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LES DERVICHES TOURNEURS

Comment trouvez-vous cette transition pour arriver à vous parler des derviches tourneurs? Je m’en empare avec joie, tout en vous déclarant que l’histoire du fruitier éternel est absolument vraie.

Le couvent du Tekké où habitent les derviches tourneurs est situé à Péra, vis-à-vis le petit champs des morts. C’est un édifice fort beau, en marbre colorié et magnifiquement entretenu. On construit en ce moment, devant le couvent, un superbe mausolée en marbre pour le dernier iman de la mosquée de Tekké, mort à l’àge de 112 ans.

Les derviches tourneurs sont réunis dans une salle hexagone et séparés du public par une balustrade. C’est vers deux heures et plusieurs fois par semaine qu’ils donnent leur représentation.

Quand nous prîmes nos places devant la balustrade, la cérémonie était commencée. Une cinquantaine de derviches, assis par terre, psalmodiaient à tour de rôle des versets du Coran. Ils faisaient demi-cercle autour de l’iman, jeune

horarae maigre, barbu, jaune et pensif, qui occupait le fond de la salle, accroupi sur un tapis fort riche. Le costume des derviches se compose à première vue d’un bonnet de feutre gris, en forme de bonnet à poil, et d’un grand manteau brun qui les enveloppe jusqu’aux pieds. L’iman avait un bonnet brun.

Après une série de prières; le silence se fit et l’on entendit une musique plaintive et traînante, partant d’une loge grillée et haut perchée. Ce sont d’autres derviches qui jouent; l’un frappe sur un tambour presque plat; un second tire des sons d’un instrument dont le son ressemble à celui d’une harpe à laquelle il manquerait des cordes. Tout cela produit une mélopée triste, sans caractère, larmoyante et grinçante. Vous diriez d’une vielle perfectionnée, où le même motif revient à chaque instant, plus ou moins rapide, plus ou moins saccadé.

A ce moment, les derviches se levèrent, et, marchant l’un derrière l’autre, se mirent à suivre l’iman, qui parcourut trois fois la circonférence de la salle, en s’arrêtant, chuque fois, à l’endroit

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