‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 21 sur 179 · YO · texte numérisé non relu

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changés de toutes espèces pour deux ans ; reçut également un assortiment eonsidérable de quincaillerie, d'armes et de poudre de guerre, avec une Somme de dix mille francs en piastres. Hnlin l'équipage était pourvu de tablettes de gélatine pour les soupes, de légumes enfermés dans des vases en ferblänc ou en tôle, d'après les procédés de MM: Darcet et Appert, ainsi que des viandes préparées, et qui peuvent se conservèr de la sorte pendant un nombre d'années indéterminé, ce qui dispensait d'embarquer des bestiaux vivants. Au moyen de toutes ces précautions, les marins étaient assurés d'avoir pendant tout le vuyage une nourriture aussi saine qu'agréable:

L'expédition fit voile de Toulon le 17septembre 1817, el arriva le 5 octobre devant cet énorme rocher de Gibraltar, qui firme l'extrémité méridisnale de l'Europe, et ne tient à l'Espagne que par une langue de terre sablonneuse et trèsbasse, rocher coupé à pie, haut d’environ quatre cents mètres; el héris-6 de six cents pièces de tanon en batteries du calibre de trente-six où quarante-huit, rocher où l'Agleterre cfilretient une garnison de plus de cinq mille iommes.

La corvette quilla Gibraltar, le 44 octobre, pour vo- -guer désormais dans le vaste sein de 1 Océan. Elle arriva, le 22; à Sainte-Croix de l'île de Ténéritfé, üné des -Canaries, on Îles Fortunées, près de la côte d'Afrique. Cette île Fortunée ne le fut guère pour { Uranie, que l'on voulait forcer à une rigoureuse quarantaine à cause des maladies pestilentielies qui régnaient alors. Pour se souSlraire à une pareille rizueur, la corvelte s'éloignadecelle Île, le 28 octobre, en naviguant vers l'ouest, mais hors de vue des îles du Cap-Vert.

Le 29 novembre 1817, on coupa l'équateur à 31 degrés environ de longitude occidentale du méridien de Paris. L'équipage ne manqua point de suivre l'usage des marins, en baptisant ceux des gens de mer qui franchissaient la ligne pour la première fois. 11 y eut d'abundantes immersions d'eau salée sur les néophytes, -et dë copicuses hbations d'eau de-vie parmi les matelots: Alors on conlin ra la traversée, en faisant route ver. le Brésil, et l'on arriva, le 6 décembre, devant sa capilale, Rio-Janciro.

M: Je capitaine de Freycinet présente une description très détaillé» de celte métropole de l'empire brésilien, et de la provine: du même nom; les bornes d'une äna- 1yse, comme celle que nousavons promise de ce voyaze, ne me permettrai-nt pas de nous y arrèter longtemps: qu'il nous suflise d'indiquer iei quelques points soinane de ce travail.

Ce fut le 26 janvier 4500 qre l'Espagnol Pinçon gs le premier Sur les côtes da Brésil, ee t-à-tire uit ans après la découverte du Nouveau-Monde, par -Christéph : Colomb, Le navigateur portugais Cabzal fut ls Com Européen qi aborda sur ce rivage; il y recha le 22 avril. e est à-dire trois mois après Pinçon, CU prit possession du pays a 1 nom du roi de Portigal, rene un ans plus lari, un autre marm portugais, le

-c'èbre Souza, charzé d'explorer de nouveau Les côtes -brésiliennes , arriva à l'entrée de li baie qu'il prit pour embouchure d'une rivière; ct comme c'était le 4er jausier, dd lui donna le nom de fés de Jmuiro, Cest à-d re rivière de Jnvoivr. M. de Freycinet donne Phisiorique de découver es quieu ent lieu postéricure-

Meut, & condailson esquisse jusqu à l'année 1826. Vient ensuite la description eéograshique et physique de la province de Rio-Janciro sous le rapport de Ses monlagues, lacs, marais, Îles, por s; rades. divisions p litiques, villes et villages. elimals, géologie, produetions végélales, produetions animales, el autres

Onlitavec intérêt ce que l'auteur nousdit des plantes nulritives et médicinales, et des animaux de celte pro: vince Parini les espèces redoutables fi:u e la chauvesoutis, appelée van:prre, quis introduit pendant la nuit dans les écuries s'attache à la véine jugulaire des besliaux e: leur suiée bien souvent une assez grande quanlité de sang pour les-faire périr sans que les victimes paraissent souffrir, et fassent aucun mouvement pour

repoussér desi dangereuses altaqnes. Les bestiäux patqués en plein air ont plus à eraindre encore, et les hommes eux-rnèmes ne sont pas à l'abri des atléintes de ces quadrupèdes malfaisants, qui la nuit viennent leur Sucér de sang du gros orteil. ù

M. de Freyeinet dit que les chèvres et les brebis dégénèrent rapidement au Brésil, el qu'il est très diffieile de conserver des chiens à Rio-Janeiro, parce que cés animaux sont sujets à une sorte de gale el de toux qui les tuent promptement. Les tapirs ne Sont pas rares, et les singes vont par troupes dans les boiss ils fünt entendre une espèce de mugissement très fort et très lugubre. Le üdindon est ici-sur sa terre nalale: Les forêts Sont peuplées d'une variété immense d'oiseaux qui reflètent fes plus vives couleurs, Lesoiseaux de rivage et de mer ne sont pas moins nombreux: Mulheureusement il y a aussi beancoup de reptiles venimeux; tontefuis la vipère brésilienne ne se trouve guère que dans les forêts. Le boa constriçtor, si redoutable, qui enlace les hommes et les animaux, les brise, les ramollit et les avale, est heureusement fort rare. Le serpent nommé pouroucoucou est le plus dangereux; il sé trouvé dans le voisinage de Rio-Janeiro. Le reptile le plus hideux est le crapaud cornu, large comme la forme d'un chapeau, doublant sûn volume, s'enflant à volonté, et ouvrant une gueule énorme, en faisant entendre un son Criard ; il fait plus de bruit que de mal, La fourmi est beaucoup plus à craindre pour les agriculteurs, parce qu'elle détruit en un moment les feuilles, les arbres el les semences.

