‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 176 sur 179 · VOYAGE DANS L’ARFRIQUE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

VOYAGE DANS L’ARFRIQUE OCCIDENTALE

Qu exploration du Sénégal, depuis Saint-Louis jusqu’à la Falémé , au-delà de Bakel; de la Falémé, depuis son embouchure, jusqu'à Sansanding; des mines d’or de Kéniéba, dans le Bambouk; des pays de Galam, Bondou et Dos et de la Gambie, depuis Baraconda jusqu'à

céan,

PRÉLIMINAIRE

Le voyage dont nous allons offrir une rapide analyse fut exécuté par une commission de cinq membres qu'avait choisie le gouverneur de nos établissements au Sénégal; toutefois, de ces cinq membres, deux furent obligés, par suite du mauvais état de leur santé, d'abandonner le pays, après avoir remonté la Falémé jusqu’à Sénou-Débou et visité Boulébané et l’almamy ou chef de Bondou ; les trois autres membres continuèrent seuls les voyages ultérieurs, qui eurent pour objet de lever une partie du cours de la Falémé, de reconnaître les mines d’or de Kéniéba dans le Bambouk, de parcourir une partie du Galam et du Woolli, enfin de descendre la Gambie dans une étendue de près de 120 lieues. A leur retour à Saint-Louis, nos trois voyageurs se virent encore bientôt réduits à deux, par suile du décès de M. Huard, qui avait été chef de l'expédition. M. Raffenel resla chargé de la rédaction de lout le voyage, et c'est maintenant de son travail que nous allons nous occuper.

RELATION

Voyage de Saint-Louis à Bakel.

Le 16 août 1843, nos voyageurs parlirent de Saint- Louis sur un petit bâtiment qui allait remonter le fleuve Sénégal, accompagné de deux bateaux à vapeur, expédiés par le gouverneur pour transporter au fort de Bakel les approvisionnements nécessaires à la petite garnison de soldats noirs que le gouvernement y entretient. Une tornade, ainsi qu'on appelle les orages du bas de la côte, arrêla un moment le navire, et l'on n'atteignit que vers deux heures le village de Maka, situé sur la rive gauche du Sénégal, à côté d'un petit marigot portant le même nom el tributaire du fleuve. Ce village appartient au Wallo, pays occupé en partie par les Maures. Le 17, on atteignait Débi,

village situé du même côté du fleuve que Maka, et également au bord d'un marigot. A onze heures, on doublait le marigot de N'Guiaguer on des Maringouins, lieu consacré par les nègres pour une cérémonie analogue à celle du baptême de la ligne équinoxiale, moins toutefois la mise en scène, qui est encore inconnue aux navigateurs du Sénégal. Cette cérémonie, appelée Bagnass, corruption du mot baigner, consiste en parodies de prières, en un serment qu’on fait prèler aux nouveaux baptisés, et en une aspersion d'eau et de cendres.

Après avoir dépassé le marigot des Maringouins, on atteignit bientôt le village de Kamm, placé sur la rive droite du fleuve, et où l'on fabrique des naites qui ont de la réputation parmi les nègres; les environs produisent du riz en abondance. On arriva ensuite an village de Diaouarr, situé sur la rive gauche; puis à celui de Brenn, coupé en partie par un marigol; puis on atteiguit l'escale des Darmankours et le village de Diek , où l'on fait le commerce des gommes. À six heures, on traversa l’escale des Trarzas ; à huit heures, l'ancienne escale de Kamm, qui était limitée par un marigot où l'on sacre les rois du Wallo.

A neuf heures, on mouillait devant le poste militaire de Richard-Toll, àl'entrée du marigot de Tahoué, qui communique avec un lac, position qui est comme la clef du pays.

Le 49, on arrive au village de Guidakar, situé sur la rive gauche, lequel est inondé pendant la mauvaise saison , et donne naissance aux marais désignés sous le nom de Sa/fton, dans lesquels on trouve une grande quantité de sangsues. Ce village est habité par lés Gantenns , dont les mœurs ont beaucoup d'analogie avec celles des Griots, lesquels vivent entre eux, ne contractent d’alliances qu'entre eux, et qui, sans être posilivement idolâtres, ont repoussé pour la plupart les enseignements de l'islamisme; ils admettent la vertu des gris-gris, commune à tous les peuples de la zône transatlantique africaine.

On arriva bientôt à l'île de Todd et au village de ce

nom, puis à celui de M'Bilor et à celui de Dagana, un

des plus considérables du bas fleuve et dans lequel exisie un poste militaire français gardé par trente soldats noirs ; ce poste sépare le Fouta du Wallo. Le 20, on gagna le village de Faneye, placé sur un marigot tributaire du fleuve, et où se fait un assez grand commerce avec les indigènes. Le même jour, on dépassa le village de Moussa-Bakari, situé sur la rive gauche, et qui porte le nom d'un célèbre pêcheur , lequel faisait surtout la guerre aux caïmans, assez nombreux dans ces parages. Ces reptiles ont peur du bruit, et n'altaquent pas le troupeau qui vient boire et se baigner en masse, mais ils ne craignent pas de sauler sur un bœuf ou un mouton isolé.

Communément, dit M. Raffenel, les victimes des caïimans sont les hommes, les femmes, les enfants surtout et les animaux, qui viennent isolément au bord du fleuve pour s’y baigner ou y boire; le nombre en est toujours grand chaque année. L’aveugle confiance à la puissance protectrice des gris-gris est souvent cruellement punie.

De Richard-Toll à Podor, les rives du Sénégal sont très élevées ; le sol est fertile; on aperçoit des roniers en plus grand nombre à mesure que l'on remonte ; mais ces espèces de palmiers ne sont guère là que comme d'inutiles ornements, puisque les nègres ne savent pas en tirer parti. Les plaines sont moins exposées aux inondations que dans le bas du fleuve.

Le 21,'on arriva à Podor, grand village habité par des cullivateurs et des pêcheurs, et après avoir passé plusieurs autres hameaux, on atteignit le marigot de Souksa, Le Sénégal offrait des rives escarpées , des plaines accidentées d arbustes et de buissons. Le 22, on gagna Aleybé, village considérable, habité par des Foulahs; puis on alla à Casga, endroit aujourd'hui en ruines: on coucha ensuite à Gabobé. Le 23, on se dirigea sur Saldé, gros village de la rive gauche, occupé

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