‹ Voyages aux Iles FeroëChapitre 21 sur 26 · AM · texte numérisé non relu

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septembre et est considérée, à juste titre, comme une aubaine par les habitants qui nomment ce dauphin «grindefeval ». Dès qu’une bande est signalée, les embarcations hissent une veste au bout d’un aviron, des feux sont allumés à terre, et femmes et enfants, comme fous de joie, s’en vont par les villages en criant « Grinde ! Grinde ! » On arme tout ce qu'on peut d’embarcations, les globicéphales sont habilement rabattus dans une petite baie bien encaissée et le massacre commence. Tout est bon pour assommer les malheureux dauphins ; mais on se sert plus volontiers du harpon, on tue ensuite la bête en lui enfonçant un couteau à baleine spécial à quatre travers de doigt en arrière des évents. Il est probable qu'à cet endroit on coupe l'articulation occipito-atloïdienne : car, disent les pêcheurs, la tête bascule immédiatement en avant et l'animal meurt sur le coup. Durant l'hiver, les habitants s'amusent à fabriquer et à incruster de cuivre et d'os les manches et les fourreaux de ces couteaux.

On tue souvent en quelques heures des centaines de globicéphales. La peau est conservée pour faire des courroies, la chair est mangée, le lard est converti en huile et conservé dans la vessie préparée pour le recevoir. On prétend que ces animaux peuvent représenter jusqu’à 180.000 francs par an. Un dixième du bénéfice est prélevé pour en faire trois parts : une destinée à l’église, une aux prêtres, une au roi. Sur les neuf dixiémes restant, un pour cent est réservé aux écoles, un pour cent aux pauvres, et le surplus est partage entre tous ceux qui ont mis la main à la pêche, ne füt-ce qu’en aidant à mettre une embarcation à la mer.

Ce partage est évidemment une vieille coutume Norse, car Walter Scott, dans le Pirate, le décrit ainsi lors de la fameuse pêche à la baleine qu'il situe dans un des voës des Shetland

Aux Féroë existait autrefois une bizarre superstition par laquelle la pêche n'était jamais profitable si des femmes ou des prêtres y assistaient.

De l’usine nous nous rendons au petit village de Deblé distant de quelques centaines de mêtres, Il pleut à verse et nous demandons à notre équipage s'il n°y aurait pas moyen d'aller manger nos provisions dans un endroit couvert. On nous montre une maison fort propre et nous croyons comprendre qu'il s’agit là d’une sorte d’auberge. La jeune-fille de la maison, grande, bien faite et adorablement jolie, un sourire sur les lèvres, nous met une belle nappe blanche, nous apporte des couverts, des verres, des fleurs, puis nous donne du café délicieux et un exquis gâteau. Un brave chien nous aide à dévorer nos provisions : 1] conservera certainement une très haute opinion des voyageurs francais et de la nourriture qu'ils apportent. Pendant tout le repas, croyant être dans une auberge, nous commandons tout ce que nous désirons, très poliment heureusement, mais enfin nous commandons. Au moment de partir, nous demandons à notre charmante hôtesse ce que nous lui devons : elle nous rit au nez et va chercher son père qui refuse absolument toute espèce de rémunération, se disant trop heureux d’avoir reçu des étrangers. Nous étions affreusement confus et au désespoir de n'avoir pas sur nous un bijou quelconque à offrir à la fille de cet homme hospitalier.

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