La ville de Rio contenait, en 1818, plus de centtrente mille âmes; la province, trois cent soixante-quinze mille individus, et tout l'empire brésilien, quatre millions quatre cent soixante-onze milie habitants (4). |

L Uranie quiita Rio-Janeiro dans les premiers jours de janvier 1818, el fil voile vers le cap de Bonne- Espérance; elle jeta l'ancre dans la baie de la Table, le 7 mars suivant. M. de Freyeniet S'y livra à d'importants travaux scientifiques, et alla visiter le fameux coteau de Constance, où l'on récolte un des meilleurs vins du monde, Les vignes y sont entourées d'allées de chènes et de pins. Le vin de Constance ést blanc ou rouge, el l'on en recueille en grande abondance.

Après avoir achevé les opérations au Cap, M de Freycinet reprit la mer, le 5 aviil, pour sé rendre à lîlede France, où il toucha au port Louis, le 5 mai 1818, etil y resla jusqu'au 16 juillet suivant. *

Pendant ee séjour. e près de deux mois et demi, ses Compagnons et lai réumrent de nombreux renseigreniebts Sur celle Île, qui naguère ap; ar enait encore à la Franc:, et dont les vnglas se rendirent maires pendant notre preinière révolution.

Les habilants de Tile de France sont blancs, ou noirs, où inélis. comme an Biésil, Les blancs ont ordinairenent Îles formes européennes. Les eréoles qui en Sont nés ont des traits agréanles. Les Malgaches, où indigènes de Madagascar, oùt la peau d'un noire foncé, Les Caffres où Mosambiques sont moins adroits el moins Inteilisents que les Malgaches Le créole mu lâtre, ou sang mèlé, est d'une tale presque toujours gule à celle des blancs, tmaus ilest mors lort, quuique Suppor.aul la faugue etles privalions. Les mulâtres<es créoles sont bien faites, on: de beaux Veux, uu gran pied, parce qu'elles ne portent point de chaussures dans les douze ou treize prenières ann es de leur vie, la gorge médiçc'ement swillante, Les cheveux lougs et légèrement bouclés. Lei les lilles sont pubères à onze ans, el les garçons à quatorze, M. de Freycinet fait observer que chez les femmes malzaches 1e flax périodique ne se déclare souvent qu à une époque furt recuiée, el alors elles deviennent mères sans avoir douné aucun signe de nubilité.

La longévité n'es! point rare à l'ile de France ; on y comple ds oclogénaires; cependant le terme Hioyen

(1) Cette population est aujeu:d'uui (1882) presque: dou= blée, A. M.

ECS SERA.

de la vie est entre cinquante et soixante ans. Les noirs vivent moins de temps, parce qu'ils sont plus adonnés au libertinage et à l'abus des liqueurs fortes.

L'île de France, aujourd'hui appelée île Maurice, complait, en 1818, environ quatre-vingt mille âmes, dont sept mille blanes La langue française est toujours ici la plus répandue, et Les femmes créoles la préfèrent à lou e autre, parce que c'est lout à la fris lidiome de la conversation et de la galanterie. Du resle, ces créoles sont bonnes, aimantes autant que gracieuses ; elles cultivent avec prédilection les arts d'agrément, bien que la Loilelte tienne chez elles le premier rang. Aussi, peu de dames se metient avec plus de goûl et de propreté que les créoles; mais en même Lemps celles-ci ont une grande propension à la débauche, et en général les filles mulâtresses vivent ici en état de concubinage.

Indépendamment du français, qui forme la base du langage. les noirs ont inventé une sorte de patois, qu'ils parlent avec une grande douceur, et dans lequel il existe des chansons fort nuives.

L'île produit à peu près quinze millions pesant de sucre, qui, à sept piastres le quintal, donnent un million cinquante mille piastres. Le total des r venus est de deux millions de piastres, et celui des dépenses annuelles, d'un million huit cent soixaute-dix mille piastres.

L'autorité de la colonie est dans les mains du gouverneur qui en est le chef unique. Il a sous ses ordres le secrétaire du gouvernement, ou chef civil, et le commissaire de justice ou grand juge. Il peut trancher sur tout, s'il le veut. 11 y a bien le droit d'appel à Londres; mais les frais énormes qui en résulteraient pour le plaiguant ‘ont qu'il se résigne presque loujours.

De l'île de France l'Uranie se rendit en trois jours à l'ile Bourbon (1), où elle mouilla au port Saint-Denis, le 19 juilleL 1818. Après huit jours de relâche sur cetle rade, et cinq à celle de Saint-Paul, on remit sous voile le 2 août, et l'on fit route pour la baie des Chiens- Marine, située dans Ja terre d'Endracht, sur la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande; on y arriva Ie 42 septembre suivant.

L'expédilion française explora aussitôt le littoral de ceile baie, notamment la partie orientale du hâvre Hamelin, au nord de la presqu'île Péron. En canot fut expédié à l'ile Dirck-Haiichs, et rencontra un énorme célacé qui le mit en danger de périr. Les explorateurs visitèrent le cup de l'Inspection; mais comme Ja chaleur élait forte et qu'ils manquaient d'eau, ils eurent horriblement à soutlrie de la soif devant Dirck-Hatichs et le hâvre Mon!bazin; enfin, ils revinrent au vaisseau dans l'épuisement le plus déplorable. Heureusement, ils y trouvèrent de quoi se restaurer, el surloul se désaltérer aves de l'eau potable, qui venait d'être oblenue par le moyen de la distillation de l'eau de mer. L'alambic mis à terre avait conné en abondance de Fean agréable à boire, et dégagée de tout principe nuisible à la santé.

