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Chou palmiste, — 2,
de la chaloupe, afin, sans doute, de profiter plus sûrement de ses dépouilles. La chaloupe de Ja Boussole, commandée par M. Boutin, était échouée à deux toises de celle de l’Astrolabe, et elles laissaient, parallèlement entre elles, un petit canal qui n'élait pas occupé par les Indiens: c'est par là que se sauvèrent à la nage tous les blessés qui eurent le bonheur de ne pas tomber du côté du large; ils gagnèrent nos canols qui, étant très heureusement restés à flot, se trouvèrent à portée de sauver quarante-neuf hommes sur les soixanlte-un qui composaient l'expédition.
Cet événement fit naître aux insulaires l’idée de troubler les blessés dans leur retraite : ils se portèrent en grand nombre vers les récifs de l'entrée, dont les canots devaient nécessairement passer à dix pieds de distance. On épuisa sur ces forcenés le peu de munitions qui reslaicnt; et les canots sortirent enfin de cet antre, plus affreux, par sa siluation perfide et par la cruauté de ses habitants, que le repaire des tigres el des lions.
Is arrivèrent à bord à cinq heures, et nous apprirent cet événement désastreux. Nous avions dans ce moment, autour de nous, cent pirogues, où les naturels vendaient des provisions avec une sécurité qui rouvait leur innocence : mais c'élaient les frères,
es enfants, les compalriotes de ces barbares assassins ; et j'avoue que j'eus besoin de toute ma raison
Bananier, = 3 Cocotier.
pour contenir la colère dont j'étais animé, et pour
empêcher nos équipages de les massacrer. Déja les : soldats avaient sauté sur les canons, sur les armes :
j'arrêtai ces mouvements qui, cependant, étaient bien
pardonnables, et je fis tirer un seul coup de canon à
poudre, pour avertir les pirogues de s'éloigner. Une
petite embarcation, partie de la côte, leur fit part,
sans doute, de ce qui venait de se passer: car, en
moins d'une heure, il ne resta aucune pirogue à notre
vue.
J'avais de la peine à m'arracher d’un lieu si funeste, et à laisser les corps de nos compagnons massacrés. Je perdais un ancien ami, homme plein d'esprit, de jugement, de connaissances, et l’un des meilleurs officiers-de La marine française. Son humanité avait causé sa mort : s’il eût osé se permettre de faire tirer sur les premiers Indiens qui entrèrent dans l’eau pour environner les chaloupes, il eût prévenu sa perte, celle de M. de Lamanon et des dix autres victimes de la férocité indienne. Vingt personnes des deux frégates étaient en outre grièvement blessées, et cet événement nous privait pour l'instant de trente-deux hommes et de deux chaloupes, les seuls bâtiments à rames qui pussent contenir un nembre assez considérable d'hommes armés pour tenter une descente,
Ces considérations dirigèrent ma conduite ultérieure : le plus petit échec m'eût forcé de brûler une des deux
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frégates pour armer l'autre. J'avais à la vérité une chaloupe en pièces, mais je ne pouvais la monter qu'à ma première relâche. S'il n'avait fallu à ma colère que le massacre de quelques Indiens, j'avais eu é6Ceasion de détruire, de couler bas, de briser cent pirogues qui contenaient plus de cinq cents personnes; mais Je craignis de me trompér au choix des victimes : le cri de ma conscience leur sauva la vie.
Je fis route, le 14 décembre 1787, pour uné troisième île que j'apercevais à l'ouest-quart-nord-ouest, et dont M. de Bougainville avait eu connaissance du haut dés mâts seulement, parce qué lé mauvais temps l'en avait écarté : elle est séparée de celle dé Maouna par un canal de neuf lieues. Les Indiens nous avaient donné les noms des dix îles qui composent leur archipel; ils en avaient marqué grossièrement la place sur nn papier, et quoiqu'on ne puisse guère compter sur le plan qu'ils en tracèrent, il paraît éependant probable que les peuples de ces diverses îles forment entre eux uns espèce de confédération , et qu'ils éommuniquent très fréquemment ensemble.
