‹ Voyages d'un fantaisisteChapitre 13 sur 116 · LES TYROLIENS · texte numérisé non relu

LES TYROLIENS

adore les fleurs et les plumes. Il est chasseur et galant. Je n’ai pas vu un seul Tyrolien, même des villes, qui n’ait à son chapeau une fleur ou une plume.

Ce ne sont pas des trophées. On pourrait croire que la fleur a été cueillie sur une cime inaccessible et que la plume a été arrachée à l'aile d’un aigle. Non, la plume vient de chez le chapelier, la fleur artificielle vient de chez une fleuriste du bon coin.

La plume et la fleur sont donc de mode absolue dans le Tyrol, et les étrangers eux- mêmes sont portés à y sacrifier.

Déjà, en quittant Riva, nous avions observé ce fatal entraînement. L’un de nos compagnons de route était descendu de voiture à la montée et avait cueilli une branche d’olivier pour en orner son chapeau. •

— Regarde, dis-je à Henri (voir plus haut), combien ce grave monsieur en lunettes, avec ses cheveux grisonnants et environné de pampres, est ridicule !

Et nous nous mîmes à rire.

VOYAGES d’ÛN FANTAISISTE

Dans le wagon depuis Trente, il nous fut donné de voir monter et descendre des voyageurs aux stations. Tous avaient à leur chapeau qui une plume, qui une fleur, qui quelques feuilles arrachées à un arbre, qui une sorte de petit pinceau fait avec les crins d’un animal inconnu.

— Cela tourne à la monomanie, disions-nous.

Parce qu’on voyage dans un pays, on croit devoir en épouser les excentricités. Que le diable nous emporte si cela nous arrive jamais !

En arrivant à Inspruck, comme il y avait une plus grande quantité de monde, nous vîmes une plus grande quantité de plumes.

Un jeune Anglais spécialement, vêtu d’un élégant costume de chasseur, arborait fièrement à sa casquette une superbe plume d'autruche , bariolée de couleurs.

Je ne pus m’empêcher d’admirer celte fantaisie. Henri réprima un vif mouvement de jalousie.

— Encore un idiot ! s’écria-t-il. (J’en demande bien pardon au chasseur anglais.)

Le matin, levés de bonne heure, on nous vit

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