BAIN DE VAPEUR POUR USE ROUCOHYENNE ACCOUCHÉE
breuvage composé avec le suc de bananes bien mûres et cuites, exprimé avec la main dans de l'eau chaude. La section du cordon ombilical est pratiquée avec une sorte de coupe-papier fait avec du bambou.
Nous mettons huit jours pour atteindre la tribu de Yacouman où j'ai failli mourir au premier voyage. A notre arrivée, nous voyons le chef se promener dans le village en faisant des aspersions. 11 tient à la main un pinceau en plumes qu'il trempe dans une calebasse remplie d'un liquide blanc laiteux. C'est le suc d'un tubercule appelé samboutou (chou caraïbe) râpé dans l'eau.
Yacouman, en faisant ces aspersions, qui paraissent avoir pour but de chasser le diable, a l'air solennel d'un prêtre de nos pays bénissant la campagne le jour des Rogations.
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Le tnarahé. — Préparatifs de la fêle. — Un chapeau monumental. — Ceinture en poil de couata. — Grelots. — Panache dans le dos. — Battant du tambour avec les pieds. — Le supplice des fourmis et des guêpes. — Un médecin qui se fait prier. — Les trois diables qui gardent les sources du Yary.
Les Roucouyennes n'ayant plus de secrets pour nous ne craignent pas de célébrer à leur aise une cérémonie appelée marahé. Il s'agit d'un supplice imposé à des enfants à l'âge de huit à douze ans et à des adultes qui sont candidats au mariage. Un grand nombre d'étrangers ont été invités à cette cérémonie, parmi lesquels je trouve mon confrère le vieux piay Panakiki.
On passe l'après-midi à ranger les costumes de danse et particulièrement des chapeaux couverts de plumes qui sont d'un effet ravissant. Les chapeaux des Roucouyennes
sont de véritables monuments qui n'atteignent pas moins d'un mètre cinquante centimètres. La carcasse du chapeau, largement ouverte au sommet, n'a rien de commun avec aucune espèce de coiffure connue. Elle est surmontée d'un arceau dirigé d'avant en arrière qui supporte une infinité de panaches rouges et bleus ornementes d'élylres de grands scarabées aux reflets métalliques. La trame disparait sous vingt bandeaux ou couronnes imbriquées les unes au-dessus des autres, avec des couleurs rouge, jaune, noir, vert, blanc et bleu. A l'arrière tombe une espèce de plastron recouvert d'une mosaïque de plumes qui représente un homme aux jambes et aux bras écartés comme les grenouilles.
Il faut plus d'une année de travail pour confectionner cette parure de danse. J'ai déjà dit que le port des plumes est l'apanage des hommes; je dois ajouter que ce sont eux seuls qui font ces ouvrages, qui feraient envie aux femmes éléganles du monde civilisé.
Le tamouchi porte sur l'avant du chapeau un bandeau tressé en feuilles de palmier, sur lequel sont appliquées des écailles de caïman ou de pclils rectangles taillés dans le
bec du toucan. Ces écailles, blanches et noires, sont arrangées de manière à représenter des arabesques.
Tous ces précieux ornements, que nous avons rapportés à Paris et faitdessiner d'après nature, sont renfermés dans de longs pagaras en feuilles de palmier, d'où les danseurs les sortent au fur et à mesure avec la plus grande délicatesse. Ils ont eu bien soin
d'enlever préalablement la peinture de roucou dont ils étaient recouverts, de peur de tacher leurs belles plumes.
Le chapeau n'est pas le seul vêtement de danse ; les Roucouyennes se recouvrent l'abdomen d'un grand nombre de ceintures qu'ils fixent avec un cordon sur la ligne médiane. Elles sont de deux sortes: les unes noires, en poil de couata; les autres blanches, en coton. Elles sont disposées les unes à côté des autres de manière