‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 63 sur 179 · VOYAGE DANS L'AMÉRIQUE DU NORD , PRINCIPALEMENT AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

VOYAGE DANS L'AMÉRIQUE DU NORD , PRINCIPALEMENT AUX ÉTATS-UNIS

New-York. Aspect de la ville. Bienveillance des autorités et des divers habitants. Tables d'hôte et restaurateurs. Chantier pour les constructions navales. Incendies, Etablissements publics. Ecoles. City-Hall. Chutes du Passaic. Déplacement de maisons.

Le 47 avril 4827 je m'embarquai à Liverpool avec ma femme et notre petite fille, pour l'Amérique. Le 18 du mois suivant, au coucher du soleil, après une heureuse traversée de vingt-huit jours, nous dépassâmes le phare de Sandy-Blook, qui s'élève à l'entrée du hâvre de New-York : ce ne fut pourtant qu'au milieu d’une profonde obscurité que nous mouillâmes en face de la ville. Aussi perdîmes-nous, à notre grand déplaisir, Je beau spectacle qu’elle présente lorsqu'on y arrive par mer, et dont plusieurs passagers, qui n'en étaient pas à leur premier voyage, nous avaient parlé avec enthousiasme.

Avant que le jour reparaisse et que je pose le pied sur le rivage des Etats-Unis, je crois devoir apprendre au lecteur dans quel but je venais les visiter. N6 en Angleterre, j'avais bien partagé, jusqu'à l'âge de vingt ans, les préjugés de presque tous mes compatriotes contre les Américains ; mais, depuis cette épo-

IITs Panis. — Impr. Lacour £r C”, rue Soufflot, 46.

que, s'était écoulé à peu près un quart de siècle, et la haine du jeune homme avait été chez l'homme mûr remplacée par une sorte de prédilection. La cause d'un tel changement était, j'imagine, que mon état de marin m'avait retenu longtemps loin de la source où j'avais puisé mes antipathies nationales, que des années entières de résidence parmi les autres peuples m'avaient appris à mieux penser de l'espèce humaine en général, et surtout que j'avais eu plus d’une fois dans mes courses l'occasion de m'’entretemir avec des Américains. Ils avaient tous été, en effet, unanimes à me vanter leur patrie et leurs institulions; je les avais tous entendus jeter des plaintes amères contre la race maudite des voyageurs , qui, sans aucune exception, disaient-ils, n'avaient avancé contre eux que mensonges et calomnies. Or, j'étais, sans trop savoir pourquoi, si convaincu qu'ils se plaignaient à juste titre que, par désir de penser favorablement de leur pays, j'avais toujours évité de lire les voyages en question , et, Ja part faite au patriotisme , mieux aimé m'en rapporter aux habitants eux-mêmes que de croire des étrangers. Mais, chagrin de l’obstination de beaucoup d'Anglais à rester crédules sous ce rapport, et tenant à cœur de les en corriger, je profitai un beau jour d’un intervalle de loisir que me laissaient les devoirs de ma profession, pour aller examiner les choses de mes propres yeux. Je partis avec la confiance nen-seulement de trouver d'amples matériaux pour justifier à moimême ma bonne opinion des Américains, mais aussi de pouvoir, par un fidèle exposé des faits, adoucir

l'âpreté de la malveillance qu’on porte généralement à cette grande nation. Peut-être, par conséquent, jamais voyageur ne visita-t-il une contrée étrangère avec des dispositions plus bienveillantes.

