‹ Voyages d'Ibn Batoutah texte arabe, accompagné d'une traductionChapitre 104 sur 115 · DU CHAMEAU QUE JE PRÉSENTAI AU SULTAN · texte numérisé non relu

DU CHAMEAU QUE JE PRÉSENTAI AU SULTAN

Pendant la chasse, le sultan me demanda un jour si le roi Nâssir montait sur des chameaux. Je répondis : « Oui, il monte les mahäry au temps du pèlerinage, et il va en dix jours du Caire à la Mecque. Mais ces chameaux ne sont pas de la même espèce que ceux qu'on trouve dans ce pays-ci. » J'ajoutai que j'avais avec moi un de ces chameaux mahäry. Lorsque je fus retourné à Dihly, j'envoyai chercher un Arabe du Caire, lequel me fit avec de la poix le modèle de la selle qui sert pour les mahäry. Je montrai cela à un menuisier, et il fabriqua la selle fort bien; je la recouvris avec du drap, j'y adaptai des étriers, je mis sur le chameau une belle couverture, et lui fis une bride de soie. Parmi mes gens, il y avait un individu du Yaman qui excellait à

492 VOYAGES DA, Red فصتع منها ما يشيه القر وغيرة وبعقت‎ 52 يج ملك‎ de ان يدفعها‎ 4e السلطان وامرت الذى‎ di وصله ذلك د خل على‎ CN els دولة شاه وبعقك له بغرس‎ عبالم زايت الب قال .وما ذلك قال‎ ass السلطان وقال يا‎ دالكيل‎ AS بكاناة جك‎ io) فقال‎ ar فلان بعت 7 عليه‎ السراجة واتجب به السلطان وقال لراجلى اركب» فركبه‎ ومشاة بين يديه وامشر له بمانتئ دينار درام وخلعة وعاد‎ بعى عودته‎ (SAT À الرجل الى فاع جنى فسرن ذلك واهديت‎ إلى مقضرةء‎

faire les pâtisseries ; il en fabriqua qui ressemblaient aux dattes, etc.

J'envoyai le chameau, ainsi que les pâtes douces, au souverain, et dis à celui qui les emmenait de livrer le tout aux mains du roi Daoulet châh, pour lequel j’expédiai aussi un cheval et deux chameaux. Quand 11 reçut ces présents, il entra chez le sultan, et lui dit : « Ô maître du monde, j'ai vu une mefveille. 5 — « Qu'est-ce ?» demanda le souverain. L'autre répondit : « Un tel a envoyé un chameau qui porte une selle. » Le sultan donna ordre de le faire avancer, et l'on fit entrer le chameau dans l’intérieur de la sérâtcheh. Le souverain en fut charmé, et il dit à mon messager de le monter, ce qu'il accomplit, en le faisant marcher devant le sultan. Celui-ci lui fit donner deux cents dinärs en argent et un vêtement. Cet homme revint chez moi, il m'informa de tout, et cela me réjouit beaucoup. Après le retour du sultan dans sa capitale, je lui donnai deux autres chameaux.

D'IBN BATOUTAH. 193 GE 50h, agi Lars الذين‎ erkéd ذكر‎

ديق وما تعليق EE, Hi‏ عاذ dj‏ راجلى الذئ dedl aïie‏ فالتبتزق Le‏ كان مى AS‏ صنعت كورين اثنين وجعلت PAS‏ كل Sie‏ وموْكْره مكسوًا يظفاح الفشة ال ADS‏ وكسوتيها امل وضنعت رَسَنا Las‏ بصفتاح AU‏ وجغلت ليها مق القضة وضنعت del‏ عشر طيغورا وملاتها با حلواء وغطيت كل طيغور بنتديل خزير فنا LAS‏ السلطان مى Nul‏ وقعد Gb‏ ينوم قدومه بموضع -جلوس» العام غدوت عليه بالجمال فامر بها خركت بين يديه وفنرولت فطار Jus‏ احدها

DES DEUX CHAMEAUX QUE JE DONNAI AU SULTAN, DES PÂTISSERIES, DE L’ORDRE DU SOUVERAIN POUR L’ACQUITTEMENT DE MA DETTE, ET DE TOUT CE QUI SE RATTACHE À CE SUJET.