Les découvertes ultérieures qué nous avons faites ne nous permettent pas de douter que cet archipel ne soit plus considérable , aussi peuplé et aussi abondant en vivres que celui de la Société; il est même vraisem-= blable qu'on y trouverait de très bons mouillages. Mais n'ayant plus de chaloupes, et voyant l'état de fermentation des équipages, je formai la résolution de ne mouiller qu'à la baie Botanique, dans la Nouvelle- Hollande, où je me proposais de construire une nouvelle chaloupe avec les pièces que j'avais à bord. Je voulais, néanmoins, pour lé progrès de la géographie, explorer les différentes îles que je rencontrerais, el déterminer exactement leur longitude ét leur latitude. J'espérais aussi pouvoir comimercér avec ces insulaires en restant bord sur bord près de leurs îles. Je laisse volontiers à d'autres le soin d'écrire Fhisloire très peu intéressante de ces peuples barbares. Un séjour de vingt-quatre heures et la relation de nôs malheurs suffisent pour faire connaître leurs mœurs atroces, leurs arts, et les productions d’un des plus béaux paÿs de la nature.
Départ de l'ile Maouna. Description de l'ile d'Oyolava. Vue de l'ile de Pola. Nouveaux détails sur les mœurs, les arts, les usages des naturels de ces îles, et sur les productions de leur sol, Rencontre des iles des Cocos et des Traitres.
Le 135 décembre 1787, je fis route vers l'île d'Oyolava, dont nous avions eu Connaissance cinq jouts avant d'atteindre le mouillage qui nous fut si funesté. M. de Bougainville en avait reconnu de très loin la partié méridionale. Gette île est séparée de celle de Maouna où du Massacre par un canal d'environ neuf lieués, et l'île de T'aiti peut à peine lui être comparée pour la beauté, l'étendue, la fertilité et l'immense population. Parvenus à la distance de trois lieues de sa pointe du nord-est, nous fûmes environnés d’une innombrable quantité de pirogues, chargées de fruits à pain, de cocos, de bananes, de cannes à sucre, de pigedns, de poules-sullanes;, mais de très peu de cochons. Les habitants de célte île ressemblaient beaucoup à ceux de l'île Mäouna, qui nous avaient si horriblement tahis. Leur costume, leurs traits, leur taille gigantesque cn différaient si peu, que nos matelots crurent reconnaître plusieurs des assassins, et jeus beaucoup de peine à les empêcher de tirer sur eux : ‘mais j'étais certain que leur colère les aveuglait; et une vehgeance que je n'avais pas Cru pouvoir me permettre sur des pirogues de l’île mème de Maouna, at moment où j'appris cet affreux événement, né pouvait ètre licitement excreée quatre jours après dans une autre ile, à quinze lieues du champ de bataille. Je parvins done à apaiser celte fermentation, et nous continuâmes nos échanges. IL y régna beaucoup plus de tranquillité et dé bonne foi qu'à l'ile de Maouna,
parce que les plus petites injustices étaient punies par des coups, ou réprimées par des paroles et des gestes menaçants.
La présence des femmés et des enfants qui se trouvaient parmi ces insulaires pouvait faire présumer qu'ils n'avaient aucune mauvaise intention ; mais nous avions de trop puissants motifs pour ne plus nous fier à ces apparences, et nous étions disposés à repousser le plus pétit acte d’hostilité d'une manière qui eût rendu les navigateurs redoutables à ces insulaires. Je suis assez porté à croire que nous sommes les premiers qui ayons commercé avec ces peuples. Ils n'avaient aucune connaissance du fer : ils rejetèrent constamment celui que nous leur offrimes, et ils préféraient un seul grain dé rassade à une hache, où à un clou de six pouces : ils étaient riches des biens de la nature, et ne recherthaient dans leurs échanges que des superfluités et des objels de luxe. Parmi un assez grand nombre de femmes, j'en remarquai deux ou trois d'une physionomie agréable. Leurs. cheveux, ornés de fleurs et d’un ruban vert en forme de bandeau, étaient tressés avec de l'herbé et de la mousse; leur taille était élégante, là forme de leurs bras arrondie et dans les plus justes proportions; leurs yeux, leur physionomie, leurs gestes annonçaient de la douceur, tandis que ceux des hommes peignaient la surprise el la férocité.
