‹ Voyages d'Ibn Batoutah (volume 2)Chapitre 39 sur 103 · HISTOIRE DU SULTAN DJÉLÂL EDDIN · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU SULTAN DJÉLÂL EDDIN

Lorsque le sultan Mo'izz eddin eut été atteint d'hémiplégie, ainsi que nous l'avons سد‎ lieutenant Djélal eddin se révolta contre lui, se tra ta hors de la ville et campa sur une colline qui se trouvait en cet endroit, à côté d’une chapelle funéraire, appelée la chapelle d'Aldjeichäny. Vo'izz eddin envoya des émirs pour le combattre; mais tous ceux qu'il expédiait dans ce but prêtaient serment de fidélité à Djéläl eddin et s’enrôlaient dans son armée. Le chef rebelle entra ensuite dans la ville, et assiégea le sultan dans son palais, durant trois jours. Quelqu'un qui a été témoin de ce fait m'a raconté que le sultan Mo'izz eddin souffrit alors de la faim, et ne trouva rien à manger. Un chérif, d’entre ses voisins, lui envoya de quoi apaiser sa fais (litt de quoi redresser sa courbure); mais l'émir rebellæ entra à l'improviste dans le palais, et Mo'izz eddin fut عن‎

Djéläl eddin lui succéda; c'était un homme doux et ver tueux, et sa douceur le fit périr victime d’un assassinat ainsi que nous 16 raconterons. 11 resta paisiblement maîtr=”

182 VOYAGES انه‎ GAL يكن له مال الا ما يستغيده بسيفه مى غنائم الكقار‎ ايضا‎ RCE ذهب مرة الى الغرو بيلاد الدويقهر وتسمى بلاد‎ D وسنتذكرها وى كرمى بلاد المالوة والمرهتة وكان سلطانها‎ À فعثرت بعلاء الدين & تلك الغروة دابة‎ QU سلاطيى‎ كنرًا‎ ais des طنينا نامر بالحفر هنالك‎ À حجر فسمع‎ ous سلطانها‎ À الدويقير تأذعن‎ di عظينًا فغرّقه فى اصحابه ووصل‎ ' بالطاعة ومكنه مى المدينة مى غير حرب واشدى له هذايا‎ شيا مى‎ aus يبعث الى‎ do عظجة فرجع الى مدينة كرا‎ الغناتم فاغرى النّاس عمه به فبعث عنه ذامتنع مى الوصول‎ اليه فقال السلطان جلال الدين أنا اذهب اليه وآق به فانة‎

“qu'il gagnait à la pointe de son épée, et au moyen des dépouilles des infidèles. 11 lui arriva un jour de partir pour faire la guerre sainte, dans le pays de Doueïghir (Déoghir ou Daoulet Abäd: cf. t. I, .م‎ 425), que l'on appelle aussi le pays de Catacah, et dont nous ferons mention ci-après. Doueïghir est la capitale des pays de Malwa ct de Marhata (Mabarashtra , pays des Mahrates), et son souverain était le plus puissant des souverains infidèles. Dans cette expédition, la monture d’Alà eddin fit un faux pas contre une pierre, et s'abattit avec son cavalier. Celui-ci entendit une sorte de tintement produit par la pierre; il ordonna de creuser en cet endroit, et trouva sous la pierre un trésor considérable, qu'il partagea entre ses camarades. Puisil arriva à Doueiïghir, dont le sultan se soumit, lui rendit la ville sans combat et lui fit de grands présents. 11 retourna à la ville de Carâ, et u'envoya à son oncle aucune portion des dépouilles. Des individus excitèrent son oncle contre lui, et le sultan le manda; mais il refusa de se rendre à sa cour. Le sultan Djélài eddin dit alors : « J'irai le trouver et je l'amènerai,

D'IBN BATOUTAH. 183‏ Je‏ ولدى فتجهّ à‏ عساكرة وطوى المراحل حتى حال بساحل مدينة كرا حيث نزل السلطان معز الدين لما خرج الى لقآه ابيه ناصر الدين وركب النهر برسم الوصول الى ابن اخيه وركب ابن اخيه ايضا فى مركب تان de Else‏ الفتك به وقال لاعحابه اذا! LI‏ عانقتاه فاقئلوة فطا audi‏ وسط ii‏ عانقه ابن اخيه وققله all‏ كا وعدم واحتوى على as‏