Dès que le piéton qui avait conduit le chameau fut de retour près de moi, et qu'il m’eut informé de ce qui lui était arrivé, je fabriquai deux selles, que je recouvris de lames d'argent dorées, sur le devant ainsi qu'à leur partie de derrière, etje plaçai par-dessus une étoffe de drap. Je fis un licou orné de plaques d’argent, et préparai pour les deux quadrupèdes deux housses en étoffe de soie fine, doublées en damas; enfin, je leur adaptai aux jambes des anneaux d'argent. Je pris, en outre, onze plats profonds, que je remplis de sucreries; chacun de ces plats fut recouvert d’une serviette de soïe.

Quand le souverain fut revenu de la chasse, et qu'il siégea, le lendemain de son arrivée, dans le lieu de ses audiences publiques, j'allai le trouver de bonne heure avec les chameaux {et les plats de sucreries). 11 ordonna de faire entrer ces quadrupèdes, qui marchèrent et coururent devant lui;

alors l’ornement de la jambe d’un de ces animaux s’envola,

فقال لبهآء الدين بن الفكلى يايسل وردارى معنى ذلك ارفضع بعلل فرفعم كم نظر الى الطيافير فقال ج<ارى x)‏ دارى) در أن طبقها حلوا cul‏ معنى ذلك ما معك فى تلك الاطباق île‏ ى فقلت À‏ نعم فقال للفقيه ناصر الدين الترمذى الواعظ cak Le‏ قط ولا رايت مثل TA‏ التى بعقها الينا

Gel‏ فرفعت وقام إلى تجلسه واستدعاق وامر بالطعام فاكلت ثم سالى عن نوع من Ad‏ الذى دعقت 2 Jus‏ فقلت 2ه ا خونيك عالم تلك لمتلواء انواعها كثيرة ولا أدرى US‏ اى 235 تسالون منها فقال ١نتوا‏ بتلك الاطباق وهم يسمون الطيغور

et le sultan dit à Béhà eddin, fils d'Alfalaky : Pdiel ouar- 0071, ce qui signifie «ramasse l'anneau de la jambe»; il obéit immédiatement. Ensuite, le sultan jeta les yeux sur les plats mentionnés ci-dessus, et demanda: Tchih déri der än thabagha haloud est. Cela veut dire : « Qu’as-tu dans ces plats? Est-ce de la pâte douce? » Je répondis par l’affirmative, et il dit au jurisconsulte et prédicateur Nâssir eddin attirmidhy : « Je n’ai jamais mangé, ni même jamais vu de pâtisserie pareille à celle qu'il nous a envoyée pendant que nous étions au camp. » 11 ordonna ensuite d’emporter ces sucreries dans le lieu de ses séances privées, ce qui fut exécuté. Puis il s’y rendit en personne, et m'y invita; ïl fit apporter des aliments, et je mangeai {avec les autres assistants). |

Le souverain m'interrogea au sujet d’une espèce de ces pâtisseries que je lui avais expédiées la première fois. Je Jui répondis : « Ô maître du monde, ces pâtes douces sont de plusieurs sortes, et je ne sais pas de quelle variété Votre Majesté recherche le nom. » Il dit: « Apportez ces athbäk » “plats, assiettes» (pluriel de thabak); c’est le nom qu'on

D'IBN BATOUTAH. 195‏ طبقا فاتوا بها ç aps‏ يديه وكشغوا عنها فقال عن هذ١‏ سالتك Rss‏ العحن الذى ف فيه فقلت له هذه يقال لها المتقرصة ثم اخ نوعا آكر فقال وما اسم هذة فقلت À‏ بى se‏ القاضى وكان بين يديه تاجرمى شيوخ بغداد يعرف بالسامرى ويننسب JT di‏ العباس رضى الله تعالى عنه وه و كثير JU‏ وبقول À‏ النستطال:ؤانوى ble go‏ ان Jus GE‏ mel) cle 5 eu)‏ ديل بق tes à sh os‏ فق التى تسهى AE‏ الغرس وكان 5e‏ ملك الندماء ob‏ الدين

