‹ Voyages autour du monde et en Océanie :Chapitre 95 sur 179 · ES RL · texte numérisé non relu

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de New-York. Le climat est la seule chose dont j'eus réellement à me plaindre. Les étrangers sont sujets à gagner de violents rhumes par suite du changement subit de l'atmosphère. A midi, il fait souvent aussi chaud que sous les tropiques, tandis que la fin du jour est plus que fraîche.

Une ou deux semaines avant que le soleil variât dans l’hémisphère méridional, les matins et les soirs étaient déjà si froids que je ne pus rester plus longtemps. Je m'embarquai pour l'île d'Antigoa, avec l'in tention de visiter les différentes îles de la mer des Antilles, en m'acheminant pour la quatrième fois vers les solitudes de la Guiane. Nous mîmes trente jours à gagner Antigoa. Saint-Jean, qui en est la capitale, peut avoir, dans le meilleur temps, été une ville gaie

et florissante. Aujourd'hui elle est triste et misérable. Les maisons, principalement construites en bois, ont l'air de n’avoir pas êté repeintes depuis nombre d’années. Les rues sont raboteuses et aussi mal pavées que possible. Le voyageur, lorsqu'il les parcourt, peut se figurer qu'elles offriraient une promenade de circonstance à un homme qui, avant de se pendre , désirerait jeter un dernier coup d'œil sur les misères de ce bas monde. Un fait assez singulier, c'est qu'il n’y a point de rivière, point de ruisseau dans loute l'ile.

Après y avoir passé la plus ennuyeuse semaine de ma vie, je fis voile vers la Guadeloupe, dont les hautes montagnes coiffées de nuages présentent un imposant spectacle quand on approche de l'île. Basse-Terre, Ja capitale, est une jolie ville au milieu de laquelle se trouve une belle promenade publique qu'ombrage un double rang de tamariniers superbes. Derrière la ville, la Soufrière élève son haut et romantique sommet; et quand le temps est clair, vous pouvez voir la fumée volcanique qui s’en échappe.

À environ moitié chemin, entre la Guadeloupe et la Dominique, vous, apercevez les Saintes. Quoique hautes , escarpées et rocailleuses, elles ne paraissent cependant que comme un point, si on les compare à leurs deux gigantesques voisines. Juste sous leur vent, à quelques lieues de distance, on distingue Marie- Galande, qui ne dépasse la ligne de l’horizon que de la hauteur d'une verge. La Dominique e‘le-même est majestueuse par les immenses et sourcilleuses chaînes qu'elle renferme. Tandis que vous en longez les rives, yous ne pouvez vous empêcher d'admirer ses belles plantations de café dans des places si escarpées et si rudes, que vous les croiriez presque inaccessibles. Rosean , la capitale, n’est qu'une petite ville dénuée d'intérêt. Puis vous atteignez bientôt la grande et magnifique île de la Martinique. Saint-Pierre, sa capitale, est une belle ville, où l’on pourrait vivre fort agréablement. Les habitants paraissent se livrer avec ardeur à la culture des fruits du tropique. Un ruisseau, qui coule avec rapidité dans chaque rue, produit un délicieux effet.

Non loin de la Martinique, le fameux roc Diamant s'élève majestueux et isolé du sein des flots. En quelques heures vous êtes à Sainte-Lucie, dont les montagnes immenses et sourcilleuses vous remplissent d'idées sublimes. Castries, la ville, est dans un déplo- ‘rable état ; l'herbe y pousse dans les rues.

De Sainte-Lucie, je passai à l'île Barbade dans l’es-

"poir d’y trouver un vaisseau en charge pour la Trinilé ; mais n’en trouvant pas, je m'embarquai à bord d'un schooner pour Demerary.

ALBERT-MONTÉMONT.

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