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date, il me paraît relativement moderne, ce que je tâcherai de prouver ailleurs. Les Aréois avaient cela de commun ai\ec\e& Harépo , que Terreur d'un seul mot ou d'un seul vers dans leurs récits et dans leurs chants aurait fait suspendre les fêtes. Aussi exigeaiton d'eux , comme des Harépo même, une étude approfondie, et la plus parfaite connaissance de ces chants et de ces traditions , avant de leur permettre, d'entrer en exercice. En conséquence , tout candidat qui prétendait aux honneurs de la profession, était préalablement examiné en public par les maîtres de l'art. Le moindre mécompte , la plus légère hésitation , le faisait non-seulement refuser avec dédain , mais encore huer par le peuple et par les examinateurs. En revanche, une connaissance parfaite de ces poëmes, et de ces chants sacrés, n'élevait pas seulement l'heureux adepte aux premiers honneurs parmi les hommes, mais encore en faisait un être sacré pour tous, et un favori des dieux (i).
A 0-taïti et dans les autres îles de la Société , où règne une éternelle abondance , les fêtes des Aréois étaient presque continuelles; mais, dans les autres
(i) Toute erreur , toute maladresse était de mauvais augure chez ces peuples. Le prêtre qui se trompait dans l'ordi-e de ses prières cessait aussitôt le service. Un coup maladroitement porté par un ouvrier , ses outils usés du mauvais côté , ou un trou percé à contre-sens suffisaient non-seulement pour arrêter momentanément un travail , mais pour faire abandonner la construction d'une maison , d'une pirogue , etc. , l'accident ne fut-il arrive qu'au moment d'achever l'ouvi âge.
ileô^ ils avaient des époques de réjouissances et d'à u^ très de tristesse, qui semblent mieux faire comprendre le but de leur institution. Ainsi , aux Marquises , ils sortaient de leur retraite vers octobre, pour célébrer le retour de Mahoui, qui, là, n'est, certainement, que le soleil. Ils lui offraient>ussiles prémices , vers décembre, comme ils les offraient à Oro , à 0-taïti, et au même dieu ou à d'autres dans les autres îles ; fêtes toutes établies pour célébrer le retour du dieu qui ramène la fertilité et l'abondance, et pour le remercier de ses bienfaits. Ces fêtes duraient jusqu'en avril et jusqu'en mai, suivant la situation ou le climat; et alorâ , il y avait une autre cérémonie qui ne laisse plus de doute sur le but des premières. C'était la célébration du départ des dieux pour le séjour des morts ou de l'obscurité. Cette cérémonie et les fêtes qui l'accompagnaient, avaient lieu dans quelques-unes des iles de la Société et dans presque toutes les autres. On se rendait alors aux Marais , et l'on priait les dieux de revenir promptement du séjour de l'obscurité ou de la mort (Po) au Rohoutou noa noa , séjour de la lumière et de
la vie (i).
Tant que duraient ces fêtes , toutes les popula-
(i) Les particuliers , en sortant des temples publics, allaient à leurs Marais privés , où ils enterraient leurs proches. Là , ils accomplissaient la même cérémonie , priant les âmes des morts de revenir promptement du séjour des ténèbres au Rohoutou noa noa , mel des Aréoïs,
lions, même les plus sauvages, suspendaient souvent leurs éternelles hostilités , surtout au temps des prémices et du mai^a raa matahiti , fin de la saison dé Tabondance. Dans cette dernière , la plus pompeuse de toutes, tous les habitans d'une même île se rendaient fréquemment au même lieu pour célébrer par des festins, des danses, des chants, des assauts et des combats , les derniers bienfaits et le départ de leurs divinités. Après ces fêtes , aux Marquises et en d'autres îles, les Aréoïs prenaient le deuil, suspendaient tous leurs amusemens , se retiraient chez eux pour pleurer l'absence ou la mort de leur dieu; et restaient là , comme je lai dit , jusqu'à l'équinoxe du printemps , où ils sortaient de nouf eau de leur retraite, afin de célébrer le retour de Mahoui ou le soleil. En conséquence, il me paraît clair que , quoiqu'ils n'adorassent pas directement le soleil et les autres astres , leur culte n'était pourtant guère que le sabéisme ou l'adoration de l'univers visible et animé , comme tout , d'ailleurs , le prouvera dans la suite.
