PERS JAN S QU TM ARE
ville. D'où venait-il, et qu'y faisait-il ? Quelqu'un nous assura qu'il était là comme curiosité.
Suderde, en dehors de Tveraa, est une île iniportante à cause d’un gisement de charbon encore peu exploite, mais dont on parle beaucoup. Il est certain qu'à Qualvis, dans la même île, par des tunnels creusés dans le
La rade de THOSE Vue du cimetière.
flanc de la montagne, les habitants extraient un mauais charbon qui sert à des usages ménagers. Au sujet du grand gisement, les avis sont très partagés, mais nous savons qu'une Société cherche actuellement, à >aris, à monter cette affaire.
Le D: Labonne, fort compétent en la matière, donne (1887) de la meilleure qualité l’analyse suivante :
CGHPDONO TRE MENT ENTAES SANT 68,20 FIV OTOREnC nn Ur QU 0,02 CTUITS P L O T URI URS I RO Oxygène et azote 1. veu 24,30 CÉTAPO RER EE TRE CRE 2,48
On ne trouve de charbon dans aucune autre des îles, et voici Ce qui nous a été dit à nous-mêmes : mais, n'ayant pas examiné la chose de près nous rapportons simplement une conversation sans chercher à conclure. Ce gisement aurait appartenu à une dame danoise, Mme P..., qui le vendit à un Français, le comte L... À l'Exposition de Paris, en 1889, on mit en montre du charbon provenant, soi-disant, de ces mines, mais venant tout simplement de Cardiff. Enfin, nous dit un autre, en admettant même que le charbon fût réel et bon, les veines sont tellement minces que l'exploitation en serait très mauvaise.
Il est certain que si ce charbon était bon et abondant, la situation économique des Féroë changerait rapidement, elles prendraient même une très grande impor- | tance au point de vue militaire. Cette importance militaire, avec les choses telles qu’elles sont, existe d’ailleurs ; mais nous ne voulons pas entrer ici dans des détails que ne comporte pas ce récit de voyage (1).
De Trangisvaag aux Hébrides.
À 5 heures, nous appareillons et, le cap au Sud par fort vent de O.-S.-0., nous disons un adieu ou plutôt un
(1) L'exploitation de ces mines a été totalement abandonnée.
au revoir ému aux Féroë : c’est là un pays à la fois si curieux par sa grandiose sauvagerie et si intéressant par les mœurs de ses sympathiques et hospitaliers habitants, qu’on ne demande qu'à y revenir.
Vers 7 heures, fort vent d'Ouest avec mier grosse et tourmentée. Sous la voile de cape, la misaine à un ris, la trinquette et le foc n° 3, nous faisons néanmoins bonne route au plus près.
Le 29 août, le vent est toujours très fort et la mer grosse. Nous passons entre North- Rona et Sulisker. La mer devient alors moins hachée, mais la houle est énorme. Nous apercevons bientôt, sous le vent, la côte dentelée de l'Écosse et, à 6 heures, au vent à nous, le phare de la Butt of Lewis. Mais le vent calmit progressivement et finit par nous abandonner complètement à la grosse houle qui nous secoue d'importance.
Le 21 août, par bonne brise du $.-0., qui se lève à 3 heures du matin, nous louvoyons le long de terre et, à 9h. 1/2, nous entrons dans la belle rade de Stornoway.
Une mouette qui n'avait pas quitté le Pourquoi Pas ? depuis les Féroë et qui, lorsqu'elle était fatiguée, se perchait sur la pomme du grand mât, nous abandonna à cet endroit et reprit la route du Nord.
L’après-midi, gros coup de vent de S.-0. Nous visitons le beau parc du château de Lewis, et la ville, qui nous paraît aussi peu intéressante que les environs. Mais le télégraphe dont nous avions été totalement privés aux Féroë et le courrier qui nous attendait depuis huit jours occupèrent facilement notre temps. Nous ne trouvâmes pas toutes nos lettres : quelquesunes, en effet, avaient été expédiées par la poste à
tons. Rates dép pige
|: Nouméa, aux Nouvelles-Hébrides ! Elles nous revinrent ‘au mois de novembre.
Il y a des choses curieuses à voir aux Hébrides, notamment des vestiges druidiques ; mais l'obligation de rentrer en France nous empêchait de faire de longues excursions (1).
Des Hébrides à Miüilford.
Le 22 août, à 3 h. 1/2 du matin, pluie et temps bouché | avec très fortes rafales du S.-0. ; mais, à 7 h. 1/2, le | vent tourne au N.-0., le temps s'éclaircit et nous appareïllons. À 10 heures, par le travers du Loch-Shell, calme plat. Vers midi, brise du S.-0. : nous hissons la grand'voile qui s'était reposée depuis le départ de Westmanhavn et nous louvoyons dans le dangereux sound de Shiant. À 10 heures du soir, par le travers d'Ushimish, nous sommes accalminés et il pleut à verse.
Le 23 août, vent de N.-0. très faible. Nous remettons enfin les mâts de flèche en place et, avec tout dessus, y compris le spinnaker, nous faisons petite route. Le soir, nous sommes de nouveau accalminés, avec le feu de Dubh-Artach à 17 milles de nous.
Le 24, à 7 heures du matin, petit vent de S.-S.-0. Nous faisons un grand bord Jusqu'à Inishtrahull et un second bord nous amène sous la pointe Cathair. Pendant la
(1) À cette époque je ne pouvais prévoir que Stornoway deviendrait la base du croiseur auxiliaire britannique que je commandai au début de la guerre.