ذكر السلطان علاء الدين نمه شاه el‏ وما قتل es‏ استقال بالملك وفر اليه اكثر عساكر هه وعاد بعضهم الى

ds‏ واجقعوا على ركن الدين gs‏ الى دفاعه فهريواأ

car il me tient lieu de fils. « En conséquence, il se mit en marche avec son armée, et franchit les étapes jusqu'à ce qu’il campät sur la rive voisine de la ville de Carà, à l'endroit même où dressa son camp le sultan Mo'izz eddin, lorsqu'il inarcha à la rencontre de son père Nâcir eddin. Il s'embarqua sur le fleuve, afin de se rendre près de son neveu. Celui-ci monta aussi sur un navire, dans le dessein de faire périr le sultan, et 11 dit à ses compagnons : « Lorsque je l'embrasserai, tuez-le. » Quand les deux princes se rencontrèrent au milieu du fleuve, le neveu embrassa son oncle, et ses camarades tuèrent celui-ci, ainsi qu'Alà eddin le leur avait recommandé. Le meurtrier s'empara du royaume et disposa des troupes de sa victime.

HISTOIRE DU SULTAN ’ALÂ EDDÎIN MOHAMMED CHÂH ALKHALDJY.

Lorsqu'il eut tué son oncle, il devint maître du royaume, et la majeure partie des troupes de Djéläl eddin passèrent de son côté. Le reste retourna à Dihly, et se réunit auprès de Rocn eddin. Celui-ci sortit pour repousser le meurtrier;

eur‏ الى السلطان علاء الدين وفر ركن الدين الى السند ود خل علاء الدين دار للك واستقام À‏ اللمر عشرين Eur‏ وكان مى ا وأهل الهند يشنون عليه كثيرا أنه 31 وما عن سب pu A‏ أ لد pas‏ واعطاهم الاموال وقال لهم اشتروا بها البقر والغخم وبيعوها ويرتغع ثمنها لبيت المال ويكون لكم اجرة على بيعها ففعلوا ذلك وفغل مكل هى١ A‏ الاتواب الى يو نّ بها مى دولة NA]‏ وكان اذا غلا من الزرع فتم UT‏ وباع الزرع حتى يرخص

mais tous ses soldats s'étant retirés بل ونم‎ sultan ’Alà eddin, il s'enfuit dans le Sind. ’Alà eddin entra dans le palais royal, et jouit paisiblement du pouvoir durant vingt années. I fut au nombre des meilleurs sultans, et les habitants de l'Inde le vantent beaucoup. Il examinait en personne les affaires de ses sujets, s’enquérait du prix des denrées et faisait venir chaque jour pour cela le mohtecib, ou inspetteur des marchés, que les Indiens appellent ré, ou chef. On raconte qu’il l'interrogea un jour touchant le motif de la cherté de la viande. L’inspecteur l'informa que cela provenait du taux élevé de l'impôt établi sur les bœufs. Il ordonna d’abolir cette taxe et d'amener devant lui les marchands; puis il leur donna de l'argent et leur dit : « Achetez avec cela des bœufs et des brebis et vendez-les; le prix qu'ils produiront reviendra au fisc, et vous recevrez un salaire pour la vente. » Cela fut exécuté, et le sultan fit de même pour les étoffes que l’on appportait de Daoulet Abäd. Lorsque les grains atteignaient un prix élevé, il ouvrait les magasins

D'IBN BATOUTAH. 185‏ احد زرعمًا غير زرع المخزن وباع الناس سقة اشهر مان التستكرون فساد زرعهم بلإسوس فرغبوا ان يوذن لهم & Ent‏ فاذن لهم على ان باعوة JG‏ مى القهة الاولى التى امتنعوا مى بيعه بها وكان لذ يركب Rad‏ ولا لعيد ولا سواها وسبب ذلك

فركب Een‏ إلى الصيك وهو معه واضمرى نفسة أن يفعل x‏ ما فعل شو بعمه جلال الدين مى الفتك فلا نزل SON‏ رماة

de l'État, et en vendait le contenu, jusqu’à ce que cette denrée fût à bon marché. On raconte que la valeur des grains s’éleva une certaine fois, et qu'il ordonna de les vendre à un prix qu'il fixa; les gens refusèrent de les livrer pour ce prix-là. Il prescrivit alors que personne n'achetät d’autres grains que ceux du magasin du gouvernement, et il en vendit au peuple durant six mpis. Les accapareurs craignirent alors que leurs provisions ne fussent infestées par les ca- Jandres, et ils demandèrent qu'il leur füt permis de vendre. Le sultan le leur permit, à condition qu'ils vendraient à un prix moindre que celui qu’ils avaient auparavant refusé.