Cérémonial du culte:
Les cérémonies du culte étaient extrêmement nombreuses et compliquées. L'aptitude toute particulière qu'en demandaient , de la part des fonctionnaires ecclésiastiques , l'intelligence et la pratique ,
— 5o4 — n'était sans doute pas une des moindres raisons qu| assuraient tant de considération aux prêtres.
Je ferai connaître successivement ce que j'ai pu connaître de leur liturgie , de leurs sacrifices , offrandes ^ oracles et augures y de \euxs fêtes et du tabou.
A. Liturgie.
Leur liturgie se composait d'une foule de longue^ prières, des éternels catalogues de leurs divinités, de légendes et de traditions sans fin , le tout conçu dans un langage métaphorique et obscur , qui demandait une mémoire prodigieuse et une très-longue pratique; les Indiens, toujours préoccupés de l'idée de l'intervention divine , ne cessant d'y voir quelque chose de mystérieux et de surnaturel. Ils avarent des ouhous et des ^aro^oro (prières et invocations), et des hamori ( adorations et louanges ) , toutes d'une longueur démesurée ; aussi , qudiqu'ils fussent plusieurs et se relevassent, quand les cérémonies se prolongeaient, ils ayaient pour guides, dans Tordre de leurs exercices , des faisceaux de petits bâtons de différentes grosseurs et de différentes dimensions, qu'ils tiraient du paquet , et mettaient de côté , à mesure qu'ils finissaient une Oraison ou prière (i); mais si, malgré
(i) C'est, à peu près, Téqui valent des chapelets dont se servent , dans leurs exercices de pieté , les chrétiens catholiques romains , les mahométans , etc. , etc.
cette précaution , il leur arrivait de se tromper \^ moins du monde , en quoi que ce fût, ils devaient s'arrêter aussitôt ; et l'office se trouvait suspendu , quelsqu'en eussent été les préparatifs et quelle qu'en pût être l'importance ; car c'était le pire de tous les mauvais augures, La nécessité de tant de ponctualité les rendait extrêmement attentifs, et les obligeait, eux ou toute autre personne chargée de réciter les prières , les légendes ou les traditions , à s'exercer continuellement; car des erreurs réitérées leur auraient bientôt fait perdre tout crédit, à quelque classe qu'ils appartinssent et quel que fût, d'ailleurs, leur emploi. C'est peut-être à cette exigence d'une si rigoureuse exactitude que sont dues la conservation et l'uniformité de leurs traditions, lesquelles, bien que remontant à des époques inconnues , se retrouvent, néanmoins, encore dans presque toutes les îles, plus ou moins altérées par le temps , mais presque partout parfaitement identiques, quant au fond e. quant à la forme. Ces traditions sacrées se retrouvaient, à tout moment, dans la bouche des membrei de la société des Aréoïs , qui en animaient les fêtes publiques , aux charmes desquelles elles concouraient si puissamment; et dans la bouche de tous les prêtres nationaux , qui les reproduisaient au milieu des nombreuses cérémonies du culte public; mais c'était aux Harépo que le dépôt en était spécialement et officiellement confié.
