‹ Voyages d'Ibn Batoutah (volume 2)Chapitre 92 sur 103 · DE LA FÊTE QUE J'AI VUE PENDANT QUE LE SULTAN ÉTAIT LOIN DE DIHLY · texte numérisé non relu

DE LA FÊTE QUE J'AI VUE PENDANT QUE LE SULTAN ÉTAIT LOIN DE DIHLY

La solennité de la rupture du jeûne arriva, et le souve rain n'était pas encore de retour à Dihly. Au jour de la fête, le prédicateur monta un éléphant, sur le dos duquel on avait adapté pour lui une sorte de trône; à ses quatre angles, on avait fiché quatre étendards, et le prédicaleur avait revêtu des habits noirs. Les muezzins montèrent aussi sur des élé phants, et chantèrent devant lui : « Dieu est tout-puissant». Les jurisconsultes et les juges de la ville étaient également à cheval, chacun d’eux portant avec soi une aumône, qu'il devait faire lors de la sortie vers l’oratoire. Sur ce dernier, on avait élevé une grande tente de coton, ornée de tapis. Le public accourut, louant ع1‎ Dieu Très-Haut; te prédicateur pria avec la multitude, il prononça le prône, et puis

D'IBN BATOUTAH. 391‏ لتطيب وخطب وانصرق الناس di‏ منازلهم وانصرففا الى دار السلطان وجُعل الطعام sad‏ الملوك والامرآء Be,‏ وم

» واكلوا وانصرفوا‎ Ai وما كان فى رابع سوال نزل‎ A ذكر قدوم السلطان‎

السلطان بقصر يسمى تلبت بكسر CU)‏ المعلوة الاولى وسكون PA‏ وفخ الباء Sas)‏ ثم SG‏ كالاولى وى على Rôle‏ سبعة امهال مى لحضرة فامرنا الوزير بالخروج اليه لخرجنا وسع كل أنسان هديته ME ge‏ وللجمال والفوآكه ul,‏ والسيون المصرية والمماليك والغم التجلوبة مى بلاد الاتراك فوصلنا di‏ باب القصر وقد اجنمع ET‏ القادمين فكانوا يد خلون الى السلطان de‏ قدر مراتبهم és‏ عليهم تياب QU‏ المزركشة

les assistants retournèrent à leurs demeures. Nous nous rendimes au palais du sultan, où l'on servit le repas, auquel furent présents les grands dignitaires, les commandants et les personnages illustres : ceux-ci sont (nous l'avons déjà dit) les

étrangers. On mangea, et l'on se retira.

DE L’ARRIVÉE DU SULTAN DANS LA CAPITALE, ET DE NOTRE RENCONTRE AVEC LUI.

Le quatrième jour du mois de chawwäl, le sultan arriva au cteau de Tilbat, à sept milles de la capitale. Nous reçûmes du vizir l'ordre d'aller à sa rencontre, et nous partimes. Chaque personne apportait avec elle son cadeau pour ١ le souverain, soit en chevaux, soit en chameaux, ou en fruits du Khoräçän, en sabres égyptiens, en mamloücs et en brebis, tirées du pays des Turcs. Nous arrivämes à la porte dudit château, où les visiteurs s'étaient tous rassemblés; on les introduisait chez le monarque, suivant leur rang, et on leur donnait des robes d'honneur en lin, chamarrées d'or.

بالذهب وما وصلت النوبة الى دخلت فوجدت السلظان الندماء ناصر الدين LOT‏ الهروى وكنت عرفته ايام غيبة نزال 4 ملك الندماء ببدم لله à‏ مولا بدر الدين وكانوأ الطلب انما | يقال À‏ مولانا es‏ مى السلطان - حنى Rss‏ بيدى cibles‏ وامسك يدى وجعل ble‏ باحسن خطاب ويقول لى باللسان الغارسى حلت البركة قدومّك مبارك ابجع

Quand ce fut mon tour, j'entrai et vis le sultan assis sur 06 7 fauteuil; je le pris pour un des chambellans, jusqu’à ce que j'aperçusse avec lui le roi des confidents intimes, Näsar eddin alcäfy albaraouy, que j'avais connu au temps de l'ab- ١ sence du souverain. Le chambellan s’inclina, et je fis comme lui, émir Hädjib vint à ma rencontre, et c'est le fils de l'oncle du sultan, appelé Firoûz; je m'inclinai une seconde | fois, à son exemple. Alors le roi des confidents intimes me . dit : « Au nom de Dieu, notre maître Badr eddin !» On . me nommait de la sorte dans l'Inde; et quant auxemob : «notre maître», c'est un titre que les Indiens donnentà ; tout individu lettré. |

