A RE RER EEE CE D
épargnent souvent en hivér, au moment de Ja ponte: Les lésards composent leur nourriture de prédilection, et mème la principale en cerlaines saisons. HS mangent également des fourmis et surtout leurs œufs, gui ônt un goût d'huile. Is mangent même des serpents, dont quelques-uns sont venimeux, mais ils Out soin aupiravant de leur écraser la lète et de vider l'estomac: Au jirintemps, la principale nourriture des indigènes se tire des œufs et des jeunes oiscaux,; comme perroquets, faucons, ducs; cygnes, pigeons, ete. Ils prénnént l'oposstim en suivant la trace de ses griffes sur l'écorce jusqu'à son trou dans les arbres. . Jun été et en automne, les naturels de la terre du Roi Georges tirent de la pèche une grande partie de leurs aliments. lis n'ont pas. de canots et ne savent point nager, différant en cela des indigènes des autres parties du continent australien : aussi ne saisissent-ils que le poisson qui s'approche du rivage. Is n'ont ni filet, ni crochet, ni ligne, et ne se servent que de la lance, qu'ilssavent, ilest vrai, manier avec une grande dextérité. C'est aux embouchures des ruisseaux où des rivières que leur pêche est plus abondante (1). Quand elle dépasse leurs besoins présents, ils sèchent, rôtissent et gardent le restant dans des écorces. Ils prennent surtout beaucoup d'huîtres, parfois des veauxmarins, des tortues, et même des baleines que le hasard a jetées sur le rivage, et qui leur fournit une graisse copieuse, laquelle donne alors jilus de saveur aux racines où autres végétaux faisant aussi partie de leurs aliments.
Ainsi les indigènes de la terre du Roi Georges vivent des productions de la nature sans le secours de l'art ; celte nourriture, variant dans les différentes saisons et les divers pays, pauvré en qualité, souvent rare, et parfois les obligeant à une vie vagabonde. La population est donc loin d'être considérable, et elle varie en apparences et en coutumes, suivant l'espèce de nourtilure de la contrée. H y a de nombreuses subdivisions dans les tribus, mais il est difficile de les «islinguer. ayant toutes le même nom et le ème district, sans aucune autre désignation. Eb temps de paix ils s'associent rarement, et leurs guerres ont lieu plutôt entre individus où familles qu'entre tribus ou districts. Es n'ont pas de campou de rendez-vous, ne reconnaissent aucun chef général, et ils s'assemblent ou se dispersent, suivant que la saison ou leur penchant les Aeiermi:e.
Dans les temps de sécheresse, ils quittent le pays qu'ils habitent, S'il se trouve privé d'éau. HS grinipent sur les arbres, afin d'étancher leur soif, en y pratiquant des trous et en extrasdnt la sève. Les femmes ellesmèmes ont recours à ce Moyen.
La diseitte de vivres à occasionné quelques autres usaLes qui sont eurieux et caractéris iques, Les hotrmes et les femmes sen vont le matin ce bonne heure en délachemerts séparés ELeon po és de deux on trois béers nues, les femmes four reeuellir des racines où des écrevisses, et les hommes avec leurs lances pour prendre du poisson où tuer du gibivr. Les femines euisent ies raciaes vu eu queles ont trouvé et les mangent, ma.s en rése: vent une partie pour ls enfants et p ur les hommes. Quand Ts hommes ont réussi à umassér dn Don butin, ils atlument un granit feu et haligëht une portion de leur chassé. Les homnies majiès en réser ent généralement une pour leurs femnes. IS sont extrêmement jal:ux de leurs aliments, ils les cachent et les mangent en silence el en seeret; cependant si d'autres indiviius Sont présents. ils leur eh donnent ordisairement une faible partie. Les hommes amassent aus&i des racines, mais plus Souvent ils abandonnent 6 Soin à leurs compagnex.
Hs out queiques idées supersti iéusces à l'égard de la
. (1) Dumont-d'Uville à observé que ces sanvages élèvent êe: digues de pierres on de branches d'arbres durs des mi rées, pour retenir le poisson et én préndre davantage #0 reflux. A. M
nourtiture particulière anx diTérents âges et aux diffés rents séxes: Ainsi les jeunes filles; après 6nze ou do2ê ans, ne mangent plus de bantlicouts, ce mets nuirait à leur fécondité prochaine; les jeunes garçons ne man: gent pas d'aigle huir, ils n'auraient point de Lélle barbe. Hs épargnent aussi le kangarou, et ne s'en nonrrissent indifféremment que lorsqu'ils ont plus de trentè àäns. Les cailles sont la diète des vieillards, Ahondanee de cliair de kangarou rend les femmes plus fécondes.
