‹ Voyages aux îles du Grand océanChapitre 91 sur 99 · II · texte numérisé non relu

II

TOUBOUAÏ.

Toubouaï fut décotaverte, en 1777, par le capitaine Gook, dans son second voyage autour du monde ; mais il n'alla point à terre ; et ce fut un des. naturels, venu à bord, qui lui donna le nom de l'île. Cet homme, étonné à la Vue d'une si grande masse en avait fait à ses compatiiotes la description la plus exagérée» 11 avait vu une île flottante habitée seulement par des dieux (i), peuplée de vé-

(1) Telle était l'idée de la plupart de ces peuples , à notre première visite; mais ils en changèrent bientôt , grâce à notre conduite , qui , le plus souvent, bous dégradait à leurs yejui.

gétaux, d'animaux, et qu'arrosaient des sources d'une eau excellente. Ces merveilles furent le sujet de toutes les conversations dans l'île , jusqu'à l'arrivée de la Bountf, qui, montée par Christian et les autres révoltés, les fit revenir de leur erreur , en leur montrant que cette île prétendue ressemblait à leurs pirogues, sur lesquelles elle ne l'emportait que par son étendue, et. que les habitans en étaient, comme eux, des hommes, moins dignes de ce nom, peut-être, à cause de leurs vices et de leur barbarie. Les révoltés de la Bountj arrivèrent à Toubouaï , en 1 789. Ils pensaient à s'y établir, après avoir pris des femmes à 0 - taïti, comme on peut le voir dans l'histoire des habitans de Pitcaïrn ; mais il éclata bientôt entr'eux et les habitans une mésintelligence qui ne leur permit pas de mettre ce projet à exécution. Une des causes de cette mésintelligence fut leur conduite envers les femmes de l'île, dont leur luxure effrénée leur persuadait qu'ils pouvaient s'emparer indistinctement, filles ou mariées, imprudence qui amena toujours , dans toute l'Océanie , tant de querelles et d'événemens des plus funestes. Les Européens, y voyant les jeunes filles disposer librement de leur personne, croient que toutes les femmes y ont le

au point de leur inspirer pour nous le plus profond mépris en dépit même de l'ascendant que nous donnait sur eux la supériorité de nos forces, dont l'injuste et cruel abus nous fit aussi regarder , par eux, comme des génies malfaisans ou des démons.

même droit » tandis qu au contraire ladultërey est^ presque partout, puni, non-seulement par la mort de Fépouse coupable , mais même encore par celle de son complice» qui, tout au moins , reste exposé aux poursuites du mari et de ses parens , sans que personne ose jamais prendre sa défense.

Quand les révoltés de la Bountj eurent quitté ToubouaiV dont les habi tans avaient pris des mesures pour mettre leurs femmes à Tabri des violences et des insultes, Tile resta long-temps sans visiteurs; et ce ne fut qu après 18 14, à Tépoque de l'adoption du cbristianisme à 0-taïti, et de rétablissement de comniunications plus fréquentes entre Port-Jackson et cette dernière île, que quelquesbàtimens touchèrent, de nouv^u, à Toubouaï, comme lieu de reconnaissance^ et y furent , dès lors , mieux reçus.

Un événement fort singulier y eut lieu vers 1820 (i). On y vit un petit bâtiment d'environ quarante tonneaux semparer d'un brick de guerre de dix-huit pièces de canon, qui s'était détaché de l'escadre de lord Cochrane,au Pérou. Voici comme les choses se sont passées.

UArAucano , brick de guerre chilien de dix-huit canons, k plus fin voilier de l'escadre sous lord Cochrane, en avait été expédié sur la côte du Pérou , pour approvittonner les autres vaisseaux de farines

(1) Je ne puis garantir Teiactitude de cette date , que je n'ai point été à portée de vérifier ; ce qui , du reste , est indifférent au fait même.