Nous avions appris des insulaires de Maouna que l'archipel des Navigateurs est composé de dix îles, savoir : Opoun, la plus à l'est, Léoné, Fanfoué, Maouna, Oyolava, Calinassé, Pola, Shika, Ossamo et Ouera: mais la suile de notre navigalion nous à appris que deux de ces trois îles pouvaient être celles des Cocos et des Traitres (1), placées, d'après les observations du capitaine Wallis, { dégré 45 minules trop à l'ouest.
Opoun, la plus méridionale comme la plus orientale de ces îles, est par 14 degrés 7 minutes de latitude sud, et par 171 degrés 27 minutes 7 secondes de longilude occidentale. Plusieurs géographes attribuent à Roggewin la découverte de ces îles, auxquelles, selon éux, il donna, en 1721, le nom d'êles Beauman; mais ni les détails historiques sur ces peuples, mila position géographique que l'historien du Voyage de Roggewin assigne à ces îles, ne s'accordent avec cette opinion. Je suis fondé à croire que les îles Beauman ne sont pas les mêmes que celles auxquelles M. de Bougainville a donné le nom d'êles des Navigateurs; il me paraît cependant nécessaire de leur conserver celte dénomination, si l'on ne veut porter dans la géographie une confusion très nuisible au progrès de cette science.
Ces îles, situées vers le 14e degré de latitude sud, ét entre les 171 et 175 degrés de longitude occidentale, forment un des plus beaux archipels de la mer du Sud, aussi intéressant par ses arts, ses productions et sa population, que les îles de la Société ou celles des Amis, dont les voyageurs anglais nous ont laissé une description qui ne laisse rien à désirer. Quant à la moralité de ces peuples, quoique nous ne les ayons vus qu'un instant, nous avons appris, par nos malheurs, à bien connaître leur caractère, et nous ne craignons pas d'assurer qu’on chercherait en vain à exciter, par des bienfaits, la reconnaissance de ces âmes féroces, qui ne peuvent êlre contenues que par la crainte.
Ces insulaires sont les plus grands et les mieux faits que nousayons encore rencontrés : leur taille ordinaire est de cinq pieds neuf, dix où onze pouces; mais ils sont moins étonnants encore par leur taille que par les proportions colossales des différentes parties de leur corps. Les hommes ont le corps peint ou tatoué, de manière qu'on les croirait habillés, quoiqu'ils soient presque nus : ils ont seulement autour des reins une ceinture d'herbes marines, qui leur descend jusqu'aux genoux, et qui {es fait ressembler à ces fleuves de la fable qu'on nous dépeint entourés de roseaux. Leurs chéveux sont très longs; ils les retroussent souvent
(4) Wallis a nommé ces iles Boscawen et Keppel, A. M.
autour de la tète, et ajoutent ainsi à la férocité de leur physionomie. Elle exprime loujours où l'étonnement ou la colère ; la moindre dispute entre eux est suivie de coups de bâton, de massue, ou de pagaie, et souvent, - sans doute, elle coûte la vie aux combattants. Ils sont presque lous couverts de cicatrices qui ne peuvent être que la suite de ces combats particuliers.
