A O-TAÏTI
Sato.
Atachié, signifie un.
Doua et roua.
Arsoiia , deux.
Tinga. '
AtoroU, trois.
Hdmpa.
A ma, quatre.
Âlima et arima.
Aliipa et arima , cinq.
Narn.
Cbouiiou, six,
Tujo.
Aclou, . sept.
Delampan. ;
Évau , huit.
Sambilan.
Ihivo , neuf.
Cipoulou.
Chauvou , dix.
On remarquera que les mots qui expriment les nombres deux et cinq sont absolument les mêmes ; et que l'équivalent du mot quatre a beaucoup de rapport dans les deux langues. Il est encore une quantité de mots qui , d'un usage moins générale-
ment répandu , ne se trouvent que dans quelques îlesmaîaies, comme ;
A O-TAKTI.
ADx Iles malàies.
Étoile y fétoua ,
Lintan^, à Java et dans presque
toutes les autres ties ; mais , à
Timuri, cesijitoun, qui présente
quelque rapport ayec le dialecte
o-taïtien.
able , oni^
Pasir, kasi , wadé ( mais , à Lam-
pung , c'est honoui ).
Eau, vai OQ ivai f
Tiriowich , ayer , jami ( à Lam-
pung , ouwni ; à Soundou ,
chni; à Boungis, ouwai; à fiotli.
owai y.
Femme, vahiné ^
ff^adot{ , pnrampouan , ma^invai ,
etc. ( En plusieurs endroits ,
vainité , haini et ina. )
Père , médoua inné ; autrefois
Pa et hapa ma , ébou , honda ,
pa ou bapa.
an^ron^ , ama. ( En plusieurs
«es , tka. ) (1)
Mère , médoua vahiné ; autre-
fois , ma.
Dent, nihau.
Ounto , waho , gigi ( Â Timor ,
*' 1 aaaaeagaaa-
nihaoû ). .
Il est peu douteux que des recherches plus attentives ne fissent découvrir tantôt dans Tune, tantôt dans l'autre des îles malaies , presque tous les mots dé la langue polynésienne ; jet Ton trouvera , sans doute, étonnant qu'une telle similitude de mots puisse exister chez des peuples que sépare une si prodigieuse distance; mais, quoiqu'elle me paraisse attester qu'ils ont une même origine, et qu'ils ont
(i) On aura rcnaarqué que , dans la oosmogonie poljrnësicniic , l'être feoielU est toujours nommé {na*
eu , jadis , quelques communications , je n'en conclurai pas que les îles dont j'ai parlé d'abord, c'està-dire, celles qui se trouvent, comparativement, le plus reculées vers l'est , aient été peuplées par les habitans des îles de la Sonde, des Moluques, etc. , où se trouve aujourd'hui le principal siège de la race m al are.
Le premier fait contraire à cette opinion est la prédominance du vent d'est , qui règne presque continuellement et souffle de toutes parts, sous les tropiques , depuis une centaine de lieues du continent de l'Amérique jusqu'à l'extrémité occidentale dé cet immense océan; et cela, pendant dix mois de l'année, au moins , tandis que les vents variables , qu'on éprouve de temps en temps , du mois de décembre au mois de mars , ne s'étendent jamais bien loin à Test, et ne soufflent presque jamais avec violence que pendant un très-petit nombre d'heures.
Ceci posé , regardera - t- du comme possible que, chez des nations où l'art de la navigation était aussi peu perfectionné que chez les Malais , d'aussi frêles
embarcations que les leurs aient pu être poussées de l'extrémité orientale de la mer des Indes à l'extrémité orientale de l'océan Pacifique , depuis les îles Moluques jusqu'à l'île de Pâques, près du continent de TAmérique du Sud; et, parcourir, en luttant contre un vent et un courant constamment contraires, > pl"s <l'un tiers de la circonférence du
globe, ou plus de cent trente degrés de longitude (i)?
Que la grande Hiultiplicité des îles ne fasse pas supposer qu'ils auraient pu communiquer de l'une à l'autre, et arriver, à la longue, jusqu'à la plus orientale. Cette supposition-là, même , est inadmissible , et les faits le prouvent , puisqu'aucune circonstance ne vient l'appuyer , dans les souvenirs des Indiens, et que toutes les embarcations, canots ou pirogues égarés, qui ont, par hasard , touché quelqu'île, ont toujours été poussés de l'est à l'ouest , et jamais de l'ouest à l'est. Que toutes les îles aient été peuplées, avec le temps,. par des embarcations égarées eh cette direction , cela est rigoureusement possible, quoiqu'assez difficile à admettre; mais aucune supputation de temps imaginable ne pourrait expliquer le même phénomène dans une direction opposée.
Une autre circonstance s'élève également contre l'opinion que les habitans des îles orientales seraient venus de l'ouest ; c'est la différence de manières , de mœurs , de langage , toujours plus marquée chez les habitans des îles, à mesure qu'on
(i) Partout , sous les tropiques, dans l'océan Pacifique , les courans portent à l'ouest ; et cela avec une telle violence , près de la ligne , que , par les légers vents d'ouest qui souvent y régnent , les navires ne peuvent avancer vers l'est , et dérivent fréquemment de vingt à soixante milles à l'ouest , dans les vingt-quatre heures
avance à l'ouest , au delà des terres que j*ai données comme limites de la race dont il s'agit. En effet, pour peu qu'on s'avance, dans cette direction, au delà des lies des Amis, on rencontre un groupe d'îles (les îles Fidgi), dont les habitans paraissent différer, sous tous les rapports, de ceux des îles de l'est. Moins robustes, d'une couleur plus foncée et souvent noire , cheveux crépus , yeux ronds, tels sont les principaux traits physiques qui les distinguent ; et, quant aux mœurs, ils sont plus sauvages et plus intraitables que les habitans delaNouvelle-Zélande même (i); marchant toujours armés d'arcs et de flèches '(2) , odieux cannibales, dangereux surtout par leur hypocrisie , et ne ressemblant en rien, par leur langue , aux habitans des îles les pi us rapprochées de l'est.
Tels étaient et tels sont encore les habitans de plusieurs de ces îles; mais des communications s'étant ouvertes entr'eux et les peuples des îles des Amis , il en est résulté de grands changemens dans le langage et dans les mœurs des plus voisins d'entr'eux (3).
(i) Plusieurs de ces îles , au nombre desquelles je signale les nouvelles Hébrides , ont obstinément refusé toute communication avec les ëtiangers ; et, si l'on y débarque , leurs habitans tuent tous ceux qu'ils peuvent surprendre.
(2) Cette circonstance est d'autant plus remarquable que , dans aucune des îles polynésiennes, on ne se sert de ces armes , qu'on rencontre pour la première fois aux Fidgi , et ensuite dans toutes les îles occidentales. Elles n'appartiennent exclusivement qu'à la race noire.
(3) De temps immémorial , les îles Fidgi étaient connue*
Néanmoins, la liste que voici montrera- combien ils diflfèrent de ceux que j'ai précédemment cités. Ainsi,
Dieu, se dit