Je m'approchai du sultan, qui prit ma main, la sera, continua à la tenir, et me parla de la manière la plus affable Il me dit en persan : « La bénédiction est descendue, ton ar rivée est heureuse, sois tranquille; je serai envers toi # miséricordicux, je te donnerai tant de richesses, que té compatriotes le sauront ct viendront te trouver. » Puis, il

بلادة والواردون الدينى خلع عليهم فى ذلك مم خخ اونى زادة ps‏ الدين واخوته ضياء الدين وياد الدين وبرهان NI‏ وابن اخنه امير نت ابن السيح تاج الدين وكان جده PURE‏ وزير خراسلي وكان Ale‏ علاء الدين امير Ni‏ sn‏ ايضا والامير RAS‏ الله بن SU‏ التبريري وكان ot‏ ob‏ الوزيوبالعراق وهو الذى بى المدرسة الغلليّة بتبريز ولك كراى مى اولاد بهرام جور (جوبين:) صاحب كسرى وشومنئ MOT‏ جبل بَذَحْشان ait‏ يجلب الياقوت CA‏ واللازورد pas‏ مبارك شاه السمرقندى وارون بغا الإخارى de,‏ زادة

souverain de l'Inde.—Les nouveaux arrivés qui reçurent vêtements d'honneur dans cette circonstance, sont: 9 1° Khodhäouend-Zàdeh Kiouäm eddin:; °, 3° et 4° Ses trois frères, Dhiyà eddin, ’Imäd eddis : et Borhän eddin ; 5° Le fils de sa sœur, émîr bakht, fils du Sayyid Ti eddin, dont l’aïeul, Ouadjih eddin, était vizir du Khoré رمف‎ et l'oncle maternel, ’Alà eddin, émir de l'Inde, © aussi vizir ; 6° L'émir Hibet Allah, fils d'Alfalaky {l'astrologue) ait brizy, dont le père était substitut du vizir dans l'Iräk, ét celuilà même qui avait fondé à Tibriz l'école appelée, de son nom, Alfalakiy yah ; 7° Le roi Kéraï, de la postérité de Behrâmi Djoûr (Tchoibin?}, compagnon de Cosroës : c’est un habitant de la 208 tagne Badhakhchän (vuigairement, Balakhchän}), d'où 8 tire cette sorte de rubis nommé balakhch, انه‎ que la pierré précieuse bleue appelée lapis-lazuli; 8° L'émir Mobärec طقطء‎ assamarkandy ; 9° Aroun Boghà albokhàry:

10° Mélic Zädeh attirmidby;

D'IBN BATOUTAH. 395

Gén‏ وشهاب الدين الكازروق RL‏ الذى قدممن تبري باله<ية إلى الساطان “hp se‏ م6 *

Lie الى السلطان أعط ل واحد‎ ons مى يوم‎ NE és ولجسام ليان ورحكب‎ (où ess السلطان عليه‎ Sie فرسا مى‎ فى مقكمته مع صر لجهان‎ LS السلطان لد خول حضرته‎ وزينت الغيلة امام السلطان وجُعلت عليها الاعلام ورفعت‎

11° Chihäb eddin alcäzéroüny, le marchand, qui avait apporté de Tibriz des cadeaux pour le sultan, et qui fut pillé en route.

DE L'ENTRÉE DE L'EMPEREUR DANS SA CAPITALE, ET DES MONTURES QU’IL NOUS FIT DONNER. °

. Le lendemain de notre sortie à la rencontre du sultan, chacun de nous reçut un cheval des écuries impériales, avec une selle et une bride, couvertes d'ornements. Le sou- Verain monta à cheval pour faire son entrée dans sa capitale; nous en fimes autant, marchant dans son avant-garde avec Sadr aldjihän. On para les éléphants devant le monarque, on mit sur eux les étendards, ainsi que seize parasols, dont Quelques-uns étaient chamarrés d'or, et d’autres embellis avec de l'or et des-pierreries. Sur la tête du sultan, on éleva Aussi un parasol de ce genre, et l'on porta devant le souve- Tain la ghchiyah, qui est une housse pour recouvrir la selle, incrustée d'or et de diamants. On plaça des petites balistes Sur quelques éléphants, et quand le sultan fut arrivé près

