ILES AUSTRALES
Je réunis, dans trois paragraphes, le petit nombre de documens historiques qui éxistent,jusqu à ce jour, sur les îles dont se compose le petit groupe des îles australes : Laïvavaï , Toubouaï , Rouroutou et Rimatara,
LAÏVAVAÏ.
L'île Laïvavaï a été découverte, en 1775, par l'Espagnol Gajangos.
Il paraît qu'alors ses habitans , les seuls avec ceux de Râpa, de tous les peuples de l'Océanie , qui ne connussent pas le tatouage , avaient , comme ils les ont encore aujourd'hui , de belles pirogues, et les
aimes les mieux fabriquées qu'on puisse trouver <Jans la région entière. Leurs pagaies , leufrs massues, leurs lances, ont été portées , partout , comme objets de curiosité , comme chefs-tfœuvi^e d'industrie ; -et sont encore, maintenant , pour eux, un article de commerce.
Il n'est nulle part question de cette île , dépuis sa découverte jusqu'en i8i i , époque à laquelle elle fut vue, de nouveau, parle capitaine Henri , qui, ne connaissant pas le voyage de Gayangos , crut l'avoir le premier rencontrée. Depuis, il s'est établi quelques relations avec les insulaires , d'abord incommodes ; mais devenus traitables , quoique naturellement vifs et turbulens , dès qu'ils eurent affaire à des gens qui purent se faire entendre d'eux.
En 1822, le capitaine du trois mâts américain V Arabe j désirant aller à Laïvavaï, où il espérait trouver du bois de sandal, offrit d'y conduire Pomaré , le roi d'0-taïti , qui montrait quelque désir d'y faire une visite. Pomaré , sa femriie , quelques chefs et une suite nombreuse d'individus des deux sexes , s'embarquèrent , en conséquence , à bord dé son bâtiment, pour Laïvavaï. Ils y furent parfaitement accueillis. Tout le temps de leur séjour ne fut qu'une fête. Par l'influence du roi d'0-tàïti , dont le nt>m avait fait du bruit dans toute là Polynésie , les kabitaiis adoptèrent la religioiï chrétienne, et reçurent des missionnaires natifs des îles dé là Société. Lès Otaïtiens retournèrent chez eux eilcnâtités. Le capi-
tâine améncain seul n'était pas trop satisfait. Il n avait obteliu que peu de bois de saudal; ses hôtes lui avaient donné beaucoup d'embarrais ; et, si j'en dois croire Ruttér , alors second k bord de VJrahe , aujourd'hui capitaine d'un navire marchand , et que j'ai vu à 0-taïti , la vie de ces insulaires à bord était dés plus révoltantes et des plus scandaleuses , ne le cédant en rien ^ quoiqu'on fût alors au plus beau moment du christianisme dans 0-taïti -, à tout ce qu'elle aiirait été , quand , encore ignorans du mal et purs jusque dans leurs excès , ils se livraient , sans scrupule , à tous les plaisirs des sens.