M. de Freycinet a consacré un chapi re de son voyage à des remarques physiques et g'olosiques sur la baie des Chiens-Marins L'île de Dirck-Halichs à été surtout l'objet de ses recherches, el il a examiné avec soin Île sol du cap qui forme l'extrémité nord de la même île. Tout ce vaste enfoncement de la terre d'Endracht est couvert de maigres et chétifs arbrisseaux croissant durs le sable. Le sol est partout extrèmement dépourvu d'eau douce, ce qui, remarque le savant navigateur, Dent dun côté au peu d'éléva ion des lerres,-ear aucune montagne n'apparaîl aux limites d'un long horizon que dessine une simple ligne bleuâire, el d'un autre côté aux terres sablonneuses qui absorbent les pluies ct les vapeurs sans les condenser, ui les retenir. La presqu'ile Péron n'offre non plus qu'un peli nombre d'arbres lortueux, à peine de douze pieds de hauteur, el quelques touffes de frèles arbrisseaux qui n accusent

{1} Aujourd’hui l'ile de la Réunion. À. M.

que trop bien l'aridité de cette terre ingrate. Nulle part jei on ue rencontre non plus de plantes alimentaires. Mais les kangarous grisätres et de la taille d’un gros lièvre ne sont pas rares; on voit ici de fort belles colombes, des aigles blancs et des cygnes noirs; les baleine: fourmillent à l'entrée de la baie pendant les mois d'août juillet et septembre; enfin, les huîtres de la baie des Chiens-Marins sont excellentes, et les rochers des îles de l'Ouest en sont lapissés.

La baie des Chiens-Marins où l'Uranie avait mouillé offre l'aspect le plus affreux; d'immenses déserts de sable ccuvrent la côte, sans présenter aucun vestige de végétali n. On a peine à croire que des hommes puissent habiter un sol pareil, et cependant l'expédition francaise en avait apercu.

L'Uranie s'éloigna de ces rivages arides, le 28 septembre 1818, et vint prendre quelques rafraîchisséements à l'île de Timor, devant laquelle eile arriva le 18 octobre, et mouilla à la baie de Coupang, chef-lieu des établissements hollandais. Elle y resta jusqu'au 23, et repartit pour Dillé. où résidè, au nord de l'ile, le gouverneur de Ja porlion portugaise.

Les mers qui environnent Timor et les autres îles à épices, entre l'archipel d'Asie et les cô es de la Nouvelle-Hollande, contiennent beaucoup de cachalots ou baleines à sperma-ceti. Les grands cachalots ont jusqu'à soixante-quatre pieds, de longueur, et peuvent fournir cent barils d huile et vingt-quatre barils d’adipocire. On rencontre aussi des requins énormes, el dont Ja force musculaire semble prodigieuse. L'un de ces poissons, presque entièrement suffoqué, ayant élé hissé à bord. fondu de la tèle à la queue, vidé de tous ses visrères, ayant perdu tout son sang, eut encore, étant jeté à la mer une uemi-heure après, assez de vigueur pour nager de nouveau avec une vitesse Capable d'entraîner deux hommes qui Lenaïent la corile à laquelle on l'avait amarré par la gueule et les ouïes, et pour bondir hors de l'eau comme font ies marsouins.

L'Uranie. arrivée le 17 novembre 18,8 à Dillé, mouilla dans ce port, el les geus de l'équipage descen dirent à terre le surtendemain. Le terrain de Dillé est humide et marécageux, mais les environs en sont pitloresques, la végélaion y est lort active, malgré la rarelé d'eau courante.

M. le capilaine de Freycinet consacre un chapitre entier à tracer l'historique de Lile de Timor, dont :l abribue la découverte à Cano, successeur de Magellan, el qui paraît y avoir abordé en 1522.

ll entre dans de longs détails sur la formation de la Compagnie hollandaise des Indes, qui exerça bientôt une grande influence sur les Moluques, notamment à Timor, où s'élablirent deux puissances européennes, les Hollandais et les Portugais, les premiers à Couang, au sud de l'île, les see nds à Dillé, au nord, élablissements qui se sont maintenus avec des chances plus ou moins brillantes sous le rapport commercial.

Lile de Timor, située par 80 20 à 80 22 de latitude sud, et 1210 5° à 1240 45° de longitude est, à cent deux lieues moxennes de longueur, sur une largeur nosenne denviron dix-neuf lieues, avec une surface de quinze cent quarante huil li-ues moyennes carrées Le pass. en général, est monturux et entiecoupé de peules vallées, le sol est arrosé par un gran nombre de rivières, dent-celle de Coupang n a guère qe &nq lieues de cours, et dont l'embouchure est imporlante pour le ravitaillement des vaisseaux à Dbilé ; la rareié de Feau oblige à creuser des pui.s. I y a, diton, quelques lacs dans l'intérieur.

L'entrée de la rivière de Coupangest le seul port proprement dit qui existe à Timor; mais il y a plusisurs barachois, c'est-à-dire enceintes formées par des récits. daus lesquels les navires peuventse meltre à l'abri des fureuis de la mer,

Le gouvernement hollandais de Conpang a plusieurs autres îles voisines Sous sa domination, nolamment Rottie ou Rolli, située au sud, longue d'environ vingt lieues et large de treize, offrant une succession d'étrous

vallons et de montagnes peu élevées, ayant un peuple doux et facile, récollan! du riz en grande abondance ; Savu, à vingt lieues au nord-ouest de Rotti, hérissée de montagnes pierreuses e! peu fournie d'eau; Simao, petite île à l'entrée de la baie de Conpang; Wetter, au nord de Dillé; Roma, au nord-est de l'île Wetter ; Solor, possédée une partie par les Hollandais, et l'autre par les Portugais.