La taille des femmes est proportionnée à celle des hommes. Elles sont grandes, sveltes, et ont de la grâce; mais elles perdent, avant la fin de leur printemps, cette douceur d'expression, ces formés élégantes, dont la nature n’a pas brisé l'empreinte chez ces peuples burbarés, mais ‘qu'elle paraît ne leur laisser qu’un instant et à regret. Parmi ün très grand nombre de femmes que j'ai été à portée de voir, je n’en ai distingué que peu de jolies : l'air grossièrement effronté des autres, l'indécénce de leurs mouvements, et l'offre rebutante qu'elles faisaient de leurs faveurs les rendaient bien dignes d’être les mères ou les femmes des êtres féroces qui nous eénvironnaient.
Le très petit nombre de ces jeunes et jolies insulaires dont je viens de parler eut bientôt fixé l'attention de quelques Français, qui, malgré ma défense, avaient cherché à former des liaisons avec elles. Les regards de nos Francais exprimaient des désirs qui furent bientôt devinés ; de vieilles femmes se chargèrent de la négociation : l'autel fut dressé dans la case du village la plus apparente. Toutes les jalousies furent baissées, et lés curieux écartés, la victime fut placée entre les bras d'un vieillard, qui, pendant la cérémonie, l’exhortait à modérer l'expression de sa douleur. Les matrones chantaient ét hurlaient, ét le sacrifice fut consommé eu leur présence et sous les auspices du vieillard qui servait d'autel et de prêtre. Toutes les femmes et les enfants du village étaient autour de la maison, soulevant légèrement les jalousies, et cherchant les plus petites ouvertures entre les natles, pour jouir de ce spectacle. Quoi qu’en aient pu dire les voyageurs qui nous ont précédés, je suis convaincu que, au moins dans les îlés des Navigateurs, les jeunes filles, avant d'être mariées, sont maîtresses de leurs faveurs, et que leur cümplaisancé ne les déshonore pas; il est même plus que vraisemblablé qu'en se mariant, elles n'ont aucun compte à rendre de leur conduite passée, mais je ne doute pas qu’elles ne soient obligées à plus dé réserve lorsqu'elles ont un mari.
Parmi quinze ou dix-huit cents insulaires que nous étimes occasion d'observer, trente, au moins, Sannoncèrent à nous comme des chefs. IIS exercaient une espècé dé police, et donnaient de grands Coups de bâton; mais l'ordre qu'ils avaient l'air de vouloir établir était transgressé en moins d'une minute : jamais souverains ne furent moins obéis ; jamais l'insubordination et l'anärchié n'excitèrent plus de désordres.
C'est avec raison que M. de Bougainville les à nommés les Navigateurs : lous leurs voyages $e font én pirogue, et ils ne vont jamais à pied d'un village à l'autre. Ces villages sont tous situés dans des anses sur les bords de la mer, et n’ont de sentiers que pour pénétrer dans l'intérieur du pays. Les îles que nous avons visitées étaient couvertes, jusqu à la cime, d'arbres chargés de fruits, sur lesquels reposaient dés pigéotis-ramiers, des tourterelles vertes, couleur de rose, el dé différentes couleurs. Nous y avons vu des perruchès charmantes, une espèce de merle, et même des pérdrix : ces insulaires soulagent l'ennui de leur oisivelé en apprivoisant des oiseaux : leurs maisons étaient pleines de pigeons-ramiers, qu'ils échangèrent avec pous par centaines; ils nous vendirent aussi plus de trois cents poules-sultanes du plus beau plumage.
L'imagination la plus riante se peindrait difficilement des sites plus agréables que ceux des villages de ces insulaires : toutes les maisons sont bâties sous des arbres à fruit, qui entretiennent dans ces demeuresune fraicheur délicieuse. Elles sont situées au bord d'un ruisseau qui descénd des montagnes, et le long duquel est pratiqué un sentier qui s'enfonce dans l'intérieur
de l'ile, Leur architecture à pour objet principal de les préserver de la chaleur, et j'ai déjà dit qu'ils savaient y joindre l'élégance. Ces maisons sont assez grandes pour loger plusieurs familles; elles sont entourées de jalousies qui se lèvent du côlé du vent et se ferment du côté du soleil, Les insulaires dorment sur des nattes très fines, très propres, et parfaitement à l'abri de l'humidité. Nous n'avons aperçu aucun moraï, et nous ne pouvons rien dire de leurs cérémonies religieuses.