VOT. AUX ÎLES ^T, ir. 32

et autres objets. En l'absence de son commandant , M. Simson , descendu à terre, trente hommes de l'équipage, sous les ordres d*un des officiers, se révoltèrent , obligeant les marins espagnols à quitter le bord, et firent voile pour les îles Sandwich; mais , là , prévenus à temps qu'il s'élevait contr eux des soupçons , et ne sachant probablement pas trop sur quel point se diriger, ils allèrent à 0-taïti.

0-taïti n'étant encore que peu fréquentée , il ne s'y trouvait çilors qu'un petit bâtiment de quarante tonneaux, commandé par M. Henri, fils du missionnaire du même nom, qui avait pour second M. Ebrill; deux officiers dont il a déjà été question ( i ).

Le capitaine de XAraucanOy ou, du moins, l'homme se disant tel, se rendit, presqu'aussitôt après son arrivée, à bord du petit bâtiment, dit qu'il allait sur la côte de la Nouvelle-Zélande, à la pêche des loups marins , ofi'rit au capitaine Henri des farines , en échange de plusieurs objets dont il avait besoin ; et (chose singulière ! ) réussit , pendant plusieurs jours , à écarter tout soupçon de ce qu'il pouvait être. Ce ne fut guère qu'au dernier moment que Finsubordinaûon de son équipage fit penser que le prétendu pêcheur n'était qu'un pirate.

M. Henri lui avait fait connaître son projet d'aller à Toubouaï; et, après avoir retardé son départ, dans l'espérance que son compagnon suspect partirait

(1) Voyez partie géographique.

avant lui , il dut , enfin , quitter 0-taiti , d*autant pi us que le bâtiment armé prétendait devoir y rester encore plusieurs jours. Il y eut visite d'adieu ; ron se quitta dans la meilleure intelligence; mais, quel ne fut pas Tétonnement du capitaine Henri , quand , à peine éloigné de huit à neuf milles du port, il vit le Black-Brick , le brick noir , comme on le nommait à 0-taïti, en sortir à toutes voiles et se diriger droit sur lui, comme pour lui donner la chasse. Il n'avait point l'espoir de lui échapper, en poursuivant sa route; mais il se trouvait, par bonheur, assez près d'Eiméo pour gagner un des ports de cette île avant que le pirate pût l'atteindre , en dépit même de la supériorité de sa marche. Celui-ci , voyant sa proie lui échapper , vira de bord , cingla vers l'ouest , et fut bientôt hors de vue.

Quatorze jours s'étaient écoulés; et, croyant l'ennemi bien loin , le capitaine Henri poursuivit son vx)yage pour Toubouaï. En y arrivant , nouvelle surprise l,..Le brick de guerre y était à l'ancre. Fuir était inutile. 11 fit bonne contenance, entra dans le port sans hésiter, et mouilla non loin du brick, dont le commandant vint aussitôt à bord, se montrant extrêmement joyeux de le revoir , et lui disant qu'une voie d'eau l'avait obligé de faire ce port, mais qu'il allaitpartir le lendemain. Après une courte entrevue, il descendit à terre, laissant le capitaine dans la plus grande perplexité et dans la plus grande incertitude sur ce qu'il avait à faire; position déjà si critique et rendue plus

critique encore par un nouvel incident. Un Indien apporta à bord une lettre écrite par Fun de» pirates; lettre qui faisait connaître ce qu*il3 étaient , d*où ûb venaient, leur intention de s*emparer du petit bâtiment, cette nuit même; et concluant par le conseil donnée son équipage de rabandonner,«pour ne pas être victime du complot. Que répondre et que faire? Le capitaine ne le savait. M. Ëbrill ^ son second , eut bientôt pris un parti. « N'attendons pas, dit-il, » qu'on vienne nous attaquer et nous prendre; mais » attaquons nous-mêmes le bâtiment armé et Tenle- 9 vons à Tabordage. » On rit d'abord de cet«avis, regardé comme une fanfaronnade irlandaise ( car le second est Irlandais); mais lui, sérieux, expliqua l'affaire, en démontra la possibilité , .s'offrit pour l'exécution; et, du consentement du capitaine, se mit aussitôt à l'œuvre.