آلكاق الهسروى وكان Lille Lie‏ هذا aa‏ بين يدى السلطان فقال له يا خواجة eut‏ تكذب والقاضى يغقول لق

donne dans ce pays-là à ce que nous appelons, nous, thaifoûr (pluriel, thaïäfir), « assiette creuse, plat, gamelle ». On les mit devant lui, et on les découvrit; le sultan dit: «Je te demandais le nom de ceci», et il prit dans la main le plat qui contenait cette pâtisserie. Je lui répondis : «On l'appelle la pâtisserie ronde ou orbiculaire. » Il en saisit une autre sorte, et dit : « Quel est le nom de celle-ci ? » Je repris: « On la nomme les petites bouchées du juge. » Il ÿ avait en présence du souverain un négociant qui est un des cheïkhs de Bagdad , connu sous le nom d’Assämarry, et soi-disant de la postérité d'Abbâs, dont le Dieu très-haut soit satisfait; 11 est très-riche, et le sultan l'appelle « mon père ». Cet homme éprouva un sentiment d'envie à mon égard, il voulut me . faire honte, et dit : « Ces pâtisseries ne sont point les petites bouchées du juge, mais les voici. » Il saisit un morceau de . celles nommées pénis du cheval. Il y avait, vis-à-vis de ce cheïkh, le roi des favoris, Nässir eddin alcäfy alharaouy, qui le plaisantait souvent devant le souverain, et qui s'écria : «

khodjah « négociant, etc. », tu mens, et le juge dit vrai. » Le

426 VOYAGES عالم هو القاضى‎ as ققال له السلطان وكيف ذلك فقال يا‎ فغحنك السلظان وقال صدقت فلا‎ \é à! xt وق لقهاف»‎ LES بعد ذلك‎ EUR ثم شرت‎ ST JA فوغنا مى الطعاء‎ فقال اببعث‎ Gp التنيول وانضرفنا فح يكن غير هنيهة واتان‎ فبعقتهم وعدت الى دارى بعد المغسرب‎ JU يقبضون‎ able) وفايعان‎ GT Ru Lens بها وهو ثلاث يدر‎ JU des وثلاث وثلاثون تنكة وذلك صرف للامسة ولكمشيئ الفا التى‎ | PSS Les وصرن الاتى عشر الفا التى امرك بها‎ de فى دين‎ عادتهم وصرن التنكة ديناران ونصضف.‎ ds بعد حط العشر‎ » مئ ذهب المغرب‎ js

sultan dit : « Comment cela ? » L'autre reprit : « 0 maître du monde, celui-ci est le juge, et ces pâtisseries sont ses pe- | tites bouchées, car c’est lui qui les a apportées. » Le monarque sourit, et répliqua : « Tu as raison. » Après le repas, nous mangeämes les pâtes douces, puis nous bûmes la bière, primes le bétel , et nous nous retirämes. Peu d’instants se passèrent, et je vis arriver vers moi le trésorier, qui me dit: « Envoie tes compagnons pour toucher l'argent. » Je les envoyai, puis je retournai chez moi après le | coucher du soleil, et trouvai la somme à la maison. C’étaient | trois sacs, contenant ensemble six mille deux cent trente- | trois tengahs, c'est-à-dire le change des cinquante-cinq mille dinärs (d’argent) dont j'étais endetté, et des douze mille | que le sultan avait ordonné de me payer précédemment, | déduction faite toutefois du dixième, suivant l'usage de | l'Inde. La valeur de la pièce appelée tengah est de deux | dinàrs et demi, en or du Maghreb.