La saison des pluies à Timor comprend les mois de janvier, février et mars. L'humidité extrême qui existe alors occasionne beaucoup de maladies. La rosée et le serein ne sont pas non plus sans danger à Timor.

En venant des plaines sablonneuses et stériles de la Nouvelle-llollande pour jeter l'ancre à Timor, M. de Freycinel ne put contenir son admiralion à l'aspect de la verdure qui décore cette île; mais s’il y fûl arrivé des Moluques propres, cest-à-dire du nord-est, son

enthousiasme aurait été bien affaibli. C’est à ces ditfé-

rents points de départ qu'on doit attribuer la diversence d'opinions des navigateurs sur la fertilité de l'île de Timor. Quoi quil em soit, le peu de largeur de cette île, le peu de hauteur de ces montagnes et leur pente rapide qui ne permet point à l'humus de s’accumuler sur leurs flancs , toul porte à croire que la végétation ne répond pas à ce que la latitude pourrait faire espérer. Néanmoins dans l'intérieur du pays la verdure est très riche.

Parmi les productions végétales de Timor, le maïs occupe le premier rang et forme la base de la nourriture des indigènes. La mangne, l'ananas, la pomme de terre, le poivre et le caf abondent également. Les rivages offrent de beaux palmiers. L'arbre à pain est très multiplié, et l'on en voit qui n’ont pas moins de soixante pieds de hauteur : toutefois. le fruit à pain ou rima est moins recherché que celui qui se trouve dans la Polynésie. L'aréquier ou palmiste donne un chou fort estimé ; l'arrow-rout contient une fécule très nutritive, el qui fait généralement goûter celte plante ; le bananier donne un fruit long de septà huit pouces, également très nourrissant et très salubre ; le cannellier croît iei à l'état sauvage, et la cannelle qu'il produit est de bonne qualité; le cocotier est très répandu dans l'île. On fait à Timor un grand usage du safran d'Inde ou Cureuma pour l'assaisonnement des mels, à cause de sa qualité aromatique ; le gingembre est une épice - très abondante à Coupang; l'igname est une plante dont il existe un grand nombre de variétés; le latanier est un arbre qui fournit un chou très bon à manger; le mabi, plante à gros lubereules, s'emploie à la uourrilure des be<liaux : le manguier est un des plus b aux arbres de l'île, et ses fruits sont très aroma iques, Où estime à Dillé la plante alimentaire appel'e manioc ; le muscadier abonde à Tinor, et cet arbre atleint jusqu'à cinquante pieds de hauteur; le papayser donne une espèce de figue bonne à manger; le piment quon récolle à ‘Timor est le condiment obligé des mets dont on fait usage dans tout l'Aichipel asiatique ; le tamarinier qui alleint à de hautes diinensions, @? qui rend cel arbre propre aux coustruetions navales. donue un fruit d'un goût acide et agréable On cultive-iei l'espèce de poivre appeié bétel, pour le mâcher comme le tabac. On voit des casuarinas qui ressemblent à des ins, et des eucalyptus de haute stature; le 1ek occupe e penier rang parmi les bois de construction et de Chupente ; le bis de r. se est employé à l'ébemisterie, ainsi que l'élène qui est commun daus les forès de l'in émeur de Lil, comme l'est aussi le manglier dans les marécages qui sur un grand point borneutles rivages,de la mer. Le bois de sandal abonde dans les parlies élevés de l'ile-etforme une des principales richesses du pays; on extrait de cet arbre très parfumé une huile odorante que recherchent beaucoup les Chinois, tandis que son bois semploie dans l'ébénisterie à une foule d'ouvrages précieux.

(Quant aux productions animales de l'ile de Timor, il faut citer l'espèce de baleine, dite le cachalot ou baleine à sperma-ceti, on la pêche en dedans et en de-

hors de la baie de Coupang. On sait que l'amhre gris se trouve parfois dans le corps de cet animal; le buffle est ici indigène, mais il est très féroce; le chat est exotique et redevenu sauvage; le singe est très multiplié, et les indigènes s'en nourrissent comme d'un mets agréable: l'alcyon est un des oiseaux les plus remarquables de Timor, et le nid gélatineux du cette hirondelle de mer forme un des mets les plus recherchés parmi les gastronomes chinois. Ou apercoit à l’embouchure de la rivière et dans les marais qui avoisinent la mer des croco liles longs de douze à quinze pieds, Il existe aussi dans l'intérieur des terres des serpents monstrueux , presque aussi gros que le corps d'un homme, et longs de vingt-cinq ou trente pieds. II y en a de petits dont la morsure est prompt-ment mortelle. On voit aussi quelquefois des serpents de mer qui nagent à la surface des eaux, comme Baudin rapporte qu'on en apercevail dans la baie des Chiens-Marins. Enfin il existe à Timor une espèce d'araignée dont la morsure pourrail être mortelle, si l'on n'y appliquait promplement certaines herbes qui ea neutralisent le venin.

La population de Timor se compose d'abord de nègres à cheveux crépus, ensuite de colons chinois, portugais et hollandais, et puis des métis nés du croisement de ces différentes races.

Les nègres, qui sont les véritables indigènes de Timor, ne semblent pas nombreux, et se tiennent dans l'intérieur ; mais les mélis constituent la partie notable de celte population. Les colons chinois se reconnaissent à leur teint olivâtre, à leur front aplali, à leurs yeux étroits et fendus obliquement. La ville de Coupang est principalement peuplée de Malais, et elle cuntient environ trois mille individus.

Les Timoriens de l’intérieur ont un aspect farouche, excepté les jeunes gens qui paraissent plus francs, et surtout les jeunes filles qui ont les formes agréables et une démarche gracieuse. Les deux sexes vont sans chaussure, ce qui procure une grande flexibilité à leurs pieds ; aussi montent-ils sur les cocotiers avec une promptilude étonnante. Les deux sexes sont précoces et ne vivent pas moins longtemps ; les filles deviennent adultes à huit et neuf ans, et les garcons avant quinze ans.