Je me souviendrais encore, après mille ans, du premier déjeuner que nous fîimes en Amérique. Dès sept heures du matin, tout le monde quitta lestement le paquebot (car on l'avait rangé pendant la nuit le long de la terre) et nous n’eûmes qu'à traverser une planche pour descendre sur le quai, d’où un carrosse de place nous conduisit à un des principaux hôtels. Le carrosse, qui ne saurait recevoir le nom ignoble de fiacre, ressemblait plutôt à une jolie calèche découverte, et était trainé par deux chevaux à poil lisse, petits, mais de bonne race , que menait un mulâtre. Chemin faisant, nous trouvâmes à la plupart des objets qui frappèrent nos regards, surtout aux vêlements et à la tournure des hommes, un air plus ou moins étranger. Nous rencontrâmes aussi dans les rues nombre de nègres et de négresses. La forme de presque loutes les voitures nous étonna, et nous ouvrimes de grands yeux à la vue de plusieurs charrettes herméliquement fermées, sur lesquelles on lisait, écrit en gros caractères, le mot glace. Quoique cependant une multitude de particularités nous montrât que nous étions dans un pays nouveau, cerlains traits nous rappelèrent les villes maritimes de notre patrie. Par exemple, les enseignes de toutes les boutiques élaient rédigées en anglais ; et si la langue que nous entendions parler à nos oreilles différait beaucoup, sous le rapport de la prononciation, de celle que nous parlions nous-mêmes, toujours était-ce la nôtre. Je me surprenais donc souvent à me croire encore en Angleterre, el j'avais sans cesse à me débarrasser comme du réssouvenir d’un rêve. Cette illusion dura quelques jours ; après quoi elle s’affaiblit peu à peu, et finit par disparaître entièrement.

Mais j'oublie le fameux déjeuner! Nous n’ayions demandé que de l’alose fraîche, poisson que l'on m'avait vanté comme excellent, et qui mérile sa répulation. S'il est, comme je le crois (1), particulier aux eaux américaines, il vaut la peine , dans ce cas, que pour faire sa connaissance on traverse l’Atlantique. Mais il arriva escorté, d’une part, d'un énorme beefsteak qui, nageant dans son jus,-exhalait une appétissante odeur , et, de l’autre, d'une douzaine de côtelettes de mouton. A ces viandes se joignirent une pyramide de petits pains aussi blancs que la neige, et des régiments de rôties chaudes , avec des océans de thé et de café. Nous reconnûmes aussitôt qu'en Amérique, comme dans toutes les autres parties du monde, on sait contraindre les gens à faire plus de dépense qu'ils ne veulent. En effet, je me récriai d’abord : je dis que je n'avais pas donné d'ordres pour un si splendide festin ; à quoi le garcon répondit, selon l'usage, que nous n’étions pas tenus de manger lout, et je me promis de ne toucher assurément qu’à l’alose. Mais au bout de cinq minutes, hélas! quoiqu'on ne puisse m'accuser de gourmandise, le fumet savoureux des plats étalés devant moi me tenta si fort, que je ne pus rester fidèle à mon serment, et je dévorai avec un appétit qui me fit presque rougir de moi-même. Mon excuse, ma seule excuse , est la diète que j'avais subie à bord vingt-huit jours durant.

Dans le cours de la matinée, je me rendis à Ja douane avec une obligeante personne pour qui j'avais apporté d'Angleterre ure lettre de recommandation, et je dois aux fonctionnaires de cet établissement la justice de dire que je ne me souviens pas d'avoir rencontré plus de politesse dans aucun des nombreux pays où ii m'a fallu soumeltre mon bagage à l'ennuyeuse formalité de la visite. L'ami dont j'étais accornpagné déclara simplement que je venais en Amérique comme voyageur, sans aucun projet de

commerce , et que les malles , les caisses , inscrites à

(4) C'est une erreur gastronomique, À. M.

mon nom sur la feuille du paquebot, ne contenaient que du linge et des habits. Le chef nous donna alors quelques mots pour le commis chargé de l'examen, et celui-ci n’eut pas plus tôt pris lecture du billet magique, qu'il me laissa emporter tout ce qui m'appartenait, sans même vouloir y jeter les yeux. C'est pour moi une véritable satisfaction de pouvoir ajouter que, dans la suite de notre long voyage à travers les différentes provinces des Etats-Unis, les officiers publics à qui nous eûmes affaire ne se montrèrent pas moins obligeants à notre égard. Je déclare aussi que presque tous les particuliers dont nous réclamâmes quelque service dans l’occasion n'hésitèrent pas non plus à nous le rendre. Qu'ils reçoivent ici l'expression de Ma sincère gralilude sans que je les nomme; Car j ai résolu, bannissant des pages qui suivent tout nom propre auquel je pourrais accoler un éloge ou un blâme, de limiter mes observations, soit en bien, soit en mal, à ces larges traits qui caractérisent un prune