Les cochons, les chiens, les poules, les oiseaux et le poisson abondent dans ces îles. iles sont couvertes aussi de cocotiers, de goyaviers, de bananiers, et d'un autre arbre qui produit une grosse amande qu'on mange cuite, et à laquellé nous avons trouvé le goût du marron; lés cannes à sucre y croissent spontanément sur le bord des rivières; mais elles sont aqueuses et moins sucrées qué celles de nos colonies : ceilé différence vient sans doute de ce qu’elles se multiplient à l'ombre, sur un terrain trop gras et qui n'a jamais été travaillé. On y trouve aussi des souches dont les racines approchent beaucoup de cellés de l'igname où du camagnoc.
Ces îles sont extrêmement fertiles, et je crois leur population très considérable. Celles de l'est, Opoun, Léoné, Fanfoué, sont petites, les deux dernières surtout n'ont qu'environ cinq milles de circonférence ; mais Maouna, Oyÿolava et Pola doivent être comptées parmi les plus grandes et les plus belles îles de la mer du Sud. Les rélations des différents voyageurs n'offrent rien à l'imagination qui puisse êlre comparé à la beauté et à l'immensité du village sous le vent duquel nous mimes en panne, Sur la Côte du nord d'Ovolava. Quoiqu'il fût presque nuit lorsque nous y arrivâmes, nous fûmeés 6n un instant énvironnés de pirogues, que la éuriosité ou lé désir de commércer avec nous avait fait sortir de leurs ports. Plusieurs n'apportaient rien : elles venaient seulément jouir d'un coup d'œil nouveau pour elles. Il ÿ en avait d'extrèmement petiles qui ne contenaient qu'un seul hoïnme : ces dernières étaient très ornées ; comme elles tournaient autour des bâtiments sans faire aucun commerce, nous les appélions les cabriolets : elles én avaient les inconvénients, car le plus petit choc des autres pirogues les faisait chavirer à chaque instant.
Nous vimes aussi de très près la grande ét superbe île de Pola; mais nous n'eûmes ancuné relation avec ses habitants. Le 20 décembre, je vis au sud deuxîles, que je reconnus Hien parfaitement pour être les îles des Cocos et dés Traîtres de Schouten.
L'ile des Cocos à la forme d'un pain de sucre très élevé; elle est couverte d'arbres jusqu'à la cime, et son diamètre est à peu près d'une licue. Klle est séparée de l'île des Traîtres par un canal d'environ trois mil< les, coupé lui-même par un îlot que nous vimeés à la pointe du nord-est de cette dernière île. Celle-ci ést bassé et plate, et a seulément vers le milieu un morne assez élevé : un cânal de cent cinquante toises d’ouvérlure la divise en deux parties.
Chäque île que nous apercevions nous rappelait un trait de perfidie de la part des insulaires : les équipages de Roggewin avaient été altaqués et lapidés aux iles de la Récréation, dans l'est de celles des Navigateurs; ceux de Schouten à l'île des Traîtres, qui était à notre vue et au sud de l'île Maouna, où nous avions . été nous-mêmes assassinés d'uné manière si atroce. Ces réflexions avaiënt changé nos manières d'agir à l'égard des Indiens : nous réprimions par la force les plus petits vols et les plus petites injustices; nous leur montrions par l'effet de nos armes que la fuite ne les sauverait pas de notre réssentiment; nous leur refusions là permission de monter à bord, et nous menacions de punir de mort ceux qui oSéraient y venir malgré nous. Getle conduite était cent fois préférable à notre modération passée; el si nous avons quelque régret à former, c'est d'être arrivés chez ces peuples avec des principes de douceur et de patience : Ja raison et le bon sens disent qu'on a le dr it d'employer la force