une façon extraordinaire. Après avoir subi son influence, leur peau se lève en écaille blanche, et tout leur corps semble couvert d’une poussière blanche.
Dacke-Town ou Ephraim-Town , car elle porte ces deux noms, est située dans un lieu assez élevé à gauche, et par conséquent sur la rive est de la rivière de Calebar, à deux journées de Fernando-Po. Elle occupe un emplacement considérable , et s'étend principalement sur le bord du fleuve ; à la voir on supposerait qu’elle renferme au moins six mille habitants. Les maisons y sont généralement bâties en terre, comme à Eboe. La rivière n'est pas tout-à-fait aussi large en face d'Ephraim que la Tamise, au pont de Waterloo. La rive opposée est un peu moins élevée que celle où la ville est bâtie. Les maisons ne sont point construites sur un plan régulier, et ne laissent entre elles qu’un étroit passage. Celle du duc est située au milieu de la ville, et elle est comme les autres bâtie en terre. Elle se compose de différentes cours autour desquelles règnent des vérandah comme dans les maisons de Yarriba.
Pendant notre séjour à Fernando-Po le Caernarvon, bâtiment anglais chargé de provisions envoyées par le gouvernement pour l'usage de la colonie, arriva dans l'île. Il devait se rendre à Rio-Janeiro , afin d'y prendre un chargement pour l'Angleterre. Comme nous ne pouvions espérer aucun autre moyen de quitter Fernando-Po , nous résolûmes de prendre passage sur le Caernarvon , jusqu'à Rio-Janeiro, où nous comptions trouver toutes les facilités désirables pour nous rendre en Angleterre.
Nous nous embarquâmes le 20 janvier 4831. Le 16 mars suivant, nous jetâmes l'ancre dans le port de Rio- Janeiro. Nous fûmes reçus comme passagers sur le bord du #’illiam-Harris , transport du gouvernement qui devait partir pour l’Agleterre.
Nous mîmes à la voile le 20 mars, et nous arrivâmes à Portsmouth le 9 juin suivant.
ALBERT-MONTÉMONT.
Paris. — Imp, Laçour ét Comp., rue Soufflot, 16.
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MA en munis
EL-TOUNSY.