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Les Chohas font aussi de petites corbeilles et des vases en jonc.
part montés sur des mules. Ils tuèrent plusieurs de ces monstres amphibies.
Pendant son séjour au Choa, M. Rochet étudia de plus près le caractère des peuples indigènes, et voici ce quil dit des Gallas, dont nous avons eu déjà occasion de parler dans le premier voyage, et des chrétiens de ce royaume et des lieux voisins.
« Les Gallas sont une des plus belles et des plus vigoureuses races de l'Afrique ; ils diffèrent des 4byssins par la religion ; leur culte est un paganisme mêlé de fétichisme ; leurs mœurs sont plus violentes, plus rudes que celles de leurs voisins chrétiens, qui ont - sur eux la supériorité d'une civilisation relative et des souvenirs d'un nationalité antique. D'ailleurs, pour les Caractères physiques, pour le costume, pour les habitudes de la vie domestique, il y a peu de différence entre les deux peuples. Les Gallas sont en même temps cultivateurs et guerriers. Ils ont peut-être à un plus haut degré que les Ambarras ou Amarahs le passion de la guerre, l'amour de la gloire qui se gagne dans les combats. Malheureusement pour eux, ils sont divisés en un grand nombre de tribus qui sont presque toujours en lutte ; et ceux qui habitent au sud et à l’ouest du royaume de Choa ne peuvent pas opposer à leurs vieux ennemis de religion et de race celte force qui naît de l'unité de pouvoir , et qui est le principal avantage des sujets de Sahlé-Sallassi. »
Dans le Choa M. Rochet rendit de grands services à ses compatriotes, MM. Lefebvre et Petit, qui étaient retenus à la frontière sans pouvoir avancer, et en faveur desquels il obtint du roi l'autorisation de les faire venir à Angolola. Ils quittèrent bientôt notre voyageur pour retourner à Gondar. Déjà M. Rochet avait puissamment aidé les Anglais qui étaient venus en mission au Choa, et leur avait même procuré de l'argent pour leur départ.
Dansle Choa, de même que dans presque tout l'Orient, le souverain est considéré comme le propriétaire suprème de toutes les terres ; il peut s'emparer de celles de tous ses sujets. Nul ne peul faire une acquisition sans l'autorisation royale, et, s’il viole cette loi, la propriété clandestinement acquise est confisquée. La possession de l'or est un des priviléges exclusifs de la royauté. Le roi seul a le droit d’avoir un harem, et Sahlé-Sallassi a 500 esclaves ou concubines, dont 7 résident dans son palais, 13 dans l'enceinte de ses chaumières, et le reste est répandu dans les diverses parties de l'empire. |
Quelques jours après le départ de ses deux compatriotes, M. Rochet commença également ses préparatifs de retour. 11 prit congé du roi, et se remit en roule avec une Caravane qui reprenait le chemin du pays d'Adel. Après avoir franchi le désert, il reparut à Ambabo, où 1l resta vingt jours ; puis il se rendit à Zeyla,
pelit port du pays des Saumalis, à 30 lieues plus bas que Toujourra, et s'y embarqua pour Moka, où il ne fit que toucher. Enfin il regagna l'Egypte, heureux d'avoir accompli sans encombre un voyage qui avait duré quatre ans.
ALBERT-MONTÉMONT.