والدراهتم مختلطة والمشاة بيى dv‏ السلطان وسواهم من

حضريلقتقطون ذلك ولم يزالوا ينشرونها الى ان وصلوا إلى القصر وكان بين يديه آلان مى المشاة على الاقدام وصَنعت تباب لشب malt‏ بثياب md‏ وفيها aus Et‏ ذكرنا ذلك > | ولا كان يوم لجمعة ثاى يوم دخول السلطان Lust‏ باب المشور نجلسنا فى سقائف الباب الثالث ولم يكن الاذن حصل

لنا ail‏ خول er‏ شاجب تمس الدين الغوشجى نامر

de la ville, on lança, au moyen de ces machines, des pièces :

d’or et d'argent mélées. Les gens à pied qui étaient devant

le sultan, et d’autres personnes présentes dans la foule, r&

massaient ces monnaies. Cela continua jusqu’à ce qu :

entrât dans le château; des milliers d'individus marchaiett à pied devant le souverain. On construisit des coupoles en bois, recouvertes d'étoffes de soie: elles renfermaient les

chanteuses, suivant ce que nous avons déjà raconté à #

sujet,

DE NOTRE ENTRÉE CHEZ LE SULTAN, DES BIENFAITS QU'IL NOUS ACCORDA, DU GOUVERNEMENT ET DES CHARGES DONT IL NOUS INVESTIT.

Le vendredi, deuxième jour après l'arrivée du souverain à Dibly, nous nous rendimes à la porte de la grande sale d'audience, et nous assimes sur les bancs de la troisième porte : l'ordre pour être introduits ne nous était pas encore

parvenu. Le chambellan Chams eddin alfoüchendjy sortit; :

D'IBN BATOUTAH. 397‏ SU‏ أن يكتبوا اسماعنا واذن لهم فى دخولنا ودخول بعض اعسابنا. وعيى للد خول مى ثمانية فد خلنا ودخلوا معنا ثم جآءوا بالبدر والقبّان وهو الميران وقعد تاضى القضاة لتاب ودعوا مَنْ EU‏ مى الاعرّة وهم الغربآء فعيّنوا ككل انسان انصييه ce‏ تلك البدر نحصل لى منها عفسة آلان دينار وكان مبلغ JU‏ ماية الف دينار تصحقت به م السلطان لما قدم أبنها وانصرفنا ذلك اليوم وكان السلطان بعك ذلك يستدعينا الطعام بين يديه ls‏ عن احوالنا Labs‏ باججل كلام ولقت قال LU‏ ى بعض الايام انتم شرفتهونا بق ومكم ها نقدر de‏ مُكافاتكم فالكبير منكم مقام والدى والتهل مقام ايخ

il dit aux secrétaires d'écrire nos noms, il leur permit de nous faire entrer, ainsi que quelques-uns de nos camarades, et fixa à huit le nombre de ceux qui devaient être introduits avec moi : nous entrâmes donc, en compagnie de ces derniers. On apporta des sacs d'argent et le kabbän, c'est-àdire la « balance »; le grand juge et les secrétaires s’assirent; ils appelèrent les hommes illustres, ou les étrangers, qui étaient à la porte, et assignèrent à chacun d’eux sa part de ces bourses d'argent. Je touchai cinq mille dinärs, et la somme totale était de cent mille dinârs, que la mère du sultan distribuait en aumônes, à l'occasion du retour de son fils. Pour ce jour-là nous nous retirâmes.

Plus tard, le souverain nous fit appeler pour nous faire Manger en sa présence ; il nous demanda de nos nouvelles, © nous parla de la façon la plus affectueusc. 11 nous dit ne fois : « Vous nous avez honoré par votre visite dans ce Mys; et nous ne saurions assez vous récompenser. Celui d'entre vous qui est vieux sera considéré comme mon père; . lui dont l’âge est mûr, comme mon frère; et celui qui est

والصغير مقام ولدى وما & Ce‏ اعظم مى مدينتى هذه | أعطيكم أياها فشكرناة ودعونا له كم بعك ذلك امر لنا cols il‏ فعين لى اكنى عشر الف دينارفئى السنة وزادى قريتين على الثلاث التى آمرلى بها قبل احداها قرية جُوْرةَ والثانية قرية ُلك يور وى بعض الايّام بعث لنا خذاون<زادة غياث mA‏ وقطب الملك صاحب السند فقالا لنا أن خوند عالم يقول مَنَ كان منكم Nues‏ أو ألكنابة أو الامارة أو القضاء

