Noua y les épaules tatouées
3* Otoro , une ligne au côté.gauche;
ô** Ohémara , les chevilles des pieds tatoués;
7' Poo faaréarên , les apprentis.
Il y avait, de plus, un nombre d'aspiransou de gens des deux sexes qiii suivaient partout les Areoïs, les servaient, préparaient leur nourriture, les secondaient dans leurs occupations, et participaient à leurs fêtes et à leurs banquets, mais seulement comme domestiques, sans être initiés, et sans jouir de la considération et du respect qu'on avait pour leurs maîtres.
Il en contait beaucoup pour être admis , et les, formalitésde la réception ne le cédaient nullement à celles qu'il faut remplir dans les sociétés secrètes les plus célèbres qu'on ait connues. Il ne s agissait de nen mouis que d'être inspiré par les dieux ou
plutôt véritablement énergninène. La société était sous le patronugo du dieu Oro; les membres en étaient tous considérés corn ni€ des êtres supérieurs, des favoris des dieux , à telles enseifi;nes qu'ils avaient, après leur mort, un ciel ou paradis à eux , d'où , Iç plus souvent, le reste du peuple éiait exclus. 11 n'est donc pas fort extraordinaire qu'un homme qui prétendait à riionneur de s'y voir affilié, dût, si je puis ainsi dire, être en élat de grâce et choisi par les dieux. Aussi le récipiendaire était-il habillé et paré de la manière la plus bizarre , les cheveux couronnés de Qeurs et frottés d'une huile odoriférante , le corps et la figure peints de jaune et de rouge. Dans cet équipage, il se précipitait au milieu de l'assemblée des sociétaires, s'y roulait en furieux, criait et faisait toutes les démonstrations d'un homme en délire. Telle était la première démarche h faire pour être admis; et, peu après, le premier Aréoïs, à qui , dès ce moment, il se trouvait attaché , l'appelait par son nom, lui disant d'im ton amical et comme pour l'apaiser : « Mnnau , mannnjtaré mai. Vous êtes » des nôtres, vous êtes des nôtres, venez! » Mais il devait, ensuite, se soumettre à bien d'autres épreuves; et il ne pouvait être initié qu'après avoir montré des mois entiers , et même des années , toute la patience possible, une soumission aveugle, un respect et un attachement inviolables pour la société et pour ses membres.
La réception se faisait toujours pendant des as-
semblées générales ou de grandes fêtes. Là, tous les sociétaires réunis, le candidat était présenté par le premier des Aréois, au service et à la personne duquel il avait éïé attaché jusqu'alors. Il devait être couvert d'une étofie que portaient seulement les aliiliéspl avait, de nouveau, la tête couronnée de fleurs et parfumée dliuiles odoriférantes, la Qgure et le corps peints de jaune et de rouge. Ou liii demandait, d'abord, s'il voulait être Aréois, et s'il consentait à détruire les enfans que sa femme pouvait encore avoir. S'il répondaitaflirmativement, il. recevait un nouveau nom , et on lui faisait répéter ces mots obscurs et mysléi ieux : « Moua tabou tuma- >. poua ( nom d'une montagne et du district qui se » trouve au pieU de cette montagne, k Ouhiné): » montagne sacrée et terre d'en bas; manouna té » arii f(î a//, front majestueux du roi des cieux , je n suis un tel ( il se nommait) et Aréois. » 11 saisissait aloi^ l'étolié qui couvrait la femme du grand- maître ou premier des Aréoïs; et, dès ce moment , il était initié et membre iXe poofuai éarca ou de la septième
classe.
Les initiés restaient , ordinairement , très-longtemps dans cette dernière classe , où ils apprenaient lescliauLs,les danses, les combats et la représentation des scènes sacrées et profanes qu'exécutaient tour à tour les derniers membres de celle singulière société.
Pour mon'er en grade, ils avaient ^ remplir de nouvelles foraialités et à subir des cérémonies non-
velies, non moins nombreuses que celles de leur réception. Il fallait , d'abord, des assemblées de plusieurs loges, où les premiers Aréoïs, aussi bien que lespostulans, paraissaient dans les costumes et avec les ornemens déjà décrits; mais, cette fois, la demande devait être faite aux dieux ou à Oro , la divinité tutélaire de la société , qui sanctionnait l'élévation de chaque membre dans les différentes classes; et , pour cela , il fallait des prières et des oftrandes. La consécration commençait par une scène remarquable , l'invocation du bouaa ra ( cochon sacré); et puis, au Maraï, celle de Taramanini, qui était, avec Mahi, comme on Ta vu , le premier Aréoïs à Raïatéa. On se rendait ensuite au Maraï du district, où la cérémonie s'ouvrait par l'onction, que faisait le chef des Aréoïs, en versant l'huile sacrée sur le front de chacun des candidats. Un petit cochon , tenupar eux , était alors égorgé sur l'autel, et offert aux dieux , au milieu de longues prières. Le sacrifice accompli, le principal Aréoïs criiiit à haute voix : « Consentez-vous , dieu » Oro 1 qu'un tel ( son nom ) soit élevé à tel grade ? » (le grade). » Un prêtre répondait affirmativement pour le dieu; ensuite le sociétaire élevé en grade recevait les marques de tatouage qui distinguaient tous ceux de la classe où il venait de passer. Les mêmes cérémonies avaient lieu à chaque promotion nouvelle.