Le climat de Timor est très sain; mais à Coupang, le voisinage de la rivière, et à Dillé, celui des marécages, occasionnent des fièvres épidémiques.

D'un autre côté, la malpropreté et la honteuse ineurie des habitants rendent chez eux très communes les maladies de la peau, surtout la gale, les dartres et la lèpre. La <syphilis est de même générale.

Les peuples de Timor vivaient dans un état complet de nudité: c'est ainsi que les compagnons de Magellan les trouvèrent, il y a près de lrois siècles. Aujourd hui l'usage des étoffes lissées est presque universel. À Coupang, le vêtement principal tes Malais consiste en une pièce déioffe de coton qu'ils nomment sarung, et à liquelle nous appliquons le nom général : e pagne ; elle forme une espère de jupon que les hommes portent comme les femmes. Les enfants vont nus jusqu'à l'âge de dix an:, Les hommes out sur l'épaule gauche un moucho:r en forme de sac où ils tienneut le bétel. A la maison, les femmes restent habituellement le sein découvert. A l'égard des Chinois, ils conservent le cos- Lume de leur mère-patrie.

Les habitations ne sont guère que de simples cabanes reposant sur le sol. Dans les parties les plus humides de l'île. où L'on a davantage à redouter les reptiles. on construit ces cabanes sur des pilotis qui élèvent le plancher depuis deux jusqu'à dix pieds el plus au-dessus de la terre. On y monte alors au moyen d'une échelle que l'on retire la nuit, et les habitants peuvent s'y livrer en pleine sécurité aux douceurs du sommeil. Les maisons des Chinois sont plus solides et mieux construites que celles des indisènes. Quant à celles des Européens, il en est quelques-unes en pierre.

À Timor on est dans l'usage de faire la sieste depuis

ta VOYAGES AËTOUR DU MONDE.

Re qe Er

midi jusqu'à trois heures. En revanche. on se couche tard el ous lève malin, pour choisir le moment où l'on puisse respirer la fraîcheur. Il est vrai qu'on à recours aussi à l'usage des bains. on en prend lous les jours et on se lave les cheveux avec de l'eau de lessive, après quoi on se frotte le corps avce la 1âjure huileuse d'une noix de coco

Les viches ont emprunté l'usage des Chinois, de laiser croître leurs ongles, et plus nn ongle est long, plus on semile avoir d'agrément Les rajuhs où rois de Liutériem ont une ou plusieurs de leurs dents jucisives couvertes d'une lame d'argent où d'or.

Une. des plas grades marqgres d'amitié que puisse donner une des femmes de Timor à célui qui a mérité son affection, c'est de Dur erir la guirlande de fleurs odurantes qui arne ses cheveux, où l'écharpe el le collier qui oul paré son sein. On se témoigne aussi de Jalleclion en se frottant Ie nez contre le nez el en aspirant avec force, ce qui revient à se flairer l'un L'autre.

Le Timorien est bon, eraintif et hospitalier; mais il reste barbare dans ges inimitiés, Il a le jugement sain, quoique borné, Le Malais de Coupang est méfiant, intrépide et féroce, mais paresseux el sans ambition : il pousse la cruauté jusqu'à l'anthrapophagie, et il a un fort penchant au vol. Pour le Chinois, il est plus fin, plus sensuel el plus laborieux ; on peut le comparer au Juif.: on découvre en lui la même cupidité, la même ruse et la même astuce.

Sous le rapport des croyances, le Timorien est lrès arriéré ; il a loi aux songes, aux augures, aux jours heureux et malheureux, aux sorciers et aux falismans. On regarde comme sorciers, à Timor, tous les étrangers qui ont les cheveux rouges, et on leur aitribue la plus grande puissance.

La polygamie est permise, mais n'es! guère en usage que parmi les richés. La première femme est ordinairement légale de homme; les autres ne sont que des coneubines qui lui restent soumises. Il y à aussi des filles riches qui épousent un homme d'une condition inférieure, pour le tenir alors sous leur dépendance. Daus tous les eas possibles, le divorce est permis, mais les cadeaux de part et d'autre ne se restituent point.

On à une grande vénération pour les tombeaux. Le corps des riches est ordinairement enfermé dans un cercueil en bois de tek ou de cèdre. On enterre les morts lantôt près de la cabane qu'ils habitaient de leur vivant, ou tantôt près de leur cimetière commun. A Coupang, quelques personnes ont des caveaux «le fanulle. Des offrandes de riz, de maïs et d'eau, sont failes périodiquement sur ces lombes, afin que le mauvais Esprit, rencontrant là une nourriture facile, ne tourwente point l'âme du défunt Les Chinois professent la religion de Confucius ou celle de Bouddah.

Enfin, chiquer le bétel, boire du thé, causer de choses futiles où de galantérie, tels sont les plus doux passe temps des Timoriens. Hsont aussi pour la danse un goût très prononcé, mais elle consiste moins dans le mouvement cadencé .des jambes que dans celui du corps. Leur musique porte le caractère de leur nalive indolence. ,

Sous le rapport du commerce, l'île de Timor est très imporlante. file exporte le bois de sandal, ke coton, la cire, le tipang, espèce de mollusque long de deux pieds, et de lrois à quatre pouces de contour, et qui est très recherché à Canton. Elle exporte également les nids d'aleyons et 1 hul: de requin, comme aussi une grande. variété d'épices. Le cominierce portugais Correspond direciement à Macao, landis que les Hollandais de Coupang entretiennent le leur avec Balaxta. Dans l'intérieur de l'ile de Timor, le pouvair suprème est entre les mains des rajahs, qui exercent sur leurs sujets une autorité despotique. La dignité de ces princes est héreditaire dans feursfamilles, cLils se prétendent fils de Lieu. La mort est la punition d'une foule de jeli es offenses, et lorsque les coupables n'en sont pas juges dignes, on les fait esclaves.