Les fonctions de ces Harépo ( promeneurs de la
nuk), consistaient, en effet, k perpétuer ces traditions sacrées ou celles dun ordre supérieur; aus&i devaient-ils les avoir étudiées et les connaître beaucoup mieux que tous les autres. Dans les occasions solennelles , ils les récitaient , en se promenant lentement, la nuit, autour des Marais et autres lieux consacrés , d où leur nom ; et telles étaient la précision et l'exactitude exigées dans leur récit de ces poëmes sacrés, que, s'ils se trompaient d'un seul mot ou hésitaient un seul instant, ils discontinuaient aussitôt, retournaient chez eux; et, si leur promenade avait eu pour objet quelqu'entreprise à laquelle ils voulaient intéresser les dieux , cette erreur seule suffisait pour la faire abandonner sans retour; car on n'en croyait plus le succès possible. Rien de plus étonnant que la mémoire de ces hommes récitant, mot pour mot, des nuits entières , ces antiques traditions , dont la traduction , pour ce qui en reste ( car elles sont aujourd'hui la plupart incomplètes et tronquées ) , demanderait un travail assidu de plusieurs années (i). L'emploi des harépo, comme tout autre emploi ecclésiastique, civil ou militaire dans l'Océanie, se transmettait des pères aux enfans; et leurs fils y étaient exercés dès l'âge le plus tendre ; ceux d'entre eux
(i) Les hommes de lettres qui pensent que les poëmes d'Homère n'ont pu être composés à une époque où l'art d'écrire était encore ignoré, reconnaîtraient leur erreur en entendant ces insulaires répéter leurs chants et leurs légendes sacrées.
qui étaient doués d'une excellente mémoire pouvaient seuls y réussir. Ils croyaient la mémoire un don des dieux; mais , avec cette opinion , ils en professaient une autre^bien singulière. A leur avis, la science s'acquérait sans travail et comme par infusion. Ils allaient jusqu'à prétendre que, sans ce moyen, un enfant n'acquérait jamais les talens de son père. Aussi ^ quand un de ces hommes fameux par leurs lumières dans les anciennes traditions était au lit de la mort , on surveillait avec soin ses derniers momens ; et , à l'instant où il expirait , plaçant sur sa bouche la bouche de celui de ses enfans qiii devait lui succéder, on faisait comme aspirer à ce dernier l'âme du moribond , au moment où elle allait quitter son corps, pratique qui se renouvelait à tous les âges. Ils étaient bien convaincus que tous leurs savans en cette matière ( l'archéologie des traditions ) devaient leurs connaissances à l'emploi de ce moyen , tout en avouant qu'ils n'en étudiaient pas moins, pour cela , nuit et jour.
Le prêtre en fonction, ainsi que toute personne qui approchait du Maraï, devait avoir la partie supérieure du corps découverte jusqu'à la ceinture ; et son habillement se composait seulement de nattes belles et fines qui le couvraient depuis le milieu du corps jusqu'au-dessous du genou. Pour réciter les prières ils mettaient un genou en terre ou se tenaient assis les jambes croisées sur une large pierre , vers le milieu de l'enceinte, appuyés contre une colonne
de quatre à cinq pieds de haut , placée là tout exprès. En priant , ils avaient la figure tournée vers la py^ ramide aux images , et y portaient quelquefois leurs regards , quoique , généralement , ils tinssent la tête inclinée , non par dévotion ni par humilité , mais pour n'être pas distraits pendant leur fatigante ré~ citation.
Le même cérémonial s'observait dans les moindres Marais , et pour tous ceux qui venaient prier aux temples. Les femmes mêmese découvraient le corps jusqu'à la ceinture , quoiqu'elles ne s'adressassent aux dieux que du dehors de l'enceinte, et souvent d'assez loin , ne pouvant fouler le sol de ces lieux sacrés.
A, Sacrifices, offrandes, oracles et augures.
Il y avait peu de cérémonies qui n'exigeassent des sacrifices et des offrandes. C'était le seul moyen de plaire aux dieux.
Les victimes humaines étaient portées mortes au Maraï, dans des paniers fabriqués avec des feuilles de cocotiers.' Elles étaient rarement très-mutilées : mais présentaient toujours un aspect horrible ; car on les regardait comme d'autant plus agréables aux dieux, que le sang en découlait avec plus d'abondance. Quant aux autres victimes , comme les cochons , les chiens , les poules , souvent on les égorgeait sur l'autel , au commencement ou dans le cours du service ; d'autres fois on les offrait sans4es tuer ; et, dès lors, consacrées
5o9 — aux dieux, elles couraient en liberté jusqu'à de grandes solennités ou autres cas urgens , qui obli^ geaient à consommer le sacrifice. Après le service , toutes les victimes étaient posées sur \efata , ou enterrées comme on le verra plus loin.