eddin ne montait pas à cheval pour se rendre à la‏ لخ" prière du vendredi, ni dans une fête solennelle, ni dans‏ aucune autre occasion; voici quel était le motif de cette‏ abstention. Il avait un neveu appelé Soleimän chäh, qu'il‏ aimait et à qui il montrait des égards. Il monta un jour à‏ cheval pour aller à la chasse, accompagné de ce neveu.‏ Celui-ci concut le dessein de traiter son oncle comme ce‏ dernier avait lui-même traité son oncle Djéläl eddin, c’est-‏ à-dire de l’assassiner. En conséquence, lorsque le sultan‏

بنشابة as par‏ وغطاة بعض عبيدة Vous‏ وان ابن اخيه ليجهرعليه فقال له العبيد انه قد مات فصدٌّقهم وركب فد خل القصر de‏ 2 وافاق السلطان علاء ge‏ مى غشيته وركب واجممعت العساكر عليه دفي ابن اخيه مرك x ss‏ | اليه فقتله وكان بعد ذلك لا يركب وكان له من الاولاد خضر خان وشادى خان وابو بكر خان ومبارك خان وشو قطب الدين الذى de‏ الملك وشهاب الذين وكان قطب الدين مهتضّمًا عنده ناقص deb 5,1 Jus Bd‏ ضيح اخوتة ال مراتبٌ وق الأعلام والاطبال ولم يغطه شيا وتال له يوما لا بن أن (عطيك مثل ما اعطيت اخوتك فقال له الله هو GNT‏

mit pied à terre pour déjeuner, il lui lança une flèche et le renversa; mais un de ses esclaves le couvrit d’un bouclier. Son neveu s’approcha, afin de l'achever; mais les esclaves lui ayant dit que le prince était mort, il les crut, remonta à cheval et entra dans la partie du palais où se trouvaient les femmes. Cependant le sultan *Alà eddin revint de son évanouissement, 11 monta à cheval, et ses troupes se rassemblèrent auprès de lui. Son neveu s'enfuit; mais il fut atteint, et amené devant lui; il le tua, et depuis lors il cessa de monter à cheval.

"Alà eddin avait des fils dont les noms suivent : 1° Khidhr khän, 2° Chädy khän, 3° Abou Becr khän, 4° Mobärec ,مقطا‎ appelé aussi Kothb eddin , qui devint roï, et 5° Chihäb eddin. Kothb eddin était mal traité de son père, et jouissait près de lui de très-peu de considération. Le sultan avait donné à tous ses frères les honneurs, c'est-à-dire, des étendards et des timbales, et ne lui avait rien accordé. Cependant il lui dit un jour : «Il faut absolument que je te donne la même chose qu'à tes frères.» Kothb eddin lui répondit :

D'IBN BATOUTAH. 187‏ فعاهفدت de Let‏ تمليك ولدها pas‏ خان وعدم بذلك اشتراة بالف تنكة وق الغان lang‏ مى <ناتير المغرب فوتى الى السلطان Le‏ اتغقوا عليه فقال لخواصه اذا دخل Ue‏ سجر فاى معطيه ثوب فاذا لبسه فامسكوا باكامه واضربو! به الارض واذحتوة فطا دخل عليه فعلوا ذلك وقتلوة وكان خضر خان pese Ge‏ يقال له سندبت على مسيرة يوم من دهلى توجه

« C'est Dieu qui me l’accordera. » Cette parole effraya son père, qui le redouta. Le sultan fut ensuite atteint de la maladie dont il mourut. Or la femme dont il avait eu son 215 Khidbr khän, et qui s'appelait Mäh Hakk (le mot mâh, dans la langue de ces peuples, signifie la lune), avait un frère nommé Sindjar, avec lequel elle convint d'élever au trône Khidhr khän. Mélic Näïb, le principal des émirs du sultan, et que l’on appelait Alalfy, parce que ce souverain l'avait acheté pour mille (alf) tangah, c'est-à-dire pour deux mille cinq cents dinàrs du Maghreb, Mélic Näïb, dis-je, eut connaissance de cet accord, et le dénonça au sultan. Celuici dit à ses familiers: «Quand Sindjar entrera dans 8 chambre où je me trouve, je lui donnerai un habit; et lorsqu'il s'en revêtira, saisissez-le par les manches, renversez-le contre terre et égorgez-le. » Cela fut exécuté de point en point.