Nous bornerons là les détails qre nous voulions extra re du voyage sur File de Timor, et nous ailons suivre les explorations ullérirue< de PEranie.

De ce.te Île notre savant navigateur s° di irea vers le détroit de Bourou, en passaut cuire les îles Weuter et Roma. a

Le 29 novembre 4818. il arriva devant File d’Amboine, et profila d'un vent favorable pour donner dans le détroit de Bourou sans visiter les autres îles dont il élail environné. I passa hentôt File Gusse qu'il prolongea du côté de l'est. Le 5, il eut connai-sance des îles Gorongo et de Gilolo: mais un courant le fit dériver dans le sud est jusqu à Fe Fisang, près de laquelle il se trouvait Je 7. C'est là qu'il eut quelques rapports avec des pirogues appartenant à l'ile Guébé. Il prolita de celle occasion pour observer les mœurs de ces insulaires , qu'il représente comme grands, bien faits, museuleux, ayant le teint noir-olivâire, el faisant le commerce avec intelligence,

Le 12 décembre, { Uranre put continuer sa route el franchit le passage de Gilolo, formé par île Guébé d'une part, el la peliteîle Mouhor de l'autre. Cette dernière parait tenir par un banc à la pointe Tabo, extrémilé orientale de l'île Gilolo. Le vaisseau fit ensuite apercevoir les basses terres de Balabalak et l'ile Rouib. Au nord, un autre groupe d'îles assez Ctendu Jaissa bientôt découvrir que c'étaient les iles Vayag. assemblage de près de cinquante îles ou rochers, que M. de Freycinet fut le premier à reconnaîlre, et constituant la limite septentrionale d’un détroit qu'il nomma passage de l'Urante. A est borné au sud par Rouib, Ba!abalak, et que ques autres îles qui, n'étant pas connues auparavant des navigateurs, reçurent, de même que la plupart de celles qui composent le groupe Vayag, le nom de quelques-uns des compagnons de voyage de M. de Freycinet.

Un caractère singulier de ees îles, comme le dit M. de Freycinet, c’est que presque de lous côtés elles sont mie nées inférieurement, témanière que chacuned'elles l'est à sa base jusqu'à six ou sept jieds au niveau de la mer, circonstance, ajoute le voyageur, qui leur donne assez apparence de meules de paille reposant sur un cône tronqué renversé: toutes cesîles seraient inabordables si plusicurs n'avaient, d'intervalle en intervalle, de petites anses sablonneuses , seul point où l'on puisse débarquer. Une magnifique végélalion couvre ces iles, et les îlots eux-mêmes y en sont pas dépourvus.

En ‘avancant vers l'est, on découvrit les montagnes de Vaigiou, dont une riche verdure lapisse jusqu à la cime. Les falaises qui bordent la côle sonten général, comme les îles de Vayag, minées à leur base par les eaux de l'Océan. On distingue plusieurs grottes où crevasses d'un aspect assez pittoresque.

Après avoir mouillé près dé lîle Mauouaran, lUranietit route, le45 décembre 1818, pour le hâvre Boni; mais le calme ayant suspendu la course du vaisseau, il fallnt re'âcher au hâvre de Rawak, dans la pelite ile de ce nom, près de Vaigiou, Nouvelle-Guinée, et presquéexactementsous l'équateur. L'expédition y Séjourna depuis Je 16 décembre 1818 jusqu'au 5 janvier 1819. On profila de ce temps pour faire différentes courses à Vaisiou, Boui et Manouaran.

Toutes cesîles, c est-à-dire Boni, Manouaran, Rawak et Vaigiou, mot que les naturels prononcent Véghiou, apparliénnent aux îles des Fapous. La petite île de Rawak. située par 1° 34° de latitude sud, et 1280 35° # de Jongitude est, est d'une forme irrégulièrement triangulaire ; elle présente sur deux de ses côtés des enfoncements, dont l'un. celui de Fest, se nomme le hdvre Rawak: elle à uu mille dans son plus grand diamètre; elle n'est séparée de Vaigiou que par un canal d'un quart de mille de fargeur. Manouaran est à environ 3 millés au nord-ouest de Rawak; Foni, beaucoup plus voisin de Vaisiou, en est, ainsi que Rawak, une sorte d appeudice.

Lextiémité méridiona'e de Rawak forme une petite presqu'ile, et a vers le centre quelques hautecrs peu

DORO RREYCIRET. 0/00 13

So

considérables. L'île Manouaran n'est séparée de Vaigiou que par un canal d'environ 2 milles de large, et sur lequel pus: l'équateur.

Quant à L'ile Boni, elle est encore plus basse que les précé lentes, et semble reposer s 1 une bise d écume; elle est d'ailleurs entourée de récifs très étendus sur lesquels l'Ocsan se brise avec fureur.

La végétation se monte dans ces parages avec une étonnante vigueur; le litoral de Vaigion est garni de beaux arbres ; il en est de même de L'ile Manouaran et ue la pelile île Rawak. Partout les oiseaux sont de la grande espèce.

Quant aux habitants, ils sont g'néralement laids ; ils ont le front aplati, a bouche graude, les yeux petits et enfoncés, le nez gros, écrasé du bout et se rabattant sur la lèvre suyérieure, la barbe r re, le ventre gros, les membres inférieurs grèles, les cheveux ou lisses ou frisés, les dents belles, L°s lèvres é, aisses et Ta peau du corps noirsanguin, Én généralils sontde taille moyenne et appartiennent à la race des Papous.