: نوا ينريدون Jus‏ الاموال والانصران الى بلادهم وتكم ut y‏ أبن Sault‏ تاج الدين الذى PAG‏ ذكرة فقال أما

jeune, je le regarderai comme mon fils. Il n’y a rien dm mon royaume de plus précieux que cette capitale, et j vous la donne. » Nous le remerciâmes et fimes des vœu pour lui. Ensuite 11 nous accorda des pensions, et il mar signa douze mille dinärs par an; il ajouta deux villages au trois qu'il m'avait conférés auparavant: ce furent ceux 208 més Djaouzah et Malicpoür. Un jour le sultan nous envoya Khodhâouend Zädeh Gi yâth eddin, et Kothb almolc, gouverneur ‘du Sind, qui nous parlèrent ainsi qu'il suit : « Le maître du monde vous fait dire ceci : » « Celui parmi vous qui est en état de remplir «les fonctions de vizir, de secrétaire, de commandant, de « juge, de professeur ou de supérieur dans un ermitage, ef. « (moi, le sultan), je les lui procurerai. » Tout le monde & tut, car ils voulaient tous acquérir des richesses et 5 tourner ensuite dans leurs pays. Émiîr bakht, fils du sei gneur Tâdj eddin, dont nous avons déjà fait mention, prit la parole et dit: « Pour le vizirat, c'est précisément mon hé

D'IBN BATOUTAH. 399‏ الوزارة فيرائ واما اآلتابة فشغلى وغير ذلك لا أعرفه وتكمٌّ هبة الله ابن GRAS‏ فقال مثل ذلك وقال لى hotes‏ el‏ ما تقول انت يا سيّدى وافل تلك البلاد لا يدعون العرئ الا بالتسويد وبذلك able‏ السلطان تعنظها العرب فقلت له اما الوزارة واللتابة فليست تتغلى واما القضاء kel,‏ فشغلى وشغل UT‏ واما الامارة فتعجون أن الاعاجم ما اسجت الا باسيان العرب UN‏ بلغ ذلك الى السلطان SE‏ SY‏ وكان بهزار اسطون Kb‏ الطعام فبعث en LAXb Le‏ يديه وهو ياكل 35 انصرفنا الى خارج 38 اسطون فقعد all‏ وانصرفت cum‏ دمل كان ممنعنى qd‏ فاستدعانا

ritage; et quant aux fonctions de secrétaire, c'est mon occupatiou : je ne connais pas autre M. » Hibet Allah, fils d’AIfalaky, parla dans des termes analogues; alors Khodhäouend Zâdeh s’adressa à moi, en langue arabe, et dit : « Quelle est ta réponse, à toi, mon sayyid? +» seigneur ». Les gens de ce pays n’appellent jamais un Arabe que du nom de seigoeur; ainsi fait le sul@an lui-même pour honorer la nation arabe. Je dis : « Les fonctions de ministre d'état, ni celles de secrétaire, ne sont point faites pour moi; mais quant à la dignité de juge et de cheïkh ou supérieur, c'est là mon occupation et celle de mes äncêtres. Pour ce qui concerne la charge de commandant, vous savez bien qne les barbares n’ont adopté l'islamisme que forcés par les sabres des Arabes. » . Lorsque le sultan connut mes paroles, il les approuva; il se trouvait à ce moment-là dans la partie du château appelée Mille colonnes, et il mangeait. Il nous envoya quérir, nous mangeâmes en sa présence et en sa compagnie; puis nous nous retirâämes à l'extérieur de la grande salle d’'audience des mille colonnes; mes compagnons s’assirent, et je partis à cause d'un furoncle qui m'empêchait de m'as-

السلطان ثانية alé pad‏ واعتذروا له ge‏ وجنت بعد صلاة العصر فصليت ll‏ المغرب ani,‏ الاآخرة ثم خرج لياجب Lea‏ فد خل خذاوندزادة sue‏ الدين وهو اكبر الاخوة المذكورين A‏ السلطان امير ss‏ وهو مى DU ra‏ مجلس بتجلس القاشى فن كان له de a‏ امير اوكبير احضرة بين يديه وجعل مرتبه على هذه لقطة

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