بلاد المعبروقتال القآسم‎ due خرج السلطان برسم‎ doi Sr judi de dass garni volé euske 25 AS,

وأعطيت 8 À runs‏ أنتمهر الكبارين وال واكيؤانية ولد bé ASC‏ بذلك لتكون AE‏ وتلك ep‏

خونا مى أن يَتكر المبلغ وام رلى بسدّة ST‏ ديقار Ps‏ وأمر لذبنى mb‏ مصير بعشرة لذ وكذلك 14 مى أقام مى الاعزة Lis‏ الملاهيون فخ يعطوا ثنيا وأمون الشلطان أن اتوك JB‏

DU DÉPART DU SULTAN DE DIHLY, ET DE L’ORDRE QU'IL M'A DONNÉ DE CONTINUER À RÉSIDER DANS LA CAPITALE.

Le neuvième jour de djoumâda premier, le sultan partit de Dihly pour se rendre dans la contrée de Ma’bar, et pour combattre le rebelle de ce côté. Je m'étais déjà acquitté envers mes créanciers, je m'étais préparé pour le voyage, et avais déjà payé le salaire pour neuf mois aux porteurs des ustensiles de cuisine, aux valets, aux porteurs des tentes et à ceux qui tiennent les flambeaux. Nous avons parlé précédemment de tous ces individus: Mais l’ordre me fut signifié de rester dans la capitale, ainsi que plusieurs autres personnages ; le chambellan prit de nous un engagement écrit à ce sujet, pour s'en servir comme de preuve. Tel est l'usage dans l'Inde, par crainte que l'individu averti ne nie d’avoir reçu l'ordre. Le sultan ine fit donner six mille dinärs en drachmes, et äu fils du juge du Caire, dix mille. 11 en fut de même pour tous les personnages illustres (les étrangers), qui durent rester à Dihly ; quant aux nationaux, ils ne touchèrent rien. Le souverain m'ordonna d’être tou-

198 . VOYAGES مقبرة السلطان قطب الدين الذى تقدُم ذكرة وكان‎ A السلطان يعظّم تربته تعظها شديدا! لاذه كان خدها لد‎ فوق رأسه‎ eo نعله فيقيله‎ DEL قيرة‎ Gi رايقه اذا‎ متكاة وكان اذ(‎ Gas BAS وعادتهم أن ججعلوا نعل الميت عن‎ له كا كان يخدم ايام حياته وكان يعظم‎ pas وصل القبر‎ زوج نه ويدعوها بالاخت وجعلها مع جرمه وزوججهها بعد‎ lily واعقنى به مى اجلها وكان بمضى‎ pes ذلك لابن قاضى‎ (es الل عنا + ع‎ Era BH

sas‏ فقال له السلطان أ(مض فتجهز للسفر وقدمت 5x‏ للوداع

jours l'inspecteur de la tombe du sultan Kothb eddin, dont nous avons déjà parlé. Il vénérait ce sépulcre d’une manière inouie, car il avait été serviteur de Kothb eddin. Je l'ai vu, dans ses visites à ce tombeau, prendre les babouches du mort, les baiser et les mettre sur sa tête. C’est une habitude, parmi les Indiens, de placer les pantoufles du défunt sur un coussin, près de sa sépulture. Toutes les fois que le sultan venait à ce tombeau, 11 s’inclinait et rendait hommage, comme il faisait à Kothb eddin lorsqu’il vivait. 11 respectait beaucoup aussi la femme de ce dernier, et l'appelait «ma sœur»; il la mit en compagnie de ses femmes, et la maria plus tard au fils du juge du Caire, qu'il favorisa à cause d'elle : il allait rendre visite à cette dame tous les vendredis.

Quand l’empereur fut sorti, il nous envoya chercher pour nous faire ses adieux. Le fils du juge du Caire se leva, et dit: « Je ne dirai pas adieu au maître du monde, ni ne me séparerai de lui. » Cela lui porta bonheur plus tard. Or, le sultan répondit : « Va, et prépare-toi pour le voyage. » Je

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