Leurs maisons se composent de pieux enfoncés en terre, soutenant des traverses auxquelles sont fixées ave desliens d'écorce les feuilles de certains palmiers, qui forment également le toit; il n'y à d’autres ouvertures que la parie. Ces cabanes sont commodes, et la plupart à Fabri de Fhumidiié.

Les insu'aires vivent de sagou, de maïs, de coco, de bananes et de plusieurs autres fruits. Leur costume se réduit à une bande d'écorce de figuier. Les chefs se couvrent la tête d'un fichu ou d'un morceau d'étoffe. Om paur se garantir un ample chapeau conique, en

ue de palmier. Les enfan:s vont entièrement nus. Onfpaterniseen se donnant l'accolade en manière d'emnbrassement. La ehgion dominante parait être le mahométisme. Les habilants de, Rawak paraissent avoir uue assez grande habitude du commerce.

‘ée at le ranie partit de Rawak

+ janvier 1819 que LU

pour se er sue les iles Ayou, dont elle eut connaissance les 6 et 8 du même mois. Ces îles sont fort basses elentourées de brisants; les plus grandes sont boisées et semées de villages et de maisons éparses près de la mer. L'expédition ne s'y arrêla point; elle continua de voguer vers l'archipel des Carulines. Le 12 février, on vit les îles des Anachorètes, et le lendemain, celles de l'Amirauté. Le 15, on aperçnt différentes îles de l'archipel, notamment celles de Poulouhot, Tamatamn,Ollap, Fauadik , el une autre plus éloignée. On vit ensuite à l'horizon quelques barques, et bientôt plusieurs naturels vinrent à bord. Ils acceptaient tout ce qu'on leur offrait, sans rien prendre d'eux-mêmes. Ils mangeaient le biseuit avec plaisir: mais l'un d'eux, ayant pris un morceau de tabac pour un aliment et l'ayant mis dans sa bouche , le rejela bientôt en faisant d'affreuses grimaces. La vue d'un miroir avait arraché un autre long cri d'élounement. Ces insulaires sont vigoureux et pleins de gaîlé : mais quelques-uns sont alleints de la lèpre. ,

L'expédition française ne resta point longtemps parmi les Carolines ; elle se dirigea au nord vers l'archipel des Mariannes, dont elle alleignil la partie mémidiopale, c'est-à-dire l'île de Guam, le 17 mars 1819. M. le capitaine deFreycinet prolila de son séjour dans elle dernière ile pour recueillir de nombreux reuseignemen s tant sur les Carolines que sur les Mariannes. Un chapitre entier de sa relation est consacré aux îles Carohnes, et un autre aux îles Miriaunes. Les bornes de celle analyse ne nous permettent que d'en donner une idée sommaire, d'autant plus que déjà plusieurs des relations antérieures comprises dans notre collection renferment sur ces îles beaucoup de développements,

qui feraient ici double emploi avec ceux du voyage de -

M. de Freyciuet, dont l'intention louable a été de réunr en un loul'compacte les notions éparses qu'il avait rassembiées de toutes parts.

… L'archipel des Carolines, connu d'abord sous le nom de Palaes, puis sous celui de Nouorlles Philippines, sétend du 5€ au 12e parallèle nord, et du 129e au

41516 degré de longi'ude est 1 se divise en plusieurs groupes, et la p'upart de ces îles sont entourées de récils qui en rendent labord difficile, L'arbre à pain et le € cotier y sont communs. La tortue, les holothuries ou tripangs y abondent.

Les naturels tisenuent pour la couleur le milieu entre le nuir-ulivâtre et le ronge cuivré. Is ont les cheveux longs. Lsses-ou erépas, la a le moyenne, les traits réguliers , le front haut, les veux vifs, le nez large, la bouche grande. les dents grandes, les oreilles pere'es d'uue large ouverture. et la physionomie douce. Ils se tiouent 'e corp; ils sort agileset adroits, intellige its, conliants e' intèzres. humains. affectueux et reconnaissant*:. Is vivent de fruits, de racines el de poissons, ainsi que de lortues, de coquillages, d oiseaux et de poules, dont il paraît cependant qu'ils ne mangent pas les œufs. [ls atment beaucoup les cocos : un seul de ces fruits paraît suffire à la nourriture journal ère d'un homme en mer; mais sur terre ils prennent beaucoup plus d'aliments.

Is vont très souvent nus. se débarrassant même assez volontiers du langouli d'étofle tissée d’écuree de figuier qui leurentoure les reins. Les eux sexes entun chapeau de forme conique en feuilles de vacoua, et portent des bracelets, des colliers et desfleurs : celles-ci sont attachées au lobe des oreilles ou à la cloison du nez. Des bandes de feuilles de palmier servent également à parer la tête ou à former des bracelets.

On évalue à 5 500 habitants la population des Carolines. Les insulaires croient à l'existence de trois divinités qu'ils font résider dans le ciel, et auxquelles ils offrent des cocos et des fruits de rima. [ls aiment beaucoup le chant, Ile sont trèssuperstilieux : si, par exemple, ils ont dans leurs pirogues la queue d'une certaine raie, ils ne craignent plus de s'égarer en mer; la navigalion serait mauvaise s'il se trouvait des bananes dans leurs barques; ils mourraient en chemin s'ils en mangeaient avant de partir. Hs croient qu'il y a un paradis pour les bons et un enfer pour les méchants. Ils prétendent que les âmes qui vont au ciel reviennent le quatrième jour sur la terre, et demeurent invisibles à leurs parents.