Il est cependant difficile de se conformer à celte prudente règle, sans négliger en même temps un des principaux devoirs du voyageur , la peinture des mœurs domestiques. Car comment peindrait-il la société, s'il ne la fréquentait pas pour consigner dans son livre ce qu'il y a vu, et s’il se faisait scrupule de jouer le rôle toujours plus ou moins odieux d'un espion ? Au resle, les Américains m'ont assuré mainte el mainte fois qu'ils n'avaient aucun motif de redouter cet espionnage, pourvu qu'on y procédât loyalement, et qu’on leur en voulût bien énoncer de bonne foi le résultat sans mauvaises plaisanteries, sans sarcasmes. Une preuve de leur sincérité , c'est qu'ils me pressaient souvent de parler devant eux avec candeur et de donner mon opinion sur tout ce que je voyais, sur l'intérieur de leurs ménages comme sur les affaires publiques. La question : « Que pensez-vous en somme des Américains ? » m'était donc adressée chaque jour et presque dans chaque cercle. Mais je regrette que , pour être vrai, il me faille ajouter que‘ toutes les fois où la réponse que cette brusque interrogation m'arrachait n'était pas une louange complète, aveugle , ils ne pouvaient dissimuler un assez vif mécontentement. Lors néanmoins que je confiai à mes amis d'Amérique mes doutes, mes craintes, sur la convenance de dire aussi librement mon avis, ils insistèrent toujours avec force pour que j'en gardasse l'habitude, par la raison, prétendaient-ils, que leurs compatriotes, si gonflés qu'ils fussent d'orgueil national et si passionnés pour leurs institutions, aimaient mieux entendre un.étranger les attaquer ouvertement en face que de les louer en leur présence , pour en arrière les déchirer à belles dents. Prenant donc à la lettre une telle déclaration, je n’ai jamais, pendant mon séjour parmi eux, dissimulé mes sentiments. EL pour être juste envers les Américains, je dirai qu'invariablement ils interprélèrent mes remarques en bonne part, quoique la plupart du temps ils ne fussent pas très flattés de mes opinions. C'est pourquoi j'espère, comme je conserverai ma franchise jusque dans mon récit, qu'elle sera interprétée de même par le lecteur. Je n’ai effectivement aucun intérêt à calomnier l'Amérique; et si je n'ai plus aujourd'hui une idée aussi favorable de celte contrée, c'est du chagrin, non de la joie, que j'en éprouve. Quoi qu’il en soit, nous fûries ravis du bon accueil que nous trouyâmes à New-York : je suis fâché seulement que mes habitudes de sobriété ne m'aient pas permis de faire plus d'honneur à ces délicieux soupers de potages aux huîtres, de jambon, de salade, de homards, de glaces et de confitures, pour ne rien dire du généreux champagne, du vieux madère, des fruits, et de toutes les autres bonnes choses qui ne cessent de circuler dans les réunions.