Taaroa seul excepté, on offrait des victimes à tous les Atouas; mais aux lies delà Société, le plus craint, et par conséquent le plus honoré de tous, c'était Oro, le dieu que vénéraient particulièrement les Aréoïs, et considéré comme le patron de ces îles.
Chaque chef, dans ses guerres , recherchait avec empressement sa protection. C'était à qui lui immolerait le plus de victimes. On lui en présentait dans toutes les solennités, et surtout à la veille d'une guerre. Quand on appréhendait une rupture , le grand-prêtre , presque toujours frère ou proche parent du chef, s'enfermait seul dans le Maraï. Il y passait une partie de la nuit à prier, y dormait, et prétendait que les dieux lui communiquaient leurs volontés dans des songes. Sitôt que cette volonté lui était connue ou qu'il se sentait inspiré parles dieux; (comme il affectait souvent de l'être ), il se mettait à hurler , à sonner d'une espèce de trompe faite du plus grand coquillage ( murex ) qu'il fût possible de trouver, et sur le sommet duquel on perçait un trou, à quoi s'adaptait un bambou de deux à trois pieds de long, qui servait d'embouchure, et au moyen duquel on en tirait un son fort, mais sombre et grave, bie^n plus propre à inspirer la terreur que la gaieté.
— 5io — Les prêtres battaient aussi d'une caisse dite sacrée, et jetaient, par des bruits lugubres, l'alarme et la consternation parmi le peuple ; car, le plus souvent , c'était signe que les dieux exigeaient des victimes humaines, toujours au nombre de sept, quand il s'abaissait d'une guerre. Le chef devait les procurer, et, avait là , dans les mains, un terrible moyen de se venger ce quiconque avait osé lui déplaire. Ce n'étaient pourtant pas toujours les ennemis du chef qui tombaient victimes; il y avait des cas où les dieux en demandaient tant, que ces derniers ne pouvaient suffire; ou, comme il arrivait plus souvent encore qu'ils s'étaient soustraits par la fuite, on prenait, pour les remplacer, les premiers venus dans la classe du peuple; d'où il résultait que telles familles, dont queU que membre avait été désigné pour victime , se trouvaient fréquemment vouées à une destruction totale. Cette proscription s'étendait même quelquefois sur des districts entiers, qui avaient été vaincus.
En des casurgens, certains chefs faisaient immoler jusqu'à leurs meilleurs amis, et croyaient ces douloureux sacrifices les plus agréables à leurs dieux; mais ces cas étaient rares. Les hommes très-avancés en âge étaient toujours choisis de préférence à tous autres; par le motif que , se trouvant plus près du terme de leur existence , on avait moins de raison de
les ménager.
Ordinairement les victimes étaient frappées à l'improviste; mais , quelquefois, on leur annonçait
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leur sort dans une forme tFautant plus Jiorrible qu'elle était plus simple. Le principal chef envoyait ?i (les chefs subalternes un ou plusieurs petits cailloux. Ceui - ci comprenaient, de suite, que ce funeste message demandait autant de victimes qu'il y avait de petites pierres, aussitôt présentées par eux à ceux à qui ils les avaient peut-être destinées par avance ; et , plus souvent encore, aux premiers venus , jeunes ou vieux indistinciement , en cas d'urgence. Le malheureux qui recevait ce signe fatyl , arrêt de sa mort, répondait voti ( cela suliit , ou j'y consens ); et il était tué, soit à l'instant même, soit peu de temps après , à l'improviste. J'ajoute qu'il était rare que les victimes ainsi désignées cherchassent à se soustraire à la mort parla fuite , quoique souvent on leur laissât encore la liberté.
Presque partoutles sujets montraient unesoumission aveugle aux ordres de leurs chefs 'ainsi libellés.