Les naturels de celte contrée paraissent aimer beaucoup leurs enfants et les punissent bien rarement. Mais ils ne sont päs atissi tendres pour les femmes; car on en voit souvent qui ont à la cuisse on aux jambes de larges blessures que leur à faites la larice de leurs maris.
Les femmes sont très utiles à leurs maris, non seuleient en leur procurant de la nourriture, mais aussi en leur préparant leurs vêtements, leurs hulies, et en remplissant d'autres devoirs domestiques. Elles ont peu d'ustensiles, et enccre sont-ils grossièrement faits : nn morceau d'écoree dont les deux bouls sont joints ensemble tient lieu de coupe; la griffe d'un kangarou sert d'aiguille ; un roseaü creux où l'os d'une aile d'oiseau leur sert à pomper l'eau avec la bouche.
La polygamie est de pratique générale, chaque homme ayant un certain nombre de fenimes; mais les usages intérieurs de ces naturels n'ont pu encore être bien connus. Les filles paraissent être à la disposition de leur père, et sont généralement fiancées dès leur enfance ; il y en a même que l’on fiance avant d'être nées, et par conséquent avant que la mère suil sûre de mettre au monde une fille. En certains cas l'échange est mutuel. I n'est pas rare que les hommes auxquels on fiance de jeunes filles soient d'un âge mür ou même avancé, et possédant déjà plusieurs femmes. IL paraît qu'il n'y a point de cérémonies nupliales. Dès le premier âge la jeune fille est amenée à son futur époux. Les prévenances et les présents sont pltiôl pour son père que pour elle, qui reçoit seulement des bagatelles alimentaires ; le père reçoit un manteau, el quelquefois des lances. À onze ou douze ans la jeune fiancée est définitivement remise à son époux.
Ceux qui volent des femmes pouren faire leurs compagnes, ce qui est commun parmi les naturels: de Ja terre du RoiGeorges, sont obl gés de veilierdavahtage eur elles. Quelqueloisils usent de vivlence, et la jeurre fille est enlevée malgré elle. En général; cependünt, celles qu'on enlève ainsi appartiennent à de vieux maris, et de jeune couple s'unit ès lors par une inclination mutuelle ; quelq'efois même la iribu est dns le secret du ravisseur, cat tés parties souvent s éclipsent du milieu d'elle, vont aussi loin que possible et changent eshunuelement de lieu pour échapper aux reenerches da mari offeasé. Si le couple a pu sesouslraice à ces recherches jusqu'au moment où la femme enlevée est devenue ciecinte, les amis; de part el d'autre: istereèdent; où Lai ds présents au nul, et elle est atirauc ie dé son jrehicr engagement, H arrive souvent, toutefoiss qu la femine est retrouvée à lemps, ei alors le niari ia puni sévèrement, ju. qu'à Lui percer la euisse de sa lance, L'intid lité est asez commune. Le mari veille d'un œil jaloux ur sa moitié; et au moimire SOUpÇun il da châ.:e avéc rigueur. | à.
La najorité des hommes rrsie célibataire jusqn à trente aus pass S'; quelques unis p'us Jongtemps. Les hommes vicux ont non-seulemen: plusieurs feuimes , wiais encore des femmes de Lous les âges.
Get inconvénient est compensé par Un autre usage, qui permet de conrtiser une femme du vivant de son mat, mais de l'aveu des conjoints, el à la condilion qu'elle devienilro | épouse du sigisbé après la mort da mari. Geboi-ci recoit.alors quelques presents, ainsi que
.Sù compaghe, QUI, au resie, les partage ordinairement
avec lui. Get usage 80 ,pralique ouvertement el au gré de toute monde; mais il exige un certain Aiécorum,
BAUBIN. y, À
afin de ne pas trop chalouiller la susceptibilité du 16gilime époux.
Lorsqu'un homme meurt, il est de règle que ses jeunes femmes se retirent dans la triou de leurs pères durant la période da deuil, période où elles vivent presque dédaignées par ceux même auxquels elles doivent appartenir, et elles seraient punies exemplairement si elles allaient immédiatement avec eux, à moinsqueles deux amants ne s'en fussent tout de suite ailleurs. Il n'est pas rare qu'une femrne consente jusqu à avoir des accointances avec les plus proches parents de son mari, s'il y adhère. |
Comme dans lésautréStribussauvages, les femmesde celles de la terre du Roi Georges souffrent peu dans leurs couches, et même, le jour qui suit celui de la délivrance. elles vont déjà chercher leur nourriture comme de coutume. L'enfant , recueilli dans un pan de manteau, est ensuite suspendu à l’épaule maternelle , et n'est couvert qu'au moment où il peut courir seul.S'il naît deux jumeaux, l’un des enfants est mis à mort, le mâle s'ils sont de sexes différents : les raisons que ces sauvages donnent d'une telle barbarie, c'est qu'une femme n'a point assez de lait pour nourrir deux enfants, et ne sauYäit non plus chercher assez de nourriture pour eux EL pourelle à la fois. On ailaite les enfanis jusqu'à l'4ge de quatre ou cinq ans; mais bien avant qu'ils soiét Sévrés, on leur enseigne à se procurer déjà une portion de leur nourriture.
Une fille de neuf GÙ dix ans a la surintendance de toutes celles qui péüvent marcher; elle les emmène avec elle. chacütié äyant un pelit bâton, colliger des racines dans le voisinage de leur campement. Sielles apercevaient un étranger, elles se cacheraient aussilôt dans les herbes en s'y couchant à plat ventre comme un lièvre. Plus âgées, elles accompagnent les femmes qui généralement les portent sur leurs épaules à ca lifourehon.
Ordinairement ces sauvages dansent tout nus ; mais devant les Anglais, ils avaient leurs manteaux roulés autour des reins, laissant la partie supérieure du corps cutièrement découverte. La face était peinte en rouge, et sur les bras comte sur le corps, on aperecvait différentes figures peintes Ph blanc. Le blanc est la cou: leur habituelle où l'eiblèmié du deuil; niais on l'eni: ploic dans les danses, parce qu'elle cstla plus vovante la nuit. Les néderin- ou sofciers et les vieillards ne dansent jimais. Un feu s'allume sur un lieu bien apparent, et un vieillard se lient derrière, landis quon danse devant, comme pour aller vers li. Cetie danse est accompignée de beaucoup de contor 1ins, et représente communément la chasse etai m<e à mort de divers animaux : aussi n offe Lelle ni éligance ni velucité: elle et au contraire boufinne. et quelquelois peut-être syimb dique. Le bruit qui se fait en dansant est oin d'êtremusieals le danseur répète à chaque saut le mot onû, ou, sorte d'e clamalion.
Les indiidus qui ont le plus d'inflience parmi ces &uas s sont les mulqaradocks. où méderi:s charlaans, 1 y en à de plusienre classes, lesquelles in hiquent la nalure et étendue du pouvoir de chacun. Un mulgaradock est regardé comme possédant le pouvoir «le dissiper Le vent ou la pluie, de faire descendre la foudre ou la maladie sur un objet queleonqu: de sahaine, Quand il e saie de calmer un orage, il se lient en plein air, agile les, bras, Sec ue son mauleau de peau, et geslieule violemment pendant assez longiemps. I procède à pen près de même pour élaigner ba maladie, eu faisautinoins de bruit, en pratiqu nid s frictions(L., £ouvent avec deux baguelles de bois vert auparavant chauffées au leu, eten lächant par inlerva les une bouffée de vent, soi disant propre a enlever la douleur, On suppose que la main du mulgaradock peul couférér
{1} Ces frictions n'ont pas lieu dans les c1s de dyssenterie, qui Soit assez fréquents, on administre alors au patieut de la gomme d'un arbre, et quelquefois d's tiges verfes d'une cérmine racine ronge, A. À.
la force ou l'adresse, et il est fréquemment visité par les naturels qui désirent l'une ou l'autre. L'opération simplement consiste à lui tirer Ja main plusivurs fois de Suite, avec une forte pression, del'épauleaux doigts, et il l'étend alors jusqu'à ce que les articulations craquent. L'office habituel du mulgaradock est de guérir les blessures de lance, qui, du reste, inquiètent peu les naturels. Ces empiriques sont très adroits à extraire l'arme, après quoi ils appliquent un peu de poudre analogue à celle du fard, et bandent bien 11 plaie avec une écorce douce. Dans la dièle du malade les degrés de la convalescencesont marqués par la nourriture qui luiest permise. D'abord, seulement desracines; ensuite des lézards, puis du poisson, ele. On ne voit parmi les naturels nul cas de difformité, rarement des sourds ou des aveugles, Les défaillances n'alarment point. Le traitement usilé parmi eux pour la morsure d'un serpent est simple et rationnel.fls fixentune ligature de jonc sur la partie du membre atteinte, élargissent la plaie avec la griffe d'un kangarou ou la pointe d'une lance,et sucent cette plaie, en lalävant souvent, ainsi que leur bouche, avec de l'eau. Dans les localités où ils ne trouvent pas d'eau, ils considèrent la succion
-<omme dangereuse.
Dans leurs rencontres, les naturels font plusieurs cireuits, et s'embrassent plusieurs fois en envelonpant de leurs bras le manteau de leur ami, qu'ils soulèvent de terre, et dontils baisent les mains, ce que Fami leur rend exactement. La baguelte de bois vert paraît êlre toujours un symbole de paix, ét elle figure dans les danses. Les querelles entre individus cessent à l'intervention des familles respectives.
Lorsqu'un homme est Lué, sa tribu se réunit sur-lechamp autour de lui et jure de venger sa mort; mais il leur est indifférent de tuer le principal coupable ou un autre homme de la tribu adverse. Pourtant la peine dutalion s'étend beaucoup plus loin ; carsi un homme périt par accident, en tombant d'un arbre, en plongéant dans la mer, où de toule autre façon, les amis du défant imputent sa mort à quelque mulgaradock d'une tribu ennemie, et ils tuent, pour le venger, un homme de éettetribu. Ainsi, lorsqu'un individu est sérieusement milade, et qu'il sent ne pouviir enrevenir, il lâclié de tuër quelqu ut, espérant de la sorte échapper ah danger.
Dans les combatssinguliers ils emploient leurs mareaux, leurs bâ‘ons longs ou courts; el souient sans doute PS coups qu'ils portent seraient mortels ; mais ils semblent incipab'es d'asséner de binse upslourds, ils frappent plutôt m lement comme des femmes. Is n'useut pas de boucliers, mais 1s: sont extrè sement adroits à éviter les coups, de lance.
Les querell.s les plus fréquentes s'évent à loccasion des fémmes. Pour les dépré ations sur PS terres les uns de: autres, où pour toute anse 1érère, ces sauvages se contentent de coups de lanre aux jantes ou aux euisses, sans cherch:r a se ty; ét dès q''un individu, depart on d'autre, estbles 6. leéombhal cesse,
Dans que ques contrées de l'Australie, les in tigencs ant des assemb'ées réguliè es pour se livrer b ta lle; il uen est pas ainsi chez ceux de ta terre du R ii Greorges, Leurs a taques lorsqu'elles doivent ètre fuales, out le plus fréquemment tien lanuit, et lonjours & la dérobée. Ds que lenne ni s approche, ils elevent un er, saisissent leurs lances, fondent $or lui en tu nulté, repouss ht leur barbe dans leur bôuehe,e. font les plis hileuses grimaers, ainsi que des frénéiques. Un ou deux guerriers de part et d'autre se livrent combet, et durant li mêle, on essaie de les sép rer en courant autour d'eux. Ils poussent leurs lances en se Lenant à quelques pas les uns des autres, et leur dexiérié à Tes eviter est vraimeut merveilleuse, car ils ne bougent presque jamais dé place. ce qui lait que les lances, jetées devant Fun des denx partis, occasionnent des äccideute inattendus, Pendant la latte, les femmes et les enfants se ticnnent éloignés du théâtre sanglant, elen grand nombre, afin de se protéger mulyellement, Qn
Un campement se compose rarement de plusjde sept ou huit huttes.
n'allume alors que bien rarement du feu, sice n'est pour euire les aliments, eton pren 1 beancoup de précautions pour n'être pas découvert, Les hommes non mariés sont d'ordinaire les guerriers attaquants. Ds vosagent par délachements de trois ou quatre, en laissani le moins de trace, possible de leur marche, évitant les sentiers, de peur que l'empreinte de leurs pas ne les trahise : car. de même que les autressauvazes. les Australiens ont une sagscité inouïe à suivre la trace d'un pas humain. Lorsqu'ils ont découvertun campementennemi. ils attendent la nuit; alors ils approchent avec précaution en rampant sur les mains et les genoux, jusqu à ce qu'ils aient trouvé la personne qu'ils cherchent , et aussilôt de leur lance ils lui traversent le corps. L'eunemi, qui est surpris de la sorte. à l'inslant se met à fuir sans essayer de résistance, car dans les ténèbres de la nuilil ne peut disrerner un ami d’un ennemi , et la lueur des leux ne sert au'à exposer plus sûrement à des coups meurtriers. Les f:mmes et lesenfauts sont également sacrifiés, mais loujours en pétit pombre, Néanmoinsres escarmouches continuelles affaib'issent considérablement la population indigène; car lorsqu'un individu tombe frappé, quelqu'un venge aussitôt sa mort. Après ses funérailles on lève le camp, on quitte le pays pour une certaine période, durant laquelle on à soin de ne pas prononcer le nom du mort, et en rappelant l'événement on se borne à men-
tionner les survivants: si on citait le nom du mort,on risquerait de voir son ombre.
Les funérailles sont accompagnées de lamentations bruyantes, On creuse une Fisse dequatre pieds de long, trois le large et six de profondeur, au bas de laquelle on dépose une écorce, des rameaux verts, et le corps par-dessus, enveloppé deson manteau, les genoux repliés vers la poitrine et les bras croisés; on couvre le tout de nouvelles branches et d'écorce, enfin de terre pour remplir la fosse, qui est aussi marqué: par des branches d'arbres, les lances, le couteau de pierre et le marteau du guerrier expiré. Les pleureurs gravent des cercles dans l'écorce des arbres voisins de la tombe, à la hauteur de six ou sep! pieds du sol; enfin ils alliment un petit feu en têle, recueillent quelques rameaux, en ayant soinde leshien netlover pour qu'au cune parcelle terreuse n'y soil adhérente. On se convre la face en noir ou en blanc, on se fail quelques pustules au front, autour «les tempes. et sur les os des joues, marques de deuil qu'on porte assez longtemps. On se coupe aussi le bout du nez, et on l'égratigne comme pour en faire couler deslarmes. Durant le deuil, on ne porte ni ornements ni plumes. Ilarrive souvent que deux personnes ont le même nom; à la mort de l'une d'elles, l'autre change le sien pour un certain temps, afin que celui du défunt ne puisse être proféré.
Wa | d #£ ag AM \ | e
Un de ces sauvages, apercevant un matelot anglais dans un état d'ivresse la plus complète.
Une femme est également ensevelie avec tous secs accoutrements et ustensiles.
On pourra conclure de là que ces sauvages croient à la vie future Le voyageur anglais qui nous à fourni ces détails ‘y met aucun doute. Ils pensent, dit-il, qu'après la mort i's s'en vont vers la lune. Hs ont foi aux esprits, el prétendentmème ea avoir vu: i'scroient aux présages ; et le chant du coucou, par exemple, est un augure de mort.
Leur langue ahonde en voyelles, el ne manque pas d'une certaine harmonie. Ils désignent par des noms partieul ers, soil les saisons. en partant de juin quiest pour enx le commencement de l'hiver; sûil les vents, par sud , sud-ouest, nord, est, et nord-est; soil les tribus, les classes et les noms d'individus.
Du reste leur lime diffère entièrement de celui des naturels de la côte orientale, et mème de l'idi me des tribus voisines. En général, ils parlent vite, etsouvent rompent la conversation par un chant dans lequel ils relatent telles circonstances du moment qui les intéressent. Ils ont aussi deschausons, pour ainsi üire, improvistes. Les femmes chantent plus souvent entre elles, et leurs chansons ne sont pas toujours déceutes : les hommes sont de mème enclinisaux paroles graveleuses el satiriques. Dans leurs camperents, dit M. Niud, ils faisaient toujours beaucoup de bruit; mai-ce bruil cessait à l'approche d’un étranger, jusqu'à ce que l'on sût
qui il était. À sa venue on paraïssail joyeux, on le cajolait, on le flattait: on lui faisait d'abord quelqueslarins, etpuis des vols plus grands. Toutefois beaucoup d'articles étaient restitués, s ils lui avaient été dérobés par des in tividus étrangers à la tribu au sein de laquelle il se trouvait.
Quitous maintenant le jort di Roi Gesrges, et continuous Lotre rapile revue des côles sud-ouest el ouest de la Nouvelle-Hollan le,
Une affligeante aridité se montre sur la terre de Leuwin, jusqu à la haie da Geographe, dontles rivages présentent quelques beaux arbres. On dé ouvreie : 1atérieur q elques hordes saivages, halo ues à celles du portdu Roi Georges , el 1 faut aller à la rivière des Cygnes dans la terre d'Ede s pour reposer sa vue faliguée de l'aspect sombre et monoluue qu on avait devanl Soi. é
La rivière des Cygnes fut découverte, en 1696, par le capiaine de navire hollandais Vlaming, qui était parti du Texel pour aller à la recherche d'un bâtiment de la Compagnie des Indes hollanduises que L'on supposait avoir péri sur la côte de la Nouvelle-Hollande, dans sa traversée du cap de Bonne-Espérance à Batavia. Comme en #emonlant celle rivière, le marin batave vit s'envoler un grand nombre de cygnes noirs, il ui donna tout nalurellement le nom de ces oiseaux.
Vlamiug ne visita point la contrée. Elle resta même
oo = ;
ignorée pendant tout le cours du dix huitième siècle, et ce fut seulement dans la première année du dixneuvième que Baudin explora ses parages. Ils ont été de nouveau visités, en 1827, par le capitaine de vaissean anglais Sterling. Le compte avantageux que cel officier rendit de la fertilité du sol décida l'Angleterre à y fonder une colonie.
Cet établissement n'a pas toutefois entièrement répondu aux espérances qu'il avait fait concevoir ; le pays n'est point également fertile; en beaucoup de lieux il manque d'eau douce: il faut pénétrer au-delà de la première rangée des coteaux pour trouver un sol généralement produelif. Cependant on a jeté les fondations d'une ville à l'embouchure de la rivière des Cygnes : celte fondation a élé résolue en 1829, et la cité portera le nom dè Freemantle, il y en aura une autre douze milles plus haut, et immédiatement, au-dessus d'un endroit appêlé #elville Water, Sûr là rive gauche de la rivière, elle 8e hommera la ville de Perth.
Le grand obstaële Sera loujours la rareté de l'eau, surlout pendant tFüi8 bu quatre mois de l'été qui commence à la fin d'oetébre; on pourra peut-être y suppléer en creusant des puits. Les endroits de ce lerritoire le plus favorisés Sün1 les vallées étroites qui avoisinent des pics de &khit isolés et les fonds bas où les eaux de la rivière déburden pour arroser d'excellents pâturages. Dans cbs D'EUX Oh voit rarement le banksia, dont l'aspect est de Si fäuvais augure; mais les mimosas sont frequélité. Où à trouvé quelques étangs ou petits lacs d’eau doute; À Quärante ou cinquante milles dans les terres. Mais quant äü littoral, c'est partout le même aspect que dans Ê voisinage de la rivière des Cygnes, c'est-à-dire Une k äge Säblonneuse, défendue par plusieurs lignes dé Fétifs dè côrail ; le terrain est sablonneux et stérile, ét ABsülument ingrat pour le colon. Le veau marin où phoque velu est eommun sur toutes les petites îles sitiées à utie tiStance plus ou moins” considérable du continéñt. Les kangarous sont également nombreux. La £eète Et d'ailleurs ahimée sur ces îles et un peu avait dans l'ihlériett du cobtinent, par des kangarous, des perrodhets, des perru: les, de gros corbeaux et des cagties noits, animaux les plus remarquables de ces parages où l'eSpèce haine estLet petit nombre, surtout pus dent tans les terres Ffies, où le bois de charpente é8t ch quentité iNépuisalle tt de qual:té parfaite; tandis que les pâturages fournissent une nourriture abondanie aux moutons, aux chevaux. ot au gros bétail. Le climal nu y est désagréab'e que dans les mois de janvier. février et mars, qui sont incommodes sans pourtant nuire à la santé, c'est alors que la chale r estintense. et que les moustiques pulluleut: mais ces nconvénients soul bien contrebalancés par tous lesauiresavantages; le climat les poris, la position et l'étendce de celte con réeen fe GnL sans doute un jour une possession rche el prissante, qui d'ailleurs pourra encore tirer des ressources du port du Roi Grorges , où la température est plus égale et plus douce,
La baicdes Chiens-Marinequi selrouve plus au nord, et que le capitaine angliis Pampier vista le premier, offre aussi plusieurs mouillages d'une sécurité parfaite, suriout vers la presqu'île Péron. 1 est vrai que Ja végéaion, vu le manque d'eau, x est en cénéral bien
peu vigoureuse, el que ses pr: duits sont rarcs, à PEx-
ceplion de la chicorée sauvage; mais on rencontre bon nombre de kapgar us, dont laclrair délicate ressemble à celle de nos lapns degarenne. Péron ditque ces kangarous soul extrèémenrent doux el timides, que le plus léger bruit les alarme, el que le souffle du vent suflit quelquefois pour les mettre en faite. I y à ici quantité de pérruches, de tourterelles et d lirondel'es, et de pe- {its oiseaux très sauveges, dont le chant n'est pas sans mél: die, el de plus des exgnes noirs, des pélicans, des goëlanits, des aigles de mer et des courlieux.
Les île< de Ja baie des Chiens-Marins ne sont point habitces, mais la presqu île Peron recèle quelques hordes peu nombreuses el fort misérables, qui out pour abrides
huttes construites de branches d'arbres recouvertes en terre, et quelquefois aussi des terriers, dernière espèce d'habitation à laquelle les indigènes ont recours, par suite des grandes variations de température et du passage brusque de chaleur et de froid, de jour et de nuit, qui portent coup à la santé et à la vigueur de l'homme, Le plus grand désavantage de la baie des Chiens-Marins est le manque absolu d’eau douce.
Le même inconvénient se retrouve sur les côtes de la terre de Witt, où il faut excepter cependant le groupe des îles Forestier, dont l'une, l'île Depuch, présente une assez belle végétation; mais en général le sol de la terre de Witt est d'une stérilité presque absolue, les plantes ou lesfruitsbonsà manger y sont extrêmement fâres ; et comme une compensation bien funeste, on apercoit des serpentsde mer en profusion el de toutes dimensions. L'archipel Bonaparte, que le navigateur Saint-Allouarn visita pour la première fois, eLnomiva de soh nom en 1772, el qui est situé à 5 degrés plus au nord, présehile moins de stérilité, et même une agréable végétation.
Nous ne dirôs rien de la terre de Carpentarie, puisque l'expédition française ne la visita point, ni de la Nouvelle Galles du sud, parce qu’elle sera plus tard l'objet d'un examen spécial. Nous passerons éralement sous Silence les délails que l'expédition Bandin a recueillié sur l'ile de Timor, parce qu'il en a été question dans hlusieuts äutres voyages que notre collection a déjà il contiattre, D'un autre côté, le voyage de Baudin n'élänt jiâs une circumnavigation, nous avons dû nous borner à en offrir ici les résultals sommaires.
FREYGINET.
Le principal objet de l'expédition de M. le capitaine de Freycinet avait été de rechercher la figure du : 1 be et celie des éléments du magré isme terrestre daus l'hémispl ère a stral. L'Académie des erienccs avait En outre indiqué à Faltention de çe savant navigateur bon nombre de questions. méléorclogiques. La géogr phic ne devait être que secondaire dans ce voyage, mais on nourrissat le juste espoir que beaucoup de soints doulenx sersient aussi complé.és ou rectifiés La corucltte l'Uranve, ainsi de tiuée à Lie le tour du monde, avait à bord vingt à vingt cinq ofliciers, tant d'éalnajor que de santé, d'élèves de marine que d'aspirants, avec un vombre se ffisant de malelots. On avait embarqué tous les instrun en s névces-aires aux expér ences Scicn- Hifques. avec une erande quantité de cartes, L'un choix de bous livres d'histoire naturelle, d'astronomie el autres. La corvette portait vingt canons, @t en tout cent vingt honimes, dont cinquante au moins pouvaient exercer au bessin diverses profe-sions. Elle était approvisiopnée de vivres de la meilleure qualité, el de caisses en fer propres à contenir de l'eau pour la préserver de la pulridité On avait en outre à bord un alanibic destiné à distiller en grand l'eau de la mer, quand on ne pourrail pas se procurer d'eau douce, pricaution d'autant plus nécessaire qu'on se proposail de relâcher sur des p:rages où lou ne trouverail pas d'eau potable; étc'élait la première fois que la navigalion allait recourir à cel ingénieux procédé français. Comme le vaisseau n'avait point de conserve, il reçut des ra-
PL
as lé
Ch. Mettais del.
ILE OMBAÏ.
({Freyeinet.)
J, BRY aîné, Editeur
LA test Feat f ê À
Imp. Gerdès.
| FREVGINET.