Nous apprîmes bientôt qu'il y avait dans les grands hôtels, comme celui où nous étions logés, différentes manières de vivre, et je donne son sens le plus rigoureux à cette expression. Une immense table d'hôte

mme gum 7”

élait servie chaque jour à trois heures de l’après-midi, pour les gens qui ne demeuraient pas dans la maison, mais qui venaient uniquement y manger. J'ai vu souyent de’ soixante à cent personnes assises autour d’une de ces tables. Il y avait ensuite un dîner plus intime pour les seuls locataires. Enfin, si on préférait une complète solitude, on était libre (ce qui toutefois coûtail beaucoup plus cher) de manger à la carte dans un salon séparé ow dans son appartement. Le lendemain de notre arrivée, dès huit heures (car c'est à New-York l'heure où l’on déjeune), nous descendimes dans la salle où quatorze ou quinze autres pensionnaires étaient déjà réunis pour prendre le repas du matin. Notre principal motif était de chercher à nous lier, du moins à causer avec quelques indigènes, et nous espérions que ce serait la chose la plus facile du monde, Mais nos espérances furent décues par le profond silence et par l'imperturbable gravité de toute la compagnie. Au dîner, nous fûmes déjoués de même dans nos projets de sociabilité, par la plus cérémonieuse et la plus froide politesse. Nos tentatives réitérées pour mettre la conversation en train avorlèrent successivement; car chacun semblait avoir pour idée fixe d'arriver le plus tôt possible au but dans lequel on s'était rassemblé, c'est-à-dire de satisfaire son appétit. Lors donc que les convives, sans prononcer un seul mot, eurent rassasié leur faim, ils se levèrent et partirent. On aurait pu vraiment croire qu'il s'agissait entre nous d’inhumer un ami plutôt que de maintenir en joie et en vie la génération existante,

Nous allâmes un autre jour chez un restaurateur situé au centre du quartier des affaires, et nous vimes un spectacle encore plus étrange. L’unique salon ouvert au public était une longue et étroite galerie, passablement ténébreuse, divisée à droite el à gauche par des compartiments de planches qui ressemblaient à des stalles d'écurie, et qui n'étaient juste assez larges que pour tenir quatre personnes, dont des bras de bois limitaient les places. Dans le passage du milieu, ui n'avait pas quatre pieds de largeur, voltigeaient

eux garçons sans veste ni gilèt, car leur besogne était assez échauffante pour qu'ils n’eussent pas besoin d'être plus chaudement vêtus. Quand nous arrivâmes, tous les compartiments étaient occupés, sauf un seul, dont nous primes possession. C'était un étourdissant cliquelis de couteaux et de fourchettes ; mais personne n'échaugeait la moindre parole avec son voisin. Le Silence pourtant, qu'observait la société, était inces- Samment troublé par les vociférations des deux do- Mmestiques, qui, toujours allant et venant soit pour apporter les plats commandés , soit pour remporter les plats vides, recevaient au passage les ordres qu'on leur donnait lout bas, mais qui, avec des voix de Sléutor et sans s'arrêter , les transmettaient sur-lechamp à la cuisine, Il n’y avait guère moins de trente à quarante stalles avec quatre dîneurs dans chacune ; et comme tout le monde paraissait se dépêcher à l’envi, On doit concevoir quel effroyable vacarme c'était, quoique nul n'ouvrît la bouche hormis pour engloutir là quantité de nourriture dont il avait besoin. Dans le Cours d'une demi-heure que nous consacrâmes à notre repas, nous vimes la compagnie se renouveler plu- Sieurs fois, car on n'attend jamais : demandez tel mels qui vous convienne, et à l'instant vous êles servi.

Le jour suivant, un jeune officier de la marine américaine eut la bonté de me conduire au dock (1) ou, pour parler plus correctement (car il n’y à point de docks en Amérique), au chantier de Brook-lyn sur Long-Island. Nous eûmes dans le trajet deux bacs à

(1) Les docks sont, comme on sait, des bassins qui s'emplissent et se vident à volonté, et dans lesquels on construit des vaisseaux , Londres en possède de magnifiques. J'en ai donné une description dans un volume intitulé : Voyage à Lündres, 1835. I.