Aux Fidgi, un chef condamne un Indien à être étranglé, et Tenvoie dans tel ou tel endroit attendre son exécution. Le condamné , qu'on peut bien nommer ici le patient y s*y rend seul et y attend quelquefois des heures ou des jours entiers, avant qu'on daigne veniï exécuter sa sentence
Le bourreau manque à la victime. Phénomène moral , inoui peut ^tre dans les annales de l'humanité 1 Cette étrange abnégation de soi-même, véritable triomphe du. droit dii^in , non moins extraordiuairtr, mais plus noble et plus touchante que
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robéissance passive des esclaves baisant lâchement le lacet du Padisha. peut-elle s'expliquer autrement , dans les deux cas , que par l'ascendant mdefim des préjugés religieux sur l'esprit et sur le cœur de
l'homme ? . ,
On a vu que les victimes humaines étaient portées
mortes aux Marais. Le grand-prêtre les ofifrait solennellement soit aux dieux , soit à leurs images, d autant plus agréables, d'ailleurs, aux divmites, qu elles étaient , à la fois, moins mutilées et plus sanglantes. Les sacrifices humains étaient, en général, présidés par le principal chef , à q"i '' «!«"«/« '^''^^ »rand-p.être ollrait un des yeux des victimes , en l'approchant de sa bouche , que ce dermer ouvrait comme pour avaler l'offrande ; mais le prêtre, la retirant au même instant, l'ajoutait au reste des corps morts étendus dans le Maraï et qu'ony laissait jusqu à ce que tous toft.bassent en putréfaction. Ne dirait-on pas , malgré l'horreur que montrent les habitans des iles de la Société pour l'anthropophagie , que cet œi offert au chef en est quelque reste ? Aussi parait-il démontré qu'à une époque quelconque 1 anthrupophagie a été généralement pratiquée dans toutes ces
îles
Après ces terribles cérémonies , le prêtre annonçait la volonté des dieux , et si la guerre projetée de ;ait ou non réussir. On peut, sans trop se compromettre, supposer que ces oracles étaient toujours conformes àla politique du chef, qm, ne disposant
d'aucune force armée régulière , dépendait entièrement, dans ces conjonctures , des chefs subalternes et des riches propriétaires , qu'il lui fallait bien consulter , et qui , s'il n'avait eu l'appui des prêtres et des dieux , ne lui auraient été que trop opposés. Il dépendait donc , surtout , du clergé par les prophéties; aussi, appartenant à la même classe , la haute aristocratie, les deux corps étaient-ils étroitement unis pour diriger ensemble, à l'aide des cérémonies et des pratiques religieuses, la multitude et la moindre classe des chefs.
Rendre les oracles, interpréter les réponses et publier les volontés des dieux , était , en conséquence , la partie la plus importante de l'oflice du clergé. C'est en cela que les chefs lui étaient surtout soumis et avaient le plus grand besoin de son appui, afin de se rendre favorables les dispositions de leurs alliés nécessaires; car, non-seulement ce qui avait rapport h la guerre ou à la paix, mais encore toute question relative au bien-être de la communauté , devait être soumise aux dieux ; et, dans les contestations, les décisions des dieux pouvaient seules aplanir les difficultés et mettre d'accord tout le monde.
Il y avait différentes manières de recevoir les réponses des dieux ou l'expression de leur volonté ; mais l'usage le plus général était d'en être instruit en des songes , en dormant a^a temple. D'autres fois , le prêtre allait simplement au Maraï, où, après des prières et des offrandes , il s'adressait à l'image , pour
— 5i4 — lui soumettre la question discutée. Le sifQement des vents, les cris des oiseaux » étaient, alors, le plus souvent j pris et interprétés pour ses réponses.
Enfin , il n était pas rare que , dans des cas plus importans, la fraude directe se joignit à l'imposture, et que des prêtres cachés répondissent pour les dieux ; mais^ outre ces moyens, ils avaient encore celui de rinspiration , dont j*ai parlé plus haut , et des oracles rendus par les inspirés , sans parler des augures qu'ils obtenaient en consultant, dans les victimes, au moment de la mort , Tétat des entrailles ou d'autres symptômes , ce qui avait lieu surtout quand on voulait s assurer du succès d'une guerre projetée,