‹ Voyages d'un fantaisisteChapitre 67 sur 116 · STAMBOUL · texte numérisé non relu

STAMBOUL

sa respiration, et galope ainsi pendant plusieurs kilomètres.

Nous voici au pont de la Corne d’Or. L’animation est plus grande et plus compacte que jamais. Le pont est en bois, en dos d’âne à tout instant, construit avec des planches mal rabotées et séparées les unes des autres. Comme c’est à peu près le seul intermédiaire entre Stamboul et les faubourgs, il est toujours rempli de monde ou de mouvement. A droite et à gauche se trouvent les embarcadères des bateaux-omnibus, en deçà du pont, ceux qui conduisent à travers la Corne d’Or jusqu’aux eaux douces d’Europe, au delà, les steamers qui mènent aux échelles du Bosphore. Ces bateaux sont nombreux et partent de cinq en cinq minutes dans toutes les directions. Chaque bateau emmène près de trois cents personnes; jugez de l’affluence qui règne sur le pont de la Corne d’Or, pour alimenter ces départs, sans compter les modestes piétons qui se contentent de traverser.

Voici Stamboul. Nouveaux tramways, nouveaux sais, nouvelles cohues. Les rues sont moins escar-

pées, moins périlleuses qu’à Péra, mais elles sont toutes aussi montueuses. Nous prenons une large avenue qui doit nous conduire au bazar. A droite et à gauche s’élèvent les petites maisons turques, peintes à fresques, pourvues de Moucharabys qui font saillie. Les boutiques, ouvertes à tous les vents, sont garanties contre les rayons du soleil par de larges tentures bariolées. Aucun étalage en montre, une inscription sur la porte et quelques marchandises peu attrayantes au dernier plan. Sur le premier plan, assis sur une caisse où se déroule un tapis, s’encadre un Turc qui roule une cigarette.

A peine pouvons-nous nous frayer un chemin à travers les mille marchands ambulants qui nous entourent. Ils vendent de tout sur des petites tables en bois blanc ; beaucoup de fruits, des pastèques, du blé de turquie qui coûte 20 paras la grappe et que les hommes achètent et font cuire sur un petit fourneau portatif qu’ils vont recruter dans le voisinage. D’autres marchands ont leur marchandise dans un vaste panier: ce sont de superbes raisins dorés aux graines allongées. Il y a

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