passer, et nous les passâmes tous les deux dans des bateaux à vapeur. La chose peut-être la plus curieuse que je vis pendant cette charmante promenade est un quai flottant, fait de bois, dont un des côtés était altaché au rivage par de forts gonds, tandis que l’autre, soutenu sur d'énormes faisceaux de liége, s'élevait et se baïissait avec la marée. Lorsque la marée était haute, le quai était de niveau avec la terre; mais quand elle était basse , il présentait une assez forte pente , quoique les voitures et les charrettes pussent toujours sans trop de peine la monter ou la descendre. Le directeur du chantier m'accueillit avec une extrême bienveillance, et me laissa voir avec tant de bonne grâce tout ce que je souhaitais connaître , que sans scrupule j'examinai l'établissement d'un bout à l'autre. Le visitai avec beaucoup d'intérêt une grande frégate appelée La Fulton, qui était destinée, je crois, à servir de batterie flottante pour la défense de New- York. La construction de ce singulier navire est dou-ble, de manière à pouvoir marcher soit à la voile, soit. à la vapeur ; et les roues, au lieu d'être placées de côté, le sont au centre, en sorte que les boulets enne-

mis ne sauraient les atteindre. La machine, aussi, est

entièrement abritée à l'intérieur par un rempart de chêne, outre que les flancs, qui ont cinq pieds d’épaisseur, sont formés par des lits successifs de grosses planches alternativement disposées en long et en travers. Cette cloison, ou plutôt cette muraille, est de force, m'a-t-on dit, à résister au canon, quand même on tirerait à bout portant. Je parcourus ensuite plusieurs autres vaisseaux de ligne, la plupart construits en chêne vert, arbre qui ne pousse que dans les Etats méridionaux, et qui, par sa durelé extraordinaire, convient admirablement à la marine.

Comme la plus: grande partie de New-York n'est bâtie qu’en bois, les incendies y sont assez fréquents. Sur le faîte de la City-Hall, ou Maison Commune, qui, parmi les nombreux édifices publics dont la ville est ornée, doit être mise au rang des plus beaux, stationne constamment un watchman ou garde de nuit, dont le devoir , lorsqu'il entend donner l'alarme, est de hisser une lanterne à l'extrémité d'une longue barré de fer, et de la diriger du côté de l'incendie pour indiquer aux pompes quelle route elles doivent prendre. Il y a dans cette invention quelque chose de singu=< lièrement pittoresque : vous diriez un immense géant qui, avec son doigt rouge , est posté au milieu de La ville pour avertir les citoyens de leur danger.

Nous ne demeurions à New-York que depuis cinq jours, lorsque, vers deux heures du matin, je fus réveillé par de grands cris : « Au feu ! au feu ! » Me précipitant en bas de mon lit, je prêtai l'oreille, et j'entendis les cloches des églises sonner en volée, les pompes rouler avec fracas , les pompiers se js les uns aux autres des exhortations, les officiers de police frapper aux portes et aux fenêtres des habitants pour les engager à venir porter secours ; enfin les clameurs de la populace dominer. tout ce tumulte. On m'avait parlé si souvent du courage et de l'adresse des pompiers américains, que j'étais curieux de les voir à l'œuvre. Je m'habillai done en toute hâte et je descendis. Dès que j’eus ouvert la porte de la rue, j'apercçus vers l'est une grande colonne de fumée qui, semblable à un énorme serpent, s'élançait au milieu des airs pour aller saisir la lune. Je parvins quelque temps à suivre une des pompes; mais, quoique ce fût une lourde machine, elle était si rapidement traînée par un équipage de vingt-cinq à trente hommes, auxquels s était adjointe une légion de gamins, qu'il me fallut bientôt rester en arrière. Lorsque j'arrivai au théâtre du mal, une foule considérable y était déjà rassemblée, et cependant de toute part des régiments de pompiers la fendaient au pas de course. Quatre maisons, entièrement construites en bois, élaient en feu du haut en bas, et vomissaient d'épais tourbillons de flammes qui eussent défié un millier de pompes. Mais rien n’égale l'intrépidité avec laquelle on tenta pourtant de s'en

â HISTOIRE DES VOYAGES,

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