Le commandant pirate était à terre et s'était fiaiit suivre d'une seconde embarcation. On calcula qu'en conséquence , il ne restait guère à son bord qu'nne dous^ine d'bommes, sans doute suiiisans pour repousser une attaque prévue, mais dont il n'était pas impossible de triompher par surprise. Le soir venu, Ebrill, armé de pistolets et d'un sabre, descend dans un petit canot où peuvent à peine tenir les huit hommes qui l'accompagnent ^ dont six Indiens. Il se dirige sur le beau brick, d'où, sur le moindre soupçon, on pouvait, par une mort certaine, punir sa généreuse audace; car on a su, depuis, que tous les canons

— 34i ~ étaient chargés à mitraille. Il approche, pourtant, favorisé par l'obscurité, et touche enfin au bâtiment. Alors seulement on lui crie : Qui vive? H ne répond pas; mais, avec,cette agilité qui le caractérise, il s'élance sur le tillac , appuie Tun de ses pistolets sur la poitrine du factionnaire de garde, Fautre sur le front dii seul officier présent à bord, et leur crie : « Voos » êtes mes prisonniers ! » Dans cette situation , soit maladresse , soit crainte de la part de ses compagnons, il se trouve , plusieurs secondes , absolument i8olé.Ils a rrivèrent, pourtant; mais il en était temps; car, déjà, le héros avait vu plusieurs hommes s élancer dans-lentrepont pour s armer. Aussi distingué par sa présence d'esprit que par son courage, il remet ses prisonniers entre les mains de deux Indiens, et s'emparant, avec le reste de sa troupe, de toutes les issues par où pouvaient remonter tous ceux qu'il avait vus descendre : « Votre capitaine, leur crie-t-il, » est déjà prisonnier à terre; toute défense est inu- » tile. Rendez-vous, et il ne vous sera fait aucun mal.» D'aprèà ce qui venait de se passer , les piraies pouvaient-ils douter de la vérité du fait? Us se rendent Tun après l'autre. On s'assure desprisonniers. Averti, sur-le-champ , du succès de l'entreprise , le capitaine Henri vient lui-même à bord du brick , avec le reste de son équipage et un certain nombre d'Indiens ; et quand, vers minuit, les hommes descendue à terre veulent retourner à bord , plusieurs sont arrêtés par

les Indiens, et les autres faits prisonniers en arrivant au bâtiment.

Le lendemain, ap^ès avoir pris toutes les précautions nécessaires pour prévenir l'évasion desprisonniers, on engagea un certain nombre de naturels de Toubouaï. On distribua également , sur les deux bâtimens, le faible équipage du capitaine Henri; et, M. Ebrill ayant pris le commandement de sa prise , ces deux officiers revinrent ensemble à 0-taïti.

Qu'on juge de l'étonnement de leurs amis, qui, malgré ce qu'ils voyaient , pouvaient à peine croire un événement si extraordinaire! Malheureusement, au lieu de partir immédiatement , avec sa capture , pour le Chili, où devaient l'attendre des honneurs et des récompenses, le noble vainqueur, d'après l'avis des missionnaires, laissa son brick à 0-taïti, en attendant qu'il fût réclamé par le gouvernement chilien , auquel on écrivit à cet effet , mais qui ne répondit jamais, soit en raison de l'état du pays , soit que le bâtiment ne lui parût pas en valoir la peine. Quelques années après, les Indiens le détruisirent et s'en approprièrent les canons, qui sont encore dans un îlot du centre de Papéiti, au nord-ouest de l'île. Le capitaine Ebrill, bien loin de recevoir les récompenses et les honneurs auxquels lui donnait droit un des plus brillans exploits dont les annales guerrières d'aucun peuple aient jamais donné l'exemple ,

n'en a pas même été remercié ( i ). Quant aux prisonniers, on les a laissés libres à 0-taïti doù, bientôt après , tous sont partis sur divers navires et pour différens pays.