Khidhr khän était alors absent, et se trouvait dans un endroit appelé Sandabat (Sonpat), à la distance d'une journée

188 VOYAGES AS لزيارة شهد[ء مدفونين به لنذ ركان عليه ان بمشثى‎ اباه ققل‎ Gi المسافة راجلا ويدعو لوالدة بالراحة فها بلغه‎ جيبه وتلك عادة لاهل‎ Ge حزن عليه حزنا شديد!‎ allé الهند يفعلونها اذا مات لهم مى يعر عليهم فبلغ والكة‎ ما فعله فكرة ذلك فا دخل عليه عنفه ولامه و'مربه فقيدت‎ لملك نايب المذكور وامرة ان يذهب به‎ abus يداه ورجلاة‎

الى حخنصن كاليور وضبطه بغتم آآلان المعقودة وكسر اللام وضم الياء آخر God‏ وآخرة رآء ويقال لد أيضا كيالير بزيادة ياه

ثانية وهو حصن منقطع بيى كغار الهنود منيع de‏ مسيرة عشرمى دهلى وقد سكنته أنا UN Be‏ اوصله الى هذا

de pad‏ الكتوال وشو امير we Quad‏ وهم الزماميون

de Dibly, où ül s'était rendu pour un pèlerinage aux tombeaux de plusieurs martyrs ensevelis en cet endroit; car il s'était engagé par un vœu à parcourir cette distance à pied et à prier pour la santé de son père. Lorsqu'il apprit que celui-ci avait tué son oncle maternel, il en conçut un trèsvif chagrin, déchira le collet de son habit, ainsi que les Indiens ont coutume de le faire lorsqu'il leur est mort quelqu'un qui leur est cher. Son père, ayant eu connaissance de sa conduite, en fut mécontent, et, lorsque Khidhr khân parut en sa présence, il le réprimanda, le bläma, ordonna de lui mettre les fers aux mains et aux pieds, et le livra à Mélic Näïb, dont il a été question ci-dessus, avec l'ordre de le conduire à la forterésse de Gâlyoür, appelée aussi Gouydlior (Gualior). C’est une forteresse isolée, au milieu des idolâtres indous; elle est inexpugnable et se trouve éloignée de dix journées de Dihly; j'y ai demeuré quelque temps. Quand

Mélic Näïb eut mené le prince dans ce château fort, il le

remit au cotoudl, c'est-à-dire au commandant, et aux mofred,

D'IBN BATOUTAH. 189‏ وقال لهم لا تقولوا هذ! ابن السلطان فتكرموة انما فو اعدّى عدو له فاحفظوة كا يحفظ العدو ثم ان المرض Rët‏ بالسلطان فقال dt‏ نايب ابعث we‏ باق بابنى خضر خان لاولّيْه gt‏ فقال À‏ نعم وماطله بذلك فتى. ساله عنه قال هوذا يصل الى ان توق السلطان رحجه الله cs‏ ذكر ابنه السلطان شهاب الدين des Le‏ السلطان علاء الدين ait‏ ملك نايب ابنه الاصغر شهاب الدين de‏ سرير الملك وبايعه الناس وتغلب ملك نايب عليه وشهل اعبيى ai‏ بكر خان وشادى خان وبعث le‏ الى كاليور وامر بسمل ces‏

qui sont les mêmes que les zimämy (soldats inscrits sur la liste, zimâm, de l'armée), et leur dit : « Ne vous dites pas que cet individu est le fils du sultan, et qu'il faut le traiter avec honneur; c’est l'ennemi le plus acharné qu’ait l'empereur : gardez-le douc comme on garde un ennemi. »

Dans la suite, la maladie du sultan ayant redoublé, il dit à Mélic Näib : « Envoie quelqu'un pour ramener mon fils Khidhr khàn, afin que je le déclare mon successeur. » Mélic Näib répondit : « Très-bien; » mais il remit de jour en jour l'exécution de cet ordre, et, toutes les fois que son maître l’interrogeait à ce sujet, il répondait : « Voici qu'il arrive. » 11 continua d’agir ainsi jusqu'à ce que le sultan mourût.

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