La polygamie est ici générale, et c'est un titre d'honneur que d'avoir beaucoup de femmes; c'est pour cela que le tamor ou ehef de l'île Hogoleu est si vénéré, L'adultère s'expie au moyen d'un présent que l'on fait au mari, il peut d'ailleurs répudier sa femme lorsqu'il l'a reconnue infidèle, et la femme peut de même répudier son mari lorsqu'il cesse de lui plaire. A l'île Goulay, l'étranger qui y vient reçoit de son hôte la fernme de celui-ci, qui la lui prête pendant là durée de celte visite. Le baiser ou signe de salutalion entre deux personnes qui se renconirent consiste à se flairer mu tuellement la main ou le nez. Les bains y sont très en nsage, et la danse fort goûtée. On se couche avee le soleil et on se leve avec l'aube. Le chef ou tamor est loujours endormi par le bruit d'un concert que lui donnent les jeunes gens.

La principale occupation des hommes estde construire des barques, de pêcher et de labourer la terre; le partage des femmes est de faire la cuisine el les autres l'avaux domestiques. Les Carolinois se distinguent surtout dans l'art de pêcher à la ligne et à l'hamecon. Ils prennent des poissons volants, el üsent même allaquer la baleine. Le combat qu'ils livrent à ce nionstruenx cétacé est pour eux un spectacle du plus haut intérêt; voici dans quels termes le père Cantova en parle dans les Lettres édifiantes : 4

«Dix où douze de leurs îles, disposées en forme de cercle, forment une espèce de port où les eaux sont dans un calnie perpétuel. Quand une baleine paraît dans ce golfe, les insulaires montent aussilôt sur leurs canols : se tenant du côié de la mer, ils avancent peu àpeu en effrayant l'animal, et le pousseut devant cux jusque sur des bauts-fonds non loin de lerre. Alors les plus adroils se jeltent à L'eau : quelques-uns dardent l'animal de leur lance, et les autres l'atnurrent avec de

Les îles Malouines.

cros câbles dont les bouts sont fixés au rivage. Aussitôi sélève un cri de joie parmi les spectateurs nombreux que la curiosité a attirés sur la côte. On traine sur le sable la baleine, el un grand festin est la suite de cette vic'oire »

Mais l'industrie dans laquelle les Carolinois déploicnt le plus d'habiletéet d'dresse est sans contredit la con- Struelion de leurs pr'ogues ou pros.

E les ont une € upe aussi agreable que gracieuse ; toutes à peu près sont fibres sur le même n:odè e e! ne différent que par les dimensions. Les plus grandes ont juser à trente-six pieis de longueur, les pelites ouze pieds.

Les Carolinois sont d'habiles navigateurs; 11s observeut aves soin le cours du vent, et mettent une gra de attention à veiller la duré et l'arrivée de la rafale, Du reste, la lame n'est jamais 1rès wrosse dans les mers intertropicales, et les vents non plus ne sont pas très violents. Le pilote en chef des pirogues se nomime Palougue , et celui des barques se nomme Targue.

Le gouvernementile Loursek et celui de Goulay sont monarchiques. F parait en être de même depuis les îles Palaos jusqu'aux îles Radak.

Indépendamment du roi, l'autorité se partage entre plusieurs familles noble, dont les chefs se nomment Tamors où Tamoles. Is laissent croître leur barbe fort longue pour se concilier davantage :e respect; ils com-

mandentavec gravité et parlent peu; leurs paroles sont aulant d'oracles et l'on exécute les ordres avec une foi et une ohéissance aveugles; on leur baïse les mainset les pieds avant de leur demander quelques grâces. La peine du talon est en usage, mais on se borne àexiler les malfaiteurs dans une autre Île.

Passant des îles Carolines aux 1les Mariannes, M. le capitaine de Freycinel retrace avec détail l'historique de celles-ci comme il l'avait fait des premiè es On se rappelle que Magellan fut le premier navigateur qui découvritle<îles Mariannes; après une navigation Jongue el périlleuse , il les aperçut le 6 mars 1521, et les noinma les des Larrons, parce que les indigènes lui avaient dérobé un grand nombre d'articles. legentil de la Barbinais fut le premier Français qui aborda à ces Îles, et le navigateur espagnol Malaspina les vit en 1792. Mais déja depuis longtemps l'archipel des Mariannes se trouvait en entier sous la domination espagnole, On lui avait donné ce nom d'îles Mariannes, en l'honneur de Marianne d'Autriche, femme de Phi-

Jippe IV, roi d'Espagne.

Les îles Mariannes sont situées par 430 10° 30” de latitude nord, et elles n'occupentçen longiturle qu'un espace de 10 17. Elles se trouvent à environ quatre cents lieues au nord-est «les iles Philippines, et dans la partie septentrionale du Grand- Océan équinoxial. Elles sont au nombre de dix-sept.

dont les principales se nomment Guam ou Goam, Saypam, Rota et Tinian. La capitale est Guam, qui a pris le nom de l’île même, laquelle a trente-une lieues moyennes de circonférence. Cette île contient plusieurs montagnes assez élevées, et quelques rivières, dont les plus fortes sont celles de Tarofofo et de Mangoia son confluent. À Rota , l'eau douce est rare, et Tenian manque d’eau courante. Guam est au contraire bien arrosée, et possède les ports les plus.sûrs et les plus commodes de tout l'archipel. La ville principale de l’île de Guam se nomme 4gagna; elle romptait, en 4818, quatre cent quarante-quatre maisons.

Les forêts de Guam ont de beaux arbres, et le sol est partout d’une grande fertilité. 11 n’en est pas de mème de Tinian , qui n'a rien d’agréable sous aucun rapport : il y a quelques beaux points de vue à Rota.

Les productions végétales les plus utiles de l'archipel et plus particulièrement de Guam sont l’aréquier, sorte de palmier, qui offre au consommateur la sommité herbacée de son front, connue sous le nom de chou-palmiste; le bananier, dont le fruit est très recherché; la canne à sucre “le cocotier, dont le chou est un comestible très salubre et dont la noix est très goûtée; le cycas, sorte de palmier, dont la moelle procure une excellente farine; le pastèque, dont le fruit est très agréable; la rima ou arbre à pain, dont le fruit, ana-

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