Ces communications continuelles ayant familiarisé les habitans de Toubouaï avec les derniers événemens d'0-taïti, vers Tépoque de l'événement dont je viens de parler, ils étaient déjà disposés à adopter la nouvelle religion et à renoncer à leurs anciennes coutumes. En 1822, ils envoyèrent à 0-taïti une députation pour demander des catéchistes. Deux insulaires d'0-taïti furent choisis pour remplir les fonctions de missionnaires dans cette station nouvelle ; et M. Nott, le plus ancien et le plus âgé des missionnaires d'0-taïti , les accompagna , en personne , pour les installer dans leur nouvel emploi.

Au mois de juin de la même année (1822), ils arrivèrent à Toubouaï , qu'ils trouvèrent dans un état peu favorable à l'objet de leur mission. Les deux principaux chefs de l'île étaient en guerre; et leurs troupes, campées,:à peu de distance, allaient en venir aux mains; mais M. Nott et Paofai, chef o-taïtien , parvinrent à faire suspendre les hostilités, et même à

(1) Depuis, il est allé au Chili deux fois ; il y a même vu Simson , le premier capitaine du brick , et qui , maintenant , commande VAquilles ; mais le gouvernement n'a pas fait attention à lui, et personne n'a parlé de sa belle action /que je serais heureux de voir arracher, par ce peu de lignes, à l'oubli dont la menacent l'injustice et Tingratitude àe& hommes.

rétablir la paix entre les deux partis. Le missionnaire anglais, retenu là près d'un mois, eut le temps de conmiencer, par lui-même , la conversion , ou plutôt l'instruction de ce peuple, qui, décidé, long-temps avant son arrivée, à suivre la nouvelle religion, était, en quelque sorte , déjà converti. A l'arrivée des missionnairesy il y avait à Toubouaï plus de deux cents guerriers, et, en tout, au moins, mille babitans. Comine partout ailleurs , les maladies , qui viennent toujours, dans toutes ces îles, à la suite des Européens, les moissonnèrent, depuis, rapidement. Amon arrivée , il n'y en avait pas cent cinquante. Cependant ils n*ont eu, depuis, que quelques querelles avec les constructeurs de la goélette dont j'ai parlé; et qui, abandonnés par les insulaires , eurent avec eux, pour cause d'approvisionnement , une escarmouche dans laquelle «m ou deux hommes furent tués, de part et d'autre. En ce moment , Toubouaï se trouve dans un état vraiment déplorable. Divisés encore , quoique si peu nombreux, ces pauvres insulaires ont envenimé, par des différehs en matière religieuse , leurs premières inimitiés politiques. L'un des chefe et ses partisans tiennent pour les missionnaires d'Otaïti, dans un district de l'île; l'autre en occupe, avec les siens, un second district, et forme , avec eux, secte à part. Quoique tout le dissentiment roule sur la

futile question de savoir s il faut chanter les hymnes debout ou assis (i); et, quelque ridicule que soit cette dispute, si, par malheur, la guerre en était le résultat, cette guerre serait d'autant plus cruelle que les missionnaires envoyés d'0-taïti ont tyrannisé leui-s adversaires, commis envers eux plusieurs actions impolitiques et cruelles, et poussé Taudace jusqu'à faire destituer leur chef, pour une faute douteuse, et, après tout, absolument indiflGérente. Ce jeune chef est allé, depuis, àO-taïti, afin de réclamer contre cette injustice , remplacé par son frère pendant cette absence. Il y a peu d'iles où des faits de cette nature naient causé des mécontentemens dont les eÔets commencent à se faire sentir , et qui amèneront une réaction terrible, en cas de guerre, si les opprimés triomphent.

s III-

ROUROUTOU ET RIMATARA.

Rouroutou a été découverte par Gook en 1769; et, après ce fait, le seul-qu'on puisse y noter encore,

(i)Il parait qu'à Raiatca le missionnaire les fait chant«» assis , tandis qu'à 0-taïti il les fait chanter debout ; et, quoi- ^'ils ne connaissent guère que les dehors de la religion , ils s'y attachent avec autant d'opiniâtreté qu'ils pourraient le faire au fond même, parce qu'ils croient que le salut en dépend.

indépendamment de Fadoplion du christianisme, un peu avant qu'il ne s'introduisît à Rimatara , c'est le naufrage que fit, sur les redoutables rescifs qui l'entourent. Un baleinier, surpris par un calme; mais dont, heureusement^ l'équipage et une partie de la cargaison furent sauvés.

Rimatara fut découverte en i8ii par le capitaine Henri, d*0-taïti ; mais on ne commença à la fréquenter qu'en 1821, à l'époque où les missionnaires réussirent à lui faire adopter la religion chrétienne , par l'intermédiaire de quelques insulaires de Raïatéa, qu'ils y laissèrent, en les chargeant d'y propager la nouvelle doctrine. Ces Indiens, plus propres que les Anglais même à opérer des conversions , parce qu'il leur est plus facile de s'accommoder aux idées , de se prêter aux faiblesses et de s'insinuer dans la confiance des néophytes, attendu qu'ils en connaissent mieux les passions, les préjugés et les goûts; ces Indiens , dis-je , réussirent là , comme ont réussi , partout, de tels missionnaires. C'est surtout par le merveilleux qu'ils gagnaient l'esprit des insulaires , en frappant vivement leur imagination du tableau du pouvoir du dieu des chrétiens , de ses miracles , de la protection qu'il accorde, dans leurs expéditions, aux guerriers qui croient en lui, et du bonheur qu'il ââstire aux fidèles observateurs de ses lois; tels sont leurs moyens,infaillibles en tous lieux, et qui le furent d'autant plus à Rimatara, qu'un événement, dont on se souvenait encore dans l'île, venait à l'appui de tout

- 64y ce qu'ils disaient aux habitans du pouvoir du dieu dont ils voulaient leur faire embrasser la croyance et le culte.

Plusieurs années avant la visite des missionnaires k Rimatara , il y avait abordé une embarcation ou Ton n'avait trouvé qu'une femme vivante. Cette embarcation venait d'0-taïti , d'où un vent impétueux l'avait poussée au large; et, après un temps considérable , les compagnons de cette infortunée, nourris d'abord de la chair des premières victimes de la faim et de la soif qui les dévorait , avaient fini par y succomber tous, les uns après les autres, la laissant seule dans la barque , et déjà prête à subir leur sort, au moment même où l'avaient recueillie les habitans de Rimatara.

La voyageuse était jeune et belle. L'un des chefs l'épousa; et, quand son époux était malheureux dans quelque guerre, elle lui parlait du dieu des étrangers venus d'0-taïti, le lui dépeignait comme la plus puissante de toutes les divinités, contre laquelle toutes les divinités des îles ne pouvaient rien , puisque ses adorateurs bravaient et insultaient impunément, jusque dans les marafe, les prêtres et les devins, Oro et les autres dieux. Ayant appris son nom, le chef, réduit à la dernière extrémité > construisit aussitôt un grand maraï au dieu des étrangers ou à Jéhova. Le temple achevé, il rassembla les guerriers, et leur tint un .discours qui leur dépeignait le pourvoir du dieu étranger avec une énergie propre à

frapper leurs esprits; aussi, se croyant invincibles sous sa protection, ils demandèrent à marcher, emportèrent tout, dans leur enthousiasme, et gagnèrent une victoire complète. Le maraï de ce Clovis de Rimatara subsistait encore, lorsque les missionnaires arrivèrent dans l'île; et Ton peut juger de leur étonnement quand ils reconnurent , parmi les dieux les plus révérés du pays , celui-là même dont ils venaient lui annoncer la parole et les lois. Le culte et l'adoration n en étaient pas, sans doute, parfaitement identiques; mais cette circonstance même applanit bien des difficultés; car les habitans acceptèrent facilement , comme dieu unique , celui qui les avait si bien servis , et qui avait montré sa supériorité sur les autres, en leur assurant des triomphes